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Des marches blanches réclament "justice et vérité" pour Naomi Musenga en France


Les membres de la famille de Naomi Musenga (de gauche à droite), son père Mukole, sa mère Honorine et son frère Gloire Musenga participent à une marche silencieuse à Strasbourg, le 16 mai 2018.

"Justice et vérité pour Naomi Musenga": un millier de personnes ont défilé mercredi en silence au cœur de Strasbourg, dans l'est de la France, derrière cette banderole portée par la famille de la jeune Française d'origine congolaise décédée fin décembre après que son appel de détresse n'a pas été pris au sérieux par les services de secours.

Parents, frères et sœurs, amis de la victime et élus ont emmené le cortège dans les rues de la capitale alsacienne. En tête: un grand portrait de Naomi et cette banderole où figuraient aussi ces mots, "Hommage et pensées pour tous les oubliés et toutes les Naomi de l'ombre".

"Plus jamais ça", a lancé la mère de la jeune fille, prenant la parole, la voix chargée d'émotion, avant que le cortège ne s'ébranle, devant une assistance dans laquelle beaucoup portaient des t-shirts blancs à l'effigie de "Naomi 1995-2017".

"Par vous, elle continue de parler", a lancé cette aide-soignante qui s'est refusée à "cribler" de reproches "l'appareil médical" dans son ensemble, mais a pointé des "gens qui n'ont rien à faire dedans".

Toujours "indignés" du comportement d'une opératrice du Samu (services de secours français) qui avait répondu à l'appel de détresse de Naomi par des railleries, quelques heures avant son décès après d'atroces souffrances, les parents de la jeune fille avaient appelé mardi sur la chaîne France 3 Alsace au "calme" et à la "sérénité" après les nombreuses menaces proférées à l'encontre du Samu de la région.

Depuis que l'enregistrement de l'appel a été rendu public, la semaine dernière, six agents du Samu ont porté plainte après avoir été menacés, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

Sur les réseaux sociaux, trois auxiliaires de régulation médicale ont été identifiées "à tort" comme étant l'opératrice du Samu qui avait réceptionné l'appel, devenant la cible de nombreuses "insultes" et "menaces violentes", parfois de mort, a-t-on précisé.

22 roses blanches

Lors de la marche blanche à Strasbourg, les orateurs se sont succédé à la tribune pour réclamer "que justice soit faite", telle Helène Veit, 24 ans, une amie d'enfance de Naomi qui s'est souvenue d'une jeune femme "très agréable" et "au grand coeur" dont elle ne voudrait pas que l'histoire sombre dans l'oubli.

>> Lire aussi : Plainte après le décès d’une Congolaise raillée pendant l’appel au numéro d’urgence en France

A Paris, une petite cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant l'Opéra Garnier.

Après des prises de parole sur les marches de l'opéra, une délégation de 22 personnes est allée déposer 22 roses blanches devant le ministère de la Justice ainsi qu'une lettre à l'attention de la ministre Nicole Belloubet.

"22 roses car Naomi avait 22 ans et blanches pour la pureté. Devant l'Opéra Garnier, car Naomi aimait le gospel et la musique", a rappelé Thierry Paul Valette, représentant du Centre d'observation des inégalités (Codi), organisateur de cette marche.

Sur le court trajet jusqu'au ministère, la délégation a scandé : "Justice pour Naomi" et "le Samu ne doit pas tuer".

Naomi Musenga, jeune mère d'une fillette de 18 mois et qui souhaitait devenir créatrice de mode, est décédée après avoir été hospitalisée le 29 décembre, victime d'un infarctus.

Quelques heures avant son transport à l'hôpital, elle avait appelé le Samu en raison d'intenses maux de ventre. L'opératrice, sur un ton moqueur, l'avait invitée à contacter SOS Médecins, ce qui avait retardé l'intervention des secours.

Révélée par l'hebdomadaire alsacien Heb'di, l'affaire a provoqué une vague d'indignation après la diffusion de l'enregistrement par les médias nationaux.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn s'était déclarée "profondément indignée", dénonçant de "graves dysfonctionnements".

Avec AFP

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