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Les civils de Fallouja fuient au péril de leur vie

Les forces antiterroristes d'élite de l'Irak entrent dans le quartier Shuhada à Fallouja, en Irak, le 5 Juin 2016.

Pris au piège de leur ville assiégée par les forces irakiennes, les civils de Fallouja tentent de fuir au péril de leur vie mais les jihadistes du groupe Etat islamique veulent les en empêcher pour les utiliser comme "boucliers humains".

Des jihadistes "nous ont tiré dessus alors que nous quittions la ville par le sud. Nous pouvions entendre les balles siffler au dessus de nos têtes tandis que nous rampions dans les champs", raconte une femme de 60 ans trop effrayée pour dévoiler son nom.

"Je leur ai crié que je ne retournerai jamais. 'Tuez-moi maintenant', j'ai dit. Quel est le sens de la vie si mes enfants sont en train de souffrir?", ajoute-t-elle, interrogée par téléphone.

D'autres rescapés ont raconté que des rafales de tirs s'abattaient sur eux alors qu'ils traversaient l'Euphrate sur des bateaux de fortune.

"Les gens utilisent tout ce qui flotte, d'une armoire à un conteneur en plastique", précise Caroline Gluck, porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) pour l'Irak. "Nous savons que des personnes se sont noyées, au moins une personne a été tuée par balle par un sniper alors qu'il se tenait sur un petit bateau ou canot pneumatique".

A Amriyat al-Fallouja, une localité à une vingtaine de kilomètres au sud de Fallouja, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) voit arriver tous les jours de nouveaux déplacés affamés et épuisés ayant fuit les localités sous contrôle de l'EI.

Mais "nous avons des témoignages sur des civils (...) qui sont forcés de rester et sont menacés", indique à l'AFP Nasr Muflahi, directeur du NRC pour l'Irak.

- Garder les pauvres -

La grande majorité des quelque 18.000 civils ayant réussi à fuir les zones sous contrôle jihadiste depuis le début de l'offensive gouvernementale pour reprendre Fallouja habitaient à la périphérie de la ville.

Le NRC et l'ONU estiment à environ 50.000 le nombre de civils pris au piège à l'intérieur de Fallouja. Pour eux, s'échapper est presque impossible.

Les jihadistes "ont placé une voiture piégée sur le vieux pont et annoncent aux personnes voulant fuir qu'ils la feront exploser à leur passage", raconte Mohamed al-Doulaimi, père de six enfants et coincé dans le centre de Fallouja.

"Ils sont sous pression (...) Nous le voyons à leur comportement. Ils ont le soutien d'à peine 1% de la population, de ceux qui tirent bénéfice de leur présence", soutient-il.

Des habitants ont vu dimanche des jihadistes se raser la barbe, selon M. Doulaimi. Un stratagème adopté dans des circonstances similaires lorsqu'ils sont sur le point de perdre une ville et cherchent à sauver leur peau en se fondant au milieu des civils.

Les jihadistes "tentent de faire fuir leur famille mais de garder les gens pauvres comme nous", témoigne une femme de 25 ans, arrivée dans le camps de Amriyat al-Fallouja après avoir quitté Azkrakiyah, une zone rurale à l'ouest de Fallouja.

Selon Mme Gluck, les jihadistes obligeraient même les civils des localités proches de Garma, Zoba et Saqlawiya à s'installer dans Fallouja.

Lancée il y a deux semaines, l'offensive pour reprendre ce bastion se heurte à une forte résistance des jihadistes qui le contrôlent depuis janvier 2014. Et jusqu'à présent, les forces d'élite n'ont pas réussi à atteindre le centre-ville.

Pour justifier cette lenteur, le gouvernement irakien invoque le risque des civils d'être utilisés comme "boucliers humains" par les jihadistes.

Mais pour Abou Mahdi al-Mohandis, le commandant militaire des unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi se battant auprès des forces irakiennes, la situation des civils devrait être une raison de plus pour accélérer l'offensive.

Ces forces paramilitaires ont participé à l'encerclement de Fallouja mais sont jusqu'à présent restées à l'extérieur, laissant les forces du service d'élite du contre-terrorisme (CTS) donner l'assaut sur la cité.

"Maintenant Daech tire sur des femmes et des enfants pour les empêcher de fuir", a-t-il indiqué à des journalistes dimanche. "Il est clair que la ville est l'otage de ces gangs, nous n'allons pas rester là les bras croisés", a-t-il prévenu.

Avec AFP

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OMC: l'UE va soutenir la Nigériane Okonjo-Iweala

La candidate pour la présidence de l'OMC Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigeria et ancienne No.2 à la Banque mondiale. REUTERS/Lucas Jackson/archives

L'Union européenne va soutenir la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pour le poste de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses Etats membres étant finalement arrivés lundi à un consensus sur cette candidature.

Ce soutien, qui donne un élan appréciable à la candidate africaine face à sa rivale sud-coréenne Yoo Myung-hee, sera annoncé à l'OMC mardi matin par l'ambassadeur de l'UE à Genève, a précisé l'une de ces sources.

Ancienne ministre des Affaires étrangères et des Finances du Nigeria, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale, Mme Okonjo-Iweala, 66 ans, pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation chargée de libéraliser le commerce mondial.

