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Coronavirus

La menace de fermer des églises pour non-respect des mesures barrières divise au Cameroun

Dans le studio d’une radio privée, le pasteur Franklin Yebga maintient ses doutes sur le Covid-19 à Yaoundé, le 25 mars 2021.

Les réactions affluent au Cameroun après que le ministre de l’Administration territoriale a annoncé la fermeture des églises pentecôtistes qui font fi des mesures barrières.

Certains Camerounais pensent qu’il s’agit d’un acharnement contre ces églises, d’autres estiment que les mesures du gouvernement contre ces officines sont opportunes.

Le révérend-pasteur Franklin Yebga de la "Mission de sainteté africaine" anime au quotidien une émission évangélique sur les antennes d’une radio privée à Yaoundé. Un programme dans lequel il met en lumière "ce qui est caché derrière le Covid-19".

Au lendemain du communiqué du ministre Paul Atanga Nji sur les "dérives des églises pentecôtistes contre la propagation du Covid-19", ce prédicateur ne décolère pas.

"On veut nous imposer dans une pensée unique, vous êtes d’accord ça va, si vous n’est pas d’accord, vous ne faites pas partie des bons citoyens", tempête-t-il.

"Imposer une pensée unique"

Ce pasteur, qui cumule 25 ans de ministère et coiffe une trentaine de chapelles sur l’ensemble du territoire national, dénonce une théorie du complot.

"Il y a environ 58 millions de morts par an dans le monde. Actuellement nous sommes à environ deux millions de morts des suites de Covid-19. Au Cameroun, on parle de 588 morts environs, soit 0,02% par rapport aux décès consécutifs aux graves maladies", affirme-t-il.

D’ailleurs, ajoute-t-il, le gouvernement ferait mieux de se pencher sur "d’autres problèmes, comme l’accès à l’eau que de nous imposer une pensée unique".

Le rejet des mesures barrières que le ministre de l’administration attribue aux évangéliques du Cameroun n’est pas qu’une affaire des églises pentecôtistes, souligne pour sa part Dr Tsala Essomba de l’église "Va et raconte". Une des figures de proue du pentecôtisme au Cameroun, il draine des foules immenses à Yaoundé.

"Le ministre doit également publier un communiqué pour les gens qui sont dans les bars, les marchés, tous les jours. Je ne vois personne y porter le masque", confie-t-il à VOA Afrique.

"Le pasteur qui s’élève pour dire que le coronavirus n’existe pas, je pense qu’il est en train d’amener ses fidèles dans la perdition, le ministre a vraiment raison de dire que leur église sera fermée", soutient Rose Mbappe, une commerçante du marché Mokolo à Yaoundé.

Clarisse Mbarga, une croyante catholique, approuve le ton du gouvernement contre certaines églises pentecôtistes: "le Covid-19 existe, un pasteur ne peut pas dire qu’il va bénir l’eau et que ça soigne, les gens doivent aller à l’hôpital".

D'autres Camerounais estiment cependant que la méthode du ministre de l’Administration territoriale n’est pas bonne.

"Fermer tout de suite ces églises serait un peu être sévère, l’Etat a d’abord un devoir de sensibilisation et d’information, sinon on pourrait avoir l’impression que l’Etat a un problème autre avec ces églises", analyse Albert Asan, un jeune cadre du secteur privé. "Ce sont des Camerounais qui sont aussi membres de ces églises et ils ont le droit de louer librement leur Dieu", conclut-il.

On estime à un peu plus de deux millions, le nombre des Camerounais membres des églises dites pentecôtistes.

Les autorités camerounaises menacent d'arrêter les pasteurs qui font fi des mesures barrières
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Le Ghana reçoit 350 000 doses supplémentaires de vaccins covid

Des ouvriers déchargent des lots de vaccins AstraZeneca/Oxford reçus dans le cadre du programme COVAX, à l'aéroport international d'Accra, au Ghana, le 24 février 2021.

Le Ghana a reçu 350 000 doses du vaccin contre le coronavirus d'AstraZeneca vendredi, ce qui lui permettra de commencer à offrir des secondes doses du vaccin après avoir été presque à court, a déclaré le ministère de la santé.

Le pays d'Afrique de l'Ouest a été le premier à recevoir des vaccins dans le cadre du système mondial de partage des vaccins COVAX, soutenu par l'Organisation mondiale de la santé, en février et a lancé sa campagne de vaccination début mars.

Contrairement à d'autres pays où l'hésitation à se procurer des vaccins et les problèmes de financement ont ralenti la livraison, le Ghana a administré plus de 900 000 doses, selon le ministère de la santé, dont les 600 000 doses reçues dans le cadre du programme COVAX et d'autres obtenues dans le cadre d'accords bilatéraux.

Les 350 000 doses reçues vendredi faisaient partie d'un lot de 1,7 million de doses que le programme COVAX avait livré à la République démocratique du Congo le 2 mars.

La RDC a été contrainte de redistribuer 1,3 million de doses de ces vaccins à d'autres pays, car le pays ne sera pas en mesure de les administrer avant leur expiration à la fin du mois de juin.

