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En Autriche, le président iranien plaide pour la sauvegarde de l'accord nucléaire

Le président iranien, Hassan Rohani, à Islamabad le 25 mars 2016.

Le président iranien Hassan Rohani, en visite en Europe pour s'assurer des partenariats permettant de contrer le retour des sanctions américaines, a insisté mercredi à Vienne sur sa volonté de sauvegarder l'accord historique sur le programme nucléaire de son pays, aujourd'hui gravement menacé.

Cette visite, jugée "d'une importance capitale" par Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l'Europe après le retrait américain de l'accord, est assombrie par la récente arrestation d'un diplomate de l'ambassade d'Iran en poste dans la capitale autrichienne, suspecté d'être impliqué dans un projet d'attentat.

Quelques heures avant d'accueillir M. Rohani, Vienne a convoqué en urgence l'ambassadeur d'Iran dans le pays et annoncé que l'Autriche allait retirer son statut de diplomate à l'agent mis en cause.

"Nous attendons des éclaircissements complets" sur cette affaire, a prévenu mercredi le chancelier Sebastian Kurz lors d'un point presse aux côtés du président iranien, ajoutant que ce dernier lui avait "assuré soutenir" cette démarche.

Avec le chef d'Etat autrichien Alexander Van der Bellen, M. Rohani a insisté sur sa volonté de maintenir l'accord obtenu de haute lutte en 2015, signé à Vienne, et supposé empêcher l'Iran d'accéder à l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions qui l'isolaient et étranglaient son économie.

- "Equilibrer" contraintes et bénéfices -

"Tant que c'est possible pour l'Iran, nous resterons partie à l'accord, nous ne quitterons pas le JCPOA (le sigle officiel de l'accord, ndlr), à la condition que nous puissions aussi en profiter", a déclaré M. Rohani.

"Si les autres signataires, hors Etats-Unis, peuvent garantir les intérêts de l'Iran, l'Iran restera dans le JCPOA", a-t-il insisté.

En clôture de sa visite à Vienne, M. Rohani doit rencontrer les milieux d'affaires autrichiens, alors que "plusieurs centaines d'entreprises autrichiennes", selon M. Van der Bellen, sont présentes en Iran.

Depuis que le gouvernement américain de Donald Trump a dénoncé l'accord nucléaire en mai, il fait planer de lourdes menaces de sanctions sur tous ceux qui voudraient avoir des échanges économiques avec Téhéran. Or l'Iran a besoin de retirer des bénéfices économiques de l'accord, sous la forme d'investissements étrangers, pour garder son économie à flots.

"Nous avons besoin d'un équilibre entre nos devoirs et l'hypothèse de restrictions (...) nous espérons des actions décisives en ce qui concerne le commerce et l'économie", a insisté M. Rohani qui, avant l'Autriche, avait eu des entretiens bilatéraux en Suisse.

Un message qui était directement adressé aux cinq autres Etats signataires de l'accord nucléaire (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne)n dont les ministres des Affaires étrangères doivent se réunir vendredi à Vienne pour la première fois depuis que Donald Trump a décidé de s'affranchir du pacte ratifié par l'ONU.

Pour Téhéran et ces signataires, la mise en cause d'un représentant officiel iranien dans un projet d'attentat en Europe tombe donc au plus mauvais moment.

Le diplomate en poste à Vienne, arrêté samedi en Allemagne, pourrait être extradé prochainement vers la Belgique, où sont coordonnées les investigations sur le projet d'attentat, a indiqué le parquet de Bamberg, dans le sud de l'Allemagne, cité par l'agence DPA.

En raison de la commission présumée d'une infraction dans un autre pays que celui où il est en poste, son immunité diplomatique ne peut être invoquée, ont indiqué plusieurs sources à l'AFP.

- Kurz défend Israël -

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), entité proche des Moudjahidine du peuple, accuse cet homme, troisième conseiller à l'ambassade d'Iran, d'avoir été le "commanditaire" et "principal planificateur" du projet d'attentat.

