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Côte d'Ivoire: un lendemain sans touristes à Grand-Bassam

A l'extérieur de l'hôtel Nouvelle Paillote, l'un des trois hôtels impliqués dans une attaque à Grand Bassam, Côte-d'Ivoire, le lundi 14 mars 2016. (AP Photo/Christin Roby)

La vie a repris lundi à Grand-Bassam mais les habitués de la station balnéaire restent traumatisés, craignant de voir les touristes fuir au lendemain de la première attaque jihadiste en Côte d'Ivoire qui a fait 18 morts.

Commerçants, témoins, badauds, journalistes et forces de l'ordre en patrouille se croisent sur la plage et dans les rues de cette station située à une vingtaine de kilomètres seulement de la capitale, prisée des Ivoiriens et de la population expatriée d'Abidjan.

Atouah Adjé, la cinquantaine, cherche son fils, qui venait faire des petits boulots à Grand-Bassam les week-ends. "Depuis hier, on ne le voit pas. On sait pas où le retrouver. Je suis venue fouiller encore, demander à ses amis si quelqu'un l'a vu. Il n'est ni à l'hôpital, ni à la morgue. Je ne sais pas où il est. Il est handicapé", raconte-t-elle en pleurs.

Salata, une commerçante, est venue chercher des affaires abandonnées dans la panique la veille. "Je n'ai pas dormi de la nuit. Je tremble encore en pensant à ce que j'ai vu hier. Là je vais chercher ma glacière à la plage mais j'ai peur qu'ils tirent encore", affirme-elle, la voix tremblante.

Le jeune Eric Tanoh, qui se dit "manageur" et vit de petits boulots sur la plage, a été blessé en fuyant l'attaque. "C'était pas beau à voir, c'était vilain", souffle-t-il.

Malgré les pansements qu'il porte au bras droit et sur les tibias, il est venu récupérer ses affaires perdues. Mais d'autres ont été plus rapides, comme ces jeunes qui ont récupéré des petits colliers et autres verroteries abandonnées par les commerçants en fuite.

Devant l'hôtel l'Etoile du sud, un des trois établissements ciblés, un couple - une Ivoirienne et un Français - est venu récupérer ses bagages. "On n'est plus en sécurité nulle part", se désole la femme.

Les activités vont prendre un coup

Certains témoins ne se lassent pas de relater ce qu'ils ont "vécu en direct" et beaucoup assurent avoir vu plus de trois assaillants, contredisant la version officielle qui fait état de trois "terroristes abattus" en plus des 15 civils et trois membres des forces de sécurité morts dans l'attaque.

"Quand ils sont arrivés, une femme a transporté leur bagage dans le bungalow. Ils se sont changés, ils étaient sept. La première personne qui est sortie portait un haut blanc et un foulard sur la tête. Il a fait face au petit (l'une des victimes) et puis il a dit Allah Akbar (Dieu est grand en arabe) et il a tiré sur le petit. Quand on a vu ça on a couru", raconte à l'AFP avec de grands gestes un témoin rencontré sur la plage.

Après l'effroi, la véritable crainte des habitants de Bassam est aujourd'hui que "les gens (aient) peur de venir sur la plage", s'inquiète Clarisse, employée dans un hôtel. Elle craint que son secteur, grand pourvoyeur d'emplois dans la ville, soit affecté.

Inscrit au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco, Grand-Bassam vit essentiellement du tourisme, grâce à l'attrait de sa vieille ville appelée Quartier "France", à l'architecture coloniale française, et de sa plage bordée de restaurants et d'hôtels pour tous les budgets.

Les week-ends, les rabatteurs se battent pour attirer dans leurs établissements les Abidjanais en villégiature, tandis que d'innombrables vendeurs de cacahuètes, boissons, cerfs-volant, bananes, ou autres souvenirs arpentent la plage en quête de clients.

"On a peur, on pense à tous ceux qui viennent à Bassam aussi. Donc c'est sûr que les activités vont prendre un coup. Les blancs (Occidentaux) ne vont plus revenir", dit Joseph Bilé, un habitant de Bassam, témoin des faits.

"Si on ferme la plage ça va être dur pour nous", souligne Salata la commerçante, consciente que les jihadistes ont sans doute effrayé les clients pour au moins quelque temps.

Avec AFP

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Crise au sein de l'UDPS avant les funérailles de Tshisekedi père

Les partisans de l'Union pour la démocratie et le progrès social - UDPS (République démocratique du Congo) se rassemblent devant le siège du parti alors qu'ils réclamaient la déclaration de leur dirigeant à Kinshasa le 21 décembre 2018

Une nouvelle crise agite l'UDPS, le parti d'origine du président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, à huit jours des funérailles à Kinshasa de son père, le fondateur de l'UDPS Etienne Tshisekedi.

Le dernier conflit porte sur la direction de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), laissée vacante depuis le départ de Félix Tshisekedi, investi président de la République le 24 janvier.

Le président par intérim Jean-Marc Kabund a nommé un secrétaire général, Augustin Kabuya. Cette décision braque les partisans d'une direction collégiale sous forme d'un directoire.

Dans une déclaration à la presse mercredi, des députés de l'UDPS affirment que "la mise en place du directoire devrait intervenir avant le rapatriement" de la dépouille d'Etienne Tshisekedi.

Ce rapatriement a été annoncé pour jeudi 30 mai, et des funérailles sont prévues jusqu'au 1er juin. Etienne Tshisekedi est décédé à Bruxelles le 1er février 2017. Son corps n'avait pas pu être rapatrié faute d'accord avec l'ancien régime Kabila.

"Toute opposition à la mise en place du directoire (...) sera considérée comme un acte de sabotage et de haute trahison vis-à-vis d'Etienne Tshisekedi", insistent les députés de l'UDPS.

Ancien ministre du dictateur Mobutu dans les années 1960, Etienne Tshisekedi est passé dans l'opposition et a fondé l'UDPS en 1982. Il a ensuite été trois fois Premier ministre lors de la transition multipartite des années 90, avant de s'opposer au régime des Kabila père et fils.

Début mars, les militants de l'UDPS avaient manifesté leur colère après la défaite de leur parti aux élections sénatoriales à suffrage indirect. Des "combattants" de l'UDPS ont accusé leurs "grands électeurs", les députés provinciaux, d'avoir trahi et cédé à la corruption.

En novembre dernier, la même "base" avait obligé Félix Tshisekedi à dénoncer dans la journée un accord qu'il avait passé la veille avec d'autres ténors de l'opposition pour la désignation d'un candidat unique à l'élection présidentielle.

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