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Droits humains

Des jihadistes présumés "torturés" dans le nord du Mozambique, dénonce Amnesty

Des prisonniers escortés par la police mozambicaine à Sofala au Mozambique le 23 juillet 2020.

Amnesty International a accusé mercredi les forces de sécurité mozambicaines d'avoir "torturé" des suspects jihadistes dans le nord du pays où cette insurrection monte en puissance depuis trois ans, après avoir analysé des photos et vidéos datant de mai.

L'organisation appelle le gouvernement à lancer une enquête sur ces "graves violations" des droits humains commises par des hommes en uniforme de l'armée et de la police, affirmant avoir vérifié ces images "épouvantables".

Elles montrent notamment des soldats battant et donnant des coups de pied à des prisonniers ligotés, un soldat découpant l'oreille d'un suspect et de "possibles exécutions" sommaires, selon Amnesty.

"Les vidéos et photos terrifiantes que nous avons analysées montrent des violences choquantes commises dans la province de Cabo Delgado, bien loin de l'attention internationale", écrit Deprose Muchena, directrice d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Est et du Sud-Est.

"Les violences attribuées" aux jihadistes "ne peuvent en aucun cas justifier ces autres violences par les forces de sécurité", a-t-elle ajouté.

Sollicité par l'AFP, le porte-parole du gouvernement Filimao Suaze n'a pas immédiatement réagi aux accusations d'Amnesty.

Depuis 2017, les attaques de groupes armés jihadistes ont causé la mort de 1.500 personnes et fait plus de 250.000 déplacés.

Depuis mi-août, l'armée est aux prises avec ces islamistes, récemment affiliés au groupe Etat islamique (EI), qui occupent le port stratégique de Macimboa da Praia, situé à une soixantaine de km d'importantes installations gazières.

Le gouvernement a régulièrement affirmé que les jihadistes se fondent dans la population, compliquant les opérations contre eux.

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Un tribunal prolonge la détention de deux influenceuses en Egypte

L'application TikTok est très populaire auprès des jeunes influenceurs et influenceuses dans le monde. (photo d'illustration-AP)

La justice égyptienne a prolongé jeudi la détention de deux influenceuses accusées de "traite d'êtres humains" pour des vidéos publiées sur l'application TikTok, après les avoir acquittées d'atteinte aux bonnes moeurs, selon un responsable judiciaire.

Un tribunal du Caire a "renouvelé la détention de Mawada al-Adham et Haneen Hossam pour 15 jours dans une affaire de traite d'être humains", a indiqué la même source, sous le couvert de l'anonymat.

Mardi, les deux jeunes femmes, qui avaient été condamnées en juillet à deux ans de prison, avaient été acquittées, ainsi que trois autres personnes, de plusieurs accusations par la cour d'appel du tribunal économique du Caire.

"C'est une seule et même affaire qui repose sur trois chefs d'accusation: publication de photos portant atteinte aux valeurs de la société, atteinte à la sûreté nationale et traite d'êtres humains", a précisé l'avocat de Mme Adham, Me Saber Sokkar.

Leur détention provisoire a été renouvelée "en attendant qu'elles soient déférées à la cour pénale" pour "traite" car "deux autres jeunes femmes sont apparues sur leurs réseaux sociaux", a-t-il ajouté.

Déjà soupçonnée de proxénétisme en avril, l'étudiante Haneen Hossam avait alors été arrêtée après avoir posté sur TikTok une vidéo annonçant à ses quelque 1,3 million d'abonnés que les filles pouvaient gagner de l'argent en travaillant avec elle sur les réseaux sociaux.

En mai 2020, Mawada al-Adham, qui compte deux millions d'abonnés sur Instagram, avait à son tour été arrêtée après avoir publié des vidéos parodiques.

Elles figurent toutes deux parmi la dizaine d'influenceuses qui ont été arrêtées en 2020 pour atteinte aux bonnes moeurs, dans le pays conservateur.

Une marche pour dénoncer les tueries dans l'Est de la RDC

Des membres de la Lucha manifestent à Goma, en RDC, le 1er mai 2018. (Twitter/Lucha)

Le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) veut organiser jeudi une marche pour dénoncer les tueries dans l'Est de la République démocratique du Congo.

La Lucha, un des principaux mouvements citoyens congolais, estime que les violences et les tueries dans l'Est semblent augmenter au lieu de baisser. Le mouvement citoyen soutient que 1.206 civils ont été tués en un peu plus d'un an dans la région troublée de Beni. Leurs attaques ont aussi provoqué la mort des dizaines de militaires congolais et des membres de la Force de la mission des Nations unies au Congo (Monusco).

L'ONG dénonce la dérive qu’occasionnent les opérations de l’armée régulière. Celles déclenchées le 30 octobre 2019 ont dispersé les rebelles ADF sur des zones assez vastes "plutôt que d'arrêter les tueries et de neutraliser les assaillants", dénoncent les militants de la Lucha.

Pendant qu'ils sont dispersés, les ADF, des rebelles musulmans ougandais, continuent, selon la Lucha, " à massacrer des civils à leur passage", rapporte l'AFP.

