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Elections séparatistes en Ukraine: les chefs actuels l'emportent sans surprise

Un bureau de vote à Donetsk, en Ukraine, le 11 novembre 2018.

Les chefs séparatistes actuels dans l'est prorusse de l'Ukraine ont remporté sans surprise, selon les résultats quasi définitifs disponibles lundi, des élections organisées localement et dénoncées par Kiev et les Occidentaux comme illégitimes.

Tenus sous la surveillance de militaires armés de kalachnikovs et récompensés par des tickets de loterie ou coupons de recharge pour portables, ces scrutins visaient à élire des "présidents" et "députés" pour les deux "républiques populaires" proclamées par les rebelles à Donetsk (DNR) et à Lougansk (LNR), qui échappent depuis quatre ans au contrôle de Kiev.

Les autorités électorales de ces deux régions se refusent à fournir toute indication sur le nombre d'électeurs. Après le dépouillement de plus de 95% des bulletins, les chefs actuels par intérim, Denis Pouchiline à Donetsk et Léonid Pasetchnik à Lougansk, arrivaient largement en tête avec respectivement 60,9% et 68,4% des suffrages, selon ces autorités.

Ces scrutins renforcent la séparation des territoires rebelles du reste du pays et entendent légitimer leurs nouveaux dirigeants, alors que le processus de paix est au point mort et que des heurts alourdissent régulièrement le bilan de ce conflit estimé par l'ONU à plus de 10.000 morts.

"Nous avons montré au monde entier que nous pouvons non seulement faire la guerre (...) mais aussi construire un Etat", a déclaré dimanche dans la soirée devant des électeurs à Donetsk M. Pouchiline.

Selon les autorités électorales, la participation a dépassé 80% dans la "république" de Donetsk et 77% dans celle de Lougansk.

- Protestations occidentales -

L'organisation de ces scrutins a déclenché de vives protestations de Kiev et des Occidentaux, qui y voient la main de Moscou et les jugent contraires aux accords de paix de Minsk.

"Elles sont organisées sous la menace des mitrailleuses russes, dans un territoire occupé" par la Russie, a lancé samedi soir le président ukrainien Petro Porochenko.

Il a indiqué avoir abordé ce dossier dimanche lors d'un bref entretien à Paris avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, en marge des commémorations du centenaire de l'armistice de la guerre de 1914-1918 auxquelles le chef de l'Etat russe Vladimir Poutine a également participé.

"Au lieu de mettre en oeuvre Minsk et de s'avancer vers la paix", la Russie "institutionnalise le statu quo par le biais d'+élections+ truquées", a pour sa part dénoncé dimanche sur Twitter l'envoyé spécial de Washington pour l'Ukraine, Kurt Volker.

Bruxelles a condamné samedi des scrutins "illégaux et illégitimes".

La Russie et l'Ukraine sont à couteaux tirés depuis l'arrivée au pouvoir à Kiev en 2014 de pro-occidentaux dans la foulée du soulèvement du Maïdan, suivie de l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée et du conflit avec les séparatistes dans l'Est.

Kiev et l'Occident accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes, ce qu'elle dément malgré de nombreuses preuves.

Les accords de paix de Minsk signés en février 2015 ont permis de réduire considérablement les affrontements, mais des flambées de violences continuent d'éclater périodiquement le long de la ligne de front, où quatre soldats ukrainiens ont été tués samedi.

- Autorité confortée -

Moscou assure que ces élections n'ont rien à voir avec le processus de Minsk et visent surtout à désigner des chefs pour ces territoires dirigés depuis des mois par des leaders par intérim.

A Donetsk, M. Pouchiline, un ancien négociateur avec Kiev âgé de 37 ans, a pris la main après l'assassinat de l'ancien combattant Alexandre Zakhartchenko, tué en août dans un attentat.

A Lougansk, M. Pasetchnik, 48 ans, ex-responsable régional des services de sécurité ukrainiens, a remplacé Igor Plotnitski, destitué en novembre 2017.

Plusieurs candidats étaient en lice dans les deux républiques autoproclamées, mais personne ne doutait de la victoire des dirigeants actuels, qui ont tous deux promis de renforcer les liens avec Moscou.

Pour attirer les électeurs pour ce scrutin, les autorités donnaient à chaque personne ayant voté un "ticket" de loterie et des étals installés devant les bureaux de vote offraient des produits alimentaires à bas prix.

Avec AFP

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Giscard et l'affaire des "diamants de Bokassa"

Le président français Valery Giscard d'Estaing et le président de la République centrafricaine Jean-Bedel Bokassa assistent à une cérémonie à Bangui, lors de la visite officielle du président français, le 5 mars 1975.

L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, décédé mercredi, s'était retrouvé en 1979 au centre de l'affaire dite des "diamants de Bokassa", suscitant une polémique embarrassante avant la présidentielle de 1981 qu'il allait perdre.

Le 10 octobre 1979, l'hebdomadaire français Le Canard enchaîné révèle que Valéry Giscard d'Estaing (VGE), a reçu en 1973, alors qu'il était ministre des Finances, une plaquette de trente carats de diamants offerte par le président centrafricain Jean Bedel Bokassa

La semaine suivante, Le Canard affirme que la valeur de la plaquette est de 1 million de francs et précise que d'autres diamants lui ont été offerts à l'occasion des ses déplacements à Bangui entre 1970 et 1975.

Le 27 novembre, le président Giscard d'Estaing oppose un "démenti catégorique et méprisant" aux allégations concernant la valeur des cadeaux qu'il aurait reçus. "Il faut, dit-il, laisser les choses basses mourir de leur propre poison".

L'hebdomadaire satirique relance l'affaire un an plus tard, le 16 septembre 1980, en publiant un entretien téléphonique avec l'ancien "empereur" centrafricain Jean Bedel Bokassa, déposé de son trône le 20 septembre 1979.

Il affirme "avoir remis à quatre reprises des diamants au couple présidentiel". "Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai remis à cette famille-là", ajoute Bokassa.

Le 10 mars 1981, VGE déclare à la télévision qu'il "n'y a aucun mystère dans l'affaire des diamants" et que "le produit de ces cadeaux a été versé à des œuvres humanitaires centrafricaines". Il précise que les diamants ont été vendus "au profit de la Croix rouge centrafricaine, d'une maternité, d'une pouponnière et d'une mission".

Selon l'hebdomadaire Le Point du 22 mars 1981, qui a consulté la comptabilité des cadeaux officiels à l'Élysée, les diamants ont été vendus pour une somme de 114.977 francs remise à des œuvres de bienfaisance centrafricaines.

Dans une interview au Washington Post du 8 mai 1981, l'empereur déchu réaffirme avoir offert des diamants à VGE, en présence de témoins, à quatre occasions en huit ans.

Contrairement aux indications du président français, pour qui les diamants reçus n'étaient que de petites pierres, Bokassa affirme lui avoir offert des diamants de 10 à 20 carats. Il soutient également avoir offert à la famille Giscard d'Estaing, dont deux cousins, plus de diamants qu'à n'importe qui d'autre. "Je les ai gâtés", déclare-t-il, ajoutant : "ils sont pourris".

Bokassa reconnaît accorder cette interview, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, dans le but d'empêcher la réélection du président centriste VGE. "Je règle mes comptes avec ceux qui ont provoqué ma chute", termine-t-il. Le 10 mai, le socialiste François Mitterrand remporte l'élection présidentielle en France.

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