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Egypte: vote du Parlement ouvrant la voie à une prolongation de la présidence de Sissi

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, à droite, au palais présidentiel Ittihadiya au Caire, en Égypte, le 10 juin 2018

Le Parlement égyptien a approuvé mardi un amendement à la constitution permettant au président Abdel Fattah al-Sissi, élu en 2014 et accusé de graves violations des droits humains, de rester au pouvoir jusqu'en 2030.

Le texte a été approuvé par une majorité des 596 députés, selon les médias officiels égyptiens Al-Ahram et Nile TV.

M. Sissi a été élu en 2014 avec 96,9% des voix pour un mandat de quatre ans puis réélu en 2018 avec un score 97,08%. Le nombre de mandat était jusqu'à présent limité à deux.

"Le mandat actuel du président doit se terminer au bout de six ans", selon l'amendement voté par le Parlement. Le président "peut être réélu pour un autre mandat" de six ans, est-il aussi stipulé.

Le nouvel article 140 permet ainsi de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant ainsi son terme à 2024. Le chef de l'Etat pourrait en outre se représenter en 2024 à un troisième mandat de six ans.

Aucune information n'était disponible dans l'immédiat sur le nombre de voix recueillies en faveur du texte. Mais cette législature, en place depuis 2016, est majoritairement favorable au président Sissi.

La presse étrangère n'a pas été autorisée à couvrir cette réunion, comme souvent lors des sessions parlementaires.

Le vote du Parlement doit encore être suivi d'un référendum, qui devrait être organisé dans les prochains jours. La campagne pour cette consultation a déjà commencé avec de nombreuses banderoles déployées dans les rues du Caire depuis plusieurs jours.

- Stabilité -

Outre la durée du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle, à travers d'autres amendements, doit aussi accroître le contrôle du pouvoir judiciaire par l'exécutif et institutionnaliser le rôle politique de l'armée, pilier du régime.

M. Sissi a été élu en 2014, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi, dont il était le ministre de la Défense.

Sa réélection en 2018 a eu lieu dans le cadre d'un scrutin marqué par la présence d'un seul rival, relégué au rang de faire-valoir, et par une série d'arrestations d'opposants.

Chantre de la stabilité et de la lutte antiterroriste auprès des chancelleries occidentales, M. Sissi, 64 ans, est accusé par les ONG de graves violations des droits humains: torture, disparitions forcées, record d'exécutions capitales, emprisonnement d'opposants, musellement de la presse...

Mais les partisans du chef de l'Etat au Parlement maintiennent que la révision constitutionnelle s'avère indispensable à la stabilité politique et économique du pays.

M. Sissi "a pris d'importantes mesures politiques, économiques et sécuritaires (et) doit poursuivre ses réformes", a expliqué à l'AFP le député Abou Hamed.

Comptant moins d'une vingtaine de députés, la petite alliance d'opposition, le bloc "25-30", a appelé les Egyptiens a rejeter cette révision.

Amnesty International a déclaré mardi que les amendements adoptés allaient "élargir les procès militaires pour les civils, saper l'indépendance de la justice, renforcer l'impunité des membres des forces de l'ordre pour les violations des droits humains, et intensifier le climat de répression qui existe déjà dans le pays".

Cette révision "démontre le mépris du pouvoir égyptien pour les droits de tous en Egypte" a ajouté Magdalena Mughrabi, directrice adjointe pour le Moyen-Orient de l'ONG de défense des droits humains, dans un communiqué.

Mardi à Paris, deux acteurs égyptiens, Amr Waked et Khaled Abol Naga, ont dénoncé la révision constitutionnelle lors d'une conférence de presse dans les locaux de la Ligue des Droits de l'Homme.

"Ces amendements (constitutionnels) font revenir l'Egypte à une dictature digne du Moyen-Âge", a lancé M. Waked.

Fin mars, le Syndicat égyptien des acteurs avait interdit ces deux vedettes d'exercer en Egypte les accusant de "haute trahison".

Une campagne de dénigrement des médias pro-Sissi s'est abattue sur les deux acteurs après leur rencontre en mars avec des membres du Congrès américain pour discuter de la situation des droits humains en Egypte.

- A contre-courant -

Ce vote au Parlement égyptien intervient à contre-courant du climat dans d'autres pays de la région.

Au Soudan voisin, Omar el-Béchir, au pouvoir depuis trois décennies, a été renversé le 11 avril au terme d'une contestation populaire. En Algérie, le refus du 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika a provoqué des manifestations de rue inédites et la démission du président le 2 avril.

"Après la chute de Bouteflika en Algérie et de Béchir au Soudan (...) n'avons-nous pas appris la leçon?", a ironisé sur Twitter Haitham El-Hariri, jeune député membre de l'opposition.

