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Des ONG réclament des mesures fortes pour mettre fin au drame sud-soudanais

Photo d’archives (25 septembre 2015) : des soldats du gouvernement présents dans la ville de Koch, dans l'Etat d'Unité, Soudan du Sud.

Pour certains groupes de défense des droits humains, des sanctions et d'autres mesures ciblées pourraient avoir un impact là où un accord de paix a échoué.

Les crimes de guerre se poursuivent sans relâche au Soudan du Sud. Meurtres, viols systématiques, et disparitions forcées sont le lot quotidien, comme l’ont fait ressortir de récents rapports de l’ONU, d’Amnesty International et de Human Rights Watch (HRW).

Décembre 2013 – la date qui marque la descente aux enfers pour le Soudan du Sud. Des combats éclatent, c’est l’escalade. L’ONU parle de «violence grave et systématique à l’égard des civils».

Nous assistons à des violations flagrantes des droits de l'Homme, au pillage des caisses de l'Etat et des ressources naturelles.
Ian Schwab, de l’ONG américaine Enough Project

En octobre dernier, dans l'État d'Unité, plus de 60 hommes et garçons sont découverts morts asphyxiés. Amnesty International accuse les forces gouvernementales. Durant le même mois, Human Rights Watch révèle, preuves à l’appui, des « abus graves » perpétrés dans la région de Western Equatoria.

"Nous assistons à des violations flagrantes des droits de l'Homme, au pillage des caisses de l'Etat et des ressources naturelles. Tout cela, dans un climat d'impunité et d'absence totale de poursuites pour ces crimes horribles en cours", affirme Ian Schwab, directeur des communications à l’ONG américaine Enough Project, un groupe de plaidoyer pour l’Afrique basé à Washington.

Pas beaucoup d’espoir en vue, d’autant que les signataires de l'accord de paix paraphé en août 2015 ne sont pas prêts de former un gouvernement d'unité nationale, initialement prévu pour novembre, ne serait-ce que pour une période transitoire. L’une des pierres d’achoppement : la démilitarisation de Juba, sujet qui continue de diviser le président Salva Kiir et le leader de l'opposition Riek Machar.

Pendant ce temps, le pays est en proie à la violence de même qu’à une grave crise humanitaire avec plus de deux millions de personnes déplacées, alors que la famine se profile à l’horizon, d’après l’ONU. Le groupe Enough Project recommande des sanctions ciblées.

"Eh bien, nous pensons qu’il faudra commencer par les responsables de haut niveau impliqués dans ces crimes. Il faut veiller à ce que les sanctions soient appliquées. Nous ne parlons pas de sanctions générales qui pourraient avoir un impact sur le pays. Nous ciblons ces individus complices et responsables de ces crimes et du pillage des ressources de l'Etat ", précise Ian Schwab.

L'embargo sur les armes aurait dû être appliqué depuis longtemps.
Jehanne Henry, de Human Rights Watch

De son côté, Human Rights Watch appelle l’ONU à imposer un embargo sur les armes au Soudan du Sud.

"Nous pensons que l'embargo sur les armes aurait dû être appliqué depuis longtemps. Le conflit a commencé en décembre 2013, et les pires combats se sont déroulés durant les semaines et les mois qui ont suivi. L'embargo était approprié au début, lorsqu’il était clair que la guerre ne se faisait pas entre soldats mais contre les civils plutôt", indique Jehanne Henry, chercheuse principale sur l'Afrique à HRW.

Des pays comme la Grande-Bretagne et la France soutiennent cette idée. Pour les États-Unis toutefois, un embargo sur les armes pourrait avantager les forces rebelles, avis que partagent la Russie, la Chine et l'Angola.

D’autre part, Human Rights Watch demande à l'Union africaine de mettre en place un tribunal hybride pour le Soudan du Sud.

"Cela enverra un message clair et net à l’effet que les gens seront tenus responsables pour les abus qui sont commis", affirme Jehanne Henry.

Pour des observateurs, qui mettent en doute le bien-fondé de l'accord de paix vieux de sept mois maintenant, il est grand temps pour la communauté internationale de prendre de nouvelles mesures afin de mettre un terme au drame qui se joue au Soudan du Sud.

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Gambie: nomination d'un ministre de la Défense, le premier depuis 22 ans

La force de la Cedeao, lors de la crise de succession en Gambie.

Le chef de l'Etat gambien Adama Barrow a remanié jeudi son gouvernement, nommant un ministre de la Défense pour la première fois depuis 22 ans et un ancien chef de la police controversé à l'Intérieur, a annoncé la présidence dans un communiqué.

M. Barrow a désigné jeudi comme ministre de la Défense Sheikh Omar Faye, consul général de Gambie à Jeddah (Arabie saoudite), selon le communiqué.

Depuis 1997, d'abord sous Yahya Jammeh, qui a dirigé d'une main de fer ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest de 1994 à 2017, puis sous son successeur, l'ancien opposant Adama Barrow, les prérogatives du ministère de la Défense étaient directement exercées par le président.

Ancien sprinteur --il a participé aux JO de 1984-- M. Faye a fait carrière dans l'armée jusqu'en 1994, lorsqu'il a quitté la Gambie pour les Etats-Unis, selon la lettre d'information spécialisée AllGov.com.

De retour en Gambie en 2005, il devient chef de la communication du cabinet du président Jammeh, puis ministre de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé ambassadeur à Washington.

