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Cyclone au Mozambique et au Zimbabwe: le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts


Un homme transporte des gens dans une charrette dans une rue inondée de Tuléar, à Madagascar, un jour après le passage du cyclone Haruna, 23 février 2013.
Un homme transporte des gens dans une charrette dans une rue inondée de Tuléar, à Madagascar, un jour après le passage du cyclone Haruna, 23 février 2013.

Le cyclone qui a balayé en fin de semaine dernière le Mozambique et le Zimbabwe, emportant sur son passage routes, ponts, hôpitaux et écoles, a fait au moins 173 morts mais le bilan pourrait dépasser le millier de morts, a prévenu lundi le président mozambicain Filipe Nuysi.

"Pour le moment, nous avons officiellement 84 morts (au Mozambique seulement). Mais quand on a survolé la zone tôt ce matin pour comprendre ce qui se passe, tout laisse à penser que le bilan pourrait dépasser les 1.000 morts", a déclaré M. Nyusi dans une intervention télévisée à Maputo.

"Plus de 100.000 personnes ont besoin d'aide alimentaire", a-t-il ajouté. "Les eaux des rivières Pungue et Buzi ont débordé et fait disparaître des villages entiers isolant des communautés. Il y a des corps qui flottent. C'est un véritable désastre humanitaire", a-t-il estimé.

Des rescapés ont trouvé refuge dans des arbres en attendant les secours, a expliqué le président. Des images aériennes transmises par l'organisation Mission Aviation Fellowship, montrent aussi des dizaines de personnes bloquées sur les toits de bâtiments en dur entourés d'eau.

Le cyclone Idai et ses vents d'une extrême violence associés à des pluies torrentielles se sont abattus sur le centre du Mozambique jeudi soir, avant de poursuivre leur course folle au Zimbabwe voisin.

Au Zimbabwe, "89 personnes ont été tuées, 86 dans la région des Eastern Highlands, deux à Masvingo et une dans le Mashonaland est ", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement, Nick Mangwana.

"On a l'impression d'avoir affaire aux conséquences d'une guerre à grande échelle", a estimé le ministre actuellement en charge de la Défense, Perrance Shiri.

Au Mozambique, l'étendue des dégâts à Beira, la deuxième ville du pays avec un demi-million d'habitants, est "énorme et terrifiante", a prévenu la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR).

"90% de Beira et de ses alentours ont été endommagés ou détruits", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

"Les moyens de communication ont été totalement coupés et les routes sont détruites", compliquant grandement les secours, a précisé Jamie LeSueur du FICR depuis Beira.

Lundi, les rues de la ville étaient jonchées d'arbres déracinés, d'éclats de verre et de tôles emportées, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Les tôles en s'envolant ont décapité des gens, d'autres ont été blessés. Il n'y a pas de secours ici. On est mal", a déclaré à l'AFP une rescapée Rajina, qui a trouvé refuge dans une échoppe abandonnée.

- Des barrages ont lâché -

Dans la région de Beira, 873 maisons ont été emportées, 24 hôpitaux détruits et 267 classes partiellement ou complètement englouties, selon un bilan provisoire de l'Institut mozambicain de gestion des désastres.

Le président Nyusi a appelé ses concitoyens qui habitent "près de rivières à quitter la zone pour sauver leur vie, surtout si on doit lâcher de l'eau des barrages" pour éviter qu'ils ne cèdent.

Plusieurs ont déjà "lâché ou atteint leur niveau maximum", a d'ailleurs prévenu Emma Beaty de l'organisation non-gouvernementale Oxfam.

Dimanche soir, le ministre de l'Environnement Celso Correia avait estimé que le cyclone Idai pourrait avoir provoqué le "pire désastre naturel" de l'histoire du Mozambique, fréquemment frappé par de violentes intempéries.

En 2000, des crues avaient déjà causé la mort de 800 personnes dans ce pays pauvre d'Afrique australe.

Au Zimbabwe, le pays n'a jamais connu de "destructions d'infrastructures d'une telle ampleur", a estimé pour sa part le ministre des Transports Joel Biggie Matiza lundi.

Les secours se concentraient dans la région de Chimanimani (est), où une école a été partiellement détruite par un glissement de terrain qui a fait au moins trois morts.

Les enfants qui étaient bloqués dans l'établissement ont finalement été secourus,alors qu'au moins 150 personnes sont toujours portées disparues dans la région selon un député, Joshua Sacco.

Devant l'ampleur des dégâts, le président Emmerson Mnangagwa est rentré précipitamment lundi d'un voyage aux Emirats arabes unis.

"Notre nation est profondément endeuillée", a-t-il déclaré. "On me dit que ce n'est pas fini", a-t-il assuré en référence à la montée des eaux liée aux pluies qui ont continué lundi.

L'association médicale du Zimbabwe (Zima) a lancé un appel aux volontaires pour venir en aide aux sinistrés et appelé aux dons de nourriture, d'eau, de gaz, de vêtements, de couvertures ou encore de tentes.

Les fortes pluies qui avaient précédé l'arrivée d'Idai avaient déjà fait au moins 122 morts au Mozambique et au Malawi voisin, qui a été épargné par Idai.

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