Mais cette opposition à la révision constitutionnelle reste presque exclusivement cantonnée aux réseaux sociaux. L'écrasante majorité des médias, en particulier la télévision, relaye le discours des soutiens du président Sissi, diabolisant les voix critiques, qui vivent généralement en exil.

Avec AFP

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A Bruxelles, des opposants rwandais accusent le régime Kagame de "tortures"

Paul Kagame à Addis Abeba en Ethiopie le 17 janvier 2019.

Des dirigeants de l'opposition rwandaise en exil ont accusé mardi à Bruxelles le régime du président Paul Kagame d'avoir "torturé" le chef rebelle Callixte Nsabimana, qui a plaidé coupable de "terrorisme" le mois dernier après son arrestation.

Callixte Nsabimana, qui se fait appeler "Sankara", est accusé par le gouvernement rwandais de "formation d'un groupe armé irrégulier, complicité d'actes terroristes, (...), prise d'otages, meurtre et pillage".

Il est le porte-parole du Front de libération nationale (FLN), un groupe armé qui a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans la région du parc national Nyungwe (sud-ouest), prisée des touristes.

Arrêté selon ses proches aux Comores, où il s'était réfugié, puis transféré à Kigali, "Sankara" a plaidé coupable, le 23 mai devant un tribunal, de toutes les accusations portées à son encontre.

Il a aussi admis avoir collaboré avec les services de renseignement du Burundi et l'armée ougandaise.

Mais pour les opposants Paul Rusesabagina et Faustin Twagiramungu, ces déclarations résultent des "tortures" subies.

"Si vous étiez à sa place, on vous torture pendant un mois et plus, qu'est ce que vous diriez ? (...) Tout ce qu'ils vous demandent!", a affirmé à Bruxelles M. Rusesabagina, président et fondateur du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont Callixte Nsabimana est un vice-président.

"Si M. Sankara est en prison aujourd'hui c'est que tous les opposants, qu'ils soient à l'intérieur ou à l'extérieur, sont malmenés, torturés et une bonne partie d'entre eux ont été assassinés", a-t-il accusé, qualifiant le chef rebelle de "martyr".

M. Rusesabagina, qui fut lors du génocide de 1994 le directeur de l'hôtel des Milles collines (dépeint dans le film Hôtel Rwanda), s'exprimait lors d'une conférence de presse aux côtés de Faustin Twagiramungu, ex-Premier ministre, actuel président du parti RDI (Rwandan Dream Initiative).

Les deux hommes ont officialisé l'union de leurs formations, le RDI devenant le 4e parti de la plateforme MRCD fondée en 2018, une des composantes d'une opposition morcelée.

Ils ont appelé trois autres partis à les rejoindre pour "lutter comme un seul homme" contre le régime de Paul Kagame, qualifié de "dictature cruelle".

Souhaitant "une unité du peuple rwandais" la plus large possible, ils ont assuré ne pas exclure des discussions à terme avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe rebelle basé en RDC qui mène des attaques au-delà de la frontière, contre les forces rwandaises.

"Les FDLR sont des enfants du Rwanda", ont soutenu les deux opposants.

Au pouvoir depuis 1994, Paul Kagame a été élu président au suffrage universel en 2003, puis réélu en 2010 et 2017. Aux législatives de 2018, un seul parti d'opposition avait été toléré, le Parti démocratique vert (qui occupe deux des 80 sièges de la chambre basse du Parlement).

L'Ethiopie en grande partie privée d'internet depuis huit jours

Cyber café à Addis Abeba en Ethiopie le 31 octobre 2011.

La majeure partie de l'Ethiopie était privée d'internet mardi pour le huitième jour consécutif à l'exception notable de la capitale Addis Abeba, une coupure que les autorités n'ont toujours pas explicitée.

Le correspondant de l'AFP en Ethiopie a pu déterminer avec de nombreux contacts disséminés dans le pays que les principales villes de province n'avaient pas d'internet mardi.

Les premières coupures avaient débuté le 11 juin: le réseau avait été brièvement rétabli le jour même et le 12 juin mais depuis, la coupure est quasi totale à l'exception d'Addis Abeba où le réseau a été rétabli vendredi.

Interrogée par l'AFP mardi, Cherer Aklilu, directrice exécutive de la compagnie de télécommunications Ethio Telecom, qui a le monopole sur le secteur, a indiqué attendre "la diffusion d'un communiqué officiel sur la coupure internet avant la fin de la semaine". "Nous appelons nos clients à la patience d'ici là", a-t-elle ajouté.

