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Droits humains

L'attaque d'un bus fait 34 morts dans l'ouest de l'Éthiopie

Les passagers font la queue pour monter dans les bus de la capitale Addis-Abeba, Ethiopie, le vendredi 6 novembre 2020.

Des hommes armés ont tué au moins 34 personnes lors de l'attaque "effroyable" d'un bus, dans la région de Benishangul-Gumuz, dans l'ouest de l'Ethiopie, théâtre de récentes violences meurtrières contre des civils, a rapporté dimanche l'organisme national chargé des droits humains.

"Le nombre estimé de victimes (décédées), actuellement de 34, va probablement augmenter", a indiqué dans un communiqué la Commission éthiopienne des droits humains (EHRC), institution publique indépendante qui fait aussi état d'autres attaques dans la région durant la nuit de samedi à dimanche.

Il n'y aucun lien établi entre ces violences et les opérations militaires que mène depuis le 4 novembre l'armée fédérale contre les autorités dissidentes de la région du Tigré (Nord de l'Ethiopie), qui ont poussé plus de 20.000 personnes à fuir vers le Soudan.

L'EHRC rappelle qu'elle avait déjà souligné fin septembre la "particulière gravité et la répétition des attaques dans la région" de Benishangul-Gumuz.

"Cette dernière attaque en date alourdit tragiquement le bilan humain" dans la région, déclare dans ce communiqué le chef de l'EHRC, Daniel Bekele, qui estime toutefois que "la rapide intervention des forces de sécurité pour éviter toute escalade est encourageante".

L'attaque a eu lieu dans la zone administrative de Metekel, où fin septembre, l'EHRC avait déjà rapporté la mort de 15 civils, dans des violences qualifiées d'"assassinats ciblés". Mi-octobre, la radio-télévision Fana BC, affiliée au pouvoir, avait fait état de la mort de 12 civils dans cette même zone de Metekel.

Le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed n'a pas donné beaucoup d'informations sur les heurts dans cette région, se bornant à indiquer fin septembre que 300 personnes avaient été arrêtées et que les causes de ces violences faisaient l'objet d'une enquête.

Mi-octobre, Dessalegn Chanie, homme politique d'opposition installé dans la région voisine Amhara avait estimé que ces attaques visaient les membres de l'ethnie amhara, la plus importante du pays après les Oromos.

M. Dessalegn et d'autres leaders amhara affirment depuis plusieurs semaines que des milices de membres de l'ethnie Gumuz ont entamé une campagne visant à faire fuir de la zone de Metekel les habitants issus des ethnies Amhara et Agew.

Le Premier ministre avait affirmé aux députés en octobre que les assaillants étaient formés et armés dans l'Est du Soudan voisin et demandé à Khartoum de stabiliser cette zone.

L'Ethiopie est une mosaïque de très nombreux peuples, réunis au sein d'un "fédéralisme ethnique".

Après presque 30 ans d'un pouvoir de fer en Ethiopie, la politique d'ouverture lancée depuis son arrivée au pouvoir en 2018 par M. Abiy a réveillé des ambitions territoriales locales et d'anciens différends communautaires, débouchant sur des violences meurtrières.

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Indignation à Chicago après la publication d'une vidéo où la police abat un garçon de 13 ans

Cette image extraite de la vidéo capturée par une caméra corporelle d'un policier de Chicago montre le moment précédant le tir qui a causé la mort d'Adam Toledo, 13 ans, le 29 mars 2021, à Chicago.

Une vidéo capturée par la caméra corporelle d'un policier publiée jeudi montre un agent de la police de Chicago ouvrir le feu sur un garçon de 13 ans.

Le garçon, Adam Toledo, semble avoir les mains en l'air une fraction de seconde avant que le policier Eric Stillman tire sur lui dans la nuit du 29 mars. Il meurt sur le champ.

L'intervention de la police faisait suite à des rapports faisant état de coups de feu dans le secteur.

Pour sa part, la police affirme que l'adolescent avait une arme de poing sur lui avant la fusillade. Et la vidéo de l'agent Stillman le montre en train d'éclairer une arme sur le sol près du corps du garçon.

