Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Coronavirus

Covid-19: l'OMS s'inquiète des mutations en Afrique

Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'Afrique.

Les gouvernements africains doivent prendre en urgence des mesures pour être prêts à fournir aux populations les vaccins contre le coronavirus, a déclaré jeudi le Centre de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l'agence spécialisée de l'Union africaine (UA).

La directrice pour l'Afrique de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Matshidiso Moeti, s'est dite de son côté "préoccupée" par la découverte de plusieurs variantes du virus sur le continent lors d'un point presse virtuel qui se tenait également jeudi matin. "Découvrir de nouvelles variantes n'est pas surprenant", a-t-elle rappelé, "mais certains de ces changements peuvent être préoccupants".

L'UA a annoncé mercredi avoir obtenu 270 millions de vaccins anti-Covid pour le continent, dont la plupart des pays n'ont pas les moyens de financer l'immunisation de leur population.

"Nous ne pouvons pas attendre. Il ne s'agit pas d'une vaccination contre la polio ou la rougeole. Nous devons le faire rapidement. Nos économies souffrent, nos populations meurent", a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse John Nkengasong, directeur de l'Africa CDC.

"Il n'y a absolument aucune raison pour que des préparatifs accélérés n'aient pas lieu", a-t-il ajouté.

L'Africa CDC a fixé un objectif de 60% d'Africains vaccinés contre le Covid-19 en 2021 et 2022.

M. Nkengasong a affirmé que les Etats devaient agir rapidement pour organiser les sites de stockage dans les grandes villes, former les personnels de santé, sécuriser l'approvisionnement de matériel comme les aiguilles, et créer des systèmes efficaces de suivi des vaccinations effectuées.

Il a précisé que les gouvernements seraient dans les prochains jours en mesure de commencer à passer commande via une plateforme de l'UA. Selon cette dernière, au moins 50 millions de doses seront disponibles entre avril et juin.

Les vaccins de l'UA - fournis par Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Johnson & Johnson - viendront en complément de ceux sécurisés via Covax, une initiative de l'OMS et de partenaires privés, qui vise un accès équitable aux vaccins.

Des études récentes ont révélé que la variante du virus présente en Afrique du Sud, la 501Y.V2, est plus transmissible et a été retrouvée pour l'instant dans trois autres pays du continent, le Botswana, la Gambie et la Zambie.

"Mais sincèrement, nous pensons qu'il y a de fortes chances qu'elle soit présente dans d'autres pays aussi", souligne Dr Moeti.

Un réseau de douze laboratoires africains travaillent ensemble et ont actuellement séquencé 5.000 échantillons du virus, une opération essentielle pour détecter de potentielles nouvelles souches, leur dangerosité, leur niveau de propagation et de pénétration.

"Nous avons besoin de davantage de séquençage, nous devons connaître notre épidémie pour pouvoir la combattre", a souligné la professeure Francisca Mutapi.

Une autre variante a été découverte au Nigeria, mais des recherches sont toujours en cours pour déterminer si "elle peut être associée à de quelconques changements sur la circulation de l'épidémie ou sur sa mortalité", a précisé le Dr Chikwe Ihekweazu, directeur du Centre national pour les maladies infectieuses.

Le pays le plus peuplé d'Afrique manque de structures hospitalières, mais aussi très largement d'oxygène et de lits de réanimation. Les autorités ont annoncé la semaine dernière que 100.000 doses de vaccin "pourraient" arriver d'ici la fin du mois.

L'Afrique a enregistré 3,1 millions de cas de Covid-19 (3,5% du total mondial) et environ 75.000 morts (2,4% du total), mais le nombre de tests reste très insuffisant.

Cependant, au cours du mois écoulé, les contaminations ont augmenté en moyenne de 18% par semaine, avec une progression particulièrement significative dans l'Ouest et le Sud du continent.

Environ 30.000 nouveaux cas sont actuellement enregistrés chaque jour à travers l'Afrique, contre 18.000 lors de la première vague de coronavirus l'année dernière, a dit M. Nkengasong du CDC.

