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Droits humains

Des femmes et enfants détenus dans des camps en Syrie sont victimes de traite d'êtres humains

Photo de la jeune britannique Shamima Begum qui, à 15 ans, s'était rendue en Syrie où elle a été mariée à un djihadiste. Aujourd'hui âgée de 19 ans et détenue dans un camp, elle a été déchue de sa nationalité et la justice britannique refuse son retour dans le pays.

Près des deux tiers des femmes et enfants britanniques détenus dans des camps dans le Nord-Est de la Syrie sont des victimes de la traite d'êtres humains, a déclaré vendredi l'ONG Reprieve, dénonçant leur abandon par Londres.

Des femmes, qui pour certaines étaient âgées d'à peine 12 ans lorsqu'elles ont été emmenées en Syrie, ont été victimes du groupe État Islamique qui les a soumises à des formes d'exploitation, notamment sexuelle, révèle une enquête de cette ONG basée au Royaume-Uni.

L'ONG estime qu'il reste 25 adultes et 34 enfants britanniques dans la région. Au moins 63% d'entre eux sont victimes de la traite d'êtres humains, emmenés enfants en Syrie, forcés de s'y rendre ou détenus et déplacés à l'intérieur contre leur gré, indique Reprieve.

Dans un rapport de 70 pages, l'ONG accuse le gouvernement de les "abandonner systématiquement" en leur retirant la nationalité britannique, en refusant de rapatrier les familles et en ne leur accordant pas d'assistance consulaire.

Un cas avait particulièrement été médiatisé, celui de Shamima Begum, partie à l'âge de 15 ans en Syrie où elle a épousé un jihadiste. Aujourd'hui âgée de 19 ans et détenue dans un camp, elle a été déchue de sa nationalité et la justice britannique refuse son retour dans le pays.

Siobhán Mullally, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur ces questions, écrit dans un avant-propos du rapport que le Royaume-Uni ne respecte pas ses propres engagements.

"Il existe maintenant des lacunes de protection urgente en ce qui concerne les ressortissants britanniques, y compris des enfants, bloqués dans des camps du Nord-Est de la Syrie, dont beaucoup sont des victimes ou des victimes potentielles de la traite d'êtres humains", a-t-elle déclaré.

L'enquête de l'ONG s'est appuyée sur des recherches menées dans la région depuis 2017, notamment des entretiens avec des détenues et avec leurs proches.

Reprieve a exhorté le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson à agir pour se conformer à ses "obligations légales" de protection des victimes de la traite.

En réponse, le gouvernement a indiqué que les membres ou soutiens de l'EI devaient être traduits en justice devant la juridiction la plus "appropriée".

"Notre priorité est d'assurer la sûreté et la sécurité du Royaume-Uni", a déclaré une porte-parole du gouvernement. "Lorsque nous avons connaissance d'enfants britanniques non accompagnés ou orphelins, ou si des enfants britanniques demandent une assistance consulaire, nous chercherons à faciliter leur retour, sous réserve de préoccupations liées à la sécurité nationale."

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35 humanitaires tués depuis 2016 dans le nord du Nigeria

Cette année, 8,4 millions de personnes du nord-est dépendent de l'aide humanitaire pour survire, affirment les Nations unies. 

Trente-cinq travailleurs humanitaires ont été tués depuis 2016 dans le nord-est du Nigeria, en proie à une insurrection jihadiste, a déclaré vendredi l'ONU, appelant à leur protection.

La rébellion de Boko Haram, qui a éclaté en 2009, a fait au moins 40.000 morts et 2,2 millions de déplacés. Les violences se sont propagées aux pays voisins (Tchad, Cameroun et Niger), à l'origine d'une grave crise humanitaire.

"Depuis 2016, 35 travailleurs ont été tués dans le nord-est du Nigeria, d'après la base de donnée Aid Worker Security (AWSD)", a déclaré le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) dans un communiqué.

