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Tchad

La tentative d'interpellation d'un opposant tchadien vire au drame: 2 morts

Le siège du parti UNDR de l’opposant Saleh Kebzabo investi par les éléments du GMIP (groupement mobile d’intervention de la police), le 31 octobre 2020. Le 28 février 2021, une tentative d'interpellation a viré au drame au domicile d'un autre opposant, Yaya Dillo Djerou.

Au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche dans la capitale tchadienne N'Djamena dans des échanges de tirs au cours d'une tentative d'interpellation d'un opposant candidat déclaré à la présidentielle du 11 avril, a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

"Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l'ordre", lors d'une tentative d'interpeller l'opposant Yaya Dillo Djerou à son domicile, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement.

Pour l'heure, l'identité des victimes n'a pas été confirmée par les autorités. Mais d''après la journaliste Hawa Séméga, les deux victimes sont la mère et le fils de Yaya Dillo Djerou.

"Les forces de défense et de sécurité (...) ayant essuyé des tirs d'armes" venant du domicile de l'opposant, elles "n'ont pas eu d'autres choix que de riposter en légitime défense", a-t-il affirmé.

"Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date", a accusé le porte-parole.

Dans la nuit, Yaya Dillo, un ancien chef rebelle devenu ministre après avoir rallié le président Idriss Déby Itno, a indiqué sur sa page Facebook que sa maison à N'Djamena était encerclée par l'armée et la police.

"Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents", a-t-il dit quelques minutes plus tard. "Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. (...) Mes chers compatriotes levons nous!", a-t-il ajouté, dans un dernier post publié au lever du jour.

Ces informations n'ont pu être confirmées de source indépendante et les autorités n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP. De même, dimanche en milieu d'après-midi, il était impossible de savoir si M. Dillo avait été arrêté.

Internet et les réseaux téléphoniques étaient très perturbés à N'Djamena. Des blindés et militaires quadrillaient les axes menant au domicile de Yaya Dillo, dans le quartier Karkadjiye, dans la commune du 5ème arrondissement, a constaté l'AFP.

M. Dillo est sous le coup de deux mandats d'arrêt, après avoir été visé par une plainte pour diffamation et injures à l'encontre de la Première dame Hinda Déby Itno. Il avait notamment dénoncé une convention signée entre l'épouse du chef de l'Etat et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

"Suite à un refus systématique depuis 48 heures de Monsieur Yaya Dillo, appuyé d’un groupe de personnes armées, de répondre à deux mandats judiciaires", celui-ci "a vertement défié l’autorité de l’État en opposant une résistance armée", a justifié le porte-parole du gouvernement.

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Incursion dans le nord du Tchad: les rebelles en "débandade", selon le gouvernement

Des soldats tchadiens patrouillent dans la région du Tibesti, près de Bardai, au Tchad, le le 28 mars 1999.

Des rebelles qui ont lancé une incursion dimanche dans le nord du Tchad à partir de la Libye sont en "débandade", a affirmé le porte-parole du gouvernement dans un communiqué lundi soir.

"Plusieurs colonnes de véhicules, lourdement armés, en provenance de Libye, ont fait une incursion à l'intérieur du Tchad pour attaquer le 11 avril aux environs de 18 heures le poste frontalier de douane de Zouarké", dans la province du Tibesti, à environ 1.000 kilomètres de la capitale N'Djamena, a écrit Chérif Mahamat Zene.

Les rebelles sont "fixés et traités par l'aviation de l'Armée de l'air tchadienne" et "sont en débandade et pourchassés par nos vaillantes forces de défense et de sécurité", a-t-il poursuivi, assurant que "la situation est entièrement sous contrôle".

L'armée tchadienne avait auparavant affirmé lundi que les rebelles observaient "une stratégie de l'évitement avec les forces de défense et de sécurité".

Dans le massif du Tibesti (Nord) et à la frontière avec la Libye, des rebelles affrontent régulièrement l'armée tchadienne. En février 2019, venus de Libye pour tenter de renverser le président Idriss Déby Itno, ils avaient été stoppés par des bombardements français sur demande de N'Djamena.

En février 2008, une attaque rebelle avait déjà atteint les portes du palais présidentiel avant d'être repoussée grâce au soutien français.

Le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), un groupe politico-militaire tchadien à dominante gorane, une ethnie saharienne, a revendiqué dimanche soir les prises de plusieurs garnisons, notamment Wour et Zouarké, "tombées sans résistance" selon lui.

Le FACT, né en avril 2016 d'une scission de l'Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) qui avait mené les offensives de 2008 sur N'Djamena, est basé en Libye où il a conclu un accord de non-agression avec le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

Son chef, Mahamat Mahdi Ali, a appelé dimanche les Tchadiens à "maintenir la dynamique de la pression sur la dictature" et à "aider les combattants du FACT à libérer" leur "patrie".

