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Côte d'Ivoire

Décès de Laurent Dona-Fologo, grande figure de la politique ivoirienne

Laurent Dona Fologo, ancien chef de l'Assemblée pour la paix, l'équité et le progrès (RPP) et ex ministre du premier président Félix Houphouët-Boigny, le 27 septembre 2017, à Abidjan, dans le cadre du 30e anniversaire de la mort de Sankara. (AFP/ ISSOUF SANOGO)

Laurent Dona-Fologo, grande figure de la politique ivoirienne, est décédé vendredi à Abidjan, à l'âge de 82 ans, a annoncé la télévision ivoirienne. Il fut ministre sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny et de celle de Henri Konan Bédié.

"On apprend le décès de l'ancien ministre, Homme d'Etat, grand serviteur de la nation, Laurent Dona-Fologo, ce vendredi 5 février" a annoncé la télévision dans son dernier journal du soir.

Journaliste de formation, "LDF" fut également le premier rédacteur en chef du journal pro-gouvernemental ivoirien, Fraternité-matin créé en 1964, avant d'être nommé ministre de l'Information.

Après avoir été ministre sans interruption pendant plus d'une décennie dans le gouvernement du premier président du pays, il fut pendant quatre ans ministre d’État de Henri Konan Bédié (1993-1999), successeur de Félix Houphouët-Boigny.

Marié à une Française, M. Fologo fut également pendant dix ans secrétaire général du Parti démocratique (PDCI, ancien parti unique).

Sous la présidence de Laurent Gbagbo (2000-2011), Laurent Dona Fologo est nommé à la tête du Conseil économique et social, devenant ainsi le troisième personnage de l'Etat.

Il s'était retiré de la vie politique depuis 2011.

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Face à l'inflation, les Ivoiriens veulent miser sur les céréales locales

Un employé d'une boulangerie vend du pain à base de farine de blé et de manioc à des clients à Yopougon, un quartier populaire d'Abidjan le 26 juin 2022.

"On est prêt à consommer local". Face à l'inflation et au risque de pénurie de blé causées par la guerre en Ukraine, la Côte d'Ivoire mise sur l'utilisation de denrées locales, à commencer par la farine de manioc pour fabriquer la très appréciée baguette de pain.

"Tout est devenu cher sur le marché", peste Honorine Kouamé, une vendeuse dans le quartier populaire Blockhaus à Abidjan. "Si on peut fabriquer le pain à base de farine locale de manioc, ce sera meilleur. On est prêt à consommer local", affirme-t-elle.

Elle a déjà commencé à le faire et dans ses marmites incandescentes, cuit des galettes où elle mélange farine de blé et de coco.

En Côte d'Ivoire, un aliment sert de boussole au coût de la vie: la baguette de pain, un "produit de grande consommation", selon le ministre de l'Economie Adama Coulibaly.

Un euphémisme dans un pays de quelque 25 millions d'habitants qui compte 2.500 boulangeries et où le pain est un aliment central, toutes classes sociales confondues.

Un employé de Rama Cereal, une usine locale de transformation de céréales, transforme le grain de mil pour en faire de la bouillie de mil à Abobo, un quartier populaire d'Abidjan, le 23 juin 2022.
Un employé de Rama Cereal, une usine locale de transformation de céréales, transforme le grain de mil pour en faire de la bouillie de mil à Abobo, un quartier populaire d'Abidjan, le 23 juin 2022.

Mais la Côte d'Ivoire ne produit pas de blé et l'importe, de France principalement. Or l'offre mondiale s'est effondrée - l'Ukraine et la Russie en guerre étant deux gros producteurs - et comme ailleurs dans le monde, les prix ont bondi.

Pour éviter que cette hausse ne se répercute sur le consommateur, le gouvernement - pourtant libéral - a choisi de plafonner le prix de la baguette entre 150 et 200 francs CFA (22 et 30 centimes d'euro) selon le poids, et une subvention de 6,4 milliards de francs CFA (environ 10 millions d'euros) a été débloquée pour compenser les boulangers ivoiriens.

Mais une autre solution plus pérenne est plebiscitée par les boulangers comme par le gouvernement: introduire la farine de manioc dans la fabrication du pain.

Avec 6,4 millions de tonnes produites chaque année en Côte d'Ivoire, le manioc est la deuxième culture locale après l'igname.

Pénurie de blé: les boulangers togolais se tournent vers les céréales locales
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Pain aux "nouvelles saveurs"

Reste toutefois à séduire le consommateur ivoirien.

"Le pari n'est pas gagné. Car pour l'Ivoirien, un pain au manioc est associé à un pain de mauvaise qualité. Il va falloir sensibiliser les consommateurs à ces nouvelles saveurs", estime René Diby, boulanger, et un tel changement doit être précédé "d'une campagne de sensibilisation accrue".

L'utilisation d'une petite portion de cette farine permettrait déjà de soulager quelque peu les finances de l'Etat ivoirien.

L'an dernier, 10% de son budget national de 152 milliards d'euros a été dépensé dans l'importation de denrées alimentaires, malgré des sols fertiles.

