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Dans l'Est de la RDC, le florissant "business de l'enlèvement"

Les acteurs multisectoriels dans la province du sud Kivu viennent de s’engager à unir leurs efforts avec le gouvernement provincial dans la lutte contre la malnutrition chronique, entendu que 1 enfant sur 2 dans cette province de l’Est de la RDC est victi

Floribert Kambale Safari a troqué sa condition d'otage pour un nouvel asservissement. Enlevé pendant trois jours par des bandits dans l'Est de la République démocratique du Congo, il devra désormais consacrer pendant huit ans l'intégralité de son maigre revenu au remboursement de la rançon ayant permis de le libérer.

Paysan, M. Safari reçoit l'AFP devant sa maison en torchis coiffée d'un toit en tôle rouillée à Kayna, dans la verdure des collines du Nord-Kivu.

Né en 1954, ce petit homme au sourire triste et à la barbe poivre et sel raconte avoir été enlevé de nuit, début mai, par trois hommes armés et cagoulés dans le cabanon de son champ.

Les ravisseurs exigent d'abord 1.500 dollars pour sa libération. Ils finiront par accepter les 500 dollars péniblement récoltés par sa famille à coup d'emprunts à droite, à gauche.

Sa mésaventure est loin d'être isolée : depuis plus d'un an, la région est frappée par une vague d'enlèvements.

Paysans, chauffeurs, employés d'ONG, imams, prêtres catholiques, agents de l'état... Les rapts se comptent par dizaines et se dénouent presque toujours après versement d'une rançon, l'intervention des forces de l'ordre étant extrêmement rare.

L'insécurité - sur fond de pauvreté généralisée - est telle dans cette zone aux confins des territoires de Lubero, Rutshuru et Walikale, que certaines oeuvres caritatives comme la Croix-Rouge internationale ont suspendu leurs opérations pendant plusieurs mois alors que les besoins ne manquent pas.

Plusieurs milices comme les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ou des groupes d'autodéfense qui leur sont opposés sont actives dans la région et pourraient être impliquées dans ces crimes, de même qu'un ou plusieurs réseaux de bandits.

- 15.000 dollars -

Interrogé par l'AFP à Goma, la capitale provinciale, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, confesse une certaine impuissance.

"Nous sommes en train d'assister à un nouveau fléau (...) c'est un nouveau business", dit-il. "On est en train de réfléchir sur le mécanisme pour mettre fin à ça."

À Kayna, comme dans la majeure partie du Congo, il n'y a ni eau courante, ni électricité, pratiquement pas de rues bitumées, et les seuls bâtiments en dur, fort décrépis, semblent dater de la colonisation belge (avant 1960).

Depuis sa libération le 13 mai, M. Safari n'ose plus retourner dans sa bananeraie par crainte d'être enlevé de nouveau par les mêmes ravisseurs.

Pour tout revenu, il dit gagner chaque mois 5.000 francs congolais (environ cinq dollars) que lui rapporte la vente d'un bidon de "kasiksi" (alcool de banane) et sur lesquels aucune économie n'est possible.

"Je ne sais pas comment je vais faire pour rembourser", dit-il, "ici, on souffre ; si j'avais les moyens, j'irais vivre ailleurs".

Déménager, c'est ce qu'a fait Isaac Kavusa Vukole après avoir été pris en otage. Selon son témoignage, ce commerçant de Kayna qui approche la quarantaine a été enlevé en septembre 2015 à son domicile par des hommes armés et cagoulés qui l'ont conduit en forêt.

Deux jours durant, ses ravisseurs font pression sur sa famille en menaçant de le tuer ou en le fouettant pendant qu'il supplie ses proches de réunir les 15.000 dollars qu'ils exigent. La famille arrivera finalement à réunir 4.500 dollars, somme qui sera jugée suffisante pour le relâcher.

- Convoi armé -

Plus prospère que M. Safari, M. Kavusa dit avoir remboursé en un mois les 3.000 dollars empruntés pour sa rançon. Mais au prix de la vente des trois quarts de son stock, et il doit maintenant payer un loyer pour son nouveau logement.

En voyage, "je vis en clandestinité. Le soir, je fais tout pour ne pas être visible", dit M. Kavusa, contraint de revenir régulièrement à Kayna et dans ses environs pour vérifier la bonne marche de ses boutiques.

Entre Kanyabayonga et Kiwanja, plus au sud, ce sont les véhicules circulant sur la piste (principal axe routier nord-sud de la province) qui ont longtemps été visés.

Depuis quelques mois, à la demande de M. Paluku, les voitures peuvent circuler en convoi escorté par un petit nombre de soldats, à raison de deux départs par jour dans les deux sens.