Il est soupçonné d'avoir été en contact avec un couple de Belges d'origine iranienne arrêté à Bruxelles en possession de 500 grammes d'explosif devant servir à attaquer, samedi dernier près de Paris, un rassemblement organisé par les Moudjahidine du Peuple Iranien (MEK), un parti d'opposition interdit par les autorités iraniennes depuis 1981.

Des personnalités politiques américaines de premier plan ont participé à ce rassemblement, comme l'ancien maire de New York, aujourd'hui avocat personnel du président américain Donald Trump, Rudy Giuliani.

Ulcéré, Téhéran a dit voir dans ces mises en cause une machination destinée à nuire à l'Iran. Mercredi, le ministère iranien des Affaires étrangères a même affirmé que les suspects interpellés en Belgique sont membres des Moudjahidine du peuple.

L'ambassadeur de France en Iran, François Sénémaud, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères iranien qui lui a fait part d'une "vive protestation contre les activités du groupe terroriste MEK en France".

Devant M. Rohani, le chancelier autrichien a par ailleurs jugé "absolument inacceptable la remise en cause du droit d'Israël à exister ou les appels à détruire Israël". "La sécurité d'Israël n'est pas négociable pour nous", a-t-il insisté.

Avec AFP

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L'Amérique du Sud, "un nouvel épicentre" de la pandémie

Un agent de sécurité vérifie la température d'une personne à l'extérieur d'un bureau de banque pour s'assurer qu'elle ne présente aucun symptôme du coronavirus.

L'Amérique du Sud est "un nouvel épicentre" de la pandémie de nouveau coronavirus, avec une situation particulièrement alarmante au Brésil, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"L'Amérique du Sud est devenue un nouvel épicentre de la maladie. Nous voyons le nombre de cas augmenter dans de nombreux pays sud-américains. L'inquiétude concerne beaucoup de ces pays mais clairement le plus affecté à ce stade est le Brésil", a déclaré le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, lors d'une conférence virtuelle depuis Genève.

Alors que l'Europe, où le Covid-19 a tué plus de 170.000 personnes, progresse sur la voie d'une lente normalisation, l'Amérique du Sud enregistre une progression inexorable de la pandémie, avec de terribles conséquences prévisibles en termes d'économie et d'emploi.

Le Brésil compte près de 300.000 cas et 19.000 morts pour 210 millions d'habitants, selon l'OMS, ce qui le place au 3e rang mondial pour le nombre de cas, derrière les Etats-Unis et la Russie. Le seuil des 20.000 morts a déjà été franchi, selon un décompte de l'AFP.

"La majorité des cas sont recensés dans la région de Sao Paolo (...) mais les taux de prévalence les plus élevés sont (dans l'Etat) d'Amazonas, où environ 490 personnes pour 100.000 habitants sont infectées, ce qui est assez haut", a ajouté Michael Ryan.

Un collectif de chercheurs brésiliens avance que les chiffres officiels sous-estiment largement la réalité de la pandémie au Brésil.

Selon eux ils sont au moins 15 fois inférieurs à la réalité et le pays compterait plus de 3,6 millions de personnes infectées.

La pandémie de coronavirus a fait plus de 333.000 morts dans le monde

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Les campagnes de vaccination perturbées, 80 millions d'enfants menacés

Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance lors de la session «Rising to a Global Challenge: The 15th Anniversary of GAVI» dans la station de montagne suisse de Davos, le 22 janvier 2015. REUTERS / Ruben Sprich /

Environ 80 millions d'enfants de moins d'un an dans 68 pays risquent de contracter des maladies contagieuses, comme la rougeole, car la pandémie de Covid-19 limite les vaccinations de routine, ont averti l'OMS, l'Unicef et Gavi vendredi.

"Cette donnée est alarmante. C'est quelque chose que nous n'avons jamais vu de toute notre vie", a déclaré le Dr Seth Berkley, directeur exécutif de l'Alliance du vaccin (Gavi), au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours du Sommet mondial sur la vaccination qui sera virtuellement accueilli le 4 juin par le Royaume-Uni.