La publication des images et d'autres éléments de l'enquête intervient à un moment délicat, avec le procès en cours à Minneapolis de l'ancien policier Derek Chauvin accusé d'avoir tué George Floyd.

Dans le même temps, des manifestations ont lieu dans la banlieue de Minneapolis, où Daunte Wright, un jeune Noir de 20 ans, a été tué par balle par une policière qui dit avoir confondu son pistolet et son Taser, une arme qui émet un choc électrique paralysant.

La mairesse de Chicago, Lori Lightfoot, a lancé un appel au calme jeudi soir.

"Nous vivons dans une ville traumatisée par une longue histoire de violence et de mauvaise conduite de la police", a déclaré Lori Lightfoot.

"Il est certainement compréhensible que tant de nos résidents ressentent cette vague trop familière d'indignation et de douleur. Il est encore plus clair que la confiance entre notre communauté et les forces de l'ordre est loin d'être guérie et reste gravement brisée", a-t-elle ajouté.

Dix-neuf secondes se sont écoulées entre le moment où l'agent Stillman est sorti de sa voiture de police et quand il a tiré sur le garçon.

Vote historique au Congrès américain pour réparer les torts de l'esclavage

La présidente du Congressional Black Caucus, la représentante Karen Bass, avec la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, lors d'une conférence de presse au Capitole à Washington, le 8 juin 2020.

Une commission du Congrès américain a adopté mercredi un projet de loi portant le principe d'une compensation financière pour réparer les méfaits de l'esclavage aux Etats-Unis, un premier vote historique dans un pays encore marqué par les discriminations raciales.

Le texte a été adopté par la commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants par 25 voix contre 17. Les démocrates ont voté à l'unanimité pour la loi, alors que les républicains ont voté à l'unanimité contre.

La Chambre basse du Congrès, où les démocrates sont majoritaires, devra ensuite l'approuver en séance plénière, à une date indéterminée. Mais le sort du texte est incertain au Sénat, où les démocrates devront obtenir les voix d'au moins dix républicains pour qu'il soit finalement adopté.

Le projet de loi prévoit la création d'une commission d'experts qui serait chargée de faire des propositions sur l'indemnisation par le gouvernement des descendants des quelque quatre millions d'Africains amenés de force aux Etats-Unis entre 1619 et 1865, date de l'abolition de l'esclavage.

Il s'attaque à "l'injustice, la cruauté, la brutalité et l'inhumanité fondamentale de l'esclavage" et aux disparités dont souffre encore aujourd'hui la minorité noire américaine.

Ce vote "historique" est destiné à "poursuivre un débat national sur la façon de combattre les mauvais traitements subis par les Afro-Américains pendant l'esclavage, la ségrégation et le racisme structurel qui reste aujourd'hui endémique dans notre société", a déclaré avant le vote le président de la commission des affaires judiciaires, le démocrate Jerry Nadler.

La représentante Sheila Jackson Lee, à droite, lors d'une audition sur la réparation des descendants d'esclaves devant le sous-comité judiciaire de la Chambre sur la Constitution, les droits civils et les libertés civiles, à Washington, le 19 juin 2019.
La représentante Sheila Jackson Lee, à droite, lors d'une audition sur la réparation des descendants d'esclaves devant le sous-comité judiciaire de la Chambre sur la Constitution, les droits civils et les libertés civiles, à Washington, le 19 juin 2019.

La démocrate afro-américaine Sheila Jackson Lee a imploré ses pairs de ne pas "ignorer la douleur, l'histoire, et la sagesse de cette commission".

Le président Joe Biden, lui aussi démocrate et qui a rencontré mardi des élus afro-américains au Congrès, s'est "engagé" à soutenir ce texte, a-t-elle dit.

Mais les membres républicains de la commission, tout en reconnaissant la brutalité de l'esclavage, s'opposent à cette législation.

"Elle nous éloigne de l'important rêve de juger quelqu'un sur le contenu de sa personnalité et non la couleur de sa peau", a déclaré un représentant républicain, Chip Roy.

Le Black Caucus était également les invités de la Maison Blanche mercredi, un retour après quatre années sans invitation. Ils ont participé au débat autour des réparations.

