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Démission de la présidente mauricienne impliquée dans un scandale financier

La Présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim ouvre le Forum des Leaders Africains des Médias à Johannesburg, le 12 novembre 2015.

La présidente mauricienne Ameenah Gurib-Fakim, impliquée dans un scandale financier, s'est résolue samedi à démissionner "dans l'intérêt national", a annoncé son avocat, au terme d'un bras de fer avec le Premier ministre, qui réclame son départ depuis une semaine.

Seule femme chef d'Etat en Afrique, Mme Gurib-Fakim était sous forte pression depuis deux semaines, à la suite de révélations sur des achats personnels réglés à l'aide d'une carte bancaire fournie par l'ONG Planet Earth Institute.

Cette scientifique et biologiste de renommée internationale, première femme à occuper la fonction honorifique de la présidence dans l'histoire de l'île Maurice, a reconnu les faits, tout en affirmant avoir utilisé la carte par "inadvertance", et avoir remboursé l'argent à PEI.

"La présidente a soumis sa démission dans l'intérêt national", a déclaré à la presse son avocat, Yousouf Mohamed, précisant qu'une lettre a été adressée à cet effet à la présidente de l'Assemblée nationale, et que la démission prendra effet le 23 mars.

Cette démission a été confirmée à l'AFP par une source travaillant au bureau de la présidente mauricienne.

>> Lire aussi : La présidente refuse de démissionner à Maurice

"Après les attaques et les calomnies qu'elle a subies (...), elle est soulagée", a ajouté l'avocat Yousouf Mohamed.

Car la démission de Mme Gurib-Fakim, 58 as et en poste depuis juin 2015, met un terme au feuilleton politique qui agite cet archipel de l'océan Indien depuis la publication par le quotidien mauricien l'Express de documents bancaires démontrant que la présidente avait utilisé à des fins personnelles une carte bancaire remise par PEI.

Le montant des dépenses (bijoux, chaussures de marque...) s'élève à au moins 25.000 euros, selon le quotidien. La présidente évoque, elle, un montant de 26.000 dollars (21.000 euros).

L'affaire fait aussi scandale car elle implique le milliardaire angolais Alvaro Sobrinho, un homme d'affaires controversé qui finance PEI et qui depuis 2015 a tenté plusieurs fois d'investir à Maurice, selon l'Express, ce qui avait déjà déclenché des polémiques et des appels de l'opposition à la démission de Mme Gurib-Fakim.

C'est le vice-président Paramasivum Pillay Vyapoori qui devient président à la suite de la démission de Mme Gurib-Fakim. Le gouvernement pourra le confirmer dans cette fonction ou nommer quelqu'un d'autre avec l'aval du Parlement.

'Déplorable et indigne'

A la suite de ces révélations, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, avait annoncé le 9 mars que la présidente démissionnerait de ses fonctions "peu après les célébrations du 50e anniversaire de l'indépendance", qui ont eu lieu lundi, et avant la rentrée parlementaire, le 27 mars.

Mais Mme Gurib-Fakim avait répliqué mercredi que, "n'ayant rien à se reprocher et pouvant apporter des preuves corroborantes", elle refusait de démissionner. Elle avait alors expliqué avoir remboursé non seulement ses dépenses personnelles, mais aussi "toutes les autres dépenses engagées par PEI pour sa mission".

Dans un court message publié sur son site internet, PEI, une ONG basée à Londres, a confirmé que la présidente mauricienne avait bien remboursé les sommes concernées.

>> Lire aussi : La présidente mauricienne impliquée dans un scandale va démissionner selon le Premier ministre

Après que M. Jugnauth eut qualifié jeudi de "déplorable et indigne" la volonté de Mme Gurib-Fakim de s'accrocher à la présidence, cette dernière a tenté une dernière offensive politique vendredi en annonçant la création d'une commission d'enquête devant faire la lumière sur cette affaire.

La commission devait enquêter notamment sur les éventuelles activités du milliardaire angolais Alvaro Sobrinho à Maurice, ainsi que sur l'utilisation de la carte bancaire de PEI.

Mais le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a aussitôt déclaré cette annonce de "nulle et non avenue" alors que les juristes ont évoqué une mesure anticonstitutionnelle, ce qui, selon les observateurs de la vie politique mauricienne, a précipité la démission de Mme Gurib-Fakim, à court d'options face à la perspective d'une très probable procédure de destitution.

Alors que le gouvernement et les partis de la majorité n'ont pas encore réagi à cette démission, le leader de l'opposition, Xavier-Luc Duval, a évoqué "un jour noir pour le pays".

D'autres membres de l'opposition, comme Reza Uteem, leader adjoint Mouvement militant mauricien, a accueilli favorablement la démission, qui a évité au Premier ministre de présenter une motion de destitution au Parlement. "Malgré la démission de la présidente, nous insisterons pour qu'il y ait une commission d'enquête avec pleins pouvoirs pour faire la lumière sur l'affaire Sobrinho".

Avec AFP

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Guinée équatoriale : l'arrestation d'un opposant au Tchad est un "enlèvement"

Affiche électorale du Parti démocratique du Guinée équatoriale (PDGE), dans une rue déserte de Malabo, le 25 avril 2016.

L'arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d'un parti d'opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait "un enlèvement par les autorités tchadiennes", affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l'arrestation d'Andres Esono Ondo relève d'un "enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes", une "pratique terroriste impropre d'un état normal", selon le texte reçu par l'AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du principal parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l'a accusé d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l'UNDR est "connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : "Guera n'est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes".

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.

Selon une source policière, il s'y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye en déplacement lundi à Tunis

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, est lundi à Tunis où il a rencontré le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si un retour à Tripoli était prévu et quand.

