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Tortures présumées: la Guinée équatoriale accuse l'Espagne d'ingérence

ARCHIVES - Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de la Guinée équatoriale, à la tribune des Nations unies en 2015.

Le vice-président de la Guinée équatoriale et tout-puissant fils du chef de l'Etat, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a accusé l'Espagne d'"ingérence" après que la justice à Madrid a ouvert une enquête pour "enlèvement" et "torture" de deux opposants de nationalité espagnole à Malabo.

Cette enquête, révélée mardi par le quotidien espagnol El País et confirmée à l'AFP à Madrid par une source judiciaire, vise trois proches du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 80 ans et au pouvoir depuis 1979.

Il s'agit de Carmelo Ovono Obiang, chef du service de renseignement extérieur et l'un des fils du chef de l'Etat, Nicolás Obama Nchama, ministre de la Sécurité nationale, ainsi que le directeur général de la Sécurité présidentielle, Isaac Nguema Endo.

Ils figurent parmi les plus hauts responsables de la sécurité dans ce petit Etat pétrolier d'Afrique centrale parmi les plus fermés au monde et doté d'un des des régimes les plus autoritaires.

Les trois hommes sont soupçonnés par cette juridiction madrilène d'avoir fait kidnapper fin 2019 au Soudan du Sud quatre opposants qui arrivaient d'Espagne, dont deux citoyens espagnols d'origine équato-guinéenne, de les avoir rapatriés de force à Malabo et de les avoir fait torturer de manière répétée, affirme le journal, qui dit avoir eu accès aux rapports de la police espagnole.

"Ces terroristes ont été arrêtés par les autorités soudanaises (sic) et extradés vers la Guinée équatoriale" en vertu d'un "mandat d'arrêt international" émis par Malabo, affirme dans un tweet daté de mardi soir le vice-président Obiang, surnommé Teodorin, qui accuse l'Espagne d'"ingérences".

Le 15 novembre 2019, quatre opposants au régime Obiang, tous résidant en Espagne et dont deux jouissent de la nationalité de ce pays. Feliciano Efa Mangue et Julio Obama Mefuman, avaient été "portés disparus" quelques jours après leur arrivée au Soudan du Sud, "enlevés et transférés en Guinée équatoriale", s'alarmait le 8 janvier 2020 Amnesty international dans un communiqué.

Les quatre étaient membres du Mouvement pour la Libération de la Troisième République de Guinée équatoriale (MLGE3R), un mouvement politique d'opposition en exil en Espagne.

MM. Efa Mangue et Obama Mefuman ont été condamnés en mars 2020 à Malabo à 90 et 60 ans de prison respectivement, pour avoir participé à une "tentative de coup d'Etat" contre le président Obiang en décembre 2017. Un an plus tôt, 112 accusés, dont ces quatre par contumace, avaient écopé de dizaines d'années de prison pour les mêmes faits.

Selon El País, ils auraient été arrêtés à Juba par des militaires sud-soudanais et mis dans "l'avion présidentiel" à destination de la Guinée équatoriale, avec les deux autres membres du MLGE3R résidant légalement en Espagne, Bienvenido Ndong Ondo et Martín Obiang Ondo.

Selon El País, qui cite des récits de "témoins protégés" et un rapport de la police espagnole, les quatre auraient été soumis à de cruelles séances de torture à Malabo auxquelles les trois hauts responsables de la sécurité visés par l'enquête madrilène "ont participé".

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Une ONG demande la fin de "l'impunité" pour un ministre centrafricain

Vue du tribunal de grande instance de Bangui, le 16 octobre 2017. (VOA/Freeman Sipila)

L'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi dans un communiqué à mettre fin à "l'impunité" d'un ex-chef rebelle et ministre centrafricain, accusé de crimes de guerre et contre l'humanité devant la Cour pénale spéciale (CPS).

Le 23 janvier, Hassan Bouba Ali, ministre de l'Elevage et ex-chef rebelle de l'Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), l'un des principaux groupes armés rebelles du pays, était en visite officielle à Ngakobo, à 400 km à l'est de la capitale Bangui, dans la préfecture de la Ouaka.

La société civile centrafricaine salue la condamnation des rebelles des 3R
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Cette ville était contrôlée de fin 2014 à début 2021 par l'UPC dans ce pays théâtre depuis 2013 d'une guerre civile très meurtrière dans ses premières années, mais qui a baissé d'intensité depuis 2018.

M. Bouba avait été arrêté en novembre 2021 par des policiers de la Cour pénale spéciale, une juridiction centrafricaine créée il y a huit ans pour juger des accusés de crimes contre l'Humanité. Il avait ensuite été incarcéré avant d'être exfiltré de sa prison à Bangui une semaine plus tard par des gendarmes.