La législation, dont une première version avait été rédigée il y a près de 30 ans, est redevenue centrale depuis que la mort de plusieurs Afro-Américains lors d'interventions policières a poussé les Etats-Unis à se pencher davantage sur leur passé esclavagiste et sur les multiples discriminations subies par la minorité noire, qui constitue près de 13% de la population.

Le vote est intervenu alors qu'un policier blanc est jugé à Minneapolis, accusé d'avoir tué lors d'une interpellation un quadragénaire noir, George Floyd, devenu un symbole mondial des victimes de violences policières.

Initiatives locales

Malgré les avancées de la lutte pour leurs droits civiques dans les années 1960, les Afro-Américains sont toujours moins diplômés, ont une couverture sociale moins bonne et vivent moins longtemps que les Blancs. Ils sont aussi incarcérés de manière disproportionnée par rapport au reste de la population américaine.

En 2019, le revenu médian annuel d'un foyer noir était de 43.771 dollars, contre 71.664 dollars pour un foyer blanc, selon des statistiques officielles.

Un groupe de 13 experts devra ainsi faire des propositions de compensations "pour l'institution de l'esclavage et (les) discriminations raciales et économiques contre les Afro-Américains".

Ces experts doivent faire des recommandations sur la façon de calculer cette indemnisation, la forme qu'elle devra prendre et qui seront les personnes éligibles.

La question des compensations avait été évoquée par plusieurs candidats à la primaire démocrate de 2020 dans le débat plus large sur les inégalités raciales et les différences de revenus.

Avant une décision au niveau fédéral, la question des réparations a déjà été abordée au niveau des collectivités locales.

La petite ville d'Evanston, près de Chicago (Illinois), est devenue en mars la première à décider d'indemniser ses habitants noirs à hauteur de 10 millions de dollars sur les 10 prochaines années.

Les habitants correspondant aux critères recevront 25.000 dollars chacun pour financer leur crédit immobilier ou la rénovation de leurs logements.

Et en 2019, les étudiants de la prestigieuse université de Georgetown, à Washington, avaient approuvé symboliquement la création d'un fonds au profit des descendants d'esclaves vendus au XIXe siècle par les jésuites ayant créé l'établissement.

Selon un chroniqueur de News One, un média qui s'intéresse principalement aux questions touchant les Afro-Américains, la question des réparations a une longue histoire qui remonte au 5e président des États-Unis, le républicain Abraham Lincoln.

Après avoir signé la déclaration d'émancipation en 1863, M. Lincoln avait autorisé un programme visant à donner "40 hectares et une mule" à chaque ancien esclave éligible. Cependant, note l'auteur, cette promesse n'a pas survécu à l'assassinat du président Lincoln. Son successeur, Andrew Johnson, s'était empressé d'y mettre fin.

Assaut du Capitole: Le rapport qui accable la police

La Garde nationale du Michigan et la police du Capitole veillent à ce que la sécurité renforcée reste en vigueur autour du Capitole.

La police du Capitole disposait avant l'attaque du 6 janvier de plus de renseignements que ce qui était admis jusqu'à présent mais les agents avaient reçu l'ordre de ne pas faire usage de ses tactiques les plus puissantes, selon un rapport interne.

Un rapport accablant de 104 pages de l'inspecteur général interne de la police du Capitole, Michael Bolton, conclut que les policiers ne se sont pas préparés ou n'ont pas réagi de manière adéquate à l'assaut meurtrier du siège du Congrès à Washington, ont rapporté le quotidien New York Times et la chaîne de télévision CNN, repris par l'AFP.

La police du Capitole disposait d'informations l'avertissant que des partisans du président sortant Donald Trump, qui croyaient en ses accusations de fraudes électorales à la présidentielle de novembre, représentaient une menace, selon le rapport.

Trois jours avant l'attaque, un bulletin de renseignement évaluant les risques de violences de la part des partisans de Donald Trump.

"A la différence de précédentes manifestations post-électorales, la cible des manifestants pro-Trump pour le 6 ne sont pas les contremanifestants mais bien le Congrès lui-même", affirmait cette note.

