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Crimes/enquêtes

Deux Américains condamnés à 20 ans de prison pour une "incursion armée" au Venezuela

Le président Nicolas Maduro montre des documents personnels d'ex-soldats américains arrêtés au Venezuela, lors d'une conférence de presse virtuelle à Caracas, le 6 mai 2020. (Photo via REUTERS)

Deux ex-soldats américains arrêtés au Venezuela pour avoir tenté une "invasion" armée par la mer en mai ont été condamnés à 20 ans de prison, a annoncé le procureur général.

Luke Alexander Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, "ont avoué" s'être rendus coupables de "conspiration, d'association (de malfaiteurs, ndlr), de trafic d'armes et de terrorisme", a indiqué Tarek William Saab sur Twitter dans la nuit de vendredi à samedi. "Ils ont été condamnés à 20 ans de prison", a-t-il précisé.

En mai dernier, cette affaire avait de nouveau crispé les relations déjà très tendues entre Washington et le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro.

M. Maduro avait accusé son homologue américain Donald Trump d'avoir "dirigé directement" cette "incursion armée" tuée dans l'oeuf le 3 mai dernier à laquelle avaient participé Denman et Berry, deux anciens soldats des forces spéciales américaines.

Selon le gouvernement vénézuélien, ce jour-là, l'armée et la police vénézuéliennes étaient parvenues à stopper la "tentative d'invasion par la mer" fomentée par des "mercenaires venant de Colombie" sur le rivage de Macuto, à moins d'une heure de route de Caracas, sur la côte caraïbe.

Denman et Berry avaient été arrêtés le lendemain dans le village côtier de Chuao, à 80 km à l'ouest de Caracas. Huit "terroristes" avaient été tués dans l'opération et plusieurs dizaines d'autres personnes arrêtées.

Selon Caracas, les "terroristes" comptaient renverser Nicolas Maduro pour "installer" à sa place Juan Guaido, le chef de file de l'opposition vénézuélienne que certains pays reconnaissent comme président par intérim.

"C'est un remake de la Baie des Cochons", l'opération ratée montée par des exilés cubains et la CIA en 1961 pour renverser Fidel Castro, avait alors tonné Nicolas Maduro.

M. Maduro accuse Juan Guaido d'avoir monté toute l'opération avec un ancien soldat américain, Jordan Goudreau, et un Vénézuélien de Miami, Juan José Rendon, pour fomenter ce "coup d'Etat" à son encontre.

Washington et Bogota ont nié toute participation dans cette entreprise et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis feraient tout pour rapatrier Luke Denman et Airan Berry.

L'administration Trump tente d'évincer Nicolas Maduro auquel elle nie toute légitimité. Washington serre de plus en plus la vis des sanctions et la justice américaine a inculpé l'héritier politique de Hugo Chavez pour narco-terrorisme en mars.

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Trois enfants abandonnés avec le cadavre de leur frère au Texas

Une voiture de police à Austin, au Texas, le 18 avril 2021.

Trois enfants ont été découverts "abandonnés" depuis des mois par leurs parents dimanche à Houston, aux Etats-Unis, dans un appartement où se trouvait aussi le squelette d'un quatrième enfant, a annoncé lundi le shérif local.

La mère des enfants et son compagnon, retrouvés dimanche soir, ont été interrogés et relâchés, a annoncé la police lundi, qui précise qu'aucune poursuite n'a été engagée à ce stade.

Les parents "ne vivaient vraisemblablement pas dans l'appartement depuis plusieurs mois", a tweeté le shérif du comté de Harris, qui englobe Houston.

C'est le plus âgé des trois enfants, un adolescent de 15 ans, qui a prévenu la police "que son frère de 9 ans était décédé depuis un an et que son corps se trouvait dans la chambre près de la sienne", a détaillé le shérif Ed Gonzalez.

La situation est "horrible, tragique" pour ces trois enfants qui "vivaient dans des conditions assez déplorables", a ajouté le shérif lors d'une conférence de presse.

L'aîné "faisait de son mieux pour prendre soin des autres", ses deux petits frères de 7 et 10 ans, a-t-il encore précisé.

Mais les deux plus jeunes ont "semblé souffrir de dénutrition et montré des signes de blessures physiques". Les trois enfants ont été transportés à l'hôpital pour être examinés et recevoir des soins.

L'enquête, confiée à la police criminelle et à l'unité en charge de la maltraitance infantile, est toujours en cours, a précisé M. Gonzalez.

France: début du procès de Koffi Olomidé pour agressions sexuelles

Le chanteur congolais Koffi Olomidé (à gauche) arrive le 25 octobre 2021 au palais de justice de Versailles avec son avocat Emmanuel Marsigny (à droite) pour son procès en appel sur des accusations d'agression sexuelle et d'enlèvement de quatre de ses anc

L'artiste star de la rumba congolaise Koffi Olomidé s'est présenté lundi devant la cour d'appel de Versailles, en région parisienne, au premier jour de son procès pour agressions sexuelles et séquestration sur quatre de ses danseuses entre 2002 et 2006.

