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Investissements opaques: perquisitions chez un haut responsable du Vatican


Le pape François célèbre une messe avec des membres d'institutions religieuses à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la vie consacrée, dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, le samedi 1er février 2020. (AP Photo/Andrew Medichini)

La justice vaticane - qui enquête sur le circuit opaque autour de l'achat d'un immeuble de luxe londonien et de possibles actes de corruption - a perquisitionné mardi le logement et le bureau d'un haut responsable du Saint-Siège, a indiqué ce dernier.

Des documents et du matériel informatique ont été saisis dans le bureau et dans le logement de Mgr Alberto Perlasca, précise le communiqué du Vatican.

Ce prélat a été le responsable administratif d'une section de la Secrétairerie d'Etat - le gouvernement central du Saint-Siège -, avant d'être nommé en juillet à la tête de l'un des tribunaux du Vatican.

Cette enquête avait conduit début octobre à des perquisitions et à la suspension provisoire de cinq suspects, dont le numéro deux de l'Autorité d'information financière (AIF, autorité anti-blanchiment) et un autre prélat dirigeant une section de la Secrétairerie d'Etat.

Ce dernier, Mgr Mauro Carlino, avait été auparavant le bras droit du cardinal Angelo Becciu, ancien "substitut de la Secrétairie d'Etat" (secrétaire très proche du pape), qui a pu donner son feu vert à certains décisions examinées par l'enquête de justice.

Le cardinal Becciu a assuré lundi soir, en marge d'une conférence de presse, que le "Denier de saint Pierre" (où affluent les dons des croyants faits au pape) n'avait pas servi à réaliser l'achat de l'immeuble de luxe londonien, a rapporté i-média, agence spécialisée dans le Vatican.

Ce prélat, dorénavant à la tête de la Congrégation pour la cause des saints, a précisé que l'investissement immobilier s'était fait grâce à une "hypothèque" qui avait permis de ne pas mobiliser directement les dons. "Cela semblait une opportunité favorable", a commenté le cardinal.

L'enquête était partie d'un signalement de l'Institut pour les oeuvres religieuses (IOR), la "banque du Vatican", auquel la Secrétairie d'Etat demandait sans trop d'explications en 2018 un versement de 150 millions d'euros pour boucler le rachat final d'un immeuble dans le chic quartier londonien de Chelsea - 17.000 m2 transformés en une cinquantaine d'appartements de luxe.

En ouvrant samedi l'année judiciaire du Vatican, le pape François avait évoqué ces investigations, parlant de "situations financières suspectes, qui au-delà d'une possible illégalité, se concilient mal avec la nature et la finalité de l'Église".

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