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Des chercheurs veulent "rationnaliser" le débat sur l'immigration

Des migrants se tiennent sur le pont de l'Aquarius alors que le navire entre dans le port de Valence, le 17 juin 2018.

Quelque 500 universitaires, principalement européens, appellent à une approche plus scientifique des politiques d'immigration dans une lettre publiée dans le quotidien britannique The Guardian, alors que l'Europe se déchire depuis des mois sur la question des migrants.

Ces chercheurs, dont l'économiste français Thomas Piketty ou le directeur de l'Institut Max Planck Steven Vertovec, réclament "une réunion d'urgence de scientifiques et d'experts pour éclairer la prise de décision politique".

Ils réclament aussi qu'"il soit mis fin à des solutions politiques de court terme et inadaptées qui nous mènent à des crises politiques et humanitaires" et la création d'un "panel international sur la migration et l'asile".

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Cette lettre paraît alors qu'au petit matin vendredi, les 28 pays membres de l'Union Européenne sont difficilement parvenus à un accord sur les questions migratoires, lors d'un Conseil européen à Bruxelles, prévoyant notamment des "plateformes de débarquements" de migrants.

Depuis des semaines, un bras de fer diplomatique est engagé en Europe autour de navires transportant des migrants secourus en Méditerranée, auxquels Rome refuse de rester seul à autoriser l'accostage.

Selon les universitaires, "l'afflux récent de demandeurs d'asile syriens en Europe a imposé aux leaders européens et aux citoyens une grande prise de conscience de la crise mondiale qui a lieu en grande partie dans l'hémisphère sud".

>> Lire aussi : Crise migratoire : les Européens encore loin du compte malgré leur accord au forceps

Leur lettre pointe le manque de données fiables, et au-delà du problème des chiffres, souligne qu'"une politique uniforme et basée sur l'idéologie ne fonctionne pas".

Ils relèvent que l'accès rapide au logement, à l'éducation comme au marché du travail améliore l'intégration des migrants et des demandeurs d'asile dans les pays d'accueil, en plus de réduire les inégalités.

"La fermeture des frontière restreint non seulement la mobilité mais aussi les échanges et les transferts d'argent, le savoir-faire et les idées à travers les frontières", affirment-ils encore.

Avec AFP

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Afghanistan: l'émissaire américain témoignera jeudi à huis clos au Congrès

L'émissaire des Etats-Unis pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, le vendredi 8 février 2019 à l'Institut américain de la paix, à Washington. (AP Photo / Jacquelyn Martin)

L'émissaire des Etats-Unis pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad, qui était en charge des négociations avec les talibans, témoignera à huis clos devant le Congrès jeudi, dix jours après la rupture des discussions par le président américain Donald Trump.

Le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, Eliot Engel, avait convoqué M. Khalilzad la semaine dernière afin qu'il vienne détailler son "plan de paix" aujourd'hui "enterré" et "pour comprendre comment ce processus" avait "déraillé", avait-il fait savoir dans un communiqué.

"Nous avons trouvé un arrangement (...) pour entendre l'émissaire Khalilzad lors d'un briefing confidentiel", a déclaré le démocrate Eliot Engel mercredi, ajoutant que l'assignation à comparaître lors d'une audition publique avait de ce fait été levée.

"Même si j'aurais préféré entendre M. Khalilzad lors d'une audition publique, je suis heureux que nos membres aient l'opportunité, depuis longtemps due, de réclamer des réponses sur le plan de paix", a-t-il ajouté.

Le président Trump avait annoncé le 9 septembre avoir mis fin aux négociations avec les insurgés en raison d'un nouvel attentat meurtrier qui a tué notamment un soldat américain à Kaboul. Le milliardaire républicain avait par la même occasion annulé un sommet secret avec les talibans prévu selon lui le lendemain à Camp David, la prestigieuse résidence secondaire des présidents américains.

Pendant tout le processus de négociations, Zalmay Khalilzad n'avait dévoilé que peu de détails de "l'accord de principe" qu'il affirmait avoir conclu avec les talibans.

Celui-ci devait permettre un retrait progressif des soldats américains en Afghanistan, en échange de garanties de sécurité, d'une "réduction de la violence" et de l'ouverture de négociations directes entre les talibans et le gouvernement de Kaboul.

Avec AFP

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Impasse politique en Israël

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"Nous sommes en train de perdre la course" du climat, dit le chef de l'ONU

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, à Nassau, aux Bahamas, le 13 septembre 2019.

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a estimé mardi que l'accord de Paris sur le climat n'avait pas encore échoué, mais que le temps était compté pour éviter la catastrophe climatique.

"Je voudrais voir toute la société accroître la pression sur les gouvernements pour qu'ils comprennent qu'ils doivent aller plus vite, car nous sommes en train de perdre la course", a-t-il déclaré dans une interview à une collaboration de dizaines de médias internationaux, Covering Climate Now.

Samedi, Antonio Guterres accueillera un sommet de la jeunesse sur le climat à New York à l'ONU, puis lundi un sommet spécial climat avec des chefs de gouvernements et d'Etats, appelés à revoir leurs engagements à la hausse, pour limiter le réchauffement du globe à 1,5°C ou 2°C, par rapport à la période préindustrielle, au 19e siècle.

"La recherche scientifique nous dit que ces objectifs restent atteignables", a dit Antonio Guterres, en admettant que l'inaction des pays membres de l'ONU pouvait, au moins partiellement, être compensée par d'autres acteurs non-étatiques - en particulier aux Etats-Unis, où les Etats fédéraux comme la Californie prennent le relais.

"L'un des aspects les meilleurs de la société américaine est que c'est un pays fédéral, et que les décisions sont décentralisées", a-t-il dit. "Je serai donc toujours favorable à ce que les décisions relatives au changement climatique soient toujours aussi décentralisées que possible".

