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De nouveaux affrontements font 10 morts en Éthiopie


Des soldats de l'armée éthiopienne face à des manifestants à Addis-Abeba, le 17 septembre 2018. (AP Photo/Mulugeta Ayene)

Au moins 10 personnes sont mortes lundi dans des affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité dans le sud de l'Ethiopie, ont déclaré les responsables de la santé.

Les manifestations ont été déclenchées par l'arrestation dimanche de fonctionnaires locaux et d'activistes cherchant une nouvelle région autonome pour leur groupe ethnique Wolaita, a déclaré Matheos Balcha, porte-parole du parti d'opposition Wolaita National Movement Party. Un des membres de leur parti a été arrêté, a-t-il dit.

Les forces de sécurité ont abattu au moins six personnes à Boditi, une ville située à 295 km (180 miles) au sud-ouest de la capitale Addis-Abeba, a déclaré Temesgen Hilina, un haut responsable du centre de santé de la ville.

"Ils ont pris des balles à la tête, à l'abdomen et à la poitrine", a-t-il déclaré. "C'est moi qui leur ai donné le premier traitement et ils sont morts par la suite".

Un garçon de 14 ans était parmi les morts, a-t-il dit, et 34 personnes ont été blessées.

Dans la ville de Sodo, à 315 km au sud-ouest d'Addis-Abeba, un officier de santé de l'hôpital universitaire de Wolaita Sodo a déclaré avoir vu quatre victimes par balle. Il ajoute que ses collègues ont fait état de huit autres victimes.

La porte-parole du gouvernement régional n'a pas répondu à un appel demandant un commentaire.

Comme de nombreux groupes ethniques, les Wolaita veulent leur propre État, afin d’obtenir plus d’autonomie en matière de sécurité et de fiscalité. Pour le moment, ils font partie de la Région des nations, nationalités et peuples du Sud.

L'Éthiopie compte actuellement 10 États et environ 80 groupes ethniques. Son système fédéral permet à tout groupe ethnique de demander un référendum sur la création de sa propre région autonome - mais l'administration précédente n'a jamais reconnu de tels votes.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, qui est arrivé au pouvoir en 2018, a initié des réformes démocratiques, dont la tenue d'un référendum l'année dernière. Mais il est désormais confronté à une fronde de la part des groupes à qui il avait accordé plus d’autonomie.

En particulier, il doit faire face à de nombreux barons régionaux qui cherchent à élargir leur propre pouvoir par un discours de nationalisme ethnique.

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