Comme l'expliquent l'Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et Gavi dans un communiqué, la pandémie limite la vaccination de routine pour plusieurs raisons.

Certains parents hésitent à sortir de chez eux en raison des mesures de limitation de mouvement, du manque d'information ou parce qu'ils craignent d'être infectés par le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. En outre, de nombreux agents de santé ne sont pas disponibles en raison des restrictions de déplacement ou de leur réaffectation à des tâches relatives à la lutte contre la pandémie.

Et alors que la pandémie a cloué au sol de nombreux avions, des problèmes de logistiques et de transports perturbent l'acheminement des vaccins, a expliqué aux médias la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

Depuis mars, les services de vaccination systématique des enfants en particulier contre la roougeole poliomyélite, mais aussi contre le choléra, la méningite et le tétanos notamment, sont ainsi perturbés à un niveau sans précédent depuis le lancement des programmes élargis de vaccination dans les années 1970.

Selon les données recueillies par l'ONU et Gavi, le fonctionnement des services de vaccination systématique est considérablement perturbé dans au moins 68 pays, ce qui pourrait affecter environ 80 millions d'enfants âgés de moins d'un an.

Fin mars, craignant que les rassemblements de masse pour les campagnes de vaccination ne favorisent la propagation du Covid-19, l'OMS avait recommandé aux pays de suspendre provisoirement celles qui étaient menées à visée préventive, le temps d'évaluer les risques et de mettre en place des mesures efficaces pour réduire la transmission du coronavirus.

Après avoir évalué la situation, l'OMS conseille désormais "aux pays de procéder à une évaluation spécifique des risques en fonction de la dynamique locale de propagation du coronavirus, des capacités de leur système de santé et de l'intérêt pour la santé publique de mener des campagnes de vaccination".

La France va devoir faire face à son tour aux faillites et aux licenciements

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse en marge des assemblées annuelles Banque mondiale / FMI à Washington, le 18 octobre 2019.

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a mis en garde vendredi contre les faillites et les licenciements inéluctables "dans les mois qui viennent", dans un pays jusqu'à présent épargné grâce à de vastes dispositifs de soutien.

La crise du Covid-19 a mis un coup d'arrêt brutal à l'économie partout dans le monde. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains pays.

Aux États-Unis, le taux de chômage a explosé, atteignant 14,7% en avril, contre 3,5% en février (son plus bas niveau depuis 50 ans). Au total, 38,6 millions de personnes ont demandé une allocation chômage depuis l'arrêt de l'économie mi-mars.

En Amérique latine, 11,5 millions de personnes supplémentaires vont être au chômage en 2020, en raison de la pandémie, selon un récent rapport de deux agences onusiennes.

La France semblait jusqu'à présent relativement épargnée. Le nombre de chômeurs a certes progressé de 7,1% sur un mois en mars, mais cela s'explique essentiellement par le non-renouvellement des contrats à durée déterminée et de missions d'intérim ou des reports/annulations d'embauches.

Principal rempart contre les vagues de licenciements : la prise en charge par l’État du chômage partiel, un dispositif dont 8,6 millions de salariés auraient bénéficié, selon une estimation du ministère du Travail.

"L’Etat n'a pas hésité à dépenser", il s'agit d'une "mesure très centrale de soutien à l'économie qui a permis de sauvegarder des emplois", a déclaré à l'AFP Anne Eydoux, maîtresse de conférence en économie au Conservatoire national des Arts et Métiers.

Le gouvernement souhaite toutefois réduire progressivement à partir de juin ce dispositif de chômage partiel, une mesure à laquelle s'oppose notamment le syndicat patronal Medef. De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande d'attendre septembre pour une réduction "sensible" de la prise en charge, anticipant des licenciements.

La situation va en effet se noircir : "Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent", a prévenu sur la radio Europe 1 Bruno Le Maire.