Conducteur de camion-benne, José Byamungu Muderwa, dit avoir été un jour obligé d'arrêter son véhicule par des hommes armés ayant emmené avec eux 17 personnes.

Plusieurs voyageurs faisant route sous la protection des soldats estiment que celle-ci, pour bienvenue qu'elle soit, est un pis-aller.

Pour Jeannot Kisiba, comptable trentenaire, les autorités feraient mieux "de mettre fin au problème de l'insécurité" qui gangrène la province depuis plus de vingt ans.

Avec AFP

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Soupçons de financement libyen en France: un ancien banquier franco-djiboutien inculpé

Alexandre Djouhri

L'ancien banquier franco-djiboutien Wahib Nacer, issu de la galaxie gravitant autour de l'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, a été inculpé en février en France dans l'enquête sur le financement libyen présumé de la campagne de l'ex-président Nicolas Sarkozy en 2007.

M. Nacer a été inculpé notamment pour complicité de corruption active et passive, blanchiment de corruption en bande organisée, blanchiment de fraude fiscale en bande organisée, et complicité de détournement de fonds publics en bande organisée, a indiqué une source judiciaire, confirmant des informations du site français d'information Mediapart.

Ces poursuites lui ont été signifiées le 18 février à l'issue d'un interrogatoire réalisé à Djibouti en présence du juge d'instruction français Serge Tournaire.

Le nom de Wahib Nacer apparaît à de nombreuses reprises dans cette enquête aux multiples ramifications, ouverte en 2013 pour vérifier les accusations portées par d'anciens dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi et par le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine.

M. Sarkozy est inculpé dans ce dossier, notamment pour "corruption passive".

Wahib Nacer, 74 ans, a des liens avec la famille saoudienne Bugshan, dont un des membres, l'homme d'affaires Khalid Ali Bugshan, a aussi été inculpé, ainsi qu'avec l'ex-argentier du régime libyen Bachir Saleh et l'homme d'affaires français Alexandre Djouhri, en attente d'une éventuelle extradition depuis Londres.

Aujourd'hui retraité, cet homme avait travaillé en Arabie saoudite pour la filiale de la banque Indosuez plusieurs années avant d'être muté en 1986 en Suisse pour travailler dans l'établissement français Crédit Agricole.

Au cours des investigations, des transferts d'argent entre la famille Bugshan et Alexandre Djouhri ont été mis au jour. Les membres de la famille saoudienne accusent Wahib Nacer, qui gérait leurs comptes helvétiques, de les avoir réalisés à leur insu et ont déposé une plainte à son encontre en Suisse.

Les juges le soupçonnent de s'être servi de leurs comptes comme écran pour masquer des montages financiers impliquant Alexandre Djouhri, un proche de l'ex-ministre sarkozyste Claude Guéant.

Lors de son interrogatoire à Djibouti, dont l'AFP a eu connaissance, M. Nacer a notamment été questionné sur la vente en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte d'Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh. M. Djouhri est soupçonné d'en avoir été le véritable propriétaire et de l'avoir cédée à un prix surévalué, permettant de dissimuler d'éventuels versements occultes, ce qu'il dément.

L'ex-banquier a aussi été interrogé sur le versement de 500.000 euros depuis l'étranger sur un compte de Claude Guéant. Ce dernier, également inculpé, a justifié cette somme par la vente de tableaux de maître à un avocat malaisien.

Somalie: le président de l'État du Jubaland réélu

Sheikh Abdi Mohamed Abdirahman

Le président de l'État semi-autonome du Jubaland, dans le sud de la Somalie, a été réélu jeudi, a annoncé le président du Parlement local, au terme d'une élection qui a une nouvelle fois mis en évidence les tensions entre les autorités fédérales et régionales.

Ahmed Madobe a obtenu 56 voix de parlementaires sur 74, "faisant de lui le président de l'administration du Jubaland pour les quatre prochaines années", a déclaré Cheikh Abdi Mohamed, le président du Parlement régional.

Les autorités fédérales avaient annoncé qu'elles ne reconnaîtraient pas le résultat de ce scrutin. Elles reprochent à M. Madobe d'avoir interféré dans la constitution, la semaine dernière, du nouveau Parlement, qu'elles jugent donc non représentatif.

Mogadiscio est a contrario accusé par le Jubaland de vouloir évincer M. Madobe, pour favoriser l'accession au pouvoir d'un président loyal au gouvernement fédéral, dans cette région stratégique autour de la ville portuaire de Kismayo.

Des rivaux de M. Madobe, soutenus par Mogadiscio et dont la candidature avait été rejetée par la commission électorale, ont mené une élection parallèle jeudi, après avoir formé leur propre Parlement.

