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Deuil national au Brésil suite crash aérien de l’équipe de football

Les débris de l'avion qui s'est écrasé près de Medellín, en Colombie, le 29 novembre 2016.

Un avion transportant 81 personnes, dont l'équipe brésilienne de football Chapecoense, s'est écrasé en Colombie, une catastrophe qui a fait 76 morts ainsi que six survivants, et déclenché un deuil national au Brésil.

Le président brésilien Michel Temer a décrété trois jours de deuil après l'accident lundi soir de l'appareil, un British Aerospace 146 de la compagnie bolivienne Lamia qui transportait 72 passagers et neuf membres d'équipage.

Parti du Brésil, l'appareil avait fait une escale technique en Bolivie avant de mettre le cap sur la Colombie. Il s'est écrasé dans la zone montagneuse d'El Gordo, à 3.300m d'altitude, sur la commune de La Union, à environ 50 km de Medellin, deuxième ville de Colombie située dans le nord-ouest du pays.

"Une tragédie qui nous endeuille. Nous déplorons l'accident d'avion qui transportait #Chapecoense", a déclaré le chef de l'Etat colombien, Juan Manuel Santos, via Twitter. Il a ensuite précisé dans une allocution télévisée avoir appelé M. Temer pour présenter ses "condoléances au peuple brésilien et offrir toute notre coopération dans ces moments difficiles".

L'Unité nationale de gestion des risques et désastres (UNGRD) avait dans un premier bilan fait état de "la mort de 76 personnes" et "cinq blessés". Puis un footballeur, Neto, et un technicien de la compagnie ont été retrouvés en vie, tandis qu'un autre joueur, Marcos Danilo Padilha, décédait de ses blessures "pendant son transfert", a précisé à l'AFP l'Aviation civile.

Les survivants sont les footballeurs Helio Hermito Zampier Neto, Alan Luciano Ruschel et Jackson Ragnar Follman; une hôtesse Ximena Suarez et un technicien Erwin Tumiri; ainsi qu'un journaliste Rafael Hensel, selon la même source, indiquant qu'ils avaient été transférés dans des hôpitaux proches.

L'UNGRD a précisé qu'un nouveau bilan des morts "ne sera communiqué que lorsque les recherches et les secours seront terminés".

M. Santos a affirmé que "l'enquête sur les circonstances exactes et les possibles causes de cette tragédie avance". L'Aviation civile avait auparavant indiqué qu'un message d'urgence pour "pannes électriques" avait été émis de l'appareil et que "l'accident a été enregistré à 22H34" (03H34 GMT mardi).

L'accident est survenu cinq minutes avant l'atterrissage sur l'aéroport José Maria Cordova de Rionegro, qui dessert Medellin. Selon les autorités, les conditions météorologiques étaient mauvaises, en raison de fortes pluies dans une "zone d'accès très difficile". Les secours ont même dû être suspendus dans la nuit et n'ont repris qu'au petit matin.

Cet appareil de Lamia, compagnie spécialisée dans les vols charters, en particulier d'équipes sportives, avait décollé de Sao Paulo, au Brésil, et fait une escale technique à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, avant de redécoller pour Rionegro.

L'UNGRD a mis en place une cellule de crise et déployé 150 personnes pour les opérations de recherche, les secouristes devant marcher plus d'une demi-heure à pied pour arriver sur le site.

Le vice-président de Chapecoense, Ivan Tozzo, a réagi sur la chaine brésilienne SportTV, déplorant une "tragédie". Ses joueurs se rendaient à Medellin pour y affronter l'Atletico Nacional dans le match aller de la finale de la Copa Sudamericana, grande compétition de clubs d'Amérique latine.

Le directeur de l'Aviation civile, Alfredo Bocanegra, a précisé que parmi les passagers se trouvaient "22 footballeurs, 28 accompagnants et membres de l'équipe technique, 22 journalistes".

La fédération Conmebol a annoncé que la finale avait été suspendue, et le congrès de l'organisme du football sud-américain prévu ce mercredi à Montevideo reporté, selon un communiqué précisant que le président de la Conmebol, Alejandro Dominguez, se rendait sur place.

Les plus grands clubs de football, tels le Real Madrid, le FC Barcelone ou Manchester United ont transmis "leurs pensées" pour les victimes de la catastrophe. Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a évoqué "un jour très triste pour le football".