Au cours de l'instruction, l'absence du chanteur originaire de la République Démocratique du Congo (RDC) avait conduit la justice française à délivrer un mandat d'arrêt à son encontre.

En mars 2019, il ne s'était pas présenté au tribunal pour son procès en première instance. Il avait alors été condamné à deux ans de prison avec sursis pour "atteinte sexuelle" sur l'une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits, et relaxé pour l'essentiel des autres charges qui pesaient contre lui.

Le ministère public, qui avait requis sept ans d'emprisonnement ferme, avait fait appel.

Cette fois, l'homme de 65 ans - de son vrai nom Antoine Agbepa Mumba - comparaît devant les juges, fine barbe grisonnante et veste rayée marron. Et il va pouvoir s'expliquer sur ce qu'ont dénoncé les parties civiles.

Quatre femmes, qui ont déposé plainte entre 2007 et 2013, l'accusent de les avoir enfermées dans un pavillon gardé près de Paris, lors de ses tournées françaises, et forcées à avoir des relations sexuelles avec lui, de façon régulière pour certaines.

Elles ont raconté s'être finalement échappées du logement en juin 2006 avec une corde de drap après avoir endormi les gardes.

Koffi Olomidé se défend de ces accusations et pour ses avocats, "c'est un dossier qui ne tient pas", avait estimé vendredi de l'AFP Me Emmanuel Marsigny, qui le défend avec Me Antoine Vey.

Mis en examen pour viol aggravé lors de l'enquête, il avait finalement été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour "atteinte sexuelle avec violence, contrainte, menace ou surprise par personne ayant autorité" - ou agressions sexuelles - et séquestration.

Il est également jugé pour aide illégale à l'entrée et au séjour des danseuses, venues de la RDC. Deux autres hommes comparaissent pour complicité.

La cour d'appel de Versailles, qui doit examiner toute l'affaire dans l'après-midi, mettra - sauf surprise - sa décision en délibéré pour une date ultérieure.

L'audience s'est ouverte sous le regard du public, à l'inverse du huis clos du procès en première instance.

Une cinquantaine de personne s'étaient rassemblées devant la cour d'appel pour soutenir les parties civiles.

Enquête en Ouganda après l'explosion d'une bombe dans un bar

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Reprise du procès de l'assassinat de Thomas Sankara à Ouagadougou

Des personnes assistent à l'ouverture du procès des auteurs présumés de l'assassinat de Thomas Sankara à Ouagadougou, le 11 octobre 2021

Le procès des assassins présumés de l'ancien président "révolutionnaire" du Burkina Faso Thomas Sankara, tué le 15 octobre 1987 lors d'un coup d'Etat, a repris lundi à Ouagadougou après deux semaines de suspension, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ouvert le 11 octobre devant un tribunal militaire 34 ans après les faits, le procès avait été suspendu à la demande d'avocats de la défense commis d'office, qui souhaitaient plus de temps pour pouvoir étudier "les 20.000 pièces du dossier".

Douze des 14 accusés étaient présents lundi à la reprise du procès, dont le général Gilbert Diendéré, 61 ans, un des principaux chefs de l'armée lors du putsch de 1987.

Le principal accusé, l'ancien président Blaise Compaoré - que ce putsch a porté au pouvoir qu'il a gardé pendant 27 ans avant d'en être chassé par la rue en 2014 - était absent à la reprise du procès, tout comme il l'était à son ouverture. Ses avocats ont dénoncé "un simulacre de procès" devant "un tribunal d'exception".

Blaise Compaoré, qui vit en Côte d'Ivoire depuis 2014, pays dont il a obtenu la nationalité, est accusé de "complicité d'assassinats", "recel de cadavres" et "attentat à la sûreté de l'Etat".

Les mêmes accusations pèsent sur le général Diendéré qui purge déjà au Burkina une peine de 20 ans de prison pour une tentative de coup d'Etat en 2015.

Parmi les accusés, figurent également des soldats de l'ancienne garde présidentielle de M. Compaoré.

L'un d'eux, l'ancien adjudant-chef Hyacinthe Kafando, soupçonné d'avoir été le chef du commando ayant assassiné Thomas Sankara, est en fuite.

La veuve de Thomas Sankara, Mariam, venue de France où elle réside habituellement pour assister au procès de son mari assassiné, a signé une pétition demandant que le procès soit filmé "pour l'Histoire". Cette demande a été rejetée le jour de l'ouverture du procès par le tribunal militaire.

Dans un communiqué publié il y a dix jours, Mariam Sankara a dit espérer "que le tribunal se ravisera" et "accédera à cette requête".

"Car il s’agit non seulement de juger les acteurs de ce crime, mais également d’informer le peuple, de mettre en mémoire, avec les moyens de communication modernes, ce moment important de notre histoire collective et individuelle", écrivait-elle.

A l'ouverture du procès, le réseau international "Justice pour Thomas Sankara, justice pour l'Afrique" avait souligné le risque qu'il n'aborde pas le rôle joué par la France, les Etats-Unis et de pays ouest-africains comme la Côte d'Ivoire de Félix Houphouët Boigny et du Togo de Gnassingbé Eyadema, alors ulcérés par les prises de position anti-impérialistes de ce jeune révolutionnaire adulé par la jeunesse africaine.

