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En Afrique du Sud, l'immense défi économique du prochain président

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Les électeurs sud-africains l'ont répété à l'envi depuis des semaines, ils veulent du travail. Le défi imposé au vainqueur des législatives de mercredi, sûrement le Congrès national africain (ANC) du président Cyril Ramaphosa, s'annonce titanesque dans un pays en panne de croissance.

Toute riche d'une industrie et d'infrastructures inédites sur le continent, l'Afrique du Sud ne s'est jamais remise de la crise financière qui a frappé toute la planète en 2008.

Depuis plus de dix ans, son économie baigne dans un climat désespérément atone, alternant les trimestres de faible progression de son Produit intérieur brut (PIB) avec les récessions techniques, sur fond de chômage de masse (plus de 27%), de monnaie dévaluée et d'endettement croissant.

Les dernières années du règne calamiteux de Jacob Zuma (2009-2018), rythmées par une litanie de scandales de corruption frappant le plus haut sommet de l'Etat, ont été sévèrement sanctionnées par les marchés.

Deux des trois agences de notation ont même rétrogradé l'Afrique du Sud au rang des investissements "spéculatifs".

Depuis qu'il a pris les rênes de l'ANC, le parti au pouvoir, puis du pays il y a un an et demi, le président Ramaphosa a promis d'éradiquer la corruption, de faire revenir les investisseurs étrangers et de créer des emplois.

Jusque-là sans grand résultat, puisque le PIB n'a progressé que de 0,8% l'an dernier et ne devrait guère faire mieux cette année avec 1,2%, selon le Fonds monétaire international (FMI).

- "Résistances politiques" -

"La persistance d'une faible croissance et de forts taux de chômage constituent de véritables défis", a résumé l'agence de notation Moody's.

Tout au long de sa campagne, Cyril Ramaphosa a entendu la déception voire la colère de la population du pays, de plus en plus pauvre et aujourd'hui considéré par la Banque mondiale comme l'un des plus inégalitaires au monde.

Malgré ce bilan, les derniers sondages créditent l'ANC, au pouvoir depuis la chute de l'apartheid il y a un quart de siècle, d'une majorité absolue au Parlement. M. Ramaphosa devrait ainsi conserver son fauteuil de chef de l'Etat.

Devant plus de 50.000 partisans massés dimanche dans un stade de Johannesburg, il a assuré avoir "entendu" les critiques et promis de "créer des emplois".

Son principal rival de l'Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane, a d'ores et déjà exclu tout nettoyage en profondeur d'un ANC, a-t-il dit, "pourri de l'intérieur".

Mais avant même de connaître le score de l'ANC - crédité de 50 à 60% des intentions de vote selon les instituts -, les analystes doutent déjà que Cyril Ramaphosa puisse tenir ses promesses.

"Les marchés ont beaucoup parié sur sa victoire, mais il va être confronté à de fortes résistances politiques au sein-même de son parti, écartelé entre les +bons+ et les +méchants+", prévient Lumkile Mondi, de l'université du Witwatersand à Johannesburg.

Les "méchants" désignent le clan de l'ex-président Zuma, au coeur de scandales financiers pendant son règne. Toujours puissants au sein des instances dirigeantes de l'ANC, leur pouvoir de nuisance reste considérable.

- "Entre le marteau et l'enclume" -

"Toute décision contre ceux qui sont impliqués dans la corruption sera considérée comme un acte politique et limitera la marge de manoeuvre" de Cyril Ramaphosa, ajoute M. Mondi.

"Il n'est pas exagéré de dire que Ramaphosa est pris entre le marteau et l'enclume", insiste Indigo Ellis, de la firme de consultants londonienne Verisk Maplecroft.

"Sa capacité à tenir ses promesses, notamment celle d'investir 100 milliards de dollars en cinq ans, dépend de sa capacité à s'imposer sur le clan des anti-investissements au sein de l'ANC."

De nombreux acteurs économiques étrangers s'inquiètent ainsi de la réforme foncière lancée par Cyril Ramaphosa sous la pression du camp Zuma, qui prévoit d'autoriser les expropriations, sans indemnisation, de terres détenues en majorité par les Blancs au profit de la majorité noire.

