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Des militants protestent contre les expulsions d'étrangers séropositifs en France

Des migrants soudanais attendent près d'un feu dans la forêt à Ouistreham, France, le 5 octobre 2017.

Une trentaine de militants d'Aides, une association française de lutte contre le sida, se sont symboliquement allongés jeudi devant les locaux de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) à Paris pour protester contre les mesures d'expulsion d'étrangers séropositifs.

Vêtus de noir, défilant sur l'air de la "Marche funèbre" de Chopin devant un véhicule noir figurant un corbillard, ils se sont rendus à pied devant l'Ofii où ils ont déposé une gerbe ainsi qu'une fausse plaque commémorative barrée de l'inscription : "Aux morts-es du sida, la patrie indifférente".

"Nous voulons attirer l'attention de l'État sur la dégradation extrême du droit au séjour pour raisons médicales", a expliqué à l'AFP Adeline Toullier, une responsable d'Aides.

Depuis 1998, un étranger gravement malade peut bénéficier d'un titre de séjour en France à la condition de ne pas avoir accès à des traitements disponibles dans son pays d'origine.

Depuis le 1er janvier 2017, la procédure d'évaluation médicale est passée sous l'égide de l'Ofii, qui dépend du ministère français de l'Intérieur, alors qu'elle relevait auparavant des Agences régionales de Santé (ARS), rattachées au ministère de la Santé. Un transfert auquel les associations de défense des étrangers étaient opposées.

>> Lire aussi : Prison ferme pour un homosexuel guinéen en France

Depuis, Aides affirme avoir recensé "24 cas" d'étrangers séropositifs menacés d'une obligation de quitter le territoire français, alors qu'il n'y avait eu que "quatre avis défavorables en 2016", a assuré Mme Toullier, ajoutant : "Cela confirme nos inquiétudes".

"Les médecins de l'Ofii ont une tutelle qui obéit davantage à une logique de maîtrise des flux migratoires et pas de santé publique", a-t-elle dénoncé, regrettant que "l'obsession de la fraude l'emporte".

"94% des dossiers d'étrangers séropositifs reçoivent des avis favorables. Le reste concerne des cas de fraude, de refus de traitements ou de personnes dont le pays d'origine propose une prise en charge", a réagi auprès de l'AFP le directeur général de l'Ofii Didier Leschi.

"Les médecins de l'Ofii restent des médecins, au même titre que les médecins scolaires ou les médecins du travail. Le fait d'être à l'Ofii ne les libère pas du serment d'Hippocrate", a-t-il ajouté.

L'ensemble de la procédure est "supervisé par un comité de sages", composé notamment de spécialistes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En janvier 2017, le ministère de la Santé avait assuré dans un arrêté que les nouvelles procédures de délivrance des titres de séjour aux étrangers malades se feraient dans le respect des "règles déontologiques communes à tout médecin" et du secret médical.

Avec AFP

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L'Amérique du Sud, "un nouvel épicentre" de la pandémie

Un agent de sécurité vérifie la température d'une personne à l'extérieur d'un bureau de banque pour s'assurer qu'elle ne présente aucun symptôme du coronavirus.

L'Amérique du Sud est "un nouvel épicentre" de la pandémie de nouveau coronavirus, avec une situation particulièrement alarmante au Brésil, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"L'Amérique du Sud est devenue un nouvel épicentre de la maladie. Nous voyons le nombre de cas augmenter dans de nombreux pays sud-américains. L'inquiétude concerne beaucoup de ces pays mais clairement le plus affecté à ce stade est le Brésil", a déclaré le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, lors d'une conférence virtuelle depuis Genève.

Alors que l'Europe, où le Covid-19 a tué plus de 170.000 personnes, progresse sur la voie d'une lente normalisation, l'Amérique du Sud enregistre une progression inexorable de la pandémie, avec de terribles conséquences prévisibles en termes d'économie et d'emploi.

Le Brésil compte près de 300.000 cas et 19.000 morts pour 210 millions d'habitants, selon l'OMS, ce qui le place au 3e rang mondial pour le nombre de cas, derrière les Etats-Unis et la Russie. Le seuil des 20.000 morts a déjà été franchi, selon un décompte de l'AFP.

"La majorité des cas sont recensés dans la région de Sao Paolo (...) mais les taux de prévalence les plus élevés sont (dans l'Etat) d'Amazonas, où environ 490 personnes pour 100.000 habitants sont infectées, ce qui est assez haut", a ajouté Michael Ryan.

Un collectif de chercheurs brésiliens avance que les chiffres officiels sous-estiment largement la réalité de la pandémie au Brésil.

Selon eux ils sont au moins 15 fois inférieurs à la réalité et le pays compterait plus de 3,6 millions de personnes infectées.