"Le représentant spécial Ghassan Salamé poursuit ses efforts pour obtenir une désescalade en Libye", a expliqué le porte-parole lors de son point-presse quotidien.

A l'occasion de l'entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, les deux responsables n’ont estimé que le “processus politique de facilitation de l’ONU était le seul moyen de résoudre la crise en Libye”, A-t-il ajouté.

Ghassan Salamé "est extrêmement engagé et occupé à travailler sur le processus politique mais aussi en étant présent à Tripoli", a précisé son adjointe, Maria do Valle Ribeiro, lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York, en refusant de parler du détail de ses déplacements.

Interrogé pour savoir si Ghassan Salamé assisterait au sommet africain convoqué en urgence au Caire mardi pour discuter notamment de la crise en Libye et quand il pourrait revenir à Tripoli, Stéphane Dujarric a indiqué ne pas pouvoir répondre à ce stade.

Vendredi, la Maison Blanche a révélé que le président américain Donald Trump avait parlé le 15 avril avec le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive militaire sur Tripoli pour s'emparer du pouvoir détenu par le Premier ministre Fayez al-Sarraj. Le gouvernement d'union nationale (GNA) de ce dernier est la seule autorité légitime reconnue par l'ONU en Libye.

Le soutien américain au maréchal met à mal la situation de l'ONU en Libye et de son émissaire, qui a eu la semaine dernière des mots très durs à l'égard de l'homme fort de l'est libyen, jugeant que son offensive militaire s'apparentait à un "coup d'Etat".

"Le gouvernement à Tripoli continue d'être reconnu par les Nations unies", a fait valoir Stéphane Dujarric, en réponse à une question sur le soutien affiché par les Etats-Unis au maréchal Haftar.

Un policier fonce sur une procession de Pâques

Des policiers nigérians montent la garde devant le bureau de la Commission électorale nationale indépendante à Kaduna (Nigéria), le 16 février 2019.

Dix personnes ont été tuées, et trente blessées, lorsqu'un policier a foncé en voiture sur des enfants pendant une procession de Pâques, dans le nord-est du Nigeria, avant d'être à son tour tué par des fidèles en colère, selon des témoins et la police.

Le policier, qui n'était pas de permanence, a fauché une foule d'enfants qui défilaient pour la fête de Pâques dimanche soir, à Gombe, a rapporté lundi la porte-parole de la police locale, Mary Mallum.

En tout, "dix personnes ont été tuées, dont l'agent de police qui n'était pas en uniforme, et un paramilitaire qui l'accompagnait".

Les deux hommes ont été "attaqués et tués par la foule en colère", a-t-elle expliqué.

"30 enfants sont blessés et sont actuellement à l'hôpital", a ajouté Mme Mallum.

Selon des témoins contactés par l'AFP, la voiture a foncé délibérément sur la foule, à la suite d'une altercation, car la procession bloquait la route.

"La chauffeur s'est disputé avec les enfants, qui l'ont finalement laissé passer, mais de rage et de colère, il a fait demi-tour et leur a foncé dessus", a rapporté Isaac Kwadang, responsable d'un groupe de catéchisme.

"Il l'a fait en connaissance de cause", a affirmé M. Kwadang qui a assisté à la scène.

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Une réunion avec le pouvoir sur l'élection largement boycottée

Le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah

La majorité des partis politiques et l'ensemble des syndicats ont boycotté lundi une réunion convoquée par le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah pour préparer l'élection présidentielle du 4 juillet, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Bensalah, qui assure l'intérim à la présidence depuis que le chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika a été poussé à la sortie début avril par un vaste mouvement de contestation populaire, avait convié tous les partis politiques, syndicats, organisations de la société civile et des experts en droit constitutionnel à cette rencontre.

Le but : discuter des "mécanismes de la mise en place d'une instance nationale indépendante chargée de la préparation et de l'organisation" de la présidentielle.

Mais les Algériens, qui continuent de manifester chaque semaine, estiment que les personnalités issues du "système" mis en place par M. Bouteflika, ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable. Ils réclament notamment le départ de M. Bensalah et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

Lundi, les syndicats et les organisations de la société civiles proche de la contestation ont refusé de se rendre à la réunion convoquée par M. Bensalah, de même que la plupart des formations politiques.

"L'heure n'est pas aux consultations sur l'instance de préparation et d'organisation des élections", a déclaré Ali Benflis, chef du parti Talai El Houriyet et qui avait été candidat malheureux à la présidence en 2014 face à M. Bouteflika. Jugeant ces discussions "inopportunes", il a estimé qu'il fallait d'abord "un règlement global de la crise".

De son côté, le Parti des travailleurs a indiqué ne pas pouvoir "s'inscrire dans une opération de sauvetage du système et du régime".

Trois partis politiques qui avaient apporté leur soutien à un cinquième mandat de M. Bouteflika étaient présents.

M. Bensalah lui-même n'a pas assisté, comme il était prévu, à cette rencontre à laquelle il a été représenté par le secrétaire général de la présidence, Habba El Okbi.

Malgré la défection de la majorité des formations politiques, ce dernier a répété que "la présidentielle se tiendra à la date annoncée par le chef de l'Etat".

La nouvelle instance de préparation des élections proposée par la présidence par intérim, sera chargée de la "révision des listes électorales et du contrôle des conditions de déroulement de la campagne électorale jusqu'à l'annonce des résultats du scrutin", selon le document transmis aux invités vu par l'AFP.

Depuis l'instauration du multipartisme en 1989 en Algérie, l'opposition dénonce régulièrement des fraudes électorales.

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