Leur "propension à attirer des suprémacistes blancs, des milices et d'autres personnes prônant activement la violence pourrait conduire à une situation particulièrement dangereuse pour le maintien de l'ordre et le grand public en général", ajoutait la mise en garde.

Mais la police avait reçu instruction de ne pas faire usage de ses méthodes les plus offensives de maîtrise des foules telles que les grenades assourdissantes, selon le rapport.

Un jour avant l'émeute, la police du Capitole écrivait dans son plan de gestion de la manifestation qu'il n'y avait "pas de menaces spécifiques connues liées à la session extraordinaire des deux Chambres prévue ce jour-là et au cours de laquelle devait être confirmée la victoire de Joe Biden sur Donald Trump".

Une audition du Congrès est prévue jeudi au sujet du rapport.

La société civile togolaise s'inquiète d'un projet de réforme de la loi sur la liberté d’association

Photo de famille des participants d’un séminaire sur l’espace civique à Lomé, 31 mars 2021. (VOA/Kayi Lawson)

Une réforme de la loi 1901 relative aux associations est en cours au Togo. Une révision de la législation qui peut déboucher sur des dispositions liberticides, craint la société civile, alors que le pays est déjà en mauvaise posture quant à l’ouverture de son espace civique.

L’espace civique togolais est réprimé. Cette appréciation émane du réseau Civicus, qui l’affirme au vu de son indice 2020 sur l’ouverture de l’espace civique dans le monde. Pour élaborer son indice, Civicus se base sur trois critères fondamentaux, notamment la liberté d’association, la liberté d’expression et la liberté des manifestations pacifiques.

Gislain Alédji, secrétaire exécutif du FODDET à Lomé, 31 mars 2021.
Gislain Alédji, secrétaire exécutif du FODDET à Lomé, 31 mars 2021.


"Le Togo est passé d’un espace civique obstrué à un espace réprimé, selon Civicus", rappelle Gislain Alédji, secrétaire exécutif du Forum des organisations de défense des droits des enfants (Foddet) au Togo.

"Lorsque nous sommes dans un espace ouvert, c’est en ce moment qu’il y a toutes les libertés qui sont respectées et on peut parler des droits de l’homme", a-t-il laissé entendre.

Tikonimbé Koupokpa, Professeur de droit constitutionnel à l’Université de Lomé. Lomé, 31 mars 2021. (VOA/Kayi Lawson)
Tikonimbé Koupokpa, Professeur de droit constitutionnel à l’Université de Lomé. Lomé, 31 mars 2021. (VOA/Kayi Lawson)

Dans un État de droit, des dispositions sont mises en place pour veiller au respect des libertés et droits fondamentaux.

Parmi ces dispositions figure en bonne place le contrôle de la constitutionnalité.

Au Togo, la saisine de la cour constitutionnelle est limitée à certaines autorités, ce qui constitue une limite au contrôle de constitutionnalité, estime Tikonimbé Koupokpa, professeur de droit constitutionnel à l’université de Lomé.

"On constate que cette saisine n’est toujours pas ouverte aux citoyens. Et fondamentalement, il s’agit d’une limite au contrôle de la constitutionnalité des lois. Puisque ce contrôle vise à protéger les droits et libertés des citoyens. Or, les citoyens n’ont pas le droit de saisir la cour constitutionnelle. Donc on leur reconnaît un droit sans leur donner les moyens de jouissance de ce droit", a expliqué l’universitaire.

Il a relevé qu’il serait très profitable pour le pays d’élargir la saisine de la Cour constitutionnelle aux simples citoyens. "Cela permettrait aux citoyens de défendre leurs droits violés par les pouvoirs publics", a soutenu le Professeur Koupokpa.

Selon des informations émanant des organisations de la société civile, le gouvernement togolais veut réformer la loi de 1901 relative aux associations.

Ces dernières souhaitent que les réformes en perspective se conforment aux lignes directrices sur la liberté d’association et de réunion en Afrique. Autre point d’inquiétude: l’obligation de transmettre des rapports d’activités et financiers à l’administration centrale.