La pandémie de coronavirus a fait plus de 333.000 morts dans le monde

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Les campagnes de vaccination perturbées, 80 millions d'enfants menacés

Seth Berkley, PDG de GAVI Alliance lors de la session «Rising to a Global Challenge: The 15th Anniversary of GAVI» dans la station de montagne suisse de Davos, le 22 janvier 2015. REUTERS / Ruben Sprich /

Environ 80 millions d'enfants de moins d'un an dans 68 pays risquent de contracter des maladies contagieuses, comme la rougeole, car la pandémie de Covid-19 limite les vaccinations de routine, ont averti l'OMS, l'Unicef et Gavi vendredi.

"Cette donnée est alarmante. C'est quelque chose que nous n'avons jamais vu de toute notre vie", a déclaré le Dr Seth Berkley, directeur exécutif de l'Alliance du vaccin (Gavi), au cours d'une conférence de presse virtuelle.

Ce cri d'alarme est lancé à quelques jours du Sommet mondial sur la vaccination qui sera virtuellement accueilli le 4 juin par le Royaume-Uni.

Comme l'expliquent l'Organisation mondiale de la santé, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et Gavi dans un communiqué, la pandémie limite la vaccination de routine pour plusieurs raisons.

Certains parents hésitent à sortir de chez eux en raison des mesures de limitation de mouvement, du manque d'information ou parce qu'ils craignent d'être infectés par le coronavirus responsable de la maladie Covid-19. En outre, de nombreux agents de santé ne sont pas disponibles en raison des restrictions de déplacement ou de leur réaffectation à des tâches relatives à la lutte contre la pandémie.

Et alors que la pandémie a cloué au sol de nombreux avions, des problèmes de logistiques et de transports perturbent l'acheminement des vaccins, a expliqué aux médias la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

Depuis mars, les services de vaccination systématique des enfants en particulier contre la roougeole poliomyélite, mais aussi contre le choléra, la méningite et le tétanos notamment, sont ainsi perturbés à un niveau sans précédent depuis le lancement des programmes élargis de vaccination dans les années 1970.

Selon les données recueillies par l'ONU et Gavi, le fonctionnement des services de vaccination systématique est considérablement perturbé dans au moins 68 pays, ce qui pourrait affecter environ 80 millions d'enfants âgés de moins d'un an.

Fin mars, craignant que les rassemblements de masse pour les campagnes de vaccination ne favorisent la propagation du Covid-19, l'OMS avait recommandé aux pays de suspendre provisoirement celles qui étaient menées à visée préventive, le temps d'évaluer les risques et de mettre en place des mesures efficaces pour réduire la transmission du coronavirus.

Après avoir évalué la situation, l'OMS conseille désormais "aux pays de procéder à une évaluation spécifique des risques en fonction de la dynamique locale de propagation du coronavirus, des capacités de leur système de santé et de l'intérêt pour la santé publique de mener des campagnes de vaccination".

La France va devoir faire face à son tour aux faillites et aux licenciements

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse en marge des assemblées annuelles Banque mondiale / FMI à Washington, le 18 octobre 2019.

Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a mis en garde vendredi contre les faillites et les licenciements inéluctables "dans les mois qui viennent", dans un pays jusqu'à présent épargné grâce à de vastes dispositifs de soutien.

La crise du Covid-19 a mis un coup d'arrêt brutal à l'économie partout dans le monde. Et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains pays.

Aux États-Unis, le taux de chômage a explosé, atteignant 14,7% en avril, contre 3,5% en février (son plus bas niveau depuis 50 ans). Au total, 38,6 millions de personnes ont demandé une allocation chômage depuis l'arrêt de l'économie mi-mars.

En Amérique latine, 11,5 millions de personnes supplémentaires vont être au chômage en 2020, en raison de la pandémie, selon un récent rapport de deux agences onusiennes.

La France semblait jusqu'à présent relativement épargnée. Le nombre de chômeurs a certes progressé de 7,1% sur un mois en mars, mais cela s'explique essentiellement par le non-renouvellement des contrats à durée déterminée et de missions d'intérim ou des reports/annulations d'embauches.

Principal rempart contre les vagues de licenciements : la prise en charge par l’État du chômage partiel, un dispositif dont 8,6 millions de salariés auraient bénéficié, selon une estimation du ministère du Travail.

"L’Etat n'a pas hésité à dépenser", il s'agit d'une "mesure très centrale de soutien à l'économie qui a permis de sauvegarder des emplois", a déclaré à l'AFP Anne Eydoux, maîtresse de conférence en économie au Conservatoire national des Arts et Métiers.

