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En Afrique du Sud, le confinement se heurte aux réalités socio-économiques


Un militaire sud-africain s'adresse à un sans-abri lors du premier jour d'un confinement national de 21 jours pour tenter de contenir l'épidémie de coronavirus, à Johannesburg, Afrique du Sud, le 27 mars 2020. (Photo: Siphiwe Sibeko/Reuters)

Dans les rues du township d’Alexandra, en Afrique du Sud, la police et l’armée patrouillent. Les officiers suivent à la lettre les ordres reçus et stoppent systématiquement tous les véhicules et les piétons qui s’aventurent dans la rue. Où allez-vous ? Avez-vous une raison valable d’être dehors ?

« Nous patrouillons dans le township, pour voir s’il y a des gens qui ne respectent pas les instructions du président [Cyril Ramaphosa] », confie un officier. « Nous devons nous assurer que tout le monde est en sécurité, et que personne ne fait des choses stupides qui vont transmettre ce virus », précise-t-il.

Depuis jeudi à minuit, l’Afrique du Sud est en confinement strict. Même les promenades occasionnelles sont interdites. Plus de visites aux proches, plus de sorties. Sous le regard veillant des forces de sécurité.

Une passante est stoppée. Elle dit rentrer du supermarché où elle travaille comme caissière. Les officiers inspectent son permis et la laissent passer. Elle fait partie des employés jugés essentiels, seuls autorisés à circuler.

« Il faut comprendre que c’est pour notre bien. Ils nous protègent de ce virus. Les gens doivent rester chez eux, mais certains ne semblent pas comprendre. Je ne sais pas pourquoi. Ils ont tout expliqué à la télé », confie la dame.

De manière générale, le mot d’ordre est largement respecté. Les rues de Johannesburg, la capitale économique, sont presque désertes, en dehors de longues queues devant certains supermarchés, dans les quartiers populaires où les gens n’ont pas pu faire de réserves.

Mais à Alexandra, un township surpeuplé, aux habitations étroites, beaucoup peinent à ne pas sortir prendre de l’air. Pourtant, la réalité de l’épidémie de covid-19 semble avoir été intégrée par une majorité.

« Ce virus est mortel. Et il touche le monde entier. Ici, il n’y a pas encore eu beaucoup de morts, mais le nombre de personnes infectées augmente. Alors, je pense que ce que fait la police, c’est bien. Les policiers et les autorités ne sont pas nos ennemis. L’ennemi, c’est le virus ! Nous devons coopérer. Sinon, ça pourrait empirer », souligne un résident.

Pour certains, cependant, il est vraiment difficile de respecter les consignes. Notamment pour les nombreux sans-abris. Certains préfèrent braver les consignes.

« La police nous a mis dans un bus et nous a emmenés dans un centre. Mais il n’y avait pas à manger. Ils nous ont juste donné quatre tranches de pain. Il n’y avait pas de couverture, rien », déplore un sans-abri.

« Moi je préfère dormir dehors. Parce qu’ils nous ont dit qu’il ne fallait pas se retrouver avec plein de gens dans la même pièce. Au centre, il y en a qui toussent. Si quelqu’un est malade là-bas, il va tous nous contaminer », se lamente-t-il.

Ici comme ailleurs, l’évolution de l’épidémie dépendra du respect – ou non – des mesures décidées par le gouvernement. Mais la réalité sociale du pays demeure un obstacle.

L’Afrique du Sud constitue à ce jour le plus grand foyer de la pandémie du coronavirus sur le continent africain. Le pays a enregistré 1 mort et 1187 cas confirmés, selon le dernier décompte de l’Institut national des maladies infectieuses (NICD).

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