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Des milliers de manifestants pour la révision de la Constitution à Bamako


Vue sur la marche citoyenne à Bamako, au Mali, le 18 juin 2017. (VOA/Kassim Traoré)

Plusieurs milliers de Maliens ont manifesté mercredi à Bamako pour le projet de révision de la Constitution proposé par le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a reporté sine die il y a une semaine un référendum prévu le 9 juillet sur ce texte.

Quelque 6.000 partisans du "Oui" au référendum se sont rassemblés, à l'appel d'une vingtaine d'associations de jeunes, au Palais des sports de Bamako, a constaté un correspondant de l'AFP. Plusieurs centaines de personnes sont restées debout ou autour de l'enceinte de 5.000 places.

"Nous sommes venus ici pour montrer que nous aimons notre pays le Mali", a déclaré à la presse, Issoumaila Diallo, président de la plateforme pour le "Oui" au référendum .

Selon un autre membre de cette plateforme , Moussa Goro, "la réforme constitutionnelle est nécessaire pour permettre l'application de l'accord de paix" signé en mai-juin 2015.

"La Constitution de 1992 mérite un toilettage, parce que le Mali évolue. Les partisans du non doivent revoir leur position", a ajouté M. Goro.

La révision de la Constitution, la première depuis 25 ans, vise notamment à mettre en oeuvre certains engagements de l'accord de paix signé entre le gouvernement, les groupes armés pro-Bamako et l'ex-rébellion à dominante touareg du nord du pays, et prévoit la création d'un Sénat et d'une Cour des comptes.

Depuis la convocation le 7 juin d'un référendum sur la nouvelle Constitution, l'opposition et des organisations de la société civile se sont mobilisés contre ce texte, qui confère trop de pouvoirs au chef de l'Etat, selon ses détracteurs.

Le précédent scrutin au Mali, les élections municipales, avait dû être reporté à plusieurs reprises, pour finalement se tenir en novembre 2016 sur une partie seulement du territoire en raison des violences dans le pays, en particulier dans le Nord.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature de l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Avec AFP

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