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Coronavirus

La Suisse invente le service militaire à domicile

Des réservistes de l'armée suisse déployés pour soutenir les hôpitaux publics dans la lutte contre le COVID-19 à Biere, en Suisse, le 27 mai 2020.

Pour diminuer le risque de propagation du Covid-19 dans ses casernes, l'armée suisse a décidé que plusieurs milliers de ses recrues commenceraient leur service militaire à la maison.

"C'est assez nouveau", concède Daniel Reist, le porte-parole de l'armée suisse, interrogé par l'AFP, mais en ces temps de pandémie, "c'est la solution idéale qui s'est imposée".

Considérée comme un pilier de la nation, l'armée suisse est organisée comme une milice: encadrés par quelques milliers de professionnels, les conscrits doivent effectuer un service militaire de quatre mois minimum avant d'être appelés tous les ans à participer à des sessions de trois semaines d'entraînement.

Cette année, quelque 15.000 jeunes Suisses et Suissesses devaient effectuer leur service militaire, appelé aussi "école de recrue".

Mais en cas d'arrivée massive parmi ces jeunes de contaminés du Covid, l'armée craignait de ne pas avoir la capacité de les prendre en charge.

L’entrée physique dans l'école de recrues est donc "échelonnée afin de s'assurer que toute recrue dont le test est positif au Covid-19 soit prise en charge de manière optimale et que des mesures d'isolement et de quarantaine appropriées puissent être mises en œuvre", explique le département fédéral de la Défense dans un communiqué.

Un premier groupe, comprenant notamment des "recrues sanitaires" dont la mobilisation est considérée comme plus urgente pour éventuellement épauler les troupes déjà mobilisées auprès des personnels civils dans les hôpitaux suisses, va bien entrer en caserne dès lundi.

"Téléservice militaire"

Mais pour quelque 5.000 des 15.000 recrues de cette année, le réveil au son du clairon ou les séances de garde-à-vous sur la place d'armes attendront.

Elles commenceront leur formation depuis chez elles pendant trois semaines avant de pouvoir à leur tour rejoindre la caserne. Une sorte de "téléservice militaire", comme l'a appelé le quotidien lausannois Le Temps dans un article ironiquement titré "L'avènement du militaire de canapé".

"Ils ont tous reçu cette semaine le programme d'enseignement, ce sont des modules (...) qu'ils doivent faire à la maison, c'est un travail théorique, à l'écran", explique M. Reist.

Fonctionnement de leur arme de service, enseignement sur les armes bactériologiques et chimiques, règlements militaires, protection sanitaire: les recrues devront potasser avant d'enfiler l'uniforme pour de vrai.

"Nous leur laissons le choix de quand ils veulent faire leurs leçons", souligne M. Reist. "Nous partons du principe que quelqu'un qui fait les leçons sérieusement a besoin de six heures de télétravail par jour".

Via une application spécifique, "quatre heures d'entraînement sportif par semaine" sont également prévues.

A noter que ces trois semaines seront considérées comme "entièrement imputées en tant que jours de service" et donc rémunérées dans le cadre de la solde que reçoit chaque recrue pendant son école.

"Jouer aux policiers"

L'innovation en amuse certains - "à quand la guerre depuis son canapé", plaisante un internaute réagissant à un article sur le sujet sur le site du Matin.fr.

D'autres trouvent l'idée un peu légère, comme Stefan Holenstein, président de la Société suisse des officiers, cité dans Le Temps: "Je conçois qu’il faille actuellement faire des concessions non conventionnelles mais je suis quand même sceptique. Le service militaire a un caractère pratique et social qui ne peut être remplacé par de l’e-learning".

Le militaire s'inquiète également du manque de contrôle exercé sur les activités de "téléservice militaire".

"Nous ne pouvons pas jouer aux policiers chez 5.000 jeunes personnes", admet M. Reist "mais c'est clair qu'il y a certaines règles" et le "système remarque si quelqu'un n'est jamais dessus".

Les futurs cadres de ces recrues, chefs de section et de compagnie vont prendre contact avec elles et une "hotline" est là pour les aider si nécessaire, assure encore le porte-parole de l'armée.

Enfin, à leur arrivée en caserne après trois semaines d'armée à la maison, elles seront soumises à des tests de connaissances.

"Ceux qui ne réussissent pas n'auront plus tellement de permissions de sorties", prévient M. Reist.

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Vaccins covid: les Sénégalais ne se bousculent pas

Un homme se fait vacciner contre Covid-19 à la clinique Ngor de Dakar, le 2 avril 2021.

Alors que des candidats à la vaccination prennent leur mal en patience dans le monde, l'affaire peut être expédiée en quelques minutes gratuitement et sans rendez-vous au poste de santé de Mbao et semble-t-il ailleurs au Sénégal.

