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Erdogan exhorte le monde musulman à l'unité contre le terrorisme

Le président turc Tayyip Erdogan (2e à gauche), avec le roi Salman d'Arabie saoudite (à gauche), le Sultan de Brunei Hassanal Bolkiah (2e à droite), et le président Nursultan Nazarbayev du Kazakhstan (à droite) lors d'une séance de photos de famille au Sommet d'Istanbul de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), enTurquie, le 14 avril 2016.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pressé des dizaines de dirigeants musulmans réunis à Istanbul de surmonter les différences confessionnelles pour mieux lutter contre le péril djihadiste et apaiser une région minée par les guerres.

Le chef de l'Etat turc, qui s'exprimait à l'occasion de la 13e conférence annuelle de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a annoncé la création prochaine d'un "Interpol islamique" basé à Istanbul pour coordonner la lutte antiterroriste.

"Nous ne devons pas nous diviser, mais nous rassembler (...) pourquoi attendons-nous une aide extérieure pour affronter nos différends et faire face aux actes terroristes ? Nous devons nous en occuper nous-mêmes", a déclaré M. Erdogan devant ses hôtes, dont le roi Salmane d'Arabie saoudite et le président iranien Hassan Rohani.

"Le principal défi que nous devons surmonter, c'est le confessionnalisme. Ma religion n'est pas le sunnisme ou le chiisme. C'est l'islam", a-t-il ajouté.

Les représentants de 56 pays, dont une trentaine de chefs d'Etat, participent au sommet qui s'achève vendredi dans un contexte de crises régionales et mondiales marquées par les conflits en Syrie et au Yémen et une série d'attentats qui ont ensanglanté plusieurs Etats, dont la Turquie.

Pour mieux lutter contre le groupe Etat islamique (EI) et "toutes les organisations terroristes qui servent la même cause maléfique", le président Erdogan a annoncé que sa proposition de créer un "centre de coopération et de coordination" des polices des pays de l'OCI avait été acceptée.

Celui-ci sera basé à Istanbul, a affirmé M. Erdogan, sans autre détail.

Le sommet de l'OCI se déroule sous haute sécurité dans le centre d'Istanbul, quadrillé par plus de 5.000 policiers spécialement mobilisés, selon l'agence de presse pro-gouvernementale Anatolie, et survolé par des hélicoptères.

La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d'alerte renforcée en raison d'une série d'attentats attribués à l'EI ou liés à la reprise du conflit kurde.

- Rapprochement turco-saoudien -

Avant le coup d'envoi du sommet, M. Erdogan a offert mercredi soir à ses invités un tour sur le Bosphore à bord d'un yacht de luxe et multiplié les entretiens bilatéraux. Après le roi saoudien mardi, il doit rencontrer son homologue iranien après le sommet.

Ce rassemblement dans l'ancienne capitale de l'Empire ottoman revêt une dimension diplomatique importante pour la Turquie, pour qui la période des "printemps arabes" s'est soldée par un fort isolement.

Le pays est brouillé avec l'Egypte depuis le renversement en 2013 du président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, et est coupé de la Syrie de Bachar al-Assad.

Egalement en froid avec Moscou après avoir abattu un bombardier russe accusé d'avoir violé son espace aérien à la frontière syrienne, la Turquie a multiplié les efforts pour réactiver dans la région d'anciennes amitiés, comme celle avec Israël, ou chercher des alliances nouvelles, notamment avec l'Arabie saoudite.

Les dirigeants turc et saoudien ont signé jeudi un mémorandum établissant la création d'un conseil de coordination pour "renforcer la coopération stratégique et consolider les liens amicaux" entre les deux pays, selon le site de la présidence turque.

Cité par l'agence de presse officielle saoudienne SPA, le roi Salmane a dénoncé des "ingérences manifestes dans les affaires de plusieurs pays musulmans (...) incitant au confessionnalisme et utilisant des groupes armés", une pique visant Téhéran, qui soutient M. Assad en Syrie et est accusé d'appuyer des rebelles chiites au Yémen.

Lors du sommet, M. Erdogan a également abordé la question palestinienne, estimant que "la seule voie pour une paix durable en Palestine et dans la région passe d'abord par la fin de l'occupation (israélienne) et la création d'une Palestine indépendante avec pour capitale Jérusalem-Est".