Il a noté que de grandes villes, des régions et des entreprises prenaient le relais, et que des banques et des fonds d'investissement se retiraient des secteurs du charbon et des énergies fossiles.

Il a aussi pris l'exemple de l'Union européenne, où seuls trois pays s'opposent encore à l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, disant percevoir un "nouveau souffle", notamment avec la croissance des énergies solaires en Inde et en Chine.

"Nous avons besoin de changer profondément la façon dont nous produisons notre nourriture, d'où vient l'énergie de nos économies, comment nos villes sont organisées, comment nous produisons notre énergie", a-t-il poursuivi.

"J'ai l'impression que de plus en plus de gens, d'entreprises, de villes et d'Etats comprennent qu'il faut le faire", a conclu Antonio Guterres.

Avec AFP

Aux confins d'Israël, les Bédouins votent sans trop d'espoir

Un drapeau israélien fait signe à l’ambassade à Moscou le 18 septembre 2018.

"Chaque voix peut faire la différence", explique ce père de 15 enfants, membre de la minorité des Arabes israéliens.

Lui dit avoir exercé son droit de citoyen en participant aux législatives de mardi, les deuxièmes en moins de six mois, le premier scrutin n'ayant accouché d'aucune coalition gouvernementale.

A l'instar des quelque 250.000 Bédouins du désert du Néguev (sud), il appartient à la minorité des Arabes israéliens, descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. Ceux-ci, qui représentent environ 20% des neuf millions d'habitants du pays, dénoncent des discriminations par rapport à la majorité juive.

Assis droit sur sa chaise en plastique, au milieu d'un terrain vague où survivent de maigres arbres récemment plantés, le cheikh est le chef d'un village "illégal" dans le Néguev, zone désertique du sud d'Israël où vit la grande majorité des Bédouins du pays, descendants de langue arabe des nomades du désert.

Comme 34 autres villages de la région, le hameau d'Al-Araqib, n'est pas reconnu par l'Etat israélien. Pas d'accès à l'eau, pas d'école, de transport...

D'Al-Araqib, il ne reste que des abris de fortune adossés aux voitures et camionnettes des habitants, dans le cimetière. Le village a été détruit "161 fois", raconte le notable, retroussant sa longue tunique.

Vingt-deux familles résistent dont celle du cheikh, né sur place.

"Avec les morts"

Les Bédouins du Néguev vivent en marge de la société israélienne, souvent dans une grande pauvreté. Ils se plaignent des démolitions répétées de leurs villages par les autorités, de transferts forcés et de spoliation de leurs terres qu'ils refusent de quitter.

Les autorités israéliennes dénoncent pour leur part des constructions anarchiques, l'absence de titres de propriété et le souci d'améliorer les conditions de vie des Bédouins.

"Le gouvernement actuel est extrémiste et criminel", juge le cheikh Sayiah Al-Turi, 70 ans, qui dénonce un "Etat d'occupation" et a voté mardi contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Je n'attends rien de bien de ce pays, il est raciste. Je ne crois qu'en Dieu pour changer les choses", affirme le cheikh qui a pourtant voté.

Sa cousine Hakma a elle aussi voté. "J'ai l'espoir qu'il y ait un changement, pas uniquement pour moi, mais pour tous les bédouins du Néguev", dit-elle, montrant un réchaud de gaz à même le sol et des casseroles rangées dans un "placard" improvisé avec un frigo débranché.

"Regardez où je cuisine! Un jour je dors dans la maison, un jour dans le camion, un autre dans le cimetière", poursuit la petite femme vêtue de noir. "On partage l'électricité avec les morts", déplore la mère de neuf enfants.

"Démocratie bidon"

Dans la ville d'à côté, à Shaqef as-Salam, une foule s'agglutine sous les parasols de fortune, pour s'enregistrer pour le vote. A l'écart des regards, des hommes distribuent discrètement des bulletins de vote pour la "Liste unie" des partis arabes.

Saba, dissimulée sous un niqab noir comme la plupart des femmes autour d'elle, vote à chaque élection. "C'est mon droit, je suis citoyenne comme les autres", martèle-t-elle.

Mardi, elle est venue par ses propres moyens, depuis l'un des rares villages bédouins reconnus par Israël, Bir Haddaj. Une heure et demie de route pour glisser son bulletin dans l'urne, précise-t-elle.

Les associations dénoncent une volonté de limiter la participation des Bédouins. Dimanche, le Comité central pour les élections a interdit à l'organisation israélienne Zazim ("on bouge"), d'affréter des bus pour acheminer les habitants arabes les plus éloignés jusqu'aux urnes.

Assis sur le trottoir devant l'école transformée en bureau de vote, Bassel Zaanoun vote "pour qu'ils arrêtent de démolir nos maisons".

Sa maison a été démolie deux fois. "Pour l'instant, on habite dans une bicoque de fortune", lance celui qui a encore une tête de gamin, perdu au milieu du brouhaha.

Selon l'ONG Neguev Coexistence Forum for Civil Equality, 2.326 ordres de démolition ont été exécutés l'an dernier, dont plus de 600 pour des logements. Et, dans 88% des cas, ce sont les propriétaires qui sont contraints d'y procéder.

A Al-Araqib, "Docteur Awad" secoue la tête quand le cheikh parle des élections. "Je ne vote pas. Jamais", proteste le professeur d'université, lunettes de soleil dissimulant son regard. "Où sont les députés arabes?", dit-il, pointant l'emplacement du village désormais vide.

"Ils n'ont pas pu empêcher ne serait-ce qu'une démolition". "C'est une démocratie bidon", lâche-t-il avec mépris. "Je ne vais pas donner ma voix pour les légitimer".

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