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Côte d'Ivoire

Création de deux nouveaux partis politiques en Côte d'Ivoire

Les partisans de Henri Konan Bédié

Deux nouveaux partis politiques ivoiriens, le Mouvement pour la démocratie et la justice en Côte d'Ivoire (MDJ) et le Parti progressiste pour la renaissance africaine (PPRA) ont été créés lundi à Abidjan pour "une alternative démocratique", à moins d'un an de la présidentielle.

"Nous sommes un parti centriste. Nous devons bannir de notre vocabulaire la guerre" a déclaré Dominique Zégoua, président du MDJ et influent homme d'affaires. "Dans moins d'un an on va aux élections et cette élection peut garantir la paix", a-t-il souligné lors d'une cérémonie de lancement de son parti.

De son côté, le PPRA veut promouvoir les valeurs de "bonne gouvernance, de sociabilité et de civisme qui n'existent plus".

"Le problème est qu'aujourd'hui la politique (en Côte d'Ivoire) est devenue la quête excessive du pouvoir, donc finalement les notions de bonne gouvernance, de promotion de l'excellence, sont occultées", a déploré le président du PPRA, Mamoudou Meïté, islamologue.

Près de dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, la présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue.

Les élections municipales et régionales de 2018 ont été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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Un gendarme blessé et un assaillant tué dans le nord-est de la Côte d'Ivoire

Un soldat des Forces républicaines en patrouille dans l'ouest du pays.

Un gendarme ivoirien a été blessé et un assaillant tué mardi dans une attaque près de Téhini, dans le nord-est de la Côte d'Ivoire, une région frontalière du Burkina Faso, déjà frappée par de présumés jihadistes, a indiqué à l'AFP un responsable local.

"Un poste de contrôle près de Téhini a été attaqué ce matin vers 08H30 (locales et GMT). Il y a eu un blessé côté gendarmes et un assaillant tué", a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat.

"Une enquête est en cours pour déterminer l'identité des assaillants", qui se déplaçaient à moto, a ajouté cette source, soulignant que "le calme est revenu" dans la zone, en cours de "ratissage".


Selon le journal progouvernemental Fraternité Matin "trois assaillants" ont été tués, dont "un jihadiste formellement identifié".

L'armée ivoirienne se refusait mardi à tout commentaire.

La semaine dernière, un militaire et un agent des Eaux et Forêts avaient été tués dans une attaque contre un poste de sécurité dans l'ouest du pays, une zone habituellement épargnée par les offensives des jihadistes présumés.

Le nord-est du pays a en revanche été frappé plusieurs fois depuis 2020.

Deux soldats et un gendarme avaient été tués le 12 juin 2021, lors du passage de leur véhicule sur un engin explosif dans la région de Téhini.

Le 29 mars, l'attaque de deux positions de l'armée avait fait trois morts parmi les soldats, ainsi que "trois terroristes", 80 km plus à l'ouest, à Kafolo et Kolobougou, toujours près de la frontière du Burkina Faso.

En juin 2020, une attaque contre l'armée ivoirienne à Kafolo avait coûté la vie à 14 soldats.

Attribuées aux jihadistes qui frappent dans plusieurs pays voisins - Burkina Faso, Mali et Niger - ces attaques n'ont pas été revendiquées.

La Côte d'Ivoire avait été frappée une première fois par une attaque jihadiste en mars 2016, dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, près de d'Abidjan: des assaillants avaient ouvert le feu sur la plage et des hôtels, faisant 19 morts.

Gbagbo fait son come-back dans la politique avec une vision panafricaine

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Laurent Gbagbo investi à la tête du Parti des Peuples Africains

Laurent Gbagbo investi à la tête du Parti des Peuples Africains
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Laurent Gbagbo lance le "Parti des Peuples Africains - Côte d'Ivoire"

Des partisans tiennent une affiche à l'effigie de l'ancien président Laurent Gbagbo dans sa ville natale de Mama, à Gagnoa, en Côte d'Ivoire, le 13 juin 2021.

L'ancien président ivoirien Laurent Gbabgo, de retour au pays depuis juin après près de 10 ans d'absence, lance ce week-end un nouveau parti politique pour "réunir la gauche", avec l'élection présidentielle de 2025 en ligne de mire.

"C'est le grand retour de Laurent Gbagbo sur la scène politique", assure à l'AFP Justin Koné Katinan, porte-parole de l'ancien chef de l'Etat.

Depuis son arrivée à Abidjan le 17 juin, acquitté par la justice internationale qui le jugeait pour crimes contre l'humanité dans la sanglante crise post-électorale de 2010, Laurent Gbabgo n'a pourtant jamais été très loin de la politique.