La rencontre a aussi lieu dans le contexte d'une défiance croissante à l'égard de l'islam dans de nombreux pays occidentaux après des attentats revendiqués par l'EI en France et en Belgique.

M. Erdogan a déploré l'"augmentation dangereuse de l'islamophobie et du racisme dans les pays occidentaux", égratignés pour leur "ambivalence". "Ils parlent des attentats de Bruxelles, ils parlent des attentats de Paris", a dit M. Erdogan. "Mais pourquoi ne parlent-ils pas des attentats d'Ankara ou de Lahore (Pakistan)?"

Avec AFP

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Le nouveau coronavirus poursuit ses ravages, le monde "pas prêt à y faire face"

Un client dans une pharmacie du centre-ville de Téhéran, Iran, le 25 février 2020. (AP Photo/Ebrahim Noroozi)

Le nouveau coronavirus a poursuivi mardi ses ravages à travers le monde qui, selon un expert de l'OMS, "n'est tout simplement pas prêt à y faire face".

L'épidémie apparue en décembre dans le centre de la Chine a déjà atteint un pic dans ce pays, où elle a contaminé quelque 77.000 personnes dont 2.600 sont mortes, selon l'OMS.

Elle touche de plus en plus de pays, y compris en Europe: la maladie Covid-19 concerne désormais, Chine mise à part, plus d'une trentaine d'Etats où elle a fait plus de 40 morts et 2.500 contaminations.

Le monde n'est "tout simplement pas prêt" à y faire face, a averti mardi Bruce Aylward, l'expert qui dirige la mission conjointe OMS/Chine, de retour de Pékin. "Vous devez être prêt à gérer cela à une plus grande échelle, et cela doit être fait rapidement", a-t-il ajouté, saluant en revanche le travail d'endiguement de la maladie réalisé par Pékin.

En Europe, l'Italie est le pays européen le plus touché par le nouveau coronavirus avec 7 morts et près de 300 personnes contaminées.

Trois nouvelles régions italiennes, la Toscane (centre), la Sicile (sud) et la Ligurie (nord-ouest) ont recensé des contaminations, a annoncé mardi la Protection civile.

Tous les pays voisins de l'Italie "se sont engagés à garder ouvertes leurs frontières car les fermer serait une erreur et disproportionnée", lors d'une réunion ministérielle à Rome entre Italie, France, Suisse, Autriche, Croatie, à laquelle étaient également présentes l'Allemagne et l'Union européenne.

Ils ont aussi décidé d'"évaluer au cas par cas" l'éventuelle annulation d'événements majeurs, selon un communiqué commun.

- Hôtel en quarantaine -

L'Autriche a annoncé deux premiers cas de coronavirus dans la région du Tyrol, frontalière de l'Italie. Un hôtel de la ville touristique d'Innsbruck, capitale de cette région du coeur des Alpes, a été mis en quarantaine. Une réceptionniste italienne contaminée par le virus y travaillait.

La Suisse a également annoncé un premier cas dans une région proche de l'Italie, tandis qu'en Croatie, un jeune homme revenu récemment d'Italie a été contaminé, premier cas connu dans les Balkans.

Deux nouveaux cas ont été confirmés en France, dont l'un rentrait d'Italie, selon le ministère français de la Santé, précisant que leur état de santé n'inspirait aucune inquiétude. Quatorze cas ont au total été détectés en France, un est mort et onze sont considérés comme guéris.

Aux Canaries, plusieurs centaines de touristes sont confinés dans un hôtel de l'île espagnole de Tenerife où a séjourné un Italien qui pourrait être porteur du coronavirus.

Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait averti lundi que le monde restait menacé de "pandémie", à savoir une épidémie d'ampleur internationale.

L'agence de l'ONU s'inquiète particulièrement des risques pour les pays pauvres, mal équipés pour dépister et combattre le nouveau virus.

La Chine, berceau du virus, est prête à offrir assistance et matériel médical aux pays africains face à l'épidémie de coronavirus, a déclaré le président Xi Jinping.

- Pompeo exige "la vérité" --

En Iran, la mission d'une une équipe d'experts de l'OMS a été retardée, mais reste prévue. Téhéran a annoncé mardi trois nouveaux décès, portant son bilan à 15 morts, le plus lourd en dehors de la Chine.

Dans un contexte de vives tensions entre Washington et Téhéran, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a exigé de l'Iran qu'il dise "la vérité".

"Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les informations indiquant que le régime iranien aurait caché des détails vitaux sur l'épidémie dans ce pays", a-t-il dit.

Les Emirats arabes unis ont suspendu mardi tous les vols en provenance et à destination de l'Iran, une décision qui concerne au premier chef l'aéroport de Dubaï, le plus grand du monde pour les passagers étrangers.

Plusieurs pays de la région ont annoncé des cas de contamination chez des personnes de retour d'Iran.

En Corée du Sud, la situation est "très grave", s'est alarmé le président Moon Jae-in, alors que le nombre de contaminations a encore bondi pour atteindre près d'un millier de cas.

Le pays, qui compte désormais 10 morts, est ainsi le premier foyer mondial de contamination après son voisin chinois.

Séoul avait initialement annoncé mardi une baisse du nombre quotidien de nouvelles contaminations, avant de relever ce chiffre de 60 à 144.

La plupart du millier de cas confirmés sont liés à une secte d'inspiration chrétienne, dont une fidèle aurait contaminé des centaines d'autres croyants.

Washington, qui a appelé à "éviter tout voyage non essentiel" en Corée du Sud, envisage de "réduire" un exercice militaire prévu au printemps avec l'armée sud-coréenne. Quelque 37.000 soldats américains sont stationnés dans ce pays.

Non loin de là, le Japon a annoncé le décès d'un quatrième passager issu du paquebot Diamond Princess où près de 700 personnes ont été contaminées.

En Chine, où le nouveau coronavirus est apparu en décembre à Wuhan (centre), le bilan humain de mardi s'avérait moins dramatique. Le pays a enregistré 71 nouveaux décès en 24 heures, le chiffre le plus bas depuis près de trois semaines.

D'après l'OMS, l'épidémie a connu un "pic" puis un "plateau" entre le 23 janvier et le 2 février, soit juste après la mise en quarantaine de Wuhan (11 millions d'habitants).

En dehors de cette région, toujours en quarantaine, la vie semblait reprendre un cours un peu plus normal, notamment à Pékin où la circulation automobile s'intensifiait légèrement.

Apple a rouvert plusieurs de ses magasins fermés depuis près d'un mois. Mais les universités ne rouvriront pas tant que l'épidémie n'aura pas été maîtrisée, a averti le ministère de l'Education.

Le coronavirus change la donne de la mondialisation, a estimé le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, soulignant "la nécessité impérative de relocaliser un certain nombre d'activités et d'être plus indépendant sur un certain nombre de chaînes de production".

Aux Etats-Unis, l'administration Trump prévoit de consacrer 2,5 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros) à la lutte contre la maladie.

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Trump s'en prend à deux juges progressistes de la Cour suprême

Le président américain Donald Trump lors d'une table ronde à Roosevelt House, le mardi 25 février 2020, à New Delhi, en Inde. (Photo AP / Alex Brandon)

Donald Trump a reproché mardi à deux juges progressistes de la Cour suprême des Etats-Unis des prises de position "inappropriées" et les a appelées à se récuser dans les dossiers le concernant.

La plus haute juridiction américaine consacrera le 31 mars une audience aux déclarations d'impôts du président, qu'il refuse de rendre publiques.

A l'approche de cette audience très sensible politiquement, Donald Trump s'en est pris nommément aux juges Ruth Bader Ginsburg et Sonia Sotomayor.

Dans un tweet lundi, il a repris des accusations formulées par une commentatrice de la chaîne conservatrice Fox, selon laquelle Sonia Sotomayor a accusé ses cinq confrères conservateurs de la Cour suprême d'avoir "un préjugé en faveur de Trump".

"C'est terrible. Essaie-t-elle de leur faire honte pour qu'ils votent comme elle? Elle n'a jamais critiqué la juge Ginsburg quand elle m'a traité d'+imposteur+. Les deux devraient se récuser...", a-t-il écrit.

Mardi, lors d'une conférence de presse en Inde, il est revenu à la charge.

La juge Ginsburg "s'était déchaînée pendant la campagne (...) Elle a dit des choses très inappropriées", a-t-il dit.

Lors d'une interview en 2016, la doyenne de la Cour avait bien qualifié le candidat républicain d'"imposteur". Elle s'était ensuite excusée.

Donald Trump a reproché à Sonia Sotomayor des commentaires rédigés pour exprimer son désaccord avec ses collègues dans une décision prise à une courte majorité (les cinq conservateurs contre les quatre progressistes) en fin de semaine dernière.