"Nous sommes favorables à cette intégration de céréales produites localement. Cela va permettre de relancer la production de manioc, de maintenir le niveau du prix du pain", estime Jean Baptiste Koffi, président de la confédération des consommateurs de Côte d'Ivoire qui veut promouvoir le "consommer local".

"Produire du pain à base de céréales locales peut être la solution pour faire face aux crises alimentaires", confirme Marius Abé Aké, président de la fédération des boulangers de Côte d'Ivoire.

Contre la hausse des prix, Ranie-Didice Bah Koné, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre la vie chère (CNLCV, étatique), estime qu'il est temps d'exploiter le potentiel agricole de la Côte d'Ivoire.

"Il s'agit de penser à long terme, à notre sécurité alimentaire, il s'agit de penser comment la Côte d'Ivoire va faire en sorte d'être moins dépendante des cours mondiaux", estime-t-elle.

Un employé de Rama Cereal, une usine locale de transformation de céréales, transforme le grain de mil pour en faire de la bouillie de mil à Abobo, un quartier populaire d'Abidjan, le 23 juin 2022.
Un employé de Rama Cereal, une usine locale de transformation de céréales, transforme le grain de mil pour en faire de la bouillie de mil à Abobo, un quartier populaire d'Abidjan, le 23 juin 2022.

"Boulangerie africaine"

Lors de la visite à Abidjan d'une usine moderne de transformation de farine de manioc qui emploie une quarantaine de femmes, elle a souhaité la mise en place de mesures immédiates pour augmenter l'offre de farines locales, en complément des subventions à la filière blé.

La Côte d'Ivoire n'est pas la seule concernée: le 19 juillet, les boulangers ivoiriens se rendront à Dakar pour une rencontre régionale avec leurs voisins ouest-africains.

L'objectif est de créer une confédération de la boulangerie qui pourra promouvoir "l'incorporation des denrées locales dans la fabrication du pain à hauteur de 15%", a précisé M. Aké.

"Il nous faut faire de la boulangerie africaine, pour contribuer à baisser les coûts de fabrication, lutter contre la pauvreté et nous épargner de mouvements sociaux dommageables", poursuit-il.

Même si la situation y est moins critique que dans d'autres pays plus pauvres, la Côte d'Ivoire ne veut pas revivre les émeutes de la faim qui l'avaient secouée en 2008 alors que les prix des biens de consommation comme le riz, le lait ou la viande avaient flambé.

Les restaurants pleins font le bonheur et le business des Ivoiriens

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Rentrer ou rester, le choix difficile d'Ivoiriens réfugiés au Togo

Fin 2010, Laurent Gbagbo avait contesté les résultats de l’élection présidentielle donnant Alassane Ouattara vainqueur, ce qui avait provoqué une violente crise faisant quelque 3.000 morts.

Étudiant à Abidjan, Jiher Gnangbé, a fui en mai 2011 son pays qui sortait tout juste d'une violente crise post-électorale pour se réfugier au Togo où il a posé ses valises comme sept milliers d'autres Ivoiriens au camp d'Avépozo, dans la banlieue de Lomé.

Onze ans plus tard, 6.000 d'entre-eux ont regagné la Côte d'Ivoire, où une paix durable s'est installée. Mais pour Jiher Gnanbé, un ancien partisan de Laurent Gbagbo, pas question de rentrer. Il veut rester au Togo, même si dans quelques jours, le 30 juin prochain, il perdra son statut de réfugié.

L'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), estime que la Côte d'Ivoire a "tourné la page" de cette crise et décidé de lever le statut de réfugiés pour des dizaines de milliers d'Ivoiriens toujours installés dans les pays voisins, principalement au Ghana, Liberia, Bénin et Togo.

Jiher Gnangbé, lui, n'est pas de cet avis. "Je ne veux pas rentrer à Abidjan, parce que j'ai toujours peur d'être arrêté", dit cet ancien étudiant en criminologie qui, durant la présidentielle de 2010, était chargé de mobiliser les jeunes d'un quartier de la ville pour la victoire de Laurent Gbagbo.

Fermeture du camp de réfugiés ivoiriens d’Avépozo au Togo
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Fin 2010, Laurent Gbagbo avait contesté les résultats de l’élection présidentielle donnant son adversaire Alassane Ouattara vainqueur, ce qui avait provoqué une violente crise faisant quelque 3.000 morts.

"J’ai fui le pays parce que j’étais recherché par des forces de l’ordre. Mon père, militaire, a été tué dans des manifestations", raconte le réfugié dont le visage s'assombrit. La dizaine de réfugiés interrogés par l'AFP dans ce camp étaient, au moment de la crise, des partisans de Laurent Gbagbo qui avaient fui la Côte d'Ivoire après l'arrestation de l'ancien président en avril 2011.

En dépit d'une réconciliation nationale et du retour en Côte d'Ivoire de M. Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) qui le poursuivait pour crimes contre l'humanité, Jiher Gnanbé "préfère rester à Lomé". Durant cette décennie, il a établi à Lomé un petit commerce d'attiéké, la semoule de manioc ivoirienne dont raffolent ses voisins ouest-africains.

