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RDC

Des dizaines de morts à Beni après des attaques répétées des ADF


Des véhicules de militaires des FARDC escortent des véhicules civils transportant des marchandises de Beni vers Komanda sur la route nationale, le 19 mars 2022.

Du samedi 28 mai au lundi 30 mai, une cinquantaine de civils ont été tués lors d'attaques répétées attribuées aux rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire de Beni, dans l'est de la RDC. Un centre de santé, des maisons et des véhicules ont été brûlés.

Depuis dimanche, des corps enveloppés dans des sacs en plastique sont amenés sur des motos par de jeunes gens à la morgue d'Oicha, où les gens étaient rassemblés pour identifier les corps de leurs proches.

Colère et désespoir ont gagné les esprits des populations, exaspérées par les tueries. Les assaillants ont exécuté les civils à l'arme blanche et au feu, selon Sylvie Malumalu, qui a perdu des membres de sa famille dans la tuerie.

"Les rebelles venaient de la province de l'Ituri, ils avaient manifestement pour seule mission de venir tuer au Nord-Kivu. Ils sont arrivés à Kasoko pour atteindre la position militaire de Beu et entrer dans le centre de la ville", révèle-t-elle.

Les victimes sont des civils de tous genres et de tous âges, certains vivant dans la commune d'Oicha et d'autres dans la ville de Beni. Parmi eux se trouvent trois personnes de la même famille.

"Celui qui est mort est mon petit frère. Il était avec sa femme dans le champ où ils ont tous été tués. Le corps de leur enfant n'a pas encore été retrouvé, mais le corps de la mère est déjà à la morgue, et nous sommes allés chercher le corps de mon petit frère", témoigne Joel Wasewanava, le frère d'une victime.

Paluku Muhasu a échappé de justesse à l'attaque des assaillants, mais les maisons de ses amis et voisins ont été pillées et brûlées par les assaillants, qui se sont ensuite retirés de la zone après les affrontements avec les forces armées de la RDC.

Il explique qu'"à 5 heures, nous avons entendu les coups de feu. J'allais passer la nuit dans le village de Beu", mais ils sont revenus du village "toujours sous le crépitement des balles". "Nous avons appris que le village de Beu était déjà brûlé, mais nous ne savons pas jusqu'où ils sont allés", raconte-t-il.

L'indignation se ressent aussi au sein de la société civile suite aux attaques répétitives dans le territoire de Beni. Cette dernière demande aux autorités de tout faire pour ramener la paix dans la région.

Fidèle Mutupeke, membre de la société civile d'Oicha, souligne que" c'est dommage de voir que nous continuons à mourir. Que le gouvernement nous dise ce qu'il faut faire pour arrêter ces tueries parce que nous voyons que nous sommes leurs cibles", regrette-il.

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