- Entreprises "non profitables" -

Les faillites vont se produire "petit à petit", mais il est "extrêmement compliqué" de prévoir précisément à quoi s'attendre, a indiqué à l'AFP Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, le nombre de disparitions d'entreprises dépendra notamment du retour ou non de la consommation, et du soutien que le gouvernement proposera aux entreprises.

"La capacité de rebond de la demande est plus forte en France qu'ailleurs, puisque les ménages ont un revenu qui s'est mieux maintenu" grâce au chômage partiel, a relevé M. Heyer.

"La consommation va repartir dans certains secteurs qui pourront rattraper une partie du retard, mais pas dans d'autres où la facture va s'alourdir", a-t-il cependant expliqué.

Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, encore à l'arrêt, sont particulièrement en danger, ainsi que certaines branches industrielles, telles que l'automobile et l'aéronautique, pour lesquelles le gouvernement doit présenter prochainement des plans de soutien spécifiques.

Les petites entreprises sont menacées tout comme de grands fleurons français, à l'instar du constructeur automobiliste Renault - qui "joue sa survie", selon les mots de Bruno Le Maire.

Autre difficulté pour les sociétés: les mesures sanitaires entraînent des coûts supplémentaires et ralentissent la production. "Beaucoup d'entreprises - mais c'est très difficile à chiffrer aujourd'hui - vont devenir non profitables pour une durée que ni vous ni moi on ne sait estimer", a souligné lors d'une audition à l'Assemblée nationale le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

Les syndicats sont déjà en alerte. La CFDT, premier syndicat de salariés, qui s'attend à ce que la crise soit sévère, appelle à une "mobilisation générale sur l'emploi". Force Ouvrière réclame "un contrôle strict des procédures de suppressions d'emplois, afin d'empêcher les licenciements quand une entreprise a bénéficié ou bénéficie d'aides publiques en particulier".

Plus de 660.000 déplacés depuis l'appel de l'ONU à un cessez-le-feu mondial

Des déplacés sur le site de Barsalogho au petit matin, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Les conflits armés ont déplacé plus de 660.000 personnes dans le monde depuis l'appel fin mars de l'ONU à un cessez-le-feu général face à la crise du coronavirus, selon un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) publié vendredi.

Le 23 mars, alors que la pandémie flambait déjà dans le monde, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait lancé un appel à un "cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde", afin de préserver les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit.

Entre cette date et le 15 mai, au moins 661.000 personnes ont dû fuir leurs foyers dans 19 pays touchés par des violences armées, selon le rapport du NRC, qui rappelle que les déplacés, vivant dans des conditions sanitaires déplorables, sont encore plus exposés au Covid-19.

La République démocratique du Congo (RDC) est le pays le plus touché: les affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales ont forcé à fuir 482.000 personnes sur la période étudiée, selon le rapport.

Cet immense pays, ravagé par de multiples conflits et des crises sanitaires à répétition depuis des décennies, comptait déjà en 2019 près de 1,7 million de déplacés, rappelle l'ONG. Rien qu'en avril, plus de 260.000 personnes ont fui les attaques de groupes armés et les opérations militaires dans la province de l'Ituri (nord-est), selon le rapport.

Même dans les pays où les parties belligérantes ont exprimé leur soutien à un appel au cessez-le-feu, les combats n'ont pas cessé, souligne le rapport, citant notamment le Yémen, en guerre depuis 2014 et en proie à la pire crise humanitaire dans le monde, selon l'ONU.

La région du lac Tchad a également connu une vague de déplacements de population, le Tchad et le Niger étant les plus touchés. L'Afghanistan, la République centrafricaine, la Syrie, la Somalie et la Birmanie ont tous vu plus de 10.000 personnes déplacées au cours de la même période.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, paralysé par une confrontation entre les Etats-Unis et la Chine, a échoué à s'entendre sur une résolution sur une cessation générale des hostilités face à la pandémie.

"Pendant que des personnes sont déplacées et tuées, les membres puissants du Conseil de sécurité de l'ONU se chamaillent comme des enfants dans un bac à sable", a déploré le secrétaire général du NRC Jan Egeland, en les appelant à se montrer "à la hauteur de la situation".

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