"Dette cachée": soupçons de scandale au sommet de l'Etat mozambicain

Le juge mozambicain Juiz Efigénio José Baptista.

Agents du renseignement ou fils d'ancien président, tous ont été proches du pouvoir et sont aujourd'hui assis sur le banc des accusés: depuis deux mois, le Mozambique juge les responsables d'un des plus grands scandales de corruption du pays, qui inquiète jusqu'au sommet de l'Etat.

Dix-neuf accusés de haut vol sont jugés pour chantage, faux, détournement de fonds et blanchiment pour des montants de plusieurs millions d'euros, dans le scandale dit de la "dette cachée". L'affaire concerne des prêts secrets de 1,8 milliard accordés par des banques étrangères à des entreprises publiques mozambicaines, et garantis par l'Etat, officiellement pour des contrats d'équipement en matériel de pêche et surveillance maritime.

Ce procès est "une occasion unique pour les Mozambicains de demander des comptes à ceux qui les ont poussés dans la pauvreté", estime Adriano Nuvunga, coordinateur du groupement anti-corruption Budget Monitoring Forum (BMF).

"Fonctionnaires et politiciens doivent comprendre que la corruption ne restera pas impunie. La corruption entraîne des millions de gens dans la pauvreté", a-t-il affirmé à l'AFP.

La semaine dernière, alors que le dernier accusé encore interrogé était à la barre du tribunal de fortune installé sous une tente dans une prison de Maputo, le Credit Suisse, principal prêteur avec la banque russe VTB, a reçu une amende de 475 millions d'euros. La banque a autorisé des transactions qui "ont servi à monter un système de dette cachée, à verser des pots-de-vin", selon les gendarmes financiers de plusieurs pays où l'argent a transité.

Le gouvernement mozambicain par le biais de ses avocats à Londres s'est félicité de cette décision auprès de l'AFP et s'est dit "déterminé à traduire les responsables en justice". Mais le chef de l'Etat lui-même, Filipe Nyusi, est mis en cause dans plusieurs témoignages.

- Chouchou -

L'affaire remonte à 2013-2014. L'actuel président est alors ministre de la Défense.

"C'est Filipe Nyusi, qui a désigné le Credit Suisse pour financer le projet de protection des côtes", a accusé lors d'une récente audience retransmise en direct à la télévision nationale, Antonio do Rosario, ex chef du renseignement. C'est également lui qui a validé "les termes du financement".

Filipe Nyusi avait déjà été mis en cause dans un pan de l'affaire jugé en 2019 aux Etats-Unis, accusé d'avoir reçu des financements occultes pour sa campagne présidentielle de 2015. A ce jour, il n'a pas été inquiété par la justice.

Accusé d'avoir joué les facilitateurs auprès de son père Armando Guebuza, président de l'époque appelé à témoigner au procès, Ndambi Guebuza, 44 ans, a lui argué ne pas avoir "une mémoire d'éléphant".

A l'époque, le Mozambique connaît la paix depuis deux décennies et s'est finalement relevé d'une guerre civile qui a duré quinze ans.

La découverte des plus grandes réserves de gaz naturel d'Afrique subsaharienne au large de ses côtes, en 2010, en fait le chouchou des investisseurs et le FMI table sur une croissance à deux chiffres d'ici dix ans. Sa directrice Christine Lagarde s'affiche tout sourire au côté d'Armando Guebuza.

Mais en 2016, le scandale éclate: l'argent a été emprunté secrètement, sans l'aval du Parlement et dans le dos des créanciers du pays parmi les dix plus pauvres au monde, dépendant de l'aide internationale.

Le FMI suspend son aide budgétaire, le Mozambique plonge dans une crise financière sans précédent et tombe en défaut de paiement.

- Pêche au thon -

Les chefs du parti historique au pouvoir depuis 40 ans, le Frelimo, ont-ils contracté ces prêts, enivrés par l'idée des futures recettes tirées du gaz?

Aujourd'hui encore, l'exploitation n'a pas commencé, les méga projets gaziers pesant plusieurs milliards d'euros étant entravés par des attaques jihadistes dans le nord-est depuis quatre ans.

Mais qu'est-il finalement advenu de l'argent emprunté ? Surveillance maritime, patrouilleurs, chalutiers... Plusieurs audits indépendants n'ont pu déterminer exactement ce qui a été acheté.

Certains des 30 bateaux commandés par la Compagnie mozambicaine de thon (Ematum) à la France, ont bien été livrés. Ils rouillent au port par manque de marins qualifiés, décrit un ancien rapport commandé par le procureur général au Mozambique.

Reste qu'une partie de la somme est intraçable. Quelque 170 millions d'euros, sans doute plus, sont partis en pots-de-vin, selon la justice américaine. D'autres procédures sont en cours en Suisse, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud.

Les ONG s'opposent depuis des années au remboursement de la "dette cachée". Le procès doit durer encore plusieurs semaines.

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