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Démission du PDG de la branche sud-africaine de KPMG après un rapport controversé


Le président Jacob Zuma au Cap, Afrique du Sud, 8 août 2017.

Le cabinet d'audit et de conseil KPMG a annoncé la démission de son PDG pour l'Afrique du Sud et présenté son mea culpa pour un de ses rapports utilisé par le président Jacob Zuma pour justifier le limogeage de son ministre des Finances.

Le départ en mars de Pravin Gordhan, très apprécié des milieux d'affaires et perçu comme un chantre de la lutte anti-corruption, avait provoqué la chute du rand et une dégradation de la note de l'Afrique du Sud par deux agences de notation financière.

KPMG "n'a pas été à la hauteur de ses principes et de ce que le public attend de nous", a estimé vendredi dans un communiqué le nouveau PDG pour KPMG Afrique du Sud, Nhlamu Dlomu, qui remplace Trevor Hoole démissionnaire.

En décembre 2014, KPMG Afrique du Sud avait été chargé par le fisc sud-africain (SARS) d'enquêter sur une unité présumée secrète au sein du service des impôts.

Son rapport suggère que l'ex-patron du fisc, alors Pravin Gordhan, était ou aurait dû être au courant de l'existence de cette unité.

C'est sur la base de ce rapport que le président Jacob Zuma avait limogé en mars dernier son rival Pravin Gordhan, devenu entre temps ministre des Finances.

"Les preuves présentées à KPMG Afrique du Sud ne soutiennent pas l'idée que M. Gordhan savait ou était au courant de la nature +véreuse+ de l'unité", a estimé KPMG vendredi, "regrettant l'impact" de son rapport.

KPMG, qui a affirmé n'avoir aucune motivation politique, a "proposé de rembourser" les 23 millions de rands (1,7 million de dollars, 1,5 million d'euros) perçus pour le rapport.

Le cabinet de conseil a aussi présenté son mea culpa pour ses audits d'entreprises appartenant à une richissime famille d'hommes d'affaires, les Gupta, très proches du président Zuma et soupçonnés d'avoir décroché de juteux marchés publics.

KPMG a regretté ne "pas avoir fait preuve du scepticisme professionnel suffisant" dans ce dossier.

Ces aveux et la démission du PDG de KPMG Afrique du Sud interviennent après le placement en cessation de paiement de l'agence britannique de relations publiques Bell Pottinger.

Cette dernière a été emportée par un scandale retentissant impliquant là encore les Gupta. Bell Pottinger avait conduit, pour cette sulfureuse famille, une campagne susceptible d'alimenter les tensions raciales en Afrique du Sud

Avec AFP

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