Visite chez l'ex-président et ancien rival Henri Konan Bédié, rencontre de "réconciliation" avec le chef de l'Etat Alassane Ouattara, rupture consommée avec son ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan: il a occupé le paysage politique ivoirien.

"Assumons de faire de la politique", avait-il lancé dès le 10 juillet dernier, lors de sa visite chez M. Bédié.

Le Front populaire ivoirien (FPI), son parti historique fondé dans la clandestinité en 1982, étant désormais aux mains de M. Affi N'Guessan, M. Gbagbo a choisi de donner un nouveau souffle à son retour en créant sa propre formation.

1.600 délégués sont attendus au prestigieux Hotel Ivoire d'Abidjan pour rédiger le manifeste et les textes de cette nouvelle formation qui devrait s'appeler "Parti des Peuples Africains - Côte d'Ivoire" (PPA-CI).

Dans le nom comme dans le logo - deux mains entrelacées dans une carte d'Afrique - qui seront proposés dimanche, l'accent est mis sur la dimension panafricaine du parti.

La souveraineté de l'Afrique face aux puissances occidentales devrait d'ailleurs faire partie des thèmes phares du congrès ce week-end.

Pas question pour autant de délaisser la politique nationale en Côte d'Ivoire. Dans l'entourage de l'ancien président, le mot d'ordre est clair: ce nouveau parti vise à recréer un débat politique dans un pays où l'opposition est considérablement affaiblie depuis 10 ans.

"Nous voulons constituer un parti d'opposition politique normal qui apporte une critique. Pour que le débat quitte la violence et devienne essentiellement politique", clame Justin Koné Katinan.

"On attend de voir si ce sera une opposition réelle ou un parti en quête du pouvoir. On verra comment ils vont procéder, quel sera leur programme alternatif", estime l'analyste politique Sylvain N'Guessan.

Avec Simone Gbagbo ?

Reste à savoir quelles personnalités politiques ivoiriennes rejoindront cette plateforme. Une grande partie des cadres et anciens ministres du FPI vont suivre leur ancien leader dans cette nouvelle aventure, mais quelques inconnues demeurent.

Simone Gbagbo d'abord. L'ex-Première Dame, dont Laurent Gbagbo a demandé le divorce à son retour en Côte d'Ivoire envoie des signaux ces dernières semaines pour faire cavalier seul, à l'image du lancement d'une plateforme la soutenant.

Charles Blé Goudé, ensuite. L'influent pilier du régime de Gbagbo (2000-2011), dont il a été le co-accusé à la Haye, est toujours bloqué aux Pays-Bas depuis son acquittement, faute de passeport, mais entretient le mystère sur son rôle lors de son retour en Côte d'Ivoire.

Enfin Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion qui a aidé Alassane Ouattara à accéder au pouvoir contre Laurent Gbagbo est aujourd'hui tombé en disgrâce, condamné à perpétuité en juin pour "complot" et actuellement en exil. De quoi laisser la porte entrouverte à celui qui incarne désormais une frange de l'opposition au chef de l'Etat.

"Ceux qui veulent nous rejoindre savent à quoi s'en tenir. Nous sommes un parti de gauche, et ceux qui s'y retrouvent peuvent venir", glisse Justin Koné Katinan.

Le lancement de ce parti, quatre mois après le retour de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, est en tout cas une première étape vers la présidentielle de 2025.

Un projet de l'exécutif visant à limiter l'âge des candidats à 75 ans pourrait toutefois constituer un obstacle aux ambitions de Laurent Gbagbo. En 2025, il aura 80 ans.

A la frontière Côte d'Ivoire/Ghana, Noé "ville morte" depuis la pandémie

Un camion est vu à l'arrêt à la douane de Noé, une ville frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Ghana où les résidents n'ont pas pu traverser en raison de la pandémie de COVID-19 le 22 septembre 2021.

"En ce moment, ce n'est pas bon, on ne gagne plus d'argent!". Kassoum ne décolère pas: depuis mars 2020, l'activité commerciale naguère florissante est aujourd’hui inexistante à la frontière entre le Ghana et la Côte d'Ivoire, fermée pour stopper la propagation du Covid-19.

A l'instar de ce chauffeur de kai-kai (tricycle motorisé), les quelque 5.000 habitants de la ville de Noé sont vent débout contre cette fermeture qui "n'a que trop duré".

Magasins fermés, rues désertes, cars de transport et camions de marchandise immobilisés: un silence de cathédrale plane sur le poste-frontière de cette ville à 170 km à l'est d'Abidjan.