Toutes les actualités

Pfizer et Moderna promettent une augmentation majeure de l'offre de vaccins

Pfizer et Moderna promettent une augmentation majeure de l'offre de vaccins
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:51 0:00

Macky Sall a pris une dose du vaccin chinois Sinopharm

Macky Sall a pris une dose du vaccin chinois Sinopharm
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:01 0:00

Au Mozambique, l'opposition fragilisée par les décès de ses dirigeants

Daviz Simango, leader du MDM, en campagne le 8 octobre 2018 au Mozambique.

Le décès cette semaine d'une de ses figures est un nouveau coup dur pour l'opposition au Mozambique, déjà affaiblie par la disparition il y a près de trois ans d'Afonso Dhlakama, le dirigeant emblématique du parti adversaire historique du pouvoir, le Renamo.

Lundi, Daviz Simango, fondateur du second parti d'opposition, le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM), est mort à 57 ans d'une maladie dont la nature n'a pas été rendue publique.

En mai 2018, le premier opposant du pays, Afonso Dhlakamadu, à la tête de l'ancien mouvement rebelle de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), était mort soudainement d'une crise cardiaque.

"L'opposition, déjà mourante, qui luttait contre le parti au pouvoir, le Frelimo, ce vieux mammouth, est dans un état qui a encore empiré", explique Domingos do Rosario, professeur en Sciences politiques à l'université Eduardo Mondlane de Maputo, après le décès de M. Simango.

"Le scénario est sombre", présage-t-il.

Car cet affaiblissement de l'opposition pourrait menacer désormais l'équilibre politique même du Mozambique, pays d'Afrique australe qui a réussi sa transition démocratique il y a près de 30 ans, à l'issue d'une longue et sanglante une guerre civile.

Après avoir lutté contre la puissance coloniale portugaise, le Front de libération du Mozambique (Frelimo) dirige le pays depuis son indépendance, il y a près d'un demi-siècle (1975).

Le régime communiste de parti unique mis en place après l'indépendance par le Frelimo a été violemment combattu par la Renamo, au cours d'une guerre civile qui a duré une quinzaine d'années et fait un million de morts, jusqu'à un accord de paix en 1992.

L'instauration alors du multipartisme politique, puis des élections multipartites deux ans plus tard, n'ont pas empêché le Frelimo de conserver depuis le pouvoir au Mozambique.

- "Parti unique" -

Le risque aujourd'hui, selon les spécialistes, est de voir le Mozambique désormais gouverné par un parti unique de fait, avec un Frelimo sans adversaire. Une menace pour l'Etat démocratique.

"La démocratie mozambicaine est de plus en plus affaiblie", met en garde le Pr Hilario Chacate qui enseigne les relations internationales à l'université Joaquim Chissano de Maputo.

Sur 40 partis existant au Mozambique, seuls trois siègent au Parlement, largement dominé par le parti au pouvoir avec 184 représentants, contre 60 pour la Renamo et seulement six pour le MDM.

Les experts craignent que ce dernier, jeune parti créé en 2009, ne disparaisse tout simplement avec son fondateur défunt.

"Le MDM n'était pas prêt à perdre son chef et Daviz Somango n'a pas préparé sa succession", explique M. Chacate. "Avec sa mort, je prédis un scénario similaire à celui de la Renamo"

Lors des dernières élections générales en 2019, des membres de la Renamo opposés au successeur de M. Dhlakama, Ossufo Momade, ont formé un groupe dissident, appelé "Junte militaire de la Renamo".

Appelant leurs partisans à boycotter le scrutin, ils ont organisé des dizaines d'attaques meurtrières pendant la campagne. Et la Renamo "officielle" a perdu une trentaine de sièges au Parlement.

L'affaiblissement de l'opposition est "un sérieux problème pour la démocratie au Mozambique", souligne Domingos do Rosario.

L'ancien ministre de la Défense, Alberto Chipande, a déjà claironné dans une récente interview, que le Frelimo dirigera confortablement le Mozambique, pendant un siècle.

Un scenario qui n'a "jamais été aussi probable", estime le Pr do Rosario.

La distribution des vaccins s’intensifie à travers le monde

La distribution des vaccins s’intensifie à travers le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:15 0:00

Afrique du Sud: un demi-milliard d'euros au budget pour la vaccination

Le ministre sud-africain de la Santé, Zweli Mkhize, reçoit le vaccin contre la maladie à coronavirus Johnson et Johnson à l'hôpital de Khayelitsha près du Cap, en Afrique du Sud, le 17 février 2021.

