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Enquête pour "fraude" au HCR en Ouganda et au Kenya


Arrivée de nouveaux réfugiés somaliens devant un centre de traitement du HCR au camp de réfugiés d'Ifo à l'extérieur de Dadaab, dans l'est du Kenya le 5 août 2011.

Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a assuré jeudi qu'il examinait des allégations de fraude au sein de son programme de réinstallation, consistant à installer dans des pays tiers des personnes déplacées.

"Nous confirmons avoir reçu des allégations relatives à des fraudes en matière de réinstallation en Ouganda et au Kenya", a indiqué à l'AFP une porte-parole du HCR à Genève, Cécile Pouilly.

"Chacune d'entre elles ayant fait l'objet d'un examen approfondi et d'une enquête, à chaque fois que suffisamment d'informations ont été transmises", a-t-elle ajouté.

Selon un article paru jeudi du magazine allemand Stern, un "marché" illégal s'est développé autour du programme de réinstallation de réfugiés dans la capitale ougandaise, Kampala, avec des intermédiaires faisant payer des réfugiés qui souhaitent bénéficier du programme de réinstallation du HCR pour être réinstallés dans d'autres pays.

Certains réfugiés sont amenés à payer à ces intermédiaires quelque 2.500 dollars (2.250 euros) pour pouvoir obtenir une place de réinstallation, selon Stern.

Cécile Pouilly a indiqué que l'agence avait "recensé cinq cas de corruption" impliquant des membres de son personnel au Kenya en 2016 et 2017, assurant que ces cas avaient été transmis aux autorités nationales afin que celles-ci engagent des poursuites pénales.

Le HCR estime à 1,44 million le nombre de réfugiés en besoin de réinstallation dans le monde, pour seulement quelques dizaines de milliers de place disponibles. Ce déséquilibre "pèse lourdement en faveur de ceux qui souhaitent exploiter le désespoir des réfugiés, a expliqué Cécile Pouilly.

Afin de garantir "l'intégrité" de ses programmes de réinstallation, le HCR utilise notamment l'enregistrement biométrique dans toutes les opérations stables de réfugiés où les humanitaires opèrent, y compris au Kenya et en Ouganda.

Globalement, le HCR indique avoir renforcé ses processus internes d'enquête et de discipline, avec une augmentation de 60% du nombre de mesures disciplinaires prises entre 2017 et 2018.

Le nombre de membres du personnel de HCR ayant été renvoyés pour corruption dans le monde a été de 10 entre 2017 et 2018.

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