Le portail gris, point d'accès au pont qui enjambe la rivière Tanoé marquant la frontière naturelle entre les deux pays, est hermétiquement fermé à la circulation des biens et des personnes.

"Noé ressemble à une ville morte. Rien ne bouge. Tout est arrêté", s'agace Eloukou Yapo, président des jeunes de Noé, interrogé par l'AFP.

"On vous dit de ne pas traverser les frontières, alors que les avions décollent. Pour moi cela n'a pas de sens", se plaint Nanan Assi Atchan II, le chef du village, soulignant que "le quotidien des familles a beaucoup changé".

"La population souffre énormément de cette fermeture. Il ya des Ivoiriens qui ont des plantations en territoire ghanéen et vice versa (...) ils ne peuvent accéder à leur plantation qui pourraient tomber en ruines", poursuit ce septuagénaire, ancien officier de police devenu chef traditionnel.

Vendeurs de rue à Noé, la ville frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Ghana où les résidents n'ont pas pu traverser en raison de la pandémie de COVID-19 le 22 septembre 2021.
Vendeurs de rue à Noé, la ville frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Ghana où les résidents n'ont pas pu traverser en raison de la pandémie de COVID-19 le 22 septembre 2021.

Pirogues

Le 2 septembre dernier, plusieurs centaines de commerçants ghanéens ont manifesté à Elubo, de l'autre côté de la frontière, pour réclamer en vain sa réouverture.

En face, les habitants se sont organisés pour passer malgré l'interdiction. De nombreuses pistes artificielles ont été créées, à travers les broussailles pour traverser le fleuve avec des pirogues de fortune et "faire tourner le business".

"Mes trois enfants qui fréquentent l'école anglophone sont obligés, à leurs risques et périls, de payer 2.000 FCFA (3 euros) par jour pour traverser la rivière" constate Valérie Botché, commerçante à Noé.

"La jeunesse est livrée à elle-même. Elle demande tout simplement la réouverture de la frontière. Si rien n'est fait (...) cette jeunesse est prête, de façon légale, à se faire entendre", avertit de son côté Eloukou Yapo.

En remontant vers Abidjan, à Adiaké, importante ville dans le trafic lagunaire avec le Ghana, le constat est identique. La fermeture y est aussi vécue comme "un enfer pour la population et du pain béni" pour les trafiquants de tout acabit.

"Les plus grosses saisies de drogues ont été réalisées dans cette zone, la fermeture ne fera qu'accroître le trafic, parce que tout s'est arrêté", estime Anvoh Bié, un habitant d'Adiaké.

En mars 2020, les autorités ivoiriennes avaient pris des mesures drastiques pour stopper la propagation de la maladie dès l'apparition des premiers cas: fermeture des frontières, état d'urgence, couvre-feu, fermeture des lieux de culte et des écoles et isolement d'Abidjan, épicentre de l'épidémie.

Certaines des mesures ont été progressivement levées mais les frontières terrestres et maritimes restent fermées.

Des jeunes femmes se lavent à Noé, la ville frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Ghana où les résidents n'ont pas pu traverser en raison de la pandémie de COVID-19, le 22 septembre 2021.
Des jeunes femmes se lavent à Noé, la ville frontalière entre la Côte d'Ivoire et le Ghana où les résidents n'ont pas pu traverser en raison de la pandémie de COVID-19, le 22 septembre 2021.

Pays "jumeaux"

Et si la Côte d'Ivoire partage une frontière avec cinq voisins (Mali, Burkina, Guinée, Liberia et Ghana), ses liens économiques, sociaux et culturels avec le Ghana sont partculièrement forts.

Le Ghana et la Côte d'Ivoire sont deux pays "jumeaux" par la géographie, le peuplement, l'agriculture et tout récemment le pétrole. Ils sont en outre les deux plus gros producteurs de cacao de la planète, avec deux tiers de la production mondiale.

La Côte d'Ivoire, pays d'environ 25 millions d'habitants, est relativement peu touchée par le virus, mais l'épidémie s'est aggravée ces deux derniers mois avec 224 morts depuis début août sur un total de 600.

Selon un responsable local qui souhaite rester anonyme, la fermeture de la frontière fait plus de mal que de bien, y compris sur le plan sanitaire. "On devrait ouvrir la frontière, imposer le vaccin et un test PCR, il y aura moins de cas", peste t-il.

"Tant qu'il y aura une augmentation des cas, ce ne serait pas responsable pour l'Etat de rouvrir les frontières", estime de son côté le sous-préfet de Noé, Losseny Dosso, qui assure que l'Etat "s'apprête à prendre des dispositions".

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