Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Le Malien qui a sauvé un enfant va être "naturalisé français" et intégrer les pompiers

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, a rencontré Mamoudou Gassama, 22 ans, originaire du Mali, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le lundi 28 mai 2018.

Mamoudou Gassama, un Malien sans-papiers salué en héros en France après avoir sauvé un enfant suspendu dans le vide, aura sa situation régularisée avant d'être naturalisé français, lui a annoncé le président Emmanuel Macron lors d'un entretien à l'Elysée.

"Tous les papiers vont être régularisés", a assuré le chef de l'Etat lors d'un échange, diffusé sur sa page Facebook, avec le jeune homme de 22 ans.

En jeans et chemise blanche à manches courtes, Mamoudou Gassama a parlé pendant quelques minutes avec M. Macron devant les caméras, avant que l'entretien ne se poursuive en tête-à-tête.

Son acte spontané, filmé samedi, a été vu des millions de fois sur les réseaux sociaux. En quelques secondes, il a escaladé la façade d'un immeuble parisien pour sauver un enfant de quatre ans suspendu à une balustrade au 4e étage.

"Je n'ai rien pensé, j'ai pensé à le sauver et Dieu merci, je l'ai sauvé", raconte depuis inlassablement le jeune homme, qui est arrivé en France en septembre 2017.

"C'est un acte exceptionnel, un acte d'héroïsme. J'ai souhaité qu'on puisse prendre une décision exceptionnelle pour vous", a dit le président à Mamoudou Gassama visiblement très ému. M. Macron a ajouté qu'il s'agissait d'une exception car en tant que migrant non demandeur d'asile, il n'aurait pas dû être régularisé.

"On ne peut pas donner (de papiers) à tout ceux qui viennent du Mali, du Burkina. Quand ils sont en danger on donne l'asile, mais pas pour des raison économiques", lui a-t-il dit. "Mais pour ce qui vous concerne, vous avez fait quelque chose d'exceptionnel. Même si vous n'avez pas réfléchi, c'est un acte de courage et de force qui fait l'admiration de tous", a dit le président.

>> Lire aussi : Le Mali salue la "bravoure" de Mamoudou Gassama

Le Malien qui a sauvé un enfant va être "naturalisé français" (vidéo)
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:29 0:00

"Ca me fait plaisir"

Mamoudou Gassama, qui doit également intégrer le service civique des sapeurs-pompiers, n'a pas caché son émotion. "Ca me fait plaisir parce que c'est la première fois (que je) gagne un trophée comme ça", a-t-il dit. Le trophée? Un diplôme et une médaille pour "acte de courage et de dévouement" qui récompense "toute personne qui, au péril de sa vie, se porte au secours d'une ou plusieurs personnes en danger de mort".

Il était environ 20 heures (19 heures GMT) samedi lorsque les pompiers ont été alertés par des passants ayant vu un enfant suspendu dans le vide au quatrième étage d'un immeuble du nord de Paris.

Sur place, ils ont découvert qu'un jeune homme venait de porter secours à l'enfant. "Par chance, il y avait quelqu'un qui avait une bonne condition physique et qui a eu le courage d'aller chercher l'enfant", ont expliqué les pompiers à l'AFP.

>> Lire aussi : Un sans-papier malien sauve un enfant suspendu dans le vide à Paris

La scène, spectaculaire, a été filmée par des passants ébahis qui s'étaient regroupés en bas de l'immeuble. Diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo est rapidement devenue virale.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enfant s'est retrouvé seul sur le balcon en l'absence de ses parents.

Son père, né en 1981 et sans antécédent judiciaire, a été placé en garde à vue dimanche pour avoir laissé son enfant sans surveillance. Il devait être présenté au parquet lundi matin.

L'enfant, dont la mère n'était pas à Paris au moment des faits, a été placé dans une structure d'accueil.

Les réactions politiques louant le courage du jeune sauveteur affluaient encore lundi.

Même le vice-président du Front national (extrême droite) Nicolas Bay s'est dit d'accord pour régulariser le jeune sans-papiers "en raison de son acte de bravoure", tout en demandant l'expulsion de "l'ensemble des clandestins" de France.

Le dernier héros à avoir été salué et naturalisé par la France pour son courage était Lassana Bathily, un demandeur d'asile malien qui avait sauvé plusieurs personnes lors de la prise d'otages par un jihadiste dans un supermarché juif Hyper Cacher en janvier 2015 à Paris.

Avec AFP

Toutes les actualités

Nouvel appel de l'ONU en faveur des femmes et des filles

Femmes et enfants séparant la terre du grain renversé par un camion dont le conducteur a perdu le contrôle, dans la forêt de Machinga au Malawi, 24 mai 2016. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi)

"Près de 60% des femmes dans le monde travaillent dans l'économie informelle, gagnant moins, épargnant moins, et font face à un plus grand risque de tomber dans la pauvreté" avec le Covid-19, a averti l'ONU, appelant à "les mettre au coeur" de la reconstruction des économies.

La pandémie "a des effets économiques et sociaux dévastateurs pour les femmes et les filles", souligne dans un communiqué le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à l'occasion de la sortie d'un rapport soulignant que "des millions d'emplois de femmes ont disparu".