La Lucha affirme avoir noté une expansion des tueries vers le secteur de Rwenzori et une partie de la province voisine de l'Ituri, des zones jadis calmes. Les experts de l'ONU ont confirmé au Conseil de sécurité que les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles.

Ils se déplacent de l'extrême Nord vers la partie Sud-Est au parc national des Virunga. Ils ont "exécuté 50 otages" dans leur fuite face à une offensive de l’armée à Loselose, dans le Rwenzori, selon les forces gouvernementales.

La Lucha, mouvement citoyen né à Goma, regroupe des jeunes indignés et se définit comme apolitique et non violent.

Depuis mars 2015, le mouvement a été à la pointe de la contestation contre le pouvoir de l'ancien président Joseph Kabila (2001-2018). Leurs manifestations étaient systématiquement interdites ou réprimées et plusieurs de ses militants ont été arrêtés, jugés et/ou condamnés.

Des centaines de millions de chrétiens persécutés dans le monde

Des chrétiennes après un culte religieux, à Maiduguri, au Nigeria, le 17 février 2019.

Plus de 340 millions de chrétiens ont été "fortement persécutés" dans le monde en 2020, un phénomène en constante augmentation et qui a de plus été exacerbé par la pandémie, selon un rapport de l'ONG Portes ouvertes publié mercredi.

"Les minorités chrétiennes persécutées ont dû faire face à des violences sans précédent et une plus grande discrimination. La Covid-19 a amplifié les tendances que nous voyons émerger depuis plusieurs années", écrit l'ONG protestante en présentant son index annuel des 50 pays où les chrétiens sont le plus ciblés.

Au total, 340 millions de chrétiens - catholiques, orthodoxes, protestants, baptistes, évangéliques, pentecôtistes... - ont été "fortement persécutés", contre 260 millions en 2019, note l'ONG, qui recense toutes les atteintes, de l'"oppression quotidienne discrète" aux "violences les plus extrêmes".

"Cela représente 1 chrétien sur 6 en Afrique, et 2 sur 5 en Asie", souligne Patrick Victor, directeur de Portes Ouvertes France, assurant que ces chiffres sont "en dessous de la réalité".

Elle s'alarme notamment de l'extension d'un "arc rouge-orangé" de pays où la persécution est extrême ou très forte de l'Afrique sub-saharienne à l'Asie du Sud en passant par le Moyen-Orient, avec deux moteurs: "le nationalisme religieux", en Asie notamment, et "l’extrémisme islamique, qui s'étend" en Afrique.

Le nombre de chrétiens tués a fortement augmenté (+60%, passant de 2.983 à 4.761). "Plus de 90% l'ont été en Afrique sub-saharienne", explique Patrick Victor, directeur de Portes ouvertes France.

Pour la 6e année consécutive, le Nigeria arrive "en tête des pays où les chrétiens sont tués pour leur foi", et de loin (3.530 morts), devant la RDC (460) et le Pakistan (307).

Au Nigeria, "les groupes qui s’en prennent aux chrétiens (Boko Haram, État islamique, militants extrémistes peuls) ont ainsi profité des restrictions sanitaires pour étendre leur influence", souligne l'organisation.

L'ONG note en revanche une forte diminution du nombre d'églises prises pour cible (fermées, attaquées, endommagées, incendiées...), qui a été pratiquement divisé par deux (4.488, contre 9.488 en 2019).

La Chine est de loin le pays où le plus grand nombre d'églises ont été ciblées (3.088, après 5.576 en 2019), devant le Nigeria.

"En Chine, comme en Inde, la persécution des chrétiens est systématique, voire systémique", note M. Victor.

Le nombre de chrétiens détenus pour des raisons liées à leur foi a également baissé, passant à 4.277, contre 3.711 en 2019. Près de la moitié se trouvent en Erythrée (1.030) et en Chine (1.010).

Toutes persécutions confondues, la Corée du Nord, où "la foi en Dieu est un crime contre le régime" selon l'ONG, reste en tête de ce classement annuel. Suivent l'Afghanistan, la Somalie, la Libye, le Pakistan et l'Erythrée.

"Il n'y a pas que des motifs strictement religieux derrière les persécutions: elles peuvent aussi être liées au nationalisme religieux, comme en Inde ou en Turquie, au contrôle étatique, comme en Chine, voire au crime organisé et aux cartels comme en Colombie et au Mexique", résume l'association.

Portes ouvertes, partenaire d'Open Doors international, existe en France depuis 1976.

L'ONU accuse la police péruvienne d'usage excessif de la force en novembre

Partisans du président déchu péruvien Martin Vizcarra, lors d'affrontements à la suite d'une manifestation contre le gouvernement du président par intérim Manuel Merino, à Lima, le 14 novembre 2020. (AFP)

L'ONU a accusé la police péruvienne d'"usage "excessif et inutile de la force" lors de manifestations en novembre 2020, dans un rapport publié mardi après une mission sur place à la demande du gouvernement péruvien.