Option rapatriement

Comme lui, ils sont près de 200 dans le camp d'Avépozo à avoir reçu le 16 juin dernier un passeport des autorités ivoiriennes, qui leur permettra de rester au Togo, après expiration de leur carte de réfugiés. En tant que ressortissants d'un pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), les Ivoiriens n'ont pas nécessairement besoin d'une carte de séjour pour vivre au Togo. Un passeport ivoirien leur permet de circuler librement.

Denise Koffi, 43 ans, habite le camp d’Avépozo depuis le 24 mai 2011 et elle a également décidé de rester: "J’ai vécu deux crises, en 2002 et 2011 et rien ne prouve qu'il n'y aura pas une autre crise", dit-elle. "Je suis toujours traumatisée", lâche cette mère de trois enfants.

Interdiction d'une manifestation par le gouvernement togolais
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Au total, "le Togo a accueilli 7.000 réfugiés ivoiriens en 2011. Dans nos bases de données en début d’année 2022, on dénombrait encore environ 1.000 réfugiés ivoiriens dont 800 dans le camp d’Avépozo", souligne la cheffe du bureau du HCR au Togo, Monique Atayi. Deux solutions existent après la levée de leur statut: "le rapatriement volontaire et l’intégration locale", ajoute-elle.

Après plus de onze ans au Togo, Sylvie Gnayoro, 42 ans, a choisi d'être rapatriée. "Les autorités ivoiriennes nous ont rassurés", dit cette ancienne militante du parti de M. Gbagbo, dont la boutique à Abidjan avait été incendiée et sa vie menacée par des jeunes de son quartier. Elle se dit soulagée de quitter le camp: "c’était vraiment dur. Les maisons sont délabrées, le HCR ne nous apporte plus assistance depuis 2013 et chacun se débrouille", dit-elle.

Composé au départ de tentes faites avec des bâches, le camp d’Avépozo – situé en bordure de mer – comprend depuis 2013, plus de 300 petites cabanes en bois, avec des toits en tôles, la plupart dans un état de délabrement avancé. Pas d’infirmerie, les locaux ayant été incendiés en 2013 par les réfugiés eux-mêmes, lors d’une manifestation pour exiger une amélioration de leurs conditions de vie.

Neuf ans plus tard, la situation ne s'est pas améliorée. Alors la moitié des réfugiés toujours présents ont choisi l'option rapatriement. Nombreux sont ceux qui évoquent le manque d'opportunités au Togo, l'un des pays les plus pauvres au monde, face au fort dynamisme de l'économie ivoirienne, dont le taux de croissance dépasse les 6% en 2021.

Le fléau des grossesses en milieu scolaire chez les Ivoiriennes

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Une femme de chambre franco-ivoirienne élue députée en France

Rachel Kéké, un des nouveaux visages de la gauche à l'Assemblée nationale en France.

Rachel Kéké, femme de chambre de 47 ans, se dit "guerrière". Après avoir mené avec succès l'une des plus longues grèves de l'histoire de l'hôtellerie en France, cette Ivoirienne d'origine est l'un des nouveaux visages de la gauche à l'Assemblée nationale.

Élue dimanche au deuxième tour des législatives avec 50,30% des suffrages, cette mère de cinq enfants née en 1974 à Abidjan, est venue en France en 2000, à l'âge de 26 ans. Siéger à l'Assemblée nationale "ne me fait pas peur", assurait-elle pendant la campagne. Investie par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, elle siègera avec la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale réunissant les partis de gauche.

Seule incarnation des classes populaires ou presque, elle va se retrouver face à des professionnels de la politique. "Ils ne savent pas la souffrance des gens", assure Rachel Kéké, qui aspire à "expliquer" aux autres députés la "réalité" des plus pauvres.

Macron perd sa majorité à l'Assemblée nationale; Le Pen perce
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Un discours volontaire, puisé dans ses luttes récentes. En mai 2021, 19 femmes de chambre et un collègue équipier d'un hôtel parisien, menés par Rachel Kéké, réussissent à faire plier un sous-traitant du groupe Accor. Après 22 mois de grève et de chômage partiel, la plus longue lutte jamais menée par le syndicat hôtelier CGT-HPE, les grévistes voient notamment leurs rémunérations augmenter "de 250 à 500 euros par mois".

"C'est important de dire les choses vraies", lance Mme Kéké, qui raconte le "mépris", l'"exploitation" et les abus subis par les femmes exerçant son métier. "Moi, ça m'est arrivé qu'un (client) me dise 'sale nègre, rentre chez toi'", raconte-t-elle, quand d'autres "te touchent les seins quand tu frappes à leur porte".

Elle est "une leader de masse", "elle a quelque chose qui magnétise, elle est forte, elle a les mots justes", énumère le député LFI Eric Coquerel, qui a proposé sa candidature dans la septième circonscription du Val-de-Marne, en région parisienne.

Opposée à la candidate de la majorité Roxana Maracineanu, ex-ministre des Sports et championne de natation, Rachel Kéké a finalement réussi à tirer son épingle du jeu malgré un profil peu commun parmi les candidats, et sera la première femme de chambre à siéger à l'Assemblée nationale.

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