Cette incursion a coïncidé avec l'élection présidentielle que le maréchal-président Déby, au pouvoir depuis 30 ans, est assuré de remporter.

Présidentielle tchadienne: les résultats attendus le 27 avril

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Le Tchad compte les voix au lendemain de la présidentielle

Un homme gare sa moto avant de voter dans un bureau de vote en bordure de route à N'djaména le 11 avril 2021.

Le Tchad compile lundi les résultats de l'élection présidentielle, au lendemain d'un scrutin dont semble s'être désintéressée une bonne partie de la population, convaincue de la victoire déjà écrite du sortant Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans.

Le dépouillement et le décompte des bulletins est terminé dans les bureaux de vote. Mais les résultats provisoires ne seront connus que le 25 avril, en raison des longs délais de compilation et d'acheminement des chiffres, dans ce vaste pays grand comme deux fois la France métropolitaine.

Aucun chiffre n'est connu dans l'immédiat, notamment celui de la participation des quelque 7,3 millions d'électeurs sur 15 millions d'habitants, véritable enjeu de ce scrutin.

Les deux camps crient déjà victoire. L'opposition la plus dure considère que son appel au boycott du scrutin a été suivi. Pour l'opposant historique Saleh Kebozabo qui s'était retiré de l'élection, "les images qui circulent des bureaux de vote désertés par les électeurs marquent une victoire importante pour notre appel au boycott".

L'équipe de campagne de M. Déby s'est elle félicitée dimanche que les Tchadiens aient "massivement participé à cet important exercice démocratique".

"La participation a été mitigée dans les grandes villes, comme à N'Djamena", nuance lundi Kelma Manatouma, chercheur tchadien en sciences politiques à l'université Paris-Nanterre, qui évoque d'une "guerre de communication" entre le pouvoir et l'opposition.

Dimanche, à Moursal, quartier du Sud de N'Djamena réputé plutôt hostile à M. Déby, assez peu d'électeurs attendaient devant les bureaux, a constaté un journaliste de l'AFP.

Dans un bureau de Mardjadanfac, quartier pro-Déby de la capitale, quelque 141 des 393 inscrits ont voté (soit 35,8%), donnant une majorité écrasante au président sortant, a constaté un journaliste de l'AFP lors du dépouillement.

Le vote s'est déroulé dans le calme à N'Djamena et dans le reste du pays, à l'exception d'une urne brûlée dans un arrondissement de la capitale par un groupe d'individus, a rapporté à l'AFP la présidente du bureau de vote.

Présidentielle tchadienne: le parti au pouvoir se félicite de la mobilisation
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Vote ou non "Deby va gagner"

"J'ai voté Idriss Déby, il va gagner avec 100% des voix, avec une majorité écrasante. Ceux qui appelaient au boycott ne cherchent qu'à destabiliser le pays", estime lundi Mustapha, un chauffeur de taxi de 30 ans.

Le maréchal Déby a fait largement campagne sur la "paix et la sécurité" dont il dit être l'artisan, dans son pays mais aussi dans une région tourmentée: le Tchad, enclavé entre la Libye, le Soudan, la Centrafrique entre autres, est un contributeur de poids au combat contre les jihadistes au Sahel, en projetant des troupes aguerries jusqu'au Mali et parfois au Nigeria.

Mais le bilan économique est peu reluisant. Le Tchad est classé au 187e rang sur 189 selon l'Indice de Développement Humain du programme de l'ONU en 2020. En 2018, 42% de la population vivait sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

Dans le grand marché de Dembé, dans le centre-ville de N'Djamena, Valentine, qui a un diplôme de sage-femme, vend des mangues, assise sur le sol poussiéreux. "J'ai voté car c'est mon droit, je ne vous dirai pas pour qui. On se bat chaque jour pour avoir de quoi vivre, on veut un changement", témoigne-t-elle lundi.

"Que tu votes ou non, Déby va gagner", avance de son côté Claude, une étudiante de 31 ans.

Seuls six candidats ont effectivement défié le président Déby, après l'invalidation par la Cour suprême de sept des 16 candidatures déposées, puis le retrait de trois prétendants enregistrés.

"La seule chose qui compte aux yeux de Déby, c'est de l'emporter dès le premier tour avec une participation importante, pour qu'on ne lui objecte pas qu'il a été mal élu", résumait avant le scrutin un diplomate sous couvert d'anonymat.

Présidentielle tchadienne: "Victoire du boycott" selon Succès Masra

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Présidentielle tchadienne: le parti au pouvoir se félicite de la mobilisation

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