Le rapport souligne "que les policiers n'ont pas fait de distinction entre les manifestants pacifiques, qui étaient la majorité, et une minorité qui a été accusée de violences", lors des manifestations des 9 et 15 novembre, selon un communiqué du Haut commissariat des droits de l'homme.

Les forces de l'ordre n'ont pas respecté "les normes internationales des droits de l'homme", estime le rapport, établi après une mission d'enquête menée entre le 17 et le 22 novembre.

"La législation internationale est claire: les gens ont le droit de s'assembler pacifiquement et ces rassemblements ne doivent être dispersés que dans des cas exceptionnels", a rappelé Michelle Bachelet, la haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU.

Mme Bachelet a appelé les autorités à mener des enquêtes rapides, indépendantes et complètes et souligné l'importance du fait que le gouvernement avait reconnu que des violations des droits de l'homme avaient été commises.

Mais il est "indispensable que les responsables des forces de l'ordre reconnaissent eux aussi que les droits de l'homme ont été violés", a insisté Mme Bachelet.

Le rapport conclut également qu'un certain nombre de personnes ont été victimes d'arrestations et de détentions arbitraires, parfois dans des conditions rendues dangereuses par l'absence de mesures contre la Covid-19.

Une dizaine de personnes interrogées ont également fait état de sévices physiques ou psychologiques qui "pourraient être qualifiés de torture ou de mauvais traitements", souligne encore le communiqué, mettant également en exergue des menaces et des attaques contre des journalistes et d'autres membres des médias.

"J'espère sincèrement que les autorités -le gouvernement et le Parlement- vont prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que les forces de l'ordre respectent les normes internationales sur les droits de l'homme", a insisté Mme Bachelet.

Banni de Twitter, Donald Trump veut boycotter l'investiture de Joe Biden

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'un rassemblement pour contester la certification des résultats de l'élection présidentielle américaine de 2020 par le Congrès américain, à Washington, États-Unis, le 6 janvier 2021.

Le président américain Donald Trump a été définitivement banni du réseau social Twitter pour, selon la plateforme, éviter "le risque de nouvelles incitations à la violence".

La plateforme a été soumise à une pression croissante pour prendre de nouvelles mesures contre M. Trump suite à l'assaut meurtrier de mercredi au Capitole.

Dans la nuit de vendredi, le président a répondu à la suspension de son compte personnel (@realDonaldTrump) par un tweet via le compte officiel @potus, qui reste actif. Il a déclaré que l'action de Twitter était prévisible et qu'il travaille avec d'autres sites pour mettre en place une plateforme où lui et ses partisans ne seront pas muselés.

La suspension de son compte Twitter prive M. Trump d'un outil puissant qu'il a utilisé pour communiquer directement avec le peuple pendant plus d'une décennie. C’est sur cette plateforme qu’il avait annoncé des changements de politique, défié ses adversaires, insulté ses ennemis et fait l'éloge de ses alliés.

L'Union américaine des libertés civiles (ACLU), un puissant groupe non gouvernemental de défense des droits, a critiqué la décision de bannir M. Trump de Twitter.

"Chacun devrait s’inquiéter de voir des entreprises comme Facebook et Twitter exercer un pouvoir sans limite pour éliminer certaines personnes des plateformes désormais indispensables à la liberté d’expression", lit-on dans un communiqué de l'association.

Le sénateur républicain Lindsey Graham, président de la commission juridique du Sénat et ex-allié de M. Trump, s’est dit inquiet de voir le president américain banni de Twitter sans autre forme de procès. La veille, il avait dénoncé avec véhémence l’attitude du président envers les émeutiers qui avaient mené l’assaut au Capitole. Un assaut qui a fait quatre morts et de nombreux blessés.

Le célèbre journaliste Glenn Greenwald a aussi dénoncé la suspension de M. Trump.

"Le pouvoir centralisé sur la démocratie américaine (et d'autres démocraties) concentré dans les mains d'un petit nombre d'oligarques de la Silicon Valley qui n'ont pas de comptes à rendre est stupéfiant, sans précédent et insoutenable", a-t-il tweeté.

"Je ne sais pas comment Twitter peut désormais justifier le fait de ne pas interdire les dirigeants, ministres et propagandistes des régimes les plus répressifs du monde tels que l'Iran et la Chine, dont beaucoup interdisent à leur population d'avoir accès à Twitter", a écrit un autre critique.

Absent de l'investiture

Avant la suspension de son compte, M. Trump a tweeté vendredi qu'il n'assistera pas à la prestation de serment du président élu Joe Biden.

"Je n'irai pas à l'investiture le 20 janvier", a-t-il tweeté.

Une déclaration qui n'a pas choqué son successeur. "C'est l'une des rares choses sur lesquelles lui et moi sommes tout à fait d'accord. C'est une bonne chose qu'il ne se soit pas là", a déclaré M. Biden lors d'une conférence de presse vendredi.

Si M. Trump ne se présente pas le 20 janvier, ce sera la première fois qu'un président américain sortant boycotte la cérémonie d'investiture depuis Andrew Jackson, il y a 152 ans.

Pour l'heure, le vice-président Mike Pence a l'intention d'être là pour démontrer son soutien à un transfert pacifique du pouvoir.

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