"C'était très inapproprié, une déclaration terrible pour un juge de la Cour suprême", a-t-il assuré. "Je crois qu'elle essayait de faire honte à ceux qui pourraient avoir une opinion différente d'elle".

La magistrate explique dans ce document de sept pages son "inquiétude" face à la tendance croissante du gouvernement de faire appel à la Cour suprême en urgence, sans attendre que tous les échelons de l'appareil judiciaire se soient prononcés.

"Il est difficile de dire ce qui est le plus troublant: que le gouvernement ait recours à cette procédure extraordinaire de manière automatique, ou que la Cour lui accorde raison", a-t-elle notamment écrit.

Sur Twitter, Steve Vladeck, professeur de droit à l'université du Texas, a volé à son secours. La juge Sotomayor n'accuse pas ses confrères "d'être pro-Trump" et "elle a raison" d'écrire qu'ils "font peser la balance en faveur du gouvernement dans les recours d'urgence".

Selon une de ses études, le gouvernement de Donald Trump a introduit 20 recours d'urgence au cours de ses deux premières années et demi au pouvoir, contre huit par les administrations Bush et Obama au cours des seize années précédentes.

Le chanteur Placido Domingo demande pardon aux victimes de harcèlement sexuel

Placido Domingo lors d'un concert à Szeged, Hongrie, 28 août 2019.

Le ténor espagnol Placido Domingo, accusé aux Etats-Unis de harcèlement sexuel par une vingtaine de femmes, leur a demandé pardon, après avoir nié pendant des mois.

"Je veux qu'elles sachent que je suis sincèrement désolé pour la souffrance que je leur ai causée. J'accepte toute la responsabilité de mes actes", a indiqué le chanteur de 79 ans dans un communiqué publié par son agent à Los Angeles, ville dont il a quitté en octobre la direction de l'opéra, qu'il occupait depuis 2003, suite à ces accusations.

Ce revirement est intervenu quelques heures avant que le syndicat américain représentant les chanteurs d'opéra publie les résultats de l'enquête qu'il avait lancée en septembre sur les accusations visant Placido Domingo, concluant qu'il avait eu "un comportement inapproprié".

"L'enquête conclut que M. Domingo a eu un comportement inapproprié allant du flirt aux avances sexuelles au sein et à l'extérieur de son lieu de travail", a annoncé la American Guild of Musical Artists (AGMA) dans un communiqué, en soulignant que les victimes n'avaient pas parlé plus tôt par "peur de représailles" professionnelles. Le syndicat indique que son conseil d'administration a accepté les conclusions de cette investigation "et prendra les mesures appropriées".

Dans une enquête publiée en août par l'agence Associated Press, neuf femmes ont affirmé avoir été harcelées par le chanteur à partir de la fin des années 1980. Elles avaient évoqué pour l'une d'entre elles une main sous la robe, pour d'autres des baisers imposés ou des gestes déplacés, tels une main sur le genou lors d'un déjeuner.

Plusieurs de ces femmes avaient indiqué que leur carrière avait pris un coup après qu'elles eurent rejeté ses avances. Associated Press avait publié ensuite en septembre une seconde enquête affirmant que onze autres femmes, se disant elles aussi victimes, s'étaient manifestées.

- Le temps de la réflexion -

Dans son communiqué, Placido Domingo assure mardi "avoir pris le temps ces derniers mois de réfléchir aux accusations" et indique "comprendre maintenant que certaines femmes aient pu avoir peur de s'exprimer en raison de la crainte d'un impact sur leur carrière".

Après ces accusations de harcèlement sexuel, le chanteur a renoncé à se produire au Metropolitan Opera de New York tandis que d'autres opéras américains ont annulé ses représentations, marquant ainsi la fin de sa carrière aux Etats-Unis.

Il a en revanche continué à se produire en Europe où il a de nombreuses représentations prévues ces prochains mois à Hambourg, Moscou, Madrid, Vienne, Vérone, Londres....

Avant de demander pardon, Placido Domingo avait nié fermement pendant des mois. "Les allégations de ces individus anonymes qui remontent parfois à 30 ans sont profondément troublantes et, telles que présentées, inexactes", avait-il réagi en août. En novembre, il avait en outre assuré n'avoir "jamais exercé de représailles, raccourci ou brisé la carrière de qui que soit."

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