Bruno Haden, secrétaire général de l’ACAT-Togo à Lomé, 31 mars 2021. (VOA/Kayi Lawson)
Bruno Haden, secrétaire général de l’ACAT-Togo à Lomé, 31 mars 2021. (VOA/Kayi Lawson)

"Au niveau de la société civile, nous sommes d’accord pour que les rapports en interne soient faits. Maintenant notre inquiétude, c’est le fait que dans les nouvelles dispositions, il y a des sanctions qui sont prévues si on n’est pas régulier pour fournir lesdits rapports", a dit Bruno Haden, secrétaire général de l’ACAT-Togo, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture.

"Donc, nous demandons simplement aux législateurs de prendre en compte notre proposition, de ne pas rendre ces dispositions obligatoires. Parce qu’assorties des sanctions, ça peut faire mal si par mégarde une association oublie de fournir ces genres de rapport", a plaidé M. Haden.

Pour une meilleure ouverture de l’espace civique, les organisations de la société civile comptent mener des plaidoyers, a annoncé Gislain Alédji du Foddet.

"D’ici peu, on fera des lobbyings et des plaidoyers pour que l’Etat revoie un peu la loi afin qu’on ne puisse pas aller jusqu’à un espace fermé. C’est vrai que ce n’est pas du jour au lendemain mais progressivement, la société civile aussi doit jouer son rôle pour qu’on puisse aller à l’idéal, qui est un espace ouvert", a déclaré M. Alédji.

Il y a encore quelques années, toutes les associations de la plupart des pays d’Afrique francophone étaient régies par la loi française du 1er juillet 1901. Entre temps, des pays comme le Burundi, le Congo ou encore le Rwanda ont modifié cette loi et l’ont adaptée aux réalités et exigences actuelles de leurs pays.

Au moins 24 arrestations ou abus sur des personnes soupçonnées d'homosexualité au Cameroun

Des Camerounais de retrouvent pour parler des difficultés de vivre leur homosexualité à Yaoundé, le 2 octobre 2019.

Les forces de sécurité camerounaises ont arbitrairement arrêté, battu ou menacé au moins 24 personnes soupçonnées d'homosexualité ou pour non-conformité de genre, depuis février 2021, a indiqué mercredi Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

"Ces récentes arrestations et abus suscitent de graves inquiétudes quant à la recrudescence des persécutions anti-LGBT au Cameroun", a déclaré Neela Ghoshal, directrice adjointe de la division LGBT à HRW.

"La loi qui criminalise les comportements homosexuels fait courir aux personnes LGBT un risque accru d’être maltraitées, torturées et agressées sans aucune conséquence pour les auteurs de ces actes", a-t-elle ajouté.

Le 24 février à Bafoussam, dans la région de l’Ouest, des policiers ont fait une descente dans les bureaux de Colibri, une organisation qui fournit des services de prévention et de traitement du VIH et ont arrêté 13 personnes, dont sept membres du personnel de l'association, selon l'ONG de défense des droits humains. Ces 13 personnes ont été inculpées d’homosexualité, puis ont été libérées par la police les 26 et 27 février.

"La police nous a dit que nous étions le diable, que nous n’étions pas humains, pas normaux. Ils ont frappé une femme transgenre au visage, l’ont giflée deux fois devant moi", a déclaré une femme transgenre de 22 ans interpellée.

La police a également forcé une des 13 personnes arrêtées, une femme transgenre de 26 ans, à se soumettre à un test de dépistage du VIH et un examen anal, selon HRW.

"Le médecin était gêné, mais a dit qu’il devait faire l’examen parce que le procureur en avait besoin. J’ai dû me pencher en avant. Le médecin portait des gants et a inséré son doigt. C’était la chose la plus humiliante que j’aie jamais vécue", a-t-elle déclaré à HRW.

Au Cameroun, les pratiques homosexuelles sont interdites, la loi prévoyant des peines allant de 6 mois à 5 ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 200.000 FCFA (300 euros) à l'encontre de toute personne qui entretient des rapports sexuels avec quelqu'un du même sexe.

Autrefois fréquentes, les arrestations pour des faits allégués d'homosexualité ont sensiblement baissé ces dernières années au Cameroun, mais elles semblent repartir à la hausse depuis peu.

Sollicitées par l'AFP, les autorités camerounaises n'avaient pas réagi à la mi-journée.

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