"Des adolescentes qui ne vont plus à l'école pourraient ne jamais y retourner", ajoute le chef des Nations Unies, craignant que "les progrès perdus ne mettent des années à revenir".

Antonio Guterres avait déjà lancé dimanche un appel aux gouvernements pour qu'ils protègent davantage les femmes et filles de la violence conjugale et familiale dans la période de confinement généralisé imposé par le Covid-19 à travers le monde.

Controverse Trump-OMS: Antonio Guterres affirme que l'heure est à l'"unité"

Controverse Trump-OMS: Antonio Guterres affirme que l'heure est à l'"unité"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:24 0:00

Opérations de paix: double défi pour l'ONU, Covid-19 et maintien des Casques bleus

Le siège de la Monusco à Kinshasa en République démocratique du Congo, le 10 avril 2017.

L'ONU est confrontée pour ses 110.000 Casques bleus déployés dans une quinzaine d'opérations de paix dans le monde à un double défi: les protéger de la pandémie du Covid-19 mais surtout éviter que des pays ne retirent leurs contingents.

L'une des craintes est "un effet de débandade" car des pays "peuvent avoir l'inquiétude légitime de dire +je ne reste pas dans cet endroit+ ou +je ne laisse pas mes hommes sur place car s'ils sont contaminés, il ne pourront pas être bien pris en charge+", résume pour l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.

En anticipation de l'arrivée du virus dans les pays où une opération de paix est en cours et pour ne pas contribuer à sa propagation, l'ONU a gelé depuis le 6 mars des rotations de Casques bleus dans certains pays, une décision étendue lundi jusqu'au 30 juin et qui s'applique désormais à tous les contingents.

A travers le monde, des mises en quarantaine pour toutes les personnes identifiées positives ont aussi été engagées depuis plusieurs semaines dans les camps abritant des Casques bleus.

Des mesures de précaution ont aussi été prises pour les patrouilles, pour que "les militaires ne se contaminent pas entre eux et ne contaminent pas non plus les populations", indique-t-on au siège de l'ONU où le souvenir de la contamination au choléra de la population haïtienne (quelque 10.000 morts à partir de 2010) par des militaires népalais reste ancré dans les mémoires.

Au-delà de la lutte contre le Covid-19, et alors que l'Afrique où sont concentrées nombre de missions de paix - Mali, Centrafrique, Soudan du Sud, Darfour, République démocratique du Congo... - attend dans les semaines à venir d'être réellement frappée par la pandémie, l'enjeu pour l'ONU est surtout de maintenir la paix.

Les mesures contre la maladie "ont un impact sur les opérations", admet un diplomate sous couvert d'anonymat. Or il faut absolument les poursuivre sauf à devoir affronter "une catastrophe totale si les opérations s'effondrent avec le départ de Casques bleus", renchérit un autre diplomate, aussi sous anonymat.

- "Sens de l'éphémère" -

Dans cette logique, le secrétaire général de l'ONU appelle depuis le 23 mars à un "cessez-le-feu mondial et immédiat" dans les pays en conflit mais la concrétisation sur le terrain tarde à venir. Sa supplique est aussi un encouragement implicite aux pays contributeurs de troupes à ne pas faire leurs valises.

Mardi, l'Union européenne, important pourvoyeur de policiers et militaires, est venue appuyer ce maintien des troupes dans les missions de paix, en promettant de ne pas rapatrier les siennes.

"Nous voudrions souligner qu'en dépit de la pression que fait peser la pandémie sur nos systèmes, nous restons engagés plus que jamais dans l'action des Casques bleus à travers le monde", souligne ainsi un message adressé au chef de l'ONU.

"Les missions de paix des Nations Unies (...) doivent être en mesure de poursuivre leurs activités en soutien des pays hôtes dans cette période particulièrement difficile", estime également l'UE.

Certains diplomates à l'ONU veulent croire à une réponse africaine à la pandémie qui pourrait "surprendre" l'Occident et faciliter un maintien des Casques bleus.

"Les pays africains sont beaucoup plus préparés psychologiquement et en termes de systèmes sanitaires à des épidémies", note une source diplomatique européenne, en évoquant Ebola et l'épidémie de rougeole massive qui frappe actuellement la RDcongo.

En Occident, "l'homme est devenu suffisant, prétentieux", ce qui explique "son désarroi encore plus grand quand il est confronté à une crise comme celle d'aujourd'hui", abonde un diplomate africain.

"Les Africains sont plus forts en termes de résilience mentale, ont le sens de l'éphémère, la foi en Dieu, le dieu musulman, le dieu chrétien, et cela va être leur force", prédit-il, en se félicitant aussi d'une "solidarité beaucoup plus développée" sur le continent africain que dans le monde occidental.

Coronavirus: l'Iran appelle le FMI au secours

Coronavirus: l'Iran appelle le FMI au secours
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

Le Covid-19 est plus mortel pour les Afro-Américains

Le Covid-19 est plus mortel pour les Afro-Américains
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:50 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG