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Des civils pris au piège à Hodeida au Yémen

Les forces progouvernementales yéménites continuent leur avancée vers la cité portuaire de Hodeida, le 6 novembre 2018.

Des forces progouvernementales yéménites ont réalisé jeudi une percée à l'intérieur même de Hodeida, cité portuaire contrôlée par les rebelles Houthis, au milieu de combats meurtriers qui font planer de sérieux risques pour des milliers de civils, selon des ONG.

Après une semaine d'intenses combats aux abords de Hodeida, ville stratégique sur la mer Rouge (ouest), ces unités progouvernementales ont pénétré dans des zones résidentielles, au volant de camionnettes, sur des routes que les Houthis --qui disent vouloir défendre leurs positions à tout prix-- ont parfois minées.

Depuis 2015, les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyées par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, tentent de chasser ces rebelles, soutenus par l'Iran, des vastes régions qu'ils ont conquises, dont Hodeida et la capitale Sanaa.

Le pays est désormais menacé par la famine.

La bataille pour Hodeida dure depuis des mois, mais s'est récemment intensifiée alors que l'ONU et les Etats-Unis pressent pour la reprise de négociations.

Selon des sources médicales, au moins 250 combattants ont été tués lors de la semaine écoulée, dont 197 Houthis et 53 membres des forces loyalistes.

Tranchées et mines

Trois sources militaires ont affirmé jeudi à l'AFP que des forces progouvernementales s'approchaient du port, par le sud via une route côtière, et par l'est via une route reliant l'intérieur du pays au littoral.

Ces forces ont avancé de deux kilomètres dans Hodeida en empruntant la route de Sanaa, qui relie l'est du Yémen au port, et de trois kilomètres en passant par l'avenue al-Duraihimi, le long du littoral, au sud du port, ont précisé ces sources.

Faisant le "V" de la victoire, des combattants progouvernementaux portant des armes automatiques et des lance-roquettes ont paradé à bord de pick-ups sur lesquels étaient inscrits "al-Amaliqa" ("Les géants"), du nom d'une des brigades soutenues par les Emirats, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Les rebelles "nous donneront la ville pacifiquement ou nous la prendrons de force", a dit à l'AFP un commandant de cette brigade, Mouammar al-Saidi.

Les rebelles ont creusé des tranchées et posé des mines sur des routes en périphérie, afin de ralentir l'avancée de leurs adversaires, avait indiqué mercredi une source loyaliste.

Toujours selon des sources progouvernementales, les Houthis ont positionné des snipers sur les toits de certains bâtiments et derrière de grands panneaux publicitaires.

Le nord de Hodeida est encore totalement contrôlé par les rebelles.

Certains magasins ont baissé leurs rideaux, mais un marché aux légumes restait animé jeudi, tandis que des hommes armés patrouillaient dans le secteur, selon un autre correspondant de l'AFP. Sur l'avenue Jizan, des voitures et des piétons circulaient.

Mercredi, le chef rebelle Abdel Malik al-Houthi a assuré que les Houthis ne se rendraient "jamais".

"L'ennemi bénéficie du nombre (de troupes) qui a encore augmenté pour mettre sous pression la ville", a-t-il ajouté.

Selon des sources médicales, ces dernières 24 heures, au moins 47 rebelles Houthis et 11 combattants progouvernementaux ont été tués.

La cité, aux mains des rebelles depuis 2014, reste par ailleurs soumise à un pilonnage intensif.

Point d'entrée de trois quarts des importations et de l'aide internationale au Yémen, Hodeida compte en temps normal quelque 600.000 habitants, mais une partie des civils a fui ces derniers mois.

"Militarisation des hôpitaux"

De nombreuses organisations humanitaires s'inquiètent du sort de centaines de milliers de civils restés à Hodeida.

Jeudi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé les parties à "protéger les civils et les infrastructures civiles", alors que Hodeida connaît "une escalade dramatique" des violences.

Amnesty International a condamné les raids aériens de la coalition sous commandement saoudien et accusé les Houthis de recourir "délibérément à la militarisation des hôpitaux", et de poser des mines.

L'ONG s'est en particulier inquiétée du déploiement de Houthis sur le toit d'un hôpital "rempli de civils blessés", dans le quartier du 22-Mai. Par ailleurs, les combats ont bloqué les possibilités de s'échapper vers le sud et les rebelles "ont miné d'autres voies vers l'extérieur".

Jeudi, le président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui vit en exil à Ryad, a nommé un nouveau ministre de la Défense, Mohammed al-Maqdishi, et un nouveau chef d'état-major, Abdallah al-Nakhi.

M. Maqdishi remplace Mahmoud al-Soubaïhi, détenu par les rebelles Houthis à Sanaa.

La bataille de Hodeida s'intensifie au moment où Washington, allié des Saoudiens, et l'ONU cherchent à relancer le processus de paix.

"Nous continuons d'exhorter toutes les parties (...) à admettre qu'il n'y a pas de victoire militaire possible", a réaffirmé un porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino.

Le médiateur de l'ONU, Martin Griffiths, a dit jeudi qu'il entendait convoquer des pourparlers "d'ici la fin de l'année".

Selon des analystes, la pression diplomatique pourrait avoir incité les Saoudiens à chercher à obtenir le maximum de gains militaires avant d'éventuelles discussions. En septembre, un processus de consultations prévu par l'ONU à Genève avait échoué.

Depuis 2015, la guerre a fait quelque 10.000 morts et provoqué selon l'ONU la pire crise humanitaire au monde. Des responsables humanitaires estiment que ce bilan est bien plus élevé.

Avec AFP

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Snapchat lance Spotlight, un fil public de vidéos sur le modèle de TikTok

Une bannière géante de Snap Inc affichée devant la bourse de New York. 2 mars 2017. (AP Photo/Mark Lennihan)

Ses "stories" éphémères ont été largement copiées par les autres réseaux, mais c'est au tour de Snapchat de s'inspirer de ses jeunes concurrents : l'appli au logo fantôme lance "Spotlight", un fil public de contenus produits par ses utilisateurs, sur le modèle de TikTok.

Les utilisateurs de Snapchat - en majorité des ados et jeunes adultes - ne postaient jusqu'à présent leurs photos et vidéos que pour leurs contacts ou dans des messages privés... Ou sur des réseaux concurrents.

A partir de lundi, dans 11 pays dont les États-Unis et la France, ils pourront diffuser leurs créations plus largement, en restant sur l'appli, sur un fil public, personnalisé automatiquement par l'algorithme en fonction des goûts des spectateurs.

Cette formule a fait le succès de TikTok, avec, pour les influenceurs, l'espoir de créer une vidéo virale, et, pour les utilisateurs, la possibilité de faire défiler une sélection sur mesure de contenus courts.

Mais Snapchat, qui travaille sur Spotlight depuis un an et demi, a tiré des leçons des modèles existants, comme TikTok ou Reels, la version d'Instagram.

Pour commencer, les contenus devront être approuvés par les modérateurs de la plateforme. Au début, chaque vidéo publiée aura été vue par une personne au préalable, a expliqué la société à l'AFP. Par la suite, ce sera sans doute une combinaison d'intervention humaine et d'intelligence artificielle.

No comment

L'appli fréquentée par près de 250 millions de personnes au quotidien n'a pas révélé combien de modérateurs travaillent à cette tâche potentiellement gargantuesque, mais estime que l'enjeu en vaut la chandelle.

Les dirigeants préfèrent choisir les contenus qui seront vus par des millions de personnes plutôt que de devenir une plateforme ouverte qui doit sans cesse se préoccuper de retirer les contenus problématiques.

Facebook (sur son réseau principal et sur Instagram), TikTok, Youtube et les autres se voient régulièrement reprocher de ne pas lutter suffisamment contre la désinformation, les incitations à la violence ou les discours de haine.

Snapchat connaît aussi ce genre de problèmes, qui nuisent à la confiance des utilisateurs et des annonceurs publicitaires. Il y a quelques jours, dans la ville française d'Annecy (est), un lycéen a été mis en examen pour avoir menacé de mort une enseignante sur le réseau.

Autre différence majeure avec les fils rivaux : il n'y aura pas de commentaires publics sur Spotlight. Tout au plus les utilisateurs pourront-ils faire des remarques privées aux créateurs, s'ils n'ont pas publié leurs contenus de façon anonyme et acceptent d'être contactés.

La plateforme entend ainsi créer un environnement positif, où il n'est pas possible d'être désagréable, contrairement à TikTok où même les influenceurs suivis par des millions de personnes se retrouvent à partager leurs vidéos sur un espace où ils font face à beaucoup de négativité, selon un porte-parole de Snapchat.

Le million

N'importe quel créateur, qu'il soit suivi par des dizaines ou des milliers de personnes, pourra cliquer sur la case Spotlight après avoir réalisé une vidéo avec (ou sans) les célèbres filtres de l'appli, des oreilles de chat aux visages et voix déformés.

Snapchat insiste sur l'égalité entre utilisateurs, qui se disputeront d'éventuels gains financiers sur la base de l'intérêt suscité par leurs contenus. Plus d'un million de dollars seront distribués chaque jour.

"Les 'snaps' sont évalués sur la base des interactions avec les gens, comme le temps passé à regarder une vidéo ou les cœurs attribués. Les revenus sont déterminés en fonction du nombre de visionnages uniques", précise un communiqué.

Plus de deux ans après son entrée en Bourse, Snapchat n'a toujours pas réussi à dégager de profits. Au troisième trimestre, la société a ainsi perdu 200 millions de dollars.

Mais elle a doublé son chiffre d'affaires en rythme annuel, à 680 millions, notamment grâce au lancement réussi de nouveaux outils, pour inciter ses utilisateurs à passer toujours plus de temps sur l'application, et de nouveaux produits publicitaires, pour "essayer" des accessoires en réalité augmentée ou s'immerger dans l'univers d'une marque.

En 2013, Snapchat avait inventé les "stories", des histoires qui disparaissent 24 heures après avoir été mises en ligne. Ultra populaires, elles ont été copiées par Facebook (d'abord sur Instagram, en 2016) et plus récemment par Twitter qui vient de lancer les "fleets".

Elon Musk devient le deuxième homme le plus riche au monde

Elon Musk, fondateur et PDG de SpaceX, lors d'une conférence au Kennedy Space Center en Floride. 19 janvier 2020.

Elon Musk, le tumultueux patron du constructeur de véhicules électriques Tesla, est passé devant Bill Gates pour devenir le deuxième homme le plus riche au monde, selon le classement des milliardaires de l'agence Bloomberg.

La fortune de l'entrepreneur de 49 ans né en Afrique du Sud s'est étoffée de 7,24 milliards de dollars sur la seule journée de lundi, grimpant à 128 milliards.

L'ultra-médiatique dirigeant, qui est également co-fondateur de la société spatiale SpaceX, était déjà passé en quelques semaines devant Mark Zuckerberg, le dirigeant de Facebook, et Bernard Arnault, le patron du groupe de luxe LVMH.

Sur le podium des multi-milliardaires, il n'est plus que derrière Jeff Bezos, le fondateur du géant du commerce en ligne Amazon, dont la fortune est estimée à 182 milliards de dollars.

Bill Gates complète le trio de tête avec une fortune évaluée à 127,7 milliards de dollars. L'ancien co-fondateur de Microsoft a vu sa fortune fondre parce qu'il en consacre une bonne partie à la fondation Bill et Melinda Gates.

Les riches, encore plus riches

D'après Bloomberg, les plus riches ont vu leur fortune cumulée croître de 1.300 milliards de dollars depuis janvier, en hausse de 23%, alors que la pandémie de coronavirus a provoqué le ralentissement de l'économie mondiale et entraîné des cortèges de licenciements et une vague de faillites d'entreprises aux Etats-Unis.

L'ascension fulgurante de M. Musk dans le classement des grosses fortunes est liée à l'envolée du titre de Tesla à Wall Street, qui a pris plus de 500% depuis le début de l'année et y vaut désormais 495 milliards de dollars. Ce qui a permis à M. Musk, qui possède environ 18% de la société, de gagner 100 milliards sur la même période.

Le groupe est d'une part devenu rentable, parvenant à gagner de l'argent pendant cinq trimestres consécutifs.

Son action a par ailleurs été dopée ces dernières semaines par l'élection à la présidence des Etats-Unis de Joe Biden, qui a promis de favoriser le développement des véhicules électriques dans le pays, et par l'annonce de la prochaine entrée du groupe dans le prestigieux indice S&P 500.

En faire partie permettra à l'action Tesla d'être systématiquement incluse dans de nombreux produits financiers qui suivent mécaniquement ses fluctuations, les ETF, ce qui devrait lui donner encore plus d'ampleur.

Tesla profite de façon générale de l'engouement de nombreux investisseurs pour ce qu'ils considèrent être le futur de l'automobile.

Même s'ils écoulent bien plus de véhicules, les fabricants plus traditionnels de voitures, General Motors et Ford, ne valent en Bourse que 64 milliards et 35 milliards de dollars respectivement.

Le nouveau président du Pérou réforme la police et évince 15 généraux

Francisco Sagasti, président par intérim du Pérou, à Lima, le 16 novembre 2020 (AFP)

Le nouveau président du Pérou, Francisco Sagasti, a ordonné une réforme de la police, en a changé le dirigeant et évincé 15 généraux, en réponse à la répression violente de manifestations menée par le gouvernement antérieur.

"J’ai pris la décision de nommer le général César Augusto Cervantes nouveau commandant de la police", a annoncé lundi à la télévision le dirigeant par intérim du pays, le centriste Francisco Sagasti, six jours après avoir accédé au pouvoir en remplacement du gouvernement éphémère de Manuel Merino.

Le général Cervantes remplace le général Orlando Velasco, qui était à la tête de la police depuis le 7 août. Ce dernier n'avait pourtant pas été tenu responsable de la répression violente des manifestations de la mi-novembre, parce qu’il était en congé de maladie.

Quinze généraux de la police ont été mis à la retraite, a indiqué le ministre de l'Intérieur, Ruben Vargas, à la radio RPP. "Nous voulons une police qui continue à défendre la démocratie, les droits fondamentaux, qui nous rende la sécurité", a commenté le ministre.

Une mission de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits humains s’est rendue à Lima pour obtenir des informations sur la répression policière des manifestations contre le précédent président, Manuel Merino, qui avait abouti à la mort de deux jeunes protestataires de 22 et 24 ans, le 14 novembre à Lima.

L’utilisation de fusils tirant des plombs de chasse et des billes de verre avait également fait une centaine de blessés dans la capitale. Des cas de sévices sexuels avaient été rapportés, sur des femmes détenues dans des postes de police.

Des enquêtes sont en cours pour établir les responsabilités.

Francisco Sagasti est devenu le 17 novembre le nouveau chef de l'Etat par intérim, avec la tâche de mettre fin à la profonde crise politique qui secoue ce pays sud-américain et de le conduire aux élections générales d'avril 2021.

Il est le troisième à occuper ce poste en un peu plus d'une semaine.
Le 9 novembre, les députés avaient voté la destitution du populaire président Martin Vizcarra (centre-droit) pour des soupçons de corruption lorsqu'il était gouverneur en 2014.

Le chef du Parlement, l'opposant Manuel Merino, avait pris les rênes du pays, provoquant la colère de milliers de manifestants qui dénonçaient ce qu'ils considéraient comme un "coup d'Etat" parlementaire.

Après cinq jours de manifestations violemment réprimées, M. Merino, lâché par la classe politique, avait finalement démissionné.

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