Abdirashid Hidig, un homme politique de renom, membre du Parlement fédéral, est sorti vainqueur de cette élection.

"Nous sommes l'un des États membres de la Somalie et nous avons besoin du soutien du gouvernement fédéral pour le développement de notre économie, la reconstruction et la sécurité", a déclaré M. Hidig.

Ce scrutin pour la présidence de cet État semi-autonome avait été reporté à plusieurs reprises à cause, selon les analystes, d'une lutte de pouvoir entre Mogadiscio, le gouvernement régional et leurs soutiens étrangers.

Ahmed Madobe, un ancien seigneur de guerre, avait chassé en 2012 avec l'aide de troupes kényanes les islamistes shebab, affiliés à Al-Qaïda, de leur bastion de Kismayo, la capitale régionale.

Selon Matt Bryden, du centre d'analyse Sahan, basé à Nairobi, le Kenya continue à soutenir fermement Madobe, tandis que l'Éthiopie est aux côtés des autorités de Mogadiscio pour l'évincer.

D'après lui, il existe "un risque pour la stabilité de la région, pas seulement de la Somalie".

Le Kenya considère le Jubaland, une région relativement prospère de Somalie où il a beaucoup de troupes, comme une zone-tampon entre son territoire et les shebab qui ont mené plusieurs attaques sanglantes sur son sol.

Les autorités du Jubaland avaient ordonné la fermeture des frontières de l'État et de l'aéroport de Kismayo jusqu'à vendredi. La situation dans la ville, fortement sécurisée, était calme jeudi à la mi-journée, a indiqué à l'AFP un habitant, Muktar Farah.

Des Chinois arrêtés et relâchés sur fond de contrôle d'un péage routier (avocat)

Un ingénieur congolais sur son ordinateur, le 25 février 2015 à Kinshasa.

Des Chinois travaillant pour un géant du BTP sont inquiétés depuis plusieurs jours dans le centre de la République démocratique du Congo avec pour véritable enjeu, d'après leur avocat, le contrôle d'un péage sur une route qu'ils réhabilitent au Kasaï.

Sept ressortissants chinois travaillant pour le conglomérat public China Railway Engineering Corporation (CREC) ont été relâchés après avoir été arrêtés la semaine dernière, a-t-on appris jeudi auprès de leur avocat.

Ils avaient été accusés de séjour irrégulier par les autorités de la province du Kasaï central.

Après leur transfert à Kinshasa, la Direction générale des migrations (DGM) a estimé que "leur séjour est régulier et ils ont été immédiatement relaxés", a déclaré à l'AFP Mathieu Lukusa Lufukona, avocat de la société CREC.

La société, l'une des 20 plus importantes en Chine, assure la construction de routes à travers la RDC. Au Kasaï, le géant chinois de la construction réhabilite une route qui va de Kananga vers l'Angola. La CREC gère un péage à Matamba, à 20 km de Kananga.

Me Lukusa a accusé le gouverneur du Kasaï central "Martin Kabuya de (vouloir) faire venir sa propre société pour remplacer CREC pour la construction de la route de Kalamba-Mbuji et mettre la main sur les recettes du péage".

M. Kabuya n'a pu être joint par l'AFP.

Un responsable du service de migration du Kasaï central a indiqué à l'AFP que trois autres "Chinois, en situation irrégulière", ont été arrêtés à Kananga. Ils travaillent également pour la CREC.

Ils "se cachaient dans une maison, nous les avons dénichés et ils sont gardés au cachot des services des renseignements de la police", a-t-il affirmé sous couvert d'anonymat.

Afrique du Sud: Ramaphosa défend sa campagne controversée pour la présidence de l'ANC

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, lors d'une conférence de presse à l'issue du sommet des BRICS à Johannesburg, le 27 juillet 2018.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promis jeudi d'agir contre quiconque se serait rendu coupable d'actes répréhensibles durant la collecte de fonds pour sa campagne en vue de la présidence de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud.

M. Ramaphosa, qui a succédé à Jacob Zuma à la présidence de l'ANC en décembre 2017 puis du pays, a promis à maintes reprises d'éradiquer la corruption.

Mais un an après avoir conduit son parti à la victoire aux législatives de mai 2019, il est confronté à des interrogations sur le financement de sa campagne, très disputée, pour devenir président de l'ANC.

Concernant "tout ce qui a été fait contre nos lois pendant la campagne, oui, je serai prêt et disposé à agir sans aucun doute", a déclaré au Parlement M. Ramaphosa.

