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RDC

Félix Tshisekedi, héritier de l'opposition, élu président

Félix Tshisekedi ,à droite, leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et son allié de l'Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe, à gauche, saluent leurs partisans après leur retour à Kinshasa, le 27 novembre 2018.

L'opposant congolais Félix Tshisekedi, élu président de la République démocratique du Congo pour la première alternance démocratique de l'histoire du pays, est l'héritier politique de son père Étienne, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles.

Mais au contraire de son père, éternel "opposant historique", "Félix" a réussi à bousculer le "dauphin" désigné du président sortant Joseph Kabila, qui ne pouvait constitutionnellement se présenter pour un troisième mandat.

En 2011, Étienne Tshisekedi, battu, n'avait pu que dénoncer des fraudes lors de la réélection contestée de M. Kabila.

"Fatshi" - surnom du président élu - était soutenu dans ce combat par la machine de guerre de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), fondée par son père dans les années 80 contre la dictature du maréchal Mobutu.

Tshisekedi fils, 55 ans, a été désigné sans surprise président et candidat de l'UDPS lors d'un congrès en avril dernier au siège historique du parti à Limete, une des 26 communes de Kinshasa.

Mais au delà d'être son "héritier", Félix n'est pas le portrait politique craché du "sphynx de Limete", surnom de son défunt père.

"Etienne était têtu et fier. Félix est plus diplomate, plus conciliant, plus à l'écoute des autres", témoigne un bon connaisseur de l'opposition congolaise.

Facilement reconnaissable à sa haute taille et à sa carrure massive, l'homme est en effet d'un abord courtois, à l'écoute. Le ton de la voix est mesuré dans le tourbillon des passions électorales.

Et contrairement à son père en 2011, il faisait équipe avec un "ticket", l'ex-président de l'Assemblée Vital Kamerhe, également candidat sous son propre nom en 2011.

Les deux hommes ont rompu en novembre un accord qu'ils avaient signé avec cinq autres opposants pour soutenir la candidature d'un seul d'entre eux, Martin Fayulu, arrivé deuxième du scrutin selon les résultats annoncés dans la nuit de mercredi à jeudi par la Commission nationale électorale indépendante.

Mais aux critiques l'accusant d'avoir rompu l'unité de l'opposition, les proches de "Félix" rétorquaient qu'il n'avait fait qu'écouter la "base" de l'UDPS, en colère contre l'accord.

- Exil en Belgique -

Né en juin 1963, Félix-Antoine Tshisekedi est le troisième d'une famille de cinq enfants. A l'âge de 19 ans, il suit son père relégué par Mobutu dans son village du Kasaï. Un épisode marquant pour le jeune homme.

A 22 ans, "Fatshi", sa mère et ses frères prennent le chemin de l'exil en Belgique. A Bruxelles, le jeune homme fait le coup de poing contre des proches de Mobutu ou même des policiers belges, un soir de février à l'aéroport, quand son père est empêché de rentrer à Kinshasa.

Dans l'ombre de la figure paternelle, Félix gravit tous les échelons de l'UDPS. Luba du Kasaï, il est élu député national à Mbuji-Mayi en 2011. Il refuse de siéger à l'Assemblée nationale pour respecter le mot d'ordre de son père contre la réélection contestée de M. Kabila.

En 2015, il était au coeur des négociations secrètes qui n'avaient pas abouti avec des émissaires de Joseph Kabila à Ibiza (Espagne), Monaco, Paris et Bruxelles.

Fin 2016, juste avant la mort de son père, il est encore aux avant-postes des négociations majorité/opposition sous l'égide de l'Eglise catholique, qui allait déboucher sur l'accord de la Saint-Sylvestre reportant les élections.

Tshisekedi fils aurait alors refusé un poste de Premier ministre, tandis que le président Kabila se maintenait au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième et dernier mandat.

Marié, père de cinq enfants, diplômé en marketing et communication en Belgique, son dossier de candidature a été validé sur fond de rumeurs. Ses détracteurs mettent en doute la validité de ses diplômes. Ils lui reprochent également de n'avoir jamais exercé une fonction de responsabilité ou de gestion.

En cas d'alternance, M. Tshisekedi évoquait en août 2017 devant l'AFP "une commission vérité et réconciliation" notamment pour demander des comptes à M. Kabila.

Ces derniers jours, il avait tendu la main au président sortant, affirmant qu'il est "évident qu'il pourra vivre tranquillement dans son pays, vaquer à ses occupations, il n'a rien à craindre".

Et son accession au pouvoir devrait lui permettre de réaliser enfin un rêve: organiser des funérailles nationales pour son père. La dépouille du "Sphynx" se trouve toujours en Belgique, faute d'accord pour les obsèques au pays avec le pouvoir. "Je n'aime pas en parler, c'est une souffrance," disait le désormais président élu.

Avec AFP

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L'Unicef plaide pour la réouverture des écoles en RDC

Des élèves à la sortie de classe, le 27 novembre 2016, au Sud-Kivu, en RDC. (VOA/Ernest Muhero)

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a appelé jeudi le gouvernement de la République démocratique du Congo à rouvrir les écoles qui ont été fermées depuis mi-décembre pour freiner la propagation du coronavirus, en forte accélération.

"Aucun effort ne doit être ménagé pour rouvrir les écoles et s'assurer que les enfants apprennent à lire, à écrire et à réaliser des calculs de base tout en développant leurs connaissances", a déclaré Édouard Beigbeder, représentant de l'Unicef en RDC, cité dans un communiqué.

L'agence "appelle le gouvernement à donner la priorité à la réouverture des écoles et à prendre toutes les mesures de prévention pour rendre les écoles aussi sûres que possible".