"32 humanitaires ont été blessés et 28 kidnappés", ajoute Ocha, précisant que depuis le début de l'année, "six humanitaires ont été kidnappés et un a été tué dans la région".

Matthias Schmale, coordinateur humanitaire de l'ONU pour le Nigeria, a loué le travail des humanitaires qui fournissent de l'aide à des millions de personnes dans le nord-est.

"Malgré les nombreux défis dans cette crise, nous devons être immensément fiers de l'impact que les humanitaires ont dans le nord-est du Nigeria", insiste M. Schmale, cité dans le communiqué.

"Grâce à nos efforts combinés, notre 'village' humanitaire a fourni une assistance à cinq millions de personnes l'année dernière. Cette assistance a sauvé d'innombrables vies, amélioré les conditions de vie et protégé les personnes les plus vulnérables", ajoute-t-il.

Cette année, 8,4 millions de personnes du nord-est dépendent de l'aide humanitaire pour survire, affirment les Nations unies.

La détérioration de la sécurité alimentaire est l'un des aspects les plus préoccupants de la crise, insiste l'ONU.

En 2022, "environ 1,74 million d'enfants de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition aiguë dans le nord-est", selon le communiqué de l'ONU.

Rejet de l'appel d'un chanteur nigérian condamné à mort pour "blasphème"

Des officiers montent la garde devant la prison maximale de Kuje à la suite d'une attaque rebelle à Kuje, au Nigeria, le 6 juillet 2022.

Une cour d'appel du nord du Nigeria a rejeté mercredi l'appel interjeté par un chanteur de 24 ans condamné à mort par pendaison pour "blasphème" par un tribunal islamique en août 2020, dans un jugement rendu via l'application zoom.

Trois juges de la cour d'appel de la ville de Kano ont rejeté l'appel de Yahaya Aminu Sharif, condamné deux ans plus tôt par un tribunal islamique à la peine capitale pour avoir insulté le Prophète musulman dans l'une de ses chansons.

Après la diffusion début 2020 de cette chanson sur les réseaux sociaux, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la ville de Kano pour réclamer son arrestation. La foule avait même brulé sa maison familiale.

Dans l'islam, le blasphème, en particulier contre le prophète, est passible de la peine de mort selon la charia. La loi islamique a été instaurée en 2000 dans 12 Etats du nord nigérian.

Ces tribunaux islamiques, qui fonctionnent parallèlement au système judiciaire étatique, ont déjà prononcé des condamnations à mort pour adultère, blasphème ou homosexualité, sans qu'aucune exécution n'ait eu lieu jusqu'à présent.

Après sa condamnation, Yahaya Aminu Sharif avait déposé un recours devant la cour d'appel de la ville de Kano. Lui et son conseil demandaient à la justice de l'Etat de Kano de rejeter la légalité de la charia au nom de la Constitution laïque du Nigeria et un nouveau procès devant un tribunal de droit commun.

"La tentative des appelants de prouver l'illégalité de la charia est sans fondement (...) et l'affaire est rejetée", a déclaré sur Zoom le juge d'appel fédéral Abubakar Mu'azu Lamido, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Sharif va faire appel de ce jugement devant la Cour suprême du Nigeria, a déclaré à l'AFP son avocat Kola Alapini.

Avec la condamnation du chanteur en août 2020, c'était la deuxième fois qu'une peine de mort était prononcée pour blasphème depuis que plusieurs Etats du nord du Nigeria ont adopté au début des années 2000 une version stricte de la charia.

Abdul Nyass, un religieux appartenant à la même confrérie soufie qu'Ibrahim Said Sharif, avait déjà été condamné à mort pour blasphème par une cour islamique de Kano en 2015.

En avril 2022, un célèbre militant athée nigérian Muhammad Mubarak Bala avait lui été condamné à 24 ans de prison par un tribunal de droit commun du nord du Nigeria, deux ans après son arrestation pour avoir écrit des messages sur Facebook critiquant l'islam et son prophète.

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