La responsable a refusé de donner le moindre indice sur la raison de cette coupure, la plus importante depuis l'arrivée au pouvoir du Premier ministre réformateur Abiy Ahmed.

En 2017, les autorités avaient justifié une coupure similaire en expliquant vouloir limiter la triche lors des examens scolaires nationaux. La coupure actuelle intervient alors que les examens nationaux sont en cours au niveau des lycées et doivent s'achever vendredi.

Un avocat éthiopien, Tsegaye Teshome, installé dans la deuxième agglomération du pays, Dire Dawa (est), a expliqué à l'AFP que l'absence d'internet avait sérieusement entravé l'activité de son cabinet.

"Nous avons été dans l'incapacité d'entrer en contact avec nos clients étrangers. Et je ne peux pas accéder (en ligne) aux procédures de la Cour suprême", a-t-il regretté.

De son côté, Fissehatsion Gebremichael, un étudiant dans la ville universitaire de Mekele, dans le nord du pays, a lui aussi fait part de son désarroi.

"Je poursuis actuellement des études post-universitaires de criminologie et de justice criminelle. La coupure d'internet m'empêche de télécharger des livres et des travaux universitaires dont j'ai besoin pour mes études", a-t-il déclaré au téléphone à l'AFP.

Les autorités éthiopiennes n'hésitent pas, quand elles le jugent nécessaires, à couper internet dans le pays. Ce fut le cas à maintes reprises entre 2015 et 2017 alors qu'elles étaient confrontées à un mouvement de protestation inégalé en 25 ans.

M. Abiy avait été nommé à la suite de ce mouvement de protestation, qui avait fait trembler sur ses bases la coalition au pouvoir depuis 1991.

Confronté à un important regain de violences inter-communautaires depuis son arrivée au pouvoir, M. Abiy a par ailleurs lancé un important programme de réformes susceptibles, si elles devaient être mises en oeuvre, de modifier en profondeur le pays et son économie. Il a ainsi promis l'ouverture de grandes entreprises publiques à des capitaux étrangers, au premier rang desquelles Ethio Telecom.

Boko Haram attaque une base militaire et une ville dans le nord-est

Une camionnette de patrouille de police brûlée reste abandonnée sur le bord d'une route déserte à Damaturu, dans l'État de Yobe, au Nigeria le 7 novembre 2011.

Des combattants du groupe jihadiste Boko Haram ont envahi une base militaire et pillé une ville dans le nord-est du Nigeria, en proie à une sanglante insurrection armée depuis 10 ans, a-t-on appris mardi auprès d'une source sécuritaire et d'habitants.

Des hommes soupçonnés d'appartenir à la faction de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont pris d'assaut lundi soir une base militaire en périphérie de la ville de Gajiram, située à 80 km de la capitale régionale Maiduguri.

Arrivés à bord de neuf pick-up, "ils ont délogé les soldats de la base après des combats", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire sous couvert d'anonymat.

"Nous ne connaissons pas l'étendue des dégâts et des pillages dans la base, une évaluation est en cours", a déclaré la source en poste dans la région.

Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat concernant d'éventuelles victimes du côté de l'armée comme des insurgés.

Les jihadistes sont ensuite entrés dans Gajiram, où ils ont pillé des magasins et tiré des coups de feu en l'air, obligeant les habitants à se réfugier dans leurs maisons ou à fuir en brousse.

"Les hommes armés ont pénétré dans la ville vers 18h00 (17h00 GMT) après avoir vaincu les soldats de la base", a déclaré Mele Butari, un habitant de Gajiram.

"Ils sont restés près de cinq heures. Ils sont entrés par effraction dans les magasins et ont pillé les stocks de nourriture", a ajouté M. Butari, avant de préciser: "ils n'ont blessé personne et n'ont fait aucune tentative d'attaquer les gens qui s'étaient réfugiés dans la brousse ou chez eux".

Des habitants ont vu mardi matin des soldats revenir vers la ville depuis la brousse environnante, probablement après avoir fui durant l'attaque.

Gajiram et la base militaire attenante ont été attaquées à plusieurs reprises par les jihadistes. En juin 2018, une attaque d'Iswap avait fait neuf morts parmi les soldats.

Des dizaines de bases militaires ont ainsi été attaquées depuis un an par la faction affiliée à l'Etat islamique, qui cible principalement l'armée et les symboles de l'Etat.

Dimanche au moins 30 personnes ont été tuées et 40 blessées à Konduga (nord-est) dans un triple attentat-suicide attribué cette fois à la faction loyale au leader historique de Boko Haram, Abubakar Shekau.

L'insurrection a fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de déplacés au Nigeria depuis 2009.

Le Burukutu a beaucoup de succès dans l'état de Benué

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