Au Ghana, les églises font le pari du numérique face au Covid

Un pasteur s'entretient avec sa congrégation dans une église à Adenta le 18 avril 2021.

Messe en ligne, quête par paiement mobile, funérailles en streaming: au Ghana, pays ouest-africain aussi jeune que fervent, la pandémie de coronavirus a changé les pratiques des églises, plus nombreuses à faire le pari du numérique.

Depuis plus d’un an, les croyants ghanéens sont priés de se désinfecter les mains à l’entrée des établissements religieux, de garder leur masque durant la messe et de respecter une distanciation sociale d’un mètre entre les fidèles. Quant à l’office, sa durée ne peut plus excéder deux heures.

Une gageure dans l’un des pays les plus religieux du monde, où 71% de la population est chrétienne, pour la plupart pentecôtistes ou évangélistes.

"Nous suivons à la lettre les consignes, mais le Covid-19 a beaucoup affecté la fréquentation de notre paroisse", se désole le révérend Kofi Oduro Agyeman-Prempeh après son office du dimanche à l’église Destiny d’Adenta, en banlieue d’Accra.

Le pays a officiellement enregistré un peu moins de 100.000 cas de coronavirus, dont 779 morts.

Un caméraman filme un enterrement à Accra le 22 avril 2021.
Un caméraman filme un enterrement à Accra le 22 avril 2021.

"Les chiffres nationaux sont bas ces jours-ci mais je vois bien que la peur de la contamination est toujours présente. Pendant la messe, les fidèles sont plus hésitants quand il s’agit de se lever, de danser et de chanter", témoigne-t-il.

C'est pour rassurer ces fidèles inquiets que le révérend a inscrit son établissement sur la plateforme Asoriba, une application de mise en relation entre les fidèles et leur église. 2.500 établissements religieux sont inscrits sur cette plateforme.

Depuis 2015, cette dernière propose aux pasteurs des outils pour organiser les événements de la paroisse, surveiller la fréquentation des messes et communiquer avec les fidèles. Depuis l’arrivée du Covid-19 en mars 2020, les inscriptions ont bondi de 30%.

"La pandémie a validé tout ce que nous avions fait jusqu’ici", se félicite Saviour Kwaku Dzage, l’un des co-fondateurs d’Asoriba.

"Il est indéniable désormais que l'avenir sera numérique, y compris l'avenir des pratiques religieuses", dit-il.

Aux fidèles connectés, Asoriba offre également la possibilité de payer la quête en ligne.

"Même en temps de Covid, l’église a besoin de cet argent pour se développer et pour aider les nécessiteux. Et comme l’argent liquide est considéré comme un vecteur potentiel de contamination, le paiement en ligne semblait être la solution toute indiquée", explique l'entrepreneur.

Le Ghana, centre de l’innovation et de la technologie
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Funérailles en streaming

Si encore la moitié des Ghanéens n'ont pas encore accès à internet, la majorité de la population a moins de 30 ans et le taux de pénétration numérique s’est considérablement accéléré ces dernières années, passant de 23,5% en 2015 à 55,6% en 2020.

Alors le révérend Banister Tay, responsable des opérations de l’entreprise de pompes funèbres Transitions, ne veut pas passer à côté du tournant numérique.

Avant l’arrivée de la pandémie, les enterrements ghanéens étaient célèbres dans le monde entier pour leurs cérémonies fastueuses, avec musique traditionnelle, chants et danses.

Mais les funérailles privées ont depuis été réduites à leur plus simple appareil, avec un public limité à 100, puis à 25 personnes. "Ça a été un crève-coeur pour nous, soupire Banister Tay. "Il a fallu offrir une solution pour y assister virtuellement."

Car depuis 2018, Transitions propose un service de streaming pour les enterrements. Leur mantra : "numériser l’industrie des funérailles". "Quand le Covid est arrivé, nous avions déjà une longueur d’avance, affirme Banister Tay. Alors qu’à peine 1% de nos clients recouraient à nos services de streaming avant la pandémie, ils sont désormais près de 90%."

Pendant l’office, une équipe de tournage s’affaire entre les travées: trois caméras filment la cérémonie tandis qu’une autre est postée à l’extérieur pour capturer les arrivées.

Deux employés de Transitions s’occupent de gérer les images en direct et de collecter les dons envoyés en ligne.

"Le Covid-19 nous a enseigné qu’on peut assister à des funérailles sans bouger de chez soi, et sans y perdre grand-chose, professe le révérend. On s’est même rendu compte que les dons en ligne étaient supérieurs aux dons physiques !”

Banister Tay se dit optimiste pour l’avenir, et veut croire que les funérailles en ligne perdureront après la levée des restrictions.

"Une part non négligeable de notre audience sont des membres de la diaspora. Beaucoup de Ghanéens vivent à l’étranger et ne peuvent pas toujours revenir au pays quand ils perdent un proche. C’est aussi pour eux que nous avons pensé à cette solution."

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