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Crise avec Moscou: Kiev demande à l'Otan de dépêcher des navires en mer d'Azov


Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et le président ukrainien, Petro Poroshenko, à Kiev, Ukraine, le 10 juillet 2017. REUTERS / Valentyn Ogirenko

Le président ukrainien Petro Porochenko a demandé aux pays membres de l'Otan, et notamment à l'Allemagne, de déployer des navires en mer d'Azov pour soutenir Kiev dans son bras de fer avec Moscou, après un accrochage avec les forces russes au large de la Crimée.

"L'Allemagne est l'un de nos plus proches alliés et nous espérons que des pays au sein de l'Otan sont désormais prêts à dépêcher des navires en mer d'Azov pour aider l'Ukraine et y assurer la sécurité", a déclaré le président Porochenko dans une interview publiée jeudi par le quotidien allemand Bild.

Le président russe Vladimir Poutine "ne veut rien de moins qu'occuper la mer (d'Azov). Le seul langage qu'il comprenne est l'unité du monde occidental", a poursuivi Petro Porochenko.

"L'Allemagne doit également se demander: que fera ensuite Poutine si nous ne le stoppons pas", a averti le président ukrainien.

Les gardes-côtes russes ont intercepté par la force dimanche trois navires de la Marine ukrainienne en mer Noire, non loin de la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par la Russie en 2014, tirant sur eux et faisant trois blessés parmi les marins à leur bord.

Il s'agit de la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis cette annexion et le début la même année d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces ukrainiennes et séparatistes prorusses qui a fait plus de 10.000 morts.

- Loi martiale -

L'Ukraine ne décolère pas après ce qu'elle considère être une agression de son gigantesque voisin. La loi martiale, votée lundi par le Parlement, y est entrée en vigueur mercredi pour 30 jours dans dix régions frontalières et côtières de ce pays.

Face aux inquiétudes, les autorités ukrainiennes ont assuré que cette loi martiale - qui permet de mobiliser les citoyens, réguler les médias et limiter les rassemblements publics - avait un caractère "préventif".

Vladimir Poutine a, lui, défendu ses forces et insisté sur le fait que, selon lui, les gardes-côtes russes avaient simplement "rempli leur devoir avec précision".

"Que s'est-il passé ? Ils (les Ukrainiens) n'ont pas répondu aux demandes de nos gardes-frontières. Et sont entrés dans nos eaux territoriales", a assuré le président russe, qualifiant l'accrochage de "provocation" organisée par Petro Porochenko, mal en point dans les sondages à quelques mois de l'élection présidentielle en Ukraine.

Mercredi, les neuf derniers marins capturés par la Russie qui devaient comparaître devant un tribunal ont été placés en détention provisoire jusqu'au 25 janvier, comme leurs 15 camarades l'avaient été la veille. Une détention "illégale" et un acte de "barbarie", a réagi Kiev.

Une note de protestation contre "la poursuite par la Russie de ses actions illégales" a d'ailleurs été envoyée au ministère russe des Affaires étrangères, a annoncé la diplomatie ukrainienne qui considère ces hommes comme des "prisonniers de guerre" et réclame leur libération "immédiate".

- "Inacceptable" -

Face à cette escalade des tensions entre la Russie et l'Ukraine, l'Union européenne s'est déclarée mercredi "extrêmement préoccupées" mais n'envisage pas de nouvelles mesures pour sanctionner l'opération militaire russe contre les navires ukrainiens.

"Nous sommes consternés par cet usage de la force par la Russie qui, dans un contexte de militarisation croissante dans la région, est inacceptable", ont déclaré les gouvernements des 28 pays de l'UE dans une déclaration publiée par la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, après trois jours de discussions.

Le Fonds monétaire international (FMI) devrait quant à lui réunir "rapidement" après le 10 décembre son comité de direction en vue de l'approbation d'un programme d'aide à l'Ukraine, a annoncé mercredi sa directrice générale Christine Lagarde.

La crise entre Kiev et Moscou pourrait avoir des répercussions sur le sommet du G20, qui s'ouvre vendredi en Argentine.

"Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue" prévue avec M. Poutine dans ce cadre, a averti Donald Trump, soulignant "ne pas aimer cette agression", dans un entretien avec le Washington Post.

Côté russe, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pourtant assuré que la préparation de la rencontre "se poursuivait".

L'accrochage en mer Noire s'est produit lorsque des bâtiments de la Marine ukrainienne ont tenté de traverser le détroit de Kertch pour entrer dans la mer d'Azov, d'une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d'acier produits dans l'est de l'Ukraine.

Les considérations de politique intérieure se mêlent aux enjeux stratégiques et militaires dans ce bras de fer. Vladimir Poutine a vu sa cote de popularité dégringoler sur fond de problèmes économiques et de fronde contre une impopulaire réforme des retraites. Petro Porochenko, qui cherche à se faire réélire pour un deuxième mandat, est confronté à des problèmes similaires.

Avec AFP

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