Pour autant, les Sénégalais ne se bousculent pas dans les centres où se sont rendus les journalistes de l'AFP.

Aux doutes nourris depuis le début par nombre d'entre eux quant à la gravité de la maladie, au scepticisme répandu vis-à-vis de la vaccination s'est agglomérée la crainte des effets secondaires du vaccin AstraZeneca, un des deux disponibles au Sénégal, révèlent des témoignages recueillis par l'AFP.

Au poste de Mbao, la salle de vaccination est vide et les infirmières devisent pour tromper leur désoeuvrement.

"Les gens ne se pressent pas pour se faire vacciner. Une femme m'a dit qu'elle n'a pas confiance parce que c'est gratuit. Elle attend que ce soit vendu en pharmacie pour l'acheter", glisse une membre du personnel de santé sous couvert d'anonymat parce qu'elle n'est pas autorisée à parler à la presse.

Des responsables de la vaccination dans la ville religieuse de Touba (Centre) disaient cette semaine dans la presse qu'après un bon démarrage le vaccin chinois Sinopharm et surtout l'AstraZeneca du laboratoire anglo-suédois peinaient à trouver preneurs. Ils mettaient en garde contre le risque de perdre une partie des 7.000 doses restantes d'AstraZeneca, sur les 8.000 livrées.

Effet d'aubaine

Le coordinateur national de la vaccination, le Dr Ousseynou Badiane, se veut mesuré quant à l'avancement de la campagne.

Le gouvernement avait prévu de vacciner en priorité les personnels de santé et les personnes âgées et atteintes de comorbidités, soit 3% de la population. "On a déjà administré plus de 70% des doses qu'on devait administrer", dit-il.

Mais rapidement le champ a été "élargi à 20% de la population" parce que "des gens prioritaires ne se présentaient pas", explique-t-il.

Les autorités avaient initialement instauré une prise de rendez-vous en ligne. Quand les services de vaccination appelaient les inscrits, certains "ont demandé si c'était AstraZeneca" et ont préféré attendre, rapporte le praticien.

Sans communication officielle, le mot a alors commencé à se répandre sur les réseaux sociaux qu'on pouvait se faire vacciner sans rendez-vous. Une aubaine pour certains.

"Je suis venue me faire vacciner pour me protéger. Mon époux, qui ne veut pas s'immuniser, a essayé de me dissuader", assure Rokhaya Samb, qui est passée outre et sort du centre de Ngor-Almadies à Dakar.

Ils sont une quinzaine ce jour-là à avoir fait de même, dont une bonne part d'expatriés, nombreux à vivre ou travailler dans le quartier. De quelques heures au début, l'attente est passée à quelques dizaines de minutes au maximum.

Le Sénégal a acheté 200.000 doses du Sinopharm, dont 10% cédées aux voisins gambien et bissau-guinéen, et reçu plus de 300.000 doses d'AstraZeneca dans le cadre du programme international Covax, destiné à assurer aux pays pauvres l'accès à la vaccination.

Plus de 362.000 personnes ont été vaccinées, pour une population d'environ 17 millions.

Thèses complotistes

"Il y a des réticences mais c'est difficile à mesurer", admet le Dr Badiane.

Le nombre de contaminations et de décès diminue au Sénégal depuis des semaines. En outre, la vie revient progressivement à une certaine normalité depuis que le pouvoir a levé le couvre-feu et les restrictions anti-Covid à la suite de graves troubles début mars.

L'urgence est davantage à gagner son pain, a fortiori parmi des Sénégalais dont les trois quarts ont moins de 35 ans et sont moins exposés aux formes graves du coronavirus.

Autant de raisons, avec la défiance envers AstraZeneca, qui tiennent les Sénégalais à distance d'une aiguille.

Le Dr Babacar Niang, chef de Suma Assistance, un service hospitalier national privé, raconte recevoir des appels de patients l'interrogeant sur la nécessité de se vacciner.

Certains sont "sceptiques" vis-à-vis d'AstraZeneca, dit-il. Mais d'autres sont sensibles à "l'histoire des nano-cellules qu'on va nous mettre (pour) nous surveiller, (ou à) l'histoire de la procréation selon laquelle l'Europe, l'Amérique veulent diminuer notre fécondité".

D'autres encore se demandent si la vaccination ne relève pas seulement d'un "corona-business" profitable aux autorités et entreprises pharmaceutiques, évoque-t-il.

Les stocks s'amenuisent malgré tout. Le Sénégal attend prochainement de nouvelles livraisons, dit le coordinateur national, le Dr Badiane. Mais il n'écarte pas le risque d'une rupture qui ralentirait encore la campagne.

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