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Crimes/enquêtes

Elmarie Myburgh,l'enquêteuse la plus redoutée de Pretoria

Le lieutenant-colonel Elmarie Myburgh (d) porte un mannequin après l'examen pratique des étudiants lors d'un cours sur les crimes à motivation psychologique à l'Académie des services de police sud-africains à Hammanskraal le 15 septembre 2021.

Les seins sont mutilés mais le sexe intact. Pas de sang sur la scène de crime, le corps a été déplacé: le crime est maquillé, en déduit Elmarie Myburgh, seule profileuse dans un des pays les plus violents au monde, l'Afrique du Sud.

Dans le bureau qu'elle occupe depuis près de 25 ans, au quartier général de la police à Pretoria, elle a accumulé de la paperasse. Derrière elle, les "dockets", dossiers dans lesquels s'assemblent les pièces du puzzle de chaque crime: interrogatoires, expertises médicales et balistiques, relevés sanguins...

Soixante-dix affaires de meurtres et 90 viols en série au compteur: cette femme calme et souriante a dressé le profil de chacun de ces criminels. Elle a observé le nombre de coups, la violence exprimée lors du passage à l'acte, évalué la proximité de l'auteur des faits avec la victime et tenté de comprendre le crime pour traquer son auteur.

Elle est la seule à faire ce travail en Afrique du Sud, épaulée par trois capitaines qu'elle forme pour la relève. Ce pays, qui enregistre un meurtre toutes les 25 minutes et 115 plaintes pour viols par jour, pourrait compter des dizaines de criminologues, psychologues du crime et spécialistes des crimes en série.

Mais la police sud-africaine, qui traîne la sulfureuse réputation d'être corrompue et inefficace, souffre aussi de coupes budgétaires qui ont dépeuplé ses rangs.

"Courant d'air"

Elmarie Myburgh était déjà là lorsque l'unité d'enquête psychologique a été créée après la fin du régime d'apartheid en 1994. A l'époque, le FBI américain excellait déjà dans le profilage des criminels. "Aujourd'hui, on les égale", estime-t-elle.

Sa première scène de crime, elle s'en souvient parfaitement. "Un meurtre, ici à Pretoria. L'homme était allongé sur le dos. La tête écrasée sous une énorme pierre".

A 27 ans, elle avait déjà scruté bon nombre de photos de crimes. "Mais c'est une autre histoire quand tu es sur place. Le sang, l'odeur", décrit-elle.

Peu de temps après, elle est appelée sur un autre meurtre. Une femme, plusieurs coups de couteau, dans sa maison. "On était assis dans le salon, on interrogeait le mari. Un courant d'air a fait claquer une porte. J'ai sursauté", avoue-t-elle.

Ces deux affaires n'ont jamais été résolues. Manque de preuves. Pour elle, la frustration fait partie du métier. Surtout dans un système surchargé qui tout entier déraille: "Il y a tellement d'affaires", dit Elmarie Myburgh. "On a plus de meurtres à Pretoria le samedi qu'en Norvège ou en Suède en un an", ironise-t-elle.

Alors il faut parfois attendre des mois, voire des années, pour recevoir les résultats d'un test ADN ou d'une analyse de téléphone.

"Fiction"

Les chiffres ne sont pas bons: moins de deux meurtres sur dix sont élucidés, selon les statistiques. Pour la spécialiste, la criminalité record, en hausse depuis au moins dix ans, s'explique aussi comme ça: "Les gens pensent qu'ils peuvent s'en tirer".

Le lieutenant-colonel Myburgh ne fume pas, a un penchant pour le bon vin. Cette femme de 50 ans au regard clair, coiffure soignée et ongles faits, carbure au café quand il y a du boulot. Pour se délasser, elle regarde parfois un épisode des "Experts". "Pas réaliste", observe-t-elle. Finalement, les acteurs l'agacent.