Le gouvernement souhaite toutefois réduire progressivement à partir de juin ce dispositif de chômage partiel, une mesure à laquelle s'oppose notamment le syndicat patronal Medef. De son côté, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) demande d'attendre septembre pour une réduction "sensible" de la prise en charge, anticipant des licenciements.

La situation va en effet se noircir : "Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent", a prévenu sur la radio Europe 1 Bruno Le Maire.

- Entreprises "non profitables" -

Les faillites vont se produire "petit à petit", mais il est "extrêmement compliqué" de prévoir précisément à quoi s'attendre, a indiqué à l'AFP Éric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Selon lui, le nombre de disparitions d'entreprises dépendra notamment du retour ou non de la consommation, et du soutien que le gouvernement proposera aux entreprises.

"La capacité de rebond de la demande est plus forte en France qu'ailleurs, puisque les ménages ont un revenu qui s'est mieux maintenu" grâce au chômage partiel, a relevé M. Heyer.

"La consommation va repartir dans certains secteurs qui pourront rattraper une partie du retard, mais pas dans d'autres où la facture va s'alourdir", a-t-il cependant expliqué.

Le tourisme, l'hôtellerie et la restauration, encore à l'arrêt, sont particulièrement en danger, ainsi que certaines branches industrielles, telles que l'automobile et l'aéronautique, pour lesquelles le gouvernement doit présenter prochainement des plans de soutien spécifiques.

Les petites entreprises sont menacées tout comme de grands fleurons français, à l'instar du constructeur automobiliste Renault - qui "joue sa survie", selon les mots de Bruno Le Maire.

Autre difficulté pour les sociétés: les mesures sanitaires entraînent des coûts supplémentaires et ralentissent la production. "Beaucoup d'entreprises - mais c'est très difficile à chiffrer aujourd'hui - vont devenir non profitables pour une durée que ni vous ni moi on ne sait estimer", a souligné lors d'une audition à l'Assemblée nationale le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.

Les syndicats sont déjà en alerte. La CFDT, premier syndicat de salariés, qui s'attend à ce que la crise soit sévère, appelle à une "mobilisation générale sur l'emploi". Force Ouvrière réclame "un contrôle strict des procédures de suppressions d'emplois, afin d'empêcher les licenciements quand une entreprise a bénéficié ou bénéficie d'aides publiques en particulier".

Plus de 660.000 déplacés depuis l'appel de l'ONU à un cessez-le-feu mondial

Des déplacés sur le site de Barsalogho au petit matin, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Les conflits armés ont déplacé plus de 660.000 personnes dans le monde depuis l'appel fin mars de l'ONU à un cessez-le-feu général face à la crise du coronavirus, selon un rapport du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) publié vendredi.

Le 23 mars, alors que la pandémie flambait déjà dans le monde, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait lancé un appel à un "cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde", afin de préserver les civils les plus vulnérables dans les pays en conflit.

Entre cette date et le 15 mai, au moins 661.000 personnes ont dû fuir leurs foyers dans 19 pays touchés par des violences armées, selon le rapport du NRC, qui rappelle que les déplacés, vivant dans des conditions sanitaires déplorables, sont encore plus exposés au Covid-19.

La République démocratique du Congo (RDC) est le pays le plus touché: les affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales ont forcé à fuir 482.000 personnes sur la période étudiée, selon le rapport.

Cet immense pays, ravagé par de multiples conflits et des crises sanitaires à répétition depuis des décennies, comptait déjà en 2019 près de 1,7 million de déplacés, rappelle l'ONG. Rien qu'en avril, plus de 260.000 personnes ont fui les attaques de groupes armés et les opérations militaires dans la province de l'Ituri (nord-est), selon le rapport.

Même dans les pays où les parties belligérantes ont exprimé leur soutien à un appel au cessez-le-feu, les combats n'ont pas cessé, souligne le rapport, citant notamment le Yémen, en guerre depuis 2014 et en proie à la pire crise humanitaire dans le monde, selon l'ONU.

La région du lac Tchad a également connu une vague de déplacements de population, le Tchad et le Niger étant les plus touchés. L'Afghanistan, la République centrafricaine, la Syrie, la Somalie et la Birmanie ont tous vu plus de 10.000 personnes déplacées au cours de la même période.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, paralysé par une confrontation entre les Etats-Unis et la Chine, a échoué à s'entendre sur une résolution sur une cessation générale des hostilités face à la pandémie.

"Pendant que des personnes sont déplacées et tuées, les membres puissants du Conseil de sécurité de l'ONU se chamaillent comme des enfants dans un bac à sable", a déploré le secrétaire général du NRC Jan Egeland, en les appelant à se montrer "à la hauteur de la situation".

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