L'Afrique du Sud, à l'économie durement plombée par le Covid, a fait de la vaccination une priorité dans son budget annuel présenté mercredi au Parlement, un exercice de funambule consistant à lutter contre la pandémie tout en évitant d'aggraver l'endettement.

Venu finalement sans son habituel et symbolique plante d'aloe vera -capable de survivre en pleine sécheresse-, le ministre des Finances, Tito Mboweni, a annoncé que le pays allouera 568 millions d'euros au programme de vaccination contre le coronavirus.

Le gouvernement prévoit de vacciner les deux-tiers de sa population de 59 millions d'habitants, d'ici la fin de l'année.

"Cette année, nous sommes confrontés à un exercice d'équilibre exceptionnellement difficile", a reconnu M. Mboweni. "D'un côté, il y a une pandémie qui fait rage (...), de l'autre, une économie faible avec un chômage massif".

Le chômage a atteint un niveau record dans le pays fin 2020, avec 7,2 millions de Sud-Africains sans emploi, soit 32,5% de la population. Il touche surtout les jeunes professionnels entre 25 et 34 ans, ainsi que les 15-24 ans.

Dans la matinée, plusieurs manifestations contre le chômage ont eu lieu dans le pays, à l'appel des syndicats. Au Cap, la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants qui marchaient vers le Parlement.

À l'hôpital de Soweto, une centaine de personnes en chemise rouge ont dansé et entonné des chants de lutte contre l'apartheid, en solidarité avec le personnel médical sous-payé et épuisé par la crise sanitaire.

- "Dégâts du Covid" -

Une enveloppe supplémentaire de près de 320 millions d'euros a été annoncée, dans le cadre d'un plan de 5,6 milliards pour stimuler l'emploi des jeunes.

"Les dégâts causés par le Covid-19 sont profonds et nous partageons la douleur collective de nombreux Sud-Africains qui ont perdu leur emploi", a déclaré le ministre.

La situation budgétaire de l'Afrique du Sud, officiellement le pays africain le plus touché par la pandémie avec plus d'1,5 million de cas et près de 49.500 décès, était déjà fragile avant la crise sanitaire et s'est fortement détériorée l'année dernière.

La dette publique devrait atteindre plus de 80% du PIB cette année, selon les prévisions.

"Nos finances publiques sont dangereusement sous pression", a mis en garde le ministre. Mais le gouvernement espère qu'une vaccination de masse contribuera à stimuler la croissance à 3,3% cette année, après une forte contraction de 7,2% en 2020.

Les besoins d'emprunts resteront toutefois "bien supérieurs" à 28,2 milliards d'euros par an, au moins jusqu'en 2024, a-t-il averti.

D'importantes hausses des taxes ont également été annoncées pour combler "le plus grand déficit fiscal jamais enregistré", notamment sur l'alcool, le carburant et le tabac.

Une mesure qui va "augmenter le coût de la vie pour tous les Sud-Africains", a réagi le premier parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), dans un communiqué.

- "Etat de catastrophe" -

L'Afrique du Sud a rapidement déclaré "l'état de catastrophe" après l'apparition du virus en mars sur le continent. Et le gouvernement a mis en place un des confinements les plus stricts au monde.

Les premières vaccinations ont démarré la semaine dernière, un plan d'immunisation une nouvelle fois jugé "trop lent, trop peu, trop tard" par l'opposition.

Mais en tentant de se protéger de l'épidémie, le pays s'est également fermé aux touristes et aux capitaux étrangers.

En Afrique, où l'arrêt brutal de l'économie mondiale lié à la crise du Covid-19 a frappé de plein fouet les revenus des pays émergents, les économistes des Nations unies annonçaient en 2020 une chute des investissements directs étrangers de 25% à 40%.

Un retrait significatif pour l'Afrique du Sud, qui tire 8% de son PIB des exportations de minerais et de métaux.

Le gouvernement est également confronté à des besoins croissants de la part d'entreprises publiques en difficulté, comme la compagnie d'électricité Eskom.

Les efforts pour réduire la masse salariale de la fonction publique se poursuivent, a également assuré Tito Mboweni.

Voir plus

XS
SM
MD
LG