L'auteur sud-africain de polars à succès, Deon Meyer, lui envoie ses manuscrits pour relecture. Elle règle de petits détails. "Il se débrouille bien, il ferait un bon enquêteur", rit-elle.

"Elle comprend à la fois ce qu'un enquêteur a dans le ventre et ce qu'il y a dans l'esprit d'un criminel. Mais ce qui la rend si exceptionnelle, c'est qu'elle lit aussi des romans policiers", a publiquement dit d'elle l'écrivain.

Elle est régulièrement citée dans les journaux pour ses interventions au tribunal. Car une part non négligeable du métier est de présenter, au cours du procès, le profil criminel de ceux qui sont "des dangers pour la société".

Dans un peu plus de neuf ans, la profileuse pourra prendre sa retraite: "Je devrais pouvoir tenir jusque-là", dit-elle sereinement.

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Nouveau massacre de civils au Mali: au moins 30 morts

Une voiture incendiée par des groupes de militants à Bandiagara, au Mali (photo d'archives).

Au moins 30 personnes ont été tuées vendredi dans l'attaque par des jihadistes présumés d'un véhicule de transport près de Bandiagara dans la région de Mopti, dans le centre du pays, ont indiqué à l'AFP des responsables locaux.

"Au moins 30 civils maliens ont été tués par des terroristes près de Bandiagara vendredi. Les civils étaient dans un véhicule de transport. Les passagers ont été mitraillés et le véhicule a été brûlé. L’Etat a envoyé des forces de sécurité sur place", ont déclaré à l'AFP des autorités locales de Mopti qui ont requis l'anonymat.

Un élu de la localité de Bandiagara a confirmé ce bilan et précisé que parmi les victimes, il y a "des enfants et des femmes et des disparus".

Les forces de sécurité ont été envoyées sur place, selon les mêmes sources.

L'attaque n'a été revendiquée par aucun des nombreux groupes armés qui sévissent dans le pays.

Le Mali est livré depuis 2012 aux agissements de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi qu'aux violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d'autodéfense et des bandits. Les forces régulières sont elles-mêmes accusées d'exactions.

Les violences parties du nord en 2012 se sont propagées au centre, au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaines.

La prise du pouvoir à Bamako par des militaires à la faveur d'un putsch en 2020 n'a pas enrayé la spirale de violences.

Fusillade dans un lycée américain: les parents du tireur inculpés

Fusillade dans un lycée dans l'Etat du Michigan, dans le nord des Etats-Unis.

Les parents de l'adolescent qui a ouvert le feu mardi dans un lycée du nord des Etats-Unis, faisant quatre morts, ont été inculpés vendredi d'homicides involontaires, a annoncé la procureure du comté d'Oakland Karen McDonald.

Ethan Crumbley, âgé de 15 ans "est celui qui est entré dans le lycée et a appuyé sur la détente", mais "d'autres personnes ont contribué à cet évènement et j'ai l'intention de leur faire rendre des comptes", a-t-elle dit en annonçant les poursuites contre James et Jennifer Crumbley.

James Crumbley avait acheté quelques jours plus tôt le pistolet semi-automatique utilisé par son fils.

Quatre élèves du lycée d'Oxford, une petite ville du Michigan, sont morts et six autres ont été blessés, ainsi qu'un enseignant.

Le tireur a été arrêté sur les lieux. Il a été inculpé pour "acte terroriste" et "assassinats", et risque la prison à vie car il est poursuivi comme s'il était majeur.

Deux militaires béninois tués dans une attaque jihadiste

Une rue déserte de la ville de Save, au lendemain de troubles dans le Bénin, un pays d'Afrique de l'Ouest, le 15 juin 2019.

Deux militaires béninois ont été tués dans la nuit dans une attaque jihadiste à Porga, dans le nord du Bénin, proche de la frontière avec le Burkina Faso, ont affirmé jeudi à l'AFP deux officiers de l'armée.

