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Deux anciens ministres guinéens exclus du parti au pouvoir pour désaccord avec le président Condé


Le président Alpha Conde, leader des Rassemblement du Peuple de Guinea (RPG), à Conakry, Guinée, 11 octobre 2015.
Le président Alpha Conde, leader des Rassemblement du Peuple de Guinea (RPG), à Conakry, Guinée, 11 octobre 2015.

Deux membres influents du parti au pouvoir en Guinée, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), ont été exclus de cette formation après avoir exprimé publiquement leur désaccord avec le président Alpha Condé.

Ces anciens ministres, Ousmane Kaba (Questions stratégiques) et Alhousséiny Makanéra Kaké (Communication) ont été exclus du RPG lors de l'assemblée générale hebdomadaire du parti pour "faute lourde", a indiqué à l'AFP un responsable du RPG, sans autre précision.

Outre les exclusions de MM. Makanera et Kaba, président de la commission parlementaire des Finances, le RPG a convoqué le député de Siguiri (nord-est) Sékouba Savané à Conakry pour fournir des explications et rompu son partenariat avec le Parti pour le travail et la solidarité (PTS), du député Mamady Diawara, son allié depuis 2010.

Ces trois derniers, d'ethnie malinké comme le chef de l'Etat, ont critiqué des propos désobligeants qu'il a tenus envers celle-ci, le 28 mai dans un discours au siège de son parti.

"Les cadres malinkés sont les plus malhonnêtes de ce pays", avait déclaré M. Condé.

"Aujourd'hui, vous dites +Malinké, Malinké+. Cela veut dire quoi ? Moi je ne suis pas venu pour travailler pour une ethnie. Les gens qui ont le plus combattu le RPG, ce sont les cadres malinkés, ce sont eux qui partaient voir le général Lansana Conté (au pouvoir de 1984 à 2008) pour être nommés afin de combattre le RPG", avait-il dit.

En réponse à ce réquisitoire, MM. Kaba, Diawara, et Savané ont adressé une lettre ouverte à M. Condé, l'accusant d'ingratitude envers sa communauté.

"Faut-il rappeler que pendant cette longue lutte pour l'instauration de la démocratie plurielle dont vous étiez un des combattants, beaucoup de Guinéens, mais surtout de votre base politique en Haute-Guinée (est) ont enduré la prison, les brutalités, la perte de leurs biens et même certains ont perdu la vie?", ont-ils écrit.

"Sans cette loyauté indéfectible, même dans un domaine aussi versatile que la politique, vous n'auriez jamais pu vous hisser à la magistrature suprême de notre pays", selon la lettre.

Se défendant de tout tribalisme, M. Condé a été accusé d'avoir joué sur les fractures ethniques pour l'emporter aux présidentielles de 2010 et 2015 sur son principal adversaire, l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, chef l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), d'ethnie peule.

MM. Diallo et Condé tirent la majeure partie de leurs suffrages respectivement des communautés peule et malinké, les deux plus importantes du pays.

Avec AFP

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