Il avait pris ses distances avec Yahya Jammeh à la toute fin de son régime, en l'appelant de la capitale fédérale américaine, en décembre 2016, à reconnaître sa défaite électorale face à Adama Barrow et à céder le pouvoir.

Yahya Jammeh n'avait quitté son pays pour la Guinée Equatoriale qu'après six semaines d'une crise à rebondissements et sous la pression d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Un défenseur gambien des droits humains, Madi Jobarteh, a salué la désignation d'un ministre de la Défense, estimant toutefois que "le choix de M. Faye est un important pas en arrière" si l'on considère qu'il fut un "soutien clé de la dictature en Gambie".

Le défenseur des droits de l'homme a par ailleurs qualifié de "catastrophe" la désignation au poste de ministre de l'Intérieur de Yankuba Sonko, qui selon lui montre la volonté du président Barrow de "recourir à la violence pour refuser les droits et libertés fondamentales".

M. Sonko était inspecteur général de la police lors de la répression le 14 avril 2016 d'un rassemblement pour réclamer des réformes politiques. La mort en détention d'un des leaders de l'opposition arrêtés, Solo Sandeng, avait galvanisé les opposants, qui s'étaient unis autour de la candidature d'Adama Barrow.

Avec AFP

Candidat à présidentielle, le Premier ministre délègue ses pouvoirs

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed, lors du dépôt de sa candidature à la présidentielle anticipée en Tunisie, le 9 août 2019.

Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, l'un des principaux candidats à la présidentielle anticipée du 15 septembre, a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs pour se consacrer à sa campagne électorale.

Lors d'une intervention sur la télévision publique, M. Chahed a déclaré avoir "décidé de déléguer ses pouvoirs de chef du gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale". Celle-ci est prévue du 2 au 13 septembre.

Cette décision a été prise "dans le souci d'assurer la transparence dans le processus électoral et pour éviter tout conflit d'intérêt", a dit M. Chahed, devenu en 2016, à 40 ans, le plus jeune Premier ministre de la Tunisie.

Le premier tour du scrutin présidentiel aura lieu le 15 septembre.

Prévue en fin d'année, cette élection a été avancée à la suite du décès le 25 juillet du président Beji Caid Essebsi à l'âge de 92 ans.

Il était le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

Vingt-six candidatures, dont celle de M. Chahed, ont été validées et 71 écartées, au terme d'un examen préliminaire des dossiers, a annoncé le 14 août l'Instance chargée des élections en Tunisie (Isie). La liste finale sera publiée le 31 août.

Mardi, M. Chahed qui avait lancé au début de cette année son propre parti Tahya Tounes, a annoncé avoir renoncé à la nationalité française avant le dépôt de sa candidature, comme le demande la Constitution.

Avec AFP

Zimbabwe: une satiriste connue affirme avoir été enlevée et battue

La comédienne zimbabweenne, Samantha Kureya, dite Gonyeti.

Une comédienne et satiriste populaire au Zimbabwe, Samantha Kureya, dite Gonyeti, a affirmé jeudi avoir été enlevée de son domicile à Harare et battue par des inconnus, devenant la dernière critique en date du gouvernement à avoir été agressée ces dernières semaines.

Dans un clip vidéo en ligne, elle raconte à un journaliste du quotidien Daily News, depuis son lit d'hôpital, avoir été enlevée mercredi soir par des hommes armés et masqués, rouée de coups et abandonnée.

Trois hommes masqués ont cassé la porte de sa chambre et l'ont tirée du lit, dit-elle. "Je ne portais qu'un haut et une culotte. Quand je leur ai dit +laissez-moi m'habiller+, ils m'ont giflée et ordonné de baisser les yeux", ajoute-t-elle.

"Vous vous moquez du gouvernement" lui ont dit ses agresseurs en lui donnant des coups de pied et de fouet et la faisant rouler sur le sol mouillé, a-t-elle ajouté.

Elle affirme avoir dû se dénuder, boire de l'eau des égouts et avoir été abandonnée sur place sans ses vêtements.

Elle ajoute avoir marché ensuite vers des maisons et qu'une robe lui a été jetée par la fenêtre de l'une d'entre elles.

"Je ne sais pas si (cette agression) avait pour objectif de me faire peur" mais c'est grâce à la comédie "que je suis capable de payer mon loyer et d'envoyer mon frère à l'école. Je continuerai à faire mon travail", affirme-t-elle.

Le ministère de l'Information a annoncé dans un Tweet qu'une enquête était en cours.

La maison de production de Samantha Kureya, Bustop-TV, avait précédemment indiqué dans un Tweet qu'une autre comédienne, Sharon Chideu, qui apparaît dans des sketchs à ses côtés, avait elle aussi été ciblée mais qu'elle avait été avertie d'un risque d'enlèvement et avait quitté son domicile.

Bustop-TV diffuse des sketchs qui se moquent des autorités zimbabwéennes et des problèmes économiques et sociaux du pays.

Samantha Kureya et Sharon Chideu avaient été arrêtées par la police en février après être apparues dans un sketch vêtues d'uniformes de la police. Elles avaient été libérées après avoir payé chacune une amende de 20 dollars (17,6 euros).

Ces deux dernières semaines, plusieurs membres de l'opposition et militants des droits de l'homme ont été enlevés par des assaillants non identifiés en divers endroits du Zimbabwe, selon des organisations de défense des droits de l'homme.

Avec AFP

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