Ces derniers l'avaient conduit à son domicile et la CPS avait dénoncé une entrave à la justice. Le 29 novembre 2021, il était décoré de l'ordre national du mérite par le président Faustin Archange Touadéra.

La CPS l'avait inculpé de "crime contre l'humanité" et "crime de guerre". Et l'ONG américaine The Sentry, spécialisée dans la traque de l'argent de la corruption qui finance les guerres, avait affirmé au terme d'une enquête très détaillée que le chef de l'UPC, Ali Darassa, et son numéro deux de l'époque, Hassan Bouba, étaient directement responsables de l'attaque d'un camp de déplacés en novembre 2018 à Alindao, à quelque 500 km à l'est de Bangui, qui s'était soldée par la mort d'au moins 112 villageois dont 19 enfants.

Hassan Bouba Ali "devrait comparaître en justice pour son rôle présumé dans la commission de graves crimes ou pour n'avoir rien fait pour les empêcher. Un mandat d'arrêt a été émis à son encontre et si Bouba était réellement préoccupé par la justice, il se livrerait de lui-même aux autorités", a déclaré Lewis Mudge, directeur de HRW pour l'Afrique centrale.

"De 2014 à 2017, Human Rights Watch a documenté que 246 civils avaient été tués et 2.050 habitations avaient été détruites par les miliciens UPC de Bouba dans la province de Ouaka", ajoute l'organisation qui souligne que "ces chiffres pourraient être revus à la hausse" face à la difficulté de vérifier "des centaines de cas".

Affaire Tyre Nichols: les appels à la réforme de la police se multiplient aux États-Unis

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Aux Etats Unis, les appels à la réforme de la police se sont multipliés après que cinq policiers de Memphis, dans le Tennessee, ont été filmés en train de battre un homme qui est mort trois jours après.

Au moins une dizaine de civils tués dans deux attaques au Burkina Faso

Au moins une dizaine de civils ont été tués jeudi lors de deux attaques de jihadistes présumés dans le centre-ouest du Burkina Faso, à environ 140 km de Ouagadougou,

Au moins une dizaine de civils ont été tués jeudi lors de deux attaques de jihadistes présumés dans le centre-ouest du Burkina Faso, à environ 140 km de Ouagadougou, a appris vendredi l'AFP de sources sécuritaire et locale.

Jeudi en fin de journée, "un groupe d'individus armés et à bord de motos ont fait irruption à Doh, un village de la commune de Dassa et ouvert le feu sur des habitants. Six d'entre eux sont morts sur le coup et deux autres ont été blessés", a indiqué à l'AFP un habitant.

"Au même moment, un autre groupe d'hommes armés a attaqué une autre localité de la commune, Bachoukorêpoun, située à quelques kilomètres, faisant également six morts", a poursuivi le même habitant.

Une source sécuritaire anonyme jointe par l'AFP, a confirmé les deux attaques évoquant de son côté un "bilan provisoire" d'une "dizaine de victimes". "Des opérations (de ratissage) sont en cours pour ramener la quiétude et rassurer les populations" qui avaient commencer à quitter la zone, a indiqué la même source.

Selon plusieurs habitants de la commune de Dassa, des incursions de membres de groupes jihadistes présumés sont fréquentes depuis quelques mois, à la suite d'une vaste opération anti-jihadiste lancée par les forces de défense et de sécurité dans la province voisine du Nayala.

Celle-ci contraint les jihadistes présumés à se replier dans la province du Sanguie où se trouve Dassa. La semaine dernière, le Burkina Faso a connu une série d'attaques dans plusieurs régions du nord et du nord-ouest du pays faisant une trentaine de morts, dont une quinzaine de Volontaires de la défense de la patrie (VDP), des supplétifs civils de l'armée.

Le Burkina Faso, en particulier dans sa moitié nord, est confronté depuis 2015 aux attaques de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui se multiplient. Elles ont fait des milliers de morts et au moins deux millions de déplacés.

Le capitaine Ibrahim Traoré, président de transition issu d'un coup d'Etat militaire le 30 septembre le deuxième en huit mois s'est donné pour objectif "la reconquête du territoire occupé par ces hordes de terroristes".

Le Burkina Faso était aidé depuis plusieurs années dans sa lutte contre les jihadistes par des forces spéciales françaises, mais les autorités de la transition leur ont demandé cette semaine de plier bagage d'ici un mois.

Cette décision est motivée par "la volonté des autorités de la transition et de l'ensemble des Burkinabè, d'être les acteurs premiers de la reconquête de notre territoire", a justifié lundi le porte-parole du gouvernement, Jean-Emmanuel Ouédraogo.

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