Juan Carlos de la Cuesta, président de l'Atletico Nacional a déploré une "si grande tragédie" et exprimé, sur radio Caracol, sa "solidarité pour soutenir le club Chapecoense et les familles".

Le modeste club Chapecoense avait surpris le football latino-américain en arrivant en finale de la Sudamericana pour la première fois de son histoire, après avoir éliminé en demi-finale la puissante équipe argentine de San Lorenzo.

Avec AFP

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Le président Marcelo Rebelo de Sousa réélu au Portugal

Le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, au Palais de l'Elysée, en France, le 14 juillet 2019.

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de l'extrême droite.

L'actuel chef de l'Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa "première priorité", en remerciant les électeurs pour leur "confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles" que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13% des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème "Chega" ("ça suffit") confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

"Progression de l'ultra-droite"

"Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix", s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

"Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite", a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.
Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l'AFP, c'est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Files d'attentes

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu'un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

"Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes", a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et "épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales" pour freiner l'épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'Etat n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

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Venezuela: Maduro demande à Biden de "tourner la page"

Venezuelan President Nicolás Maduro removes his mask as he prepares to speak about his annual report to the nation before legislators in the National Assembly, Caracas, Jan. 12, 2021.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé samedi son nouvel homologue américain Joe Biden à "tourner la page", se déclarant prêt à ouvrir "une nouvelle voie" dans les relations diplomatiques rompues il y a deux ans entre Caracas et Washington.

"Nous sommes prêts à suivre une nouvelle voie dans nos relations avec le gouvernement de Joe Biden, sur la base du respect mutuel, du dialogue, de la communication et de la compréhension", a déclaré M. Maduro dans un discours adressé à ses partisans.

"Le Venezuela, ce Venezuela du XXIe siècle, bolivarien et révolutionnaire, est prêt à tourner la page" des querelles diplomatiques avec l'administration de Donald Trump qui a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de M. Maduro qualifié de "dictateur".

Les Etats-Unis avaient également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, l'opposant Juan Guaido. Celui-ci s'était autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019 et avait accusé M. Maduro d'avoir "frauduleusement" remporté l'élection présidentielle de 2018, boycottée par l'opposition.

"Il y a deux ans, j'ai dû réagir avec force et dignité et, d'ici même, j'ai procédé en tant que chef de l'Etat à la rupture de toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement américain de l'époque", a poursuivi M. Maduro depuis le balcon du palais présidentiel de Miraflores. "Trump est parti!", s'est-il félicité.

Dès la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine en novembre, Nicolas Maduro l'avait félicité et s'était dit "prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis". Des appels réitérés en décembre.

- Soutien américain à Guaido -

Antony Blinken, désigné par Joe Biden pour être son secrétaire d'Etat, a toutefois déclaré que la Maison Blanche continuerait à reconnaître Juan Guaido. Le futur chef de la diplomatie américaine a par ailleurs qualifié M. Maduro de "dictateur brutal".

Ce soutien renouvelé au chef de l'opposition vénézuélienne est intervenu malgré la nouvelle majorité chaviste au Parlement, issue des élections du 6 décembre boycottées par l'opposition, qui les dit frauduleuses. Elles n'ont pas été reconnues par les Etats-Unis, l'Union européenne ni plusieurs plusieurs pays d'Amérique latine.

Même si un allègement des sanctions ne semble pas à l'ordre du jour, les analystes estiment que l'administration Biden se montrera sans doute plus modérée que la précédente et qu'elle plaidera en faveur d'une médiation internationale en vue d'une transition progressive du pouvoir au Venezuela.

Juan Guaido, de son côté, défend la continuité de l'ancien Parlement d'opposition et, avec elle, de sa position de chef du congrès, dont il a revendiqué la présidence par intérim.

Le président de la nouvelle Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a répété samedi les accusations de corruption à l'encontre de Juan Guaido, sur la base de plaintes publiées par le quotidien américain Washington Post concernant des irrégularités présumées liées à des fonds et des actifs du Venezuela d'un total de 40 milliards de dollars bloqués à l'étranger.

Selon l'ONU, plus de cinq millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015 pour fuir la grave crise politique et économique que traverse le pays avec une inflation incontrôlée de +4.000% sur un an.

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