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Des "signes d'extrémisme" dans l’attaque dans une mosquée en Afrique du Sud


Les enquêteurs de la police à l'entrée de la mosquée Imam Hussain, après une attaque à la périphérie de Durban, le 10 mai 2018.
Les enquêteurs de la police à l'entrée de la mosquée Imam Hussain, après une attaque à la périphérie de Durban, le 10 mai 2018.

La police sud-africaine a indiqué vendredi ignorer le mobile de l'attaque au couteau de la veille dans une mosquée de la banlieue de Durban (nord-est), qui a fait un mort et deux blessés, mais précisé y avoir identifié des "signes d'extrémisme".

"A l'heure actuelle, le mobile est toujours inconnu", a déclaré Simphiwe Mhlongo, un porte-parole de l'unité d'élite de la police, les Hawks, qui a été chargée de l'enquête.

"Des signes d'extrémisme ont été relevés", a-t-il ajouté lors d'une déclaration devant la presse.

"L'incident s'est déroulé dans un lieu de prière et, au vu de la manière dont il s'est déroulé, il révèle (de la part des assaillants) de la haine pour les fidèles de cette religion, c'est là qu'il faut voir ces signes d'extrémisme", a précisé le policier à l'AFP.

Jeudi après-midi, trois personnes non identifiées armées de couteaux sont entrées dans une mosquée chiite de Verulam, au nord de Durban, ont égorgé un homme et en ont poignardé deux autres, selon les secours et la police.

L'attaque porte "les caractéristiques d'une organisation terroriste comme EI", l'Etat islamique, a estimé vendredi un responsable de la communauté musulmane en Afrique du Sud, Moulana Aftab Haider.

"Je n'ai aucun doute pour présenter ce crime comme un crime terroriste", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Verulam. "D'abord, c'est une attaque contre un lieu sacré. Ensuite, c'est une attaque indiscriminée contre des innocents, purement basée sur la religion", a-t-il poursuivi.

>> Lire aussi : Un imam tué et deux personnes blessées dans une attaque dans une mosquée en Afrique du Sud

"Au cours des sept-huit derniers mois, il y a eu une campagne de haine dans des mosquées, sur des radios et sur les réseaux sociaux visant la communauté chiite", a-t-il affirmé. "Ils disent que les chiites sont pires que des chiens et des porcs."

Des menaces avaient déjà été proférées contre la mosquée chiite de Verulam, "mais pas au cours des dernières semaines", selon le responsable musulman.

La personne tuée dans l'attaque est "un fidèle nommé Mohammed Ali, dont la nationalité est inconnue", a précisé à l'AFP Simphiwe Mhlongo.

Les secours avaient indiqué préalablement que la victime décédée était un imam. Selon la police, cet imam était toujours hospitalisé vendredi dans un état grave.

Les assaillants ont aussi lancé un cocktail Molotov dans le bâtiment, qui a partiellement pris feu, et se sont enfuis en voiture.

Le porte-parole des Hawks s'est refusé à confirmé qu'ils étaient de nationalité égyptienne, ainsi que l'ont indiqué certains médias locaux. "Pour l'heure nous ne savons pas", a-t-il assuré.

L'Afrique du Sud, qui compte 1,5% de musulmans parmi ses 53 millions d'habitants, peut se prévaloir d'une histoire de grande tolérance en matière de religions.

Le pays a jusqu'à présent été épargné par les attentats jihadistes, contrairement à d'autres pays africains.

L'attaque de jeudi, inédite selon la police, y a suscité une vague d'indignation, toutes religions confondues.

Avec AFP

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