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Le covid empêche l'accès au dépistage et au traitement du cancer au Sénégal


Une femme reçue pour un dépistage du cancer du sein lors de Octobre rose.

Au Sénégal, la propagation de la pandémie de coronavirus rend la prise en charge des personnes porteuses de cancer très compliquée.

La ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA) a choisi de porter le plaidoyer pour éliminer le cancer du col de l'utérus. Un combat ponctuel qui s’ajoute au combat quotidien pour le mieux-être des sujets porteurs de cancer qui sont très vulnérables et surtout très affectés par la pandémie.

Selon docteur Fatma Guenoune, présidente de la LISCA, la première vague du covid a fait beaucoup de dégâts. "Les malades du cancer ont connu beaucoup de problèmes durant cette pandémie de coronavirus. Surtout lors de la première vague, au Sénégal où la circulation interrégionale était suspendue. Les patients qui résident hors de Dakar ne pouvaient pas faire le déplacement pour le traitement", explique-t-elle.

Un arrêt du traitement fatal à certains malades car "malheureusement beaucoup d'entre eux sont victimes de récidives, de cas graves et il y a aussi beaucoup de morts. Des patients ont contracté le virus et finalement sont décédés", affirme Dr Fatma Guenoune.

Le meilleur moyen de vaincre une maladie est de la prévenir, et c'est pourquoi la LISCA en collaboration avec des femmes bénévoles, communément appelés Badienou Gokh, véhicule des messages de sensibilisation destinés aux populations.

Pour Marieme Sarr, avec le contexte pandémique, tout le monde doit se dépister du cancer. "Nous insistons sur le dépistage du cancer du col de l'utérus et du sein. Nous renforçons la sensibilisation car nous sommes dans un contexte de covid 19. Il est normal pour nous de faire de la sensibilisation sur la covid 19 en plus d'inciter les femmes à se dépister. Nous militons pour le dépistage précoce. Si un cancer est détecté très tôt, le patient a mille chances d'en guérir", dit-elle.

Venue se faire dépister, cette dame âgée d’une quarantaine d’années et ayant requis l’anonymat, conforte les propositions de la Badienou Gokh et compte tout appliquer à la lettre.

"Comme l'a si bien dit la Badienou Gokh, il faut faire le dépistage pendant qu'il est encore temps. Surtout avec le covid-19. Je conseille à tout le monde de suivre les recommandations des médecins. Je ne savais pas que le dépistage était gratuit", dit-elle, déterminée.

Quelles sont les stratégies pour aider les patients du cancer à se protéger du coronavirus?

"La LISCA a confectionné plusieurs masques destinés aux patients et à leurs familles. Nous avons également distribué du gel hydro-alcoolique. En plus de cela nous avons donné des conseils comme l'application des règles d'hygiène et le respect des gestes barrières, notamment de se concentrer dans les transports en commun. Beaucoup de patients ont eu des problèmes de malnutrition et nous délivrons des kits alimentaires", détaille la présidente de la LISCA.

Elle indique que la deuxième problématique est la disponibilité d'une maison de vie à Dakar. L’objectif étant de "permettre aux patients qui habitent dans les coins reculés de pouvoir y résider le temps de leur traitement".

Le cancer reste l’une des premières causes de mortalité dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé.

Au Sénégal, le cancer du sein qui est l’un des cancers les plus redoutés, continue à faire des ravages. En effet, selon la Lisca, plus de 1800 nouveaux cas de cancer du sein ont été recensés dans le pays.

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