L'Unicef estime que "les écoles ne constituent pas le principal moteur de la propagation de la pandémie mais que leur fermeture menace directement le développement, la santé, la sécurité et le bien-être des enfants".

"Si les enfants sont exposés à une deuxième longue période de fermeture des écoles, les effets se feront sentir pendant plusieurs générations", ajoute-t-il.

La fermeture des écoles doit uniquement constituer "une mesure de dernier recours, après que toutes les autres possibilités ont été envisagées", insiste l'agence onusienne.

Les tentatives de l'AFP pour joindre le ministre de l'Enseignement primaire et secondaire ou ses services n'ont pas abouti dans l'immédiat.

Mais sur Twitter, le ministre Willy Bakonga a indiqué que deux commissions mises en place par son ministère étudiaient "la question de l'enseignement à distance", assurant que "les travaux s'effectuent en tenant compte de tous les paramètres tant pédagogiques que les réalités de terrain".

En 2020, les autorités avaient fermé les écoles pendant 6 mois entre mars-septembre. Rouvertes en octobre, les écoles ont de nouveau été fermées le 18 décembre pour endiguer la deuxième vague.

La RDC a enregistre un total de 20.479 cas de Covid-19, dont 626 décès, depuis mars 2020, selon les derniers chiffres officiels publiés jeudi. Le nombre de cas a augmenté exponentiellement depuis décembre.

La Guinéenne Bintou Keita prend les commandes de la Monusco

Bintou Keita, à l'époque où elle était secrétaire générale adjointe aux opérations de maintien de la paix, au siège de l'ONU, le 27 février 2018.

La Mission de la paix onusienne en République démocratique du Congo (Monusco) change de patronne: c’est la Guinéenne Bintou Keita qui va en prendre les commandes à partir de février, a annoncé le Conseil de sécurité des Nations unies jeudi.

Madame Keita remplacera l’Algérienne Leila Zerrougui qui était à la tête de la Monusco depuis 27 décembre 2017.

Jusqu'à présent, la nouvelle cheffe des Casques bleus en RDC était sous-secrétaire générale de l'ONU pour l'Afrique, après avoir été adjointe aux Opérations de maintien de la paix en 2017.

Bintou Keita, 62 ans, a plus de trente ans d'expérience, particulièrement dans les domaines de la paix, de la sécurité, du développement, et des droits de l'homme.

Elle a rejoint les Nations unies en 1989 et a occupé des fonctions au Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) et au Darfour en 2015 où elle a dirigé l'opération hybride Union africaine-Nations unies (MINUAD).

Par ailleurs, elle a travaillé en tant que Représentante exécutive adjointe du Secrétaire général de l’ONU pour le Bureau intégré des Nations unies au Burundi.

La nouvelle cheffe des Casques bleus en RDC était aussi Responsable de la gestion de la crise de la maladie à virus Ebola pour la Sierra Leone, cheffe de cabinet et directrice des opérations auprès de la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre l’Ebola de 2014 à 2015.

Mme Keita est titulaire d'une maîtrise en économie sociale qu'elle a obtenu à l'Université de Paris II, France, et d'un diplôme d'études supérieures en administration et gestion des entreprises de l'Université de Paris IX.

Le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé sa profonde reconnaissance à Leila Zerrougui pour sa contribution et ses services importants à la Monusco.

Avec 15000 casques bleus et un budget annuel de plus d’un milliard de dollars, la Monusco est l’une des plus importantes et difficiles opérations de maintien de la paix des Nations unies.

Le mandat de la Monusco a été renouvelé en décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU pour un an avec une amorce prudente de désengagement étalé sur plusieurs années, sans échéance de fin établie.


La Guinéenne Bintou Keita désormais à la tête de la MONUSCO

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Une marche pour dénoncer les tueries dans l'Est de la RDC

Des membres de la Lucha manifestent à Goma, en RDC, le 1er mai 2018. (Twitter/Lucha)

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) veut organiser jeudi une marche pour dénoncer les tueries dans l'Est de la République démocratique du Congo.

La Lucha, un des principaux mouvements citoyens congolais, estime que les violences et les tueries dans l'Est semblent augmenter au lieu de baisser. Le mouvement citoyen soutient que 1.206 civils ont été tués en un peu plus d'un an dans la région troublée de Beni. Leurs attaques ont aussi provoqué la mort des dizaines de militaires congolais et des membres de la Force de la mission des Nations unies au Congo (Monusco).

L'ONG dénonce la dérive qu’occasionnent les opérations de l’armée régulière. Celles déclenchées le 30 octobre 2019 ont dispersé les rebelles ADF sur des zones assez vastes "plutôt que d'arrêter les tueries et de neutraliser les assaillants", dénoncent les militants de la Lucha.

Pendant qu'ils sont dispersés, les ADF, des rebelles musulmans ougandais, continuent, selon la Lucha, " à massacrer des civils à leur passage", rapporte l'AFP.

La Lucha affirme avoir noté une expansion des tueries vers le secteur de Rwenzori et une partie de la province voisine de l'Ituri, des zones jadis calmes. Les experts de l'ONU ont confirmé au Conseil de sécurité que les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles.

Ils se déplacent de l'extrême Nord vers la partie Sud-Est au parc national des Virunga. Ils ont "exécuté 50 otages" dans leur fuite face à une offensive de l’armée à Loselose, dans le Rwenzori, selon les forces gouvernementales.

La Lucha, mouvement citoyen né à Goma, regroupe des jeunes indignés et se définit comme apolitique et non violent.

Depuis mars 2015, le mouvement a été à la pointe de la contestation contre le pouvoir de l'ancien président Joseph Kabila (2001-2018). Leurs manifestations étaient systématiquement interdites ou réprimées et plusieurs de ses militants ont été arrêtés, jugés et/ou condamnés.

1.200 civils tués en un an dans la région de Beni

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