"Des jihadistes ont attaqué, en riposte à la mort de l'un des leurs, des militaires béninois dans la nuit du 1er au 2 décembre dans la région de Porga, dans le département de l'Atacora", a déclaré à l'AFP un proche du chef d'Etat major général de l'armée.

"Nous avons perdu deux des nôtres. Nous avons également des soldats blessés qui sont actuellement soignés", a confirmé à l'AFP un officier de l'armée de terre.

Un autre responsable militaire a donné à l'AFP le même bilan.

La veille, des jihadistes avaient attaqué une position de l'armée béninoise dans le département voisin de l'Alibori.

"Dans la matinée du mardi 30 novembre 2021, une de nos patrouilles a été attaquée dans le lit du fleuve Mékrou au Pont Kérémou dans le département de l'Alibori. Un jihadiste a été abattu par nos forces", précise un message du colonel Fructueux Gbaguidi, chef d'état-major de l'armée de terre, adressé aux officiers béninois dont l'AFP s'est procuré une copie.

"Le lendemain, une autre position de l'armée de terre a été attaquée dans la nuit dans la région de Porga dans le département de l'Atacora par des jihadistes", ajoute le colonel dans son message.

"Cette nouvelle épreuve de feu nous rappelle dans le sang et dans la douleur que le danger est réel sur le terrain", poursuit-il.

Les autorités n'ont pas encore confirmé officiellement ces attaques.

A ce jour, une seule attaque jihadiste au Bénin a été rendue publique: en mai 2019, deux touristes français avaient été enlevés par des bandits dans le parc de la Pendjari, dans l'extrême Nord, avant d'être revendus à des groupes jihadistes au Burkina Faso voisin. Leur guide avait lui été assassiné.

Selon un rapport publié en juin par le centre de réflexion néerlandais Clingendael, les groupes extrémistes "ne sont pas présents de manière permanente dans le nord du Bénin" mais "certains traversent cependant régulièrement les trois régions" du Nord - l'Alibori, le Borgou et l'Atacora - frontalières avec le Niger, le Burkina Faso et le Nigeria.

Les conflits liés à l'accès aux ressources dans le nord du Bénin se sont récemment accentués et risquent d'être exploités par ces groupes extrémistes, selon ce même rapport.

Des rebelles tuent une trentaine de civils et deux militaires en Centrafrique

Des rebelles tuent une trentaine de civils et deux militaires en Centrafrique
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Fusillade dans un lycée américain: au moins trois morts et six blessés

La police dans le parking d'une épicerie où des élèves du lycée d'Oxford ont été placés en attendant leurs parents à Oxford, Michigan, mardi 30 novembre 2021.

Un élève de 15 ans en classe de seconde a ouvert le feu dans son lycée du Michigan mardi, tuant trois élèves et blessant six autres personnes, dont un enseignant, selon les autorités.

Le sous-chef du comté d'Oakland, Mike McCabe, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il ne savait pas quels étaient les motifs de l'assaillant pour cette attaque au lycée d'Oxford Township, une communauté d'environ 22 000 habitants située à 48 kilomètres au nord de Detroit.

Les agents ont répondu vers 12 h 55 à un grand nombre d'appels au numéro des urgences 911 concernant un tireur actif dans l'école, a déclaré M. McCabe. Les autorités ont arrêté le suspect à l'école et ont récupéré une arme de poing semi-automatique et plusieurs chargeurs.

Le suspect n'a pas été blessé lorsqu'il a été placé en garde à vue et il a refusé de dire comment il s'était procuré l'arme dans l'école.

Les autorités n'ont pas immédiatement communiqué les noms du suspect ou des victimes.

L'école a été placée en confinement après l'attaque, certains enfants s'étant réfugiés dans des salles de classe fermées à clé pendant que les agents fouillaient les lieux. Ils ont ensuite été emmenés dans une épicerie voisine pour être récupérés par leurs parents.

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