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Cris d'alarme des humanitaires suite à l'expulsion de Congolais d'Angola


Un responsable de l'OIM enregistre une migrante congolaise arrivée d'Angola à la frontière de Kamako, dans la province du Kasaï en RDC, le 13 octobre 2018.

Des humanitaires se sont alarmés mercredi au sujet de la situation des Congolais expulsés d'Angola en octobre, estimant que ces personnes installées dans une région du centre de la République Démocratique du Congo, avaient urgemment besoin d'aide.

Quelque 200.000 Congolais ont été expulsés vers la RDC au courant du mois d'octobre par les autorités angolaises qui ont évoqué une opération contre l'immigration clandestine dans la province du Lunda Norte. Kinshasa avait alors menacé de saisir les instances internationales.

Nombre de personnes expulsées "ont été forcées de fuir, ont subi ou bien ont été témoins de violences graves en Angola", affirme Chals Wontewe, directeur pays d’Oxfam en RDC.

"Traumatisés et démunis, ils ont désespérément besoin d'aide. Ils ont besoin de nourriture et d'eau potable de toute urgence ainsi que de pouvoir rentrer chez eux en sécurité", estime-t-il dans un communiqué.

Les expulsés sont accueillis par des personnes qui luttent déjà elles-mêmes contre la pauvreté, la faim et la maladie, selon M. Wontewe.

"Nous avons rencontré des familles qui hébergent jusqu'à 30 personnes rentrées d'Angola, alors qu’au sein du foyer ils ont des enfants qui souffrent de malnutrition sévère", rapporte ce responsable humanitaire.

"Cette nouvelle crise nécessite un financement adéquat et une réponse rapide pour que nous puissions venir en aide à ce nombre considérable de personnes en situation d’extrême vulnérabilité", a déclaré M. Wontewe.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué que "50.000 personnes se trouvent actuellement bloquées et sans ressources dans les environs de la ville frontière de Kamako (dans la province du Kasaï) après avoir été expulsés d’Angola".

"Femmes, hommes et enfants s’entassent au poste-frontière, à Kamako et dans ses alentours, sans que les structures existantes puissent répondre à leurs besoins les plus pressants. Hébergement, soins médicaux, nourriture, tout manque. Des épidémies sont à craindre", explique le CICR dans un communiqué.

Oxfam signale par ailleurs que cet afflux massif de personnes pendant la saison des pluies pose des "risques majeurs sur le plan sanitaire", dans une région déjà touchée par une épidémie de choléra et où l'eau potable et des installations d’hygiène décentes sont rares.

La région du Kasaï est l'une des plus pauvres de la RDC. Elle a basculée dans la violence entre 2016 et 2017, et le conflit entre forces régulières et miliciens a fait environ 3.000 morts et plus d'un million de déplacés, selon l'ONU.

Avec AFP

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