Il est accusé d'avoir trompé le Parlement l'an dernier quand il a répondu à une question de l'opposition sur une donation à sa campagne de 500.000 rands (environ 32.000 euros) faite par un groupe industriel.

La médiatrice de la République Busisiwe Mkhwebane lui a aussi ordonné de divulguer les coordonnées de tous les bailleurs de fonds de sa campagne.

Mais M. Ramaphosa conteste son renvoi devant la justice.

"En l'état actuel des choses, il n'y a pas de règles ou de règlements en vigueur (exigeant) la divulgation des dons pour la direction interne des partis", a-t-il déclaré aux parlementaires jeudi.

M. Ramaphosa s'est dit convaincu que sa "campagne était légitime" et a souligné qu'elle avait été menée dans des conditions difficiles.

"Dans son financement et ses activités, il n'y a pas eu d'actes répréhensibles, pas de criminalité et pas d'abus de fonds ou de ressources publics", a-t-il affirmé.

Les donateurs qui, selon les médias locaux, comprennent un homme d'affaires milliardaire, "ne doivent pas s'excuser pour ce qu'ils ont fait", a ajouté le président Ramaphosa.

L'ANC est profondément divisé entre partisans de l'ex-président Zuma et soutiens de M. Ramaphosa.

Abdallah Hamdok, un économiste de l'ONU devenu Premier ministre du Soudan

Abdallah Hamdok, Premier ministre par intérim du Soudan , Khartoum, le 21 août 2019.

Abdallah Hamdok, investi Premier ministre soudanais mercredi, est un économiste chevronné qui devra s'atteler à redresser un pays à l'économie exsangue.

Né en 1958, M. Hamdok a fait carrière dans des organisations internationales et régionales, notamment comme secrétaire exécutif adjoint de la Commission économique pour l'Afrique de l'ONU à Addis Abeba.

Après avoir étudié l'économie agricole à Khartoum, il a obtenu un master à Manchester, en Grande-Bretagne.

Ce moustachu aux cheveux grisonnants est originaire du Kordofan-Sud, un Etat du sud du pays en proie, comme ceux du Nil Bleu et du Darfour, depuis plusieurs années à un conflit entre rebelles et forces gouvernementales.

Arrivé en provenance d'Addis Abeba, il a été accueilli mercredi à Khartoum par deux membres civils du nouveau Conseil souverain, chargé de superviser le travail du gouvernement durant la transition.

"Les priorités du gouvernement seront d'arrêter la guerre, de construire une paix durable, de faire face à la sévère crise économique et de mettre en place une politique étrangère équilibrée", a-t-il déclaré.

Souriant, il a assuré après sa prestation de serment: "avec la bonne vision et les bonnes politiques, nous pourrons affronter cette crise économique".

Il a promis d'établir un programme d'urgence pour faire face aux pénuries des produits de base dont a récemment souffert le Soudan et ses 40 millions d'habitants.

Les manifestations ayant notamment provoqué la destitution en avril par l'armée du président Omar el-Béchir après 30 ans à la tête du pouvoir, avaient été déclenchées en décembre dernier par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

- Bonne gouvernance -

Sur le long terme, M. Hamdok a souligné la nécessité d'améliorer la productivité et de reconstruire un secteur bancaire qui, selon lui, s'est presque effondré.

Ses compétences d'économiste semblent prouvées, d'après son autobiographie officielle distribuée aux médias.

M. Hamdok est "très crédible au sein de la finance en Afrique et des institutions de développement, le Fonds monétaire international et le Club de Paris" des pays créanciers, selon le texte.

Il a travaillé pour la Banque africaine de développement et est réputé avoir élaboré des politiques ayant stimulé la rapide croissance économique de l'Ethiopie sous le gouvernement de Meles Zenawi.

Au sein de la population, on semble satisfait de sa désignation alors même qu'il n'a pas participé au mouvement de contestation. Il vivait à l'étranger.

"Il a les compétences dont nous avons le plus besoin actuellement", estime Soumaila Ibrahim, 21 ans, étudiante à l'Université de Khartoum.

M. Hamdok jouit également d'une image de champion de la transparence et de la bonne gouvernance forgée au cours de sa carrière.

En 2018, le président Béchir l'avait désigné ministre des Finances, mais M. Hamdok avait refusé le poste.

Il a notamment siégé au conseil d'administration de la Fondation Mo Ibrahim, fondée par le milliardaire soudano-britannique du même nom pour promouvoir la bonne gouvernance en Afrique.

En tant que chef du gouvernement, qui devrait être formé le 28 août, M. Hamdok devra s'appuyer sur son expérience dans des initiatives de paix africaines pour mettre fin aux conflits au Darfour, dans le Kordofan et au Nil Bleu.

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