Les Etats membres ont cependant mis du temps à s'entendre sur son nom, malgré un échange sur le sujet entre les dirigeants de l'UE lors du dernier sommet européen mi-octobre à Bruxelles.

Lundi matin, la Hongrie et la Lettonie refusaient encore de soutenir la Nigériane, avant de se rallier à la majorité dans la soirée, selon les sources européennes.

Tout en acceptant le consensus européen, "sept délégations" ont par ailleurs "demandé que soit enregistrée leur préférence pour l'autre candidate", a précisé une de ces sources.

Ce soutien est "un signal clair à l'égard de l'Afrique et un signe de confiance mutuelle" avec l'UE, a souligné une autre source.

Le troisième cycle de discussions, qui devra départager les deux prétendantes, a débuté le 19 octobre et s'achèvera mardi. Un consensus devra être trouvé pour la date butoir du 7 novembre.

La candidate qui l'emportera succédera au Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté l'OMC fin août, un an plus que tôt que prévu. Ce départ, expliqué par des raisons familiales, est survenu en plein marasme économique mondial, laissant l'institution en crise.

Le prochain chef de l'institution devra affronter la crise économique mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

Minute Eco: Reprise des pourparlers sur le GERD

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Washington fait appel de la décision de l'OMC face à la Chine

Le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump se serrent la main après avoir signé la "phase 1" de l'accord commercial américano-chinois à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS / Kevin Lamarque

Washington a fait appel auprès de l'Organisation mondiale du commerce de sa condamnation sur les taxes douanières punitives imposées à la Chine au début de la guerre commerciale entre les deux grandes puissances.

Les Etats-Unis en ont fait l'annonce lors d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD) de l'organisation basée à Genève, a indiqué un porte-parole de l'OMC.

Washington avait été condamné le 15 septembre par l'ORD. Ce cas, porté par Pékin devant l'OMC en 2018, concerne une première tranche de droits de douane imposés par l'administration Trump sur quelque 250 milliards de dollars de biens chinois.

Ces tarifs punitifs ont marqué le début d'une guerre commerciale entre les deux géants économiques et constitué l'une des marques de fabrique de la présidence Trump.

Washington et Pékin ont ensuite conclu un accord commercial, en grande partie au point mort.

Dans son jugement rendu à la mi-septembre, l'ORD stipulait que "les mesures en cause sont incompatibles" avec divers articles du GATT (ancêtre de l'OMC), et recommandé "que les Etats-Unis rendent leurs mesures conformes à leurs obligations".

Réagissant au verdict de l'Organe de règlement des différends de l'OMC, l'administration Trump avait jugé l'organisation "totalement inadéquate" pour mettre fin aux pratiques commerciales de la Chine, jugées déloyales.

Ce jugement était très attendu dans la mesure où il s'agit d'un des premiers verdicts de l'OMC portant sur la guerre commerciale.

En règle générale, l'organe d'appel de l'OMC dispose de trois mois pour rendre son rapport. Toutefois, l'organe d'appel, dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnel depuis décembre 2019 faute de magistrats en nombre suffisant.

Aides à Boeing: feu vert des membres de l'OMC aux sanctions européennes contre les Etats-Unis

Avion Boeing

Les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont donné lundi, à leur tour, leur autorisation à l'Union européenne d'imposer des sanctions douanières contre Washington, en représailles aux aides accordées à Boeing.

Dans ce dossier, l'arbitre de l'OMC avait autorisé, le 13 octobre, Bruxelles à imposer des sanctions sur un montant maximum de près de 4 milliards de dollars de biens américains importés chaque année, mais cette décision devait être approuvée par les membres de l'organisation à l'occasion d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD).

La sanction a été officiellement validée lundi lors d'une réunion à Genève, selon un responsable de l'OMC.

"Les membres de l'OMC ont approuvé la demande d'autorisation de l'Union européenne d'imposer des mesures de rétorsion contre les Etats-Unis" dans le cadre du dossier des aides à Boeing, a-t-il indiqué.

"Notre préférence va à un règlement négocié avec les États-Unis. À cette fin, nous continuons à collaborer étroitement avec nos homologues américains et je suis en contact régulier avec le représentant américain au commerce, Robert E. Lighthizer", a commenté le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

"En l'absence d'un résultat négocié, l'UE sera prête à prendre des mesures conformément à la décision de l'OMC", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Dans la perspective des sanctions, l'Europe a déjà dressé une longue liste de produits qui pourraient être taxés.

Pourraient ainsi être visés les avions de ligne produits aux Etats-Unis, les tracteurs, mais aussi la patate douce, les arachides, le jus d'orange congelé, le tabac, le ketchup ou encore le saumon du Pacifique, selon une liste actualisée obtenue par l'AFP.

L'avionneur européen Airbus et son concurrent américain, et à travers eux Bruxelles et Washington, s'affrontent depuis octobre 2004 devant l'OMC, juge de paix du commerce mondial. En cause: les aides publiques versées aux deux groupes, jugées illégales de part et d'autre.

La décision au profit de l'UE vient en miroir de l'autorisation accordée l'an passée aux Etats-Unis d'imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars de biens et services européens importés chaque année, la sanction la plus lourde jamais imposée par l'OMC.

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