A longueur de discours, le chef de l'Etat a promis "des mesures décisives contre la corruption". Il s'est engagé à se débarrasser des ministres, députés et dirigeants de l'ANC qui seraient reconnus coupables de détournement de fonds.

En outre, son plan de sauvetage du géant public de l'électricité Eskom, contraint récemment à des délestages aussi massifs qu'impopulaires, risque de se heurter de front aux syndicats, bien décidés à éviter tout dégraissage dans ses effectifs.

Pas de quoi, donc, rassurer les analystes.

"Les réformes se limiteront au mieux à un jeu de +un pas en avant, un pas en arrière+ qui ne risque pas d'augmenter le potentiel de croissance", a résumé, fataliste, l'économiste Peter Attard Montalto, du cabinet de conseils Intellidex.

Avec AFP

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Plusieurs blessés suite à l'attaque de la base militaire française à Gao

Des soldats français font exploser des mines terrestres sur le site où un kamikaze a commis un attentat, dans le nord de Gao, sur la route de Gourem, le 10 février 2013.

Un véhicule-suicide a explosé lundi à l'entrée de la vaste base française de Gao, dans le nord-est du Mali, faisant plusieurs blessés militaires et civils, selon les autorités des armées concernées.

"L'attaque a été menée par un véhicule-suicide à 15h45 (locales et GMT) à l'entrée de la partie française du camp de Gao", partagé entre la force française antijihadiste Barkhane, la force de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) et les forces armées maliennes (FAMa), a précisé mardi à l'AFP le porte-parole de l'état-major français des armées, le colonel Frédéric Barbry.

"Deux militaires estoniens et un militaire français, blessés, demeurent hospitalisés" sur la base de Gao mais "leur état n'inspire pas d'inquiétude", a-t-il ajouté. Le précédent bilan donné côté français lundi soir faisait état de "trois blessés français et estoniens", sans plus de précision.

Le ministère estonien de La Défense a quant à lui parlé de cinq soldats estoniens blessés.

Une cinquantaine de militaires estoniens assurent à Gao des missions de patrouille et de protection des installations de l'opération Barkhane, qui mobilise 4.500 Français au Sahel et dont la principale emprise militaire au Mali est située à Gao.

Deux civils maliens ont également été blessés dans l'attaque, selon l'état-major français.

A Bamako, une source sécuritaire malienne avait indiqué plus tôt à l'AFP que l'attaque avait fait "plusieurs blessés dans le camp malien qui se trouve à côté de la partie française du camp, dont deux enfants de moins de huit ans". L'explosion a "soufflé des portes et des fenêtres", selon cette source.

"Deux personnes étaient à bord du véhicule-suicide qui arborait les couleurs de la Minusma", a précisé mardi le porte-parole de l'état-major français, confirmant partiellement des informations de source sécuritaire malienne, selon lesquelles "il y avait au moins trois kamikazes dans le véhicule piégé" qui était "peint aux couleurs des véhicules de l'ONU".

L'un des assaillants, vêtu d'un uniforme rappelant celui des forces armées maliennes, "a été neutralisé par les gardes après être sorti du véhicule armé et faisant des gestes agressifs", selon le colonel Barbry. Le second individu est mort dans l'explosion de la voiture piégée.

Selon l'état-major français, le véhicule s'est d'abord présenté à l'entrée du camp des FAMa, devant lequel se trouvait une longue file de voitures. Les attaquants se sont alors rabattus sur la porte principale de la base côté français.

Il y a un an, en juillet 2018, des soldats français de Barkhane en patrouille avaient été visés à Gao par une attaque à la voiture piégée, qui avait fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils.

En avril 2018, des jihadistes avaient tenté de prendre le contrôle du "Super Camp" de l'ONU et de la force française Barkhane à Tombouctou, dans le nord du Mali: un Casque bleu avait été tué et sept militaires français blessés lors d'un assaut d'environ quatre heures.

Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit avec Barkhane. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU.

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