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Erdogan dénonce une "guerre économique" après l’effondrement de la livre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, Ankara, Turquie, 3 août 2018.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté ses concitoyens à changer leurs devises étrangères pour soutenir la livre turque dont la chute s'est accentuée à la suite de son appel à la "lutte nationale" contre la "guerre économique" déclarée selon lui à la Turquie.

"Si vous avez des dollars, des euros ou de l'or sous votre oreiller, allez dans les banques pour les échanger contre des livres turques. C'est une lutte nationale", a lancé M. Erdogan dans un discours à Bayburt (nord-est).

Pendant son intervention, la livre turque a franchi le seuil de six pour un dollar au-delà duquel elle semblait désormais ancrée. Elle s'échangeait à 10h30 TU à environ 6,1 pour un billet vert, enregistrant une baisse de près de 10% sur la journée.

La devise turque, dont la valeur a fondu de près de 40% face au dollar et à l'euro depuis le début de l'année, souffre en raison de la grave crise diplomatique entre Ankara et Washington et de la défiance croissante des marchés envers l'équipe économique de M. Erdogan.

La monnaie turque avait déjà cédé plus de 5% face à la devise américaine jeudi, au lendemain de discussions infructueuses entre des diplomates américains et turcs de haut rang en vue d'apaiser les différends entre leurs deux pays qui ont imposé la semaine dernière des sanctions réciproques à des responsables gouvernementaux.

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Outre ces tensions, les marchés s'inquiètent des orientations de la politique économique du président Erdogan, la banque centrale turque rechignant à relever ses taux pour contrer une inflation qui a pourtant atteint près de 16% en juillet en rythme annuel.

La chute de la livre vendredi "montre que les investisseurs sont de plus en plus inquiets de l'imminence d'une crise monétaire totale", souligne dans une note David Cheetham, analyste chez XTB.

- "Lobby des taux d'intérêt" -

Face à cette situation, le président Erdogan a pointé vendredi un doigt accusateur en direction d'un mystérieux "lobby des taux d'intérêt" dont il n'a pas défini les contours.

"S'ils ont des dollars, nous, nous avons notre peuple, nous avons le droit et nous avons Allah !", avait-il lancé dans un précédent discours, dans la nuit de jeudi à vendredi, des déclarations qui ont renforcé l'inquiétude des marchés.

Cette préoccupation a dépassé les frontières turques vendredi avec la parution d'un article du Financial Times selon lequel la Banque centrale européenne s'inquiète d'une éventuelle contagion de cette crise monétaire à certaines banques européennes très présentes en Turquie.

>> Lire aussi : Ankara va dépêcher une délégation à Washington

Des Allemandes Deutsche Bank et Commerzbank aux Italiennes UniCredit et Intesa Sanpaolo, en passant par l'Espagnole Santander, les actions de grandes banques européennes évoluaient dans le rouge vendredi dans la matinée, pénalisées par la crise de la livre turque.

"Les investisseurs voyaient la crise monétaire en Turquie comme un problème local. Cependant, il semble que la rapidité de la chute (de la livre) renforce les inquiétudes d'une possible exposition de banques européennes au système bancaire turc", souligne Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

- Crise de confiance -

Visiblement soucieux d'envoyer des signaux positifs aux marchés, le nouveau ministre des Finances Berat Albayrak, qui est également le gendre du président Erdogan, a insisté sur l'"importance" selon lui de l'"indépendance de la banque centrale" turque.

Depuis sa nomination à ce poste après la réélection de M. Erdogan en juin, M. Albayrak s'est efforcé sans succès d'apaiser les marchés qui voient d'un mauvais oeil la mainmise croissante sur les affaires économiques du président dont les positions peu orthodoxes inquiètent.

M. Erdogan, qui s'est octroyé l'ensemble des pouvoirs exécutifs aux termes d'une révision constitutionnelle controversée et nomme ainsi directement le gouverneur de la banque centrale, est ainsi un "ennemi" autoproclamé des taux d'intérêt.

Or de nombreux économistes appellent de leurs voeux une hausse des taux d'intérêt de la banque centrale afin d'enrayer l'inflation, un levier traditionnellement utilisé dans le monde pour maîtriser la hausse des prix et soutenir la monnaie nationale.

L'agonie de la livre turque cette semaine n'a quasiment pas été traitée par les principales chaînes de télévision et les journaux à grand tirage, pour la plupart contrôlés par le pouvoir.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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