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L'IVG en débat au Burkina Faso

Un panneau devant le ministère de la Santé à Ouagadougou, Burkina Faso, 23 septembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

La question de l'avortement fait polémique au Burkina Faso. La pratique y est interdite mais le gouvernement a récemment annoncé qu’il comptait modifier la loi pour permettre ce qu’il appelle "des interruptions sécurisées de grossesse" dans le but de protéger la femme ou la jeune fille dans des circonstances difficiles.

Cette annonce n’est pas du goût des professionnels de la santé ou encore de certaines organisations religieuses.

Depuis l’annonce par le gouvernement d’une probable relecture de la loi sur les interruptions de grossesse donnant un certain nombre de droits aux femmes, le Conseil national des évangéliques pour la lutte contre le Sida et pour la promotion de la santé n’est pas passé par quatre chemins pour marquer son indignation.

"Conformément aux prescriptions des saintes écritures, dès la conception, l’individu est un être vivant. L’avortement est un crime", désapprouve le pasteur Omar Sawadogo.

​Pourtant, le gouvernement est ferme. Pour lui, il ne s’agit pas de légaliser l’avortement, comme l’explique Nicolas Méda, le ministre de la Santé.

Nicolas Méda, le ministre de la Santé, à Ouagadougou, Burkina Faso, 23 septembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Nicolas Méda, le ministre de la Santé, à Ouagadougou, Burkina Faso, 23 septembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"L’interruption sécurisée de grossesse, aujourd’hui, dans la loi du Burkina, est seulement autorisée quand il y a viol, inceste ou risque vital sur la santé de la mère, quand le fœtus à naître est tellement malformé qu’il n’y a aucun espoir de vie. En dehors de ces cas, vous pouvez considérer qu’au Burkina, l’avortement, l’interruption volontaire de grossesse, l’interruption sécurisée de grossesse est une infraction. C’est ça la position du gouvernement", précise M. Méda.

L’interruption volontaire de grossesse, qu’elle soit médicale ou non, n’est pas un geste anodin, selon Dr Linda Koubi, gynécologue-obstétricienne. Le geste a beaucoup de complications, mais le faire en milieu sanitaire limite les dégâts, dit-elle. Dr. Koubi est favorable à l’interruption sécurisée.

"Lorsque elle est réalisée dans un cadre légal et par des agents de santé compétents, cela limite considérablement la morbidité et la mortalité liée aux conséquences de l’avortement. Des avortements sécurisés seraient bénéfiques aux patientes et seraient une option à envisager dans le futur", se défend la gynécologue-obstétricienne.

Dr. Linda Koubi, Gynécologue-obstétricienne, à Ouagadougou, Burkina Faso, 23 septembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)
Dr. Linda Koubi, Gynécologue-obstétricienne, à Ouagadougou, Burkina Faso, 23 septembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

"Avant de parler d’interruption de grossesse sécurisée, le gouvernement devrait mettre l’accent sur les moyens de contraception", soutient sur VOA Afrique pour sa part le Pr. Charlemagne Ouédraogo, lui aussi gynécologue-obstétricien et président de l’ordre des médecins de Ouagadougou.

"Tous les jours que Dieu fait, nous sommes abordés par des personnes qui n’ont aucun problème, mais qui portent une grossesse non désirée due à un échec de la contraception par exemple. Est-ce que si je suis enceinte sans le vouloir, ou par échec de contraception, moi je le dis toujours, échec de contraception. Est-ce que je peux accéder à un avortement, oui ou non ? C’est cela la question. Il ne faut pas généraliser les cas", met en garde Dr. Ouédraogo.

L’avortement est interdit au Burkina mais sur le terrain, il se pratique clandestinement.

Selon une étude réalisée par l’Institut supérieur en sciences de la population de l’Université de Ouagadougou, le taux d’avortements clandestins est de 25 pour 1000 habitants par an. Et 41% de ces avortements sont faits par des tradipraticiens.

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Les intempéries les plus meurtrières en Afrique australe depuis 20 ans

Zimbabwe Cyclone

L'Afrique australe a plusieurs fois été meurtrie par des tempêtes et inondations, comme lors du cyclone Idai qui vient de dévaster le Mozambique et le Zimbabwe. Rappel des intempéries les plus meurtrières des vingt dernières années :

- La plus meurtrière au Mozambique en 2000 -

En février et mars 2000, des inondations sans précédent depuis un demi-siècle au Mozambique font quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affectent environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Les provinces les plus touchées sont Maputo, Gaza et Inhambane (sud). Cette catastrophe, à laquelle s'ajoutent les effets du passage du cyclone Eline, porte un coup sévère à l'économie du pays. Eline tue également 130 personnes à Madagascar.

En janvier et février 2013, de nouvelles inondations dans la province de Gaza font plus d'une centaine de morts et environ 250.000 sinistrés, emportant routes, hôpitaux et maisons.

En janvier 2015, le Mozambique connaît une autre catastrophe majeure: après de fortes précipitations, le fleuve Licungo, qui sépare le pays en deux, monte subitement de 12 mètres, dévastant la province de Zambézie (centre), plongeant la moitié nord du pays dans le noir et coupant l'axe autoroutier Nord-Sud, ce qui complique l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces inondations font près de 160 morts (hors cas de choléra) et 177.000 sinistrés. Au Malawi voisin, des crues tuent 176 personnes.

- 2004 : Madagascar -

En mars 2004 à Madagascar, le cyclone Gafilo dévaste le nord et l'ouest faisant au moins 241 morts, ainsi que plus de 300.000 sans-abri.

L'île est fréquemment frappée par de nombreux cyclones et tempêtes tropicales, comme Géralda en février 1994 (au moins 200 morts, 500.000 sinistrés) et Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60.000 sans-abri).

- 2016-2017 : Zimbabwe -

Entre décembre 2016 et février 2017, le Zimbabwe, déjà touché par la sécheresse, subit des inondations qui font au moins 246 morts. Plus de 2.000 personnes sont déplacées.

S'ensuit une recrudescence du paludisme, qui provoque 150 morts en deux mois.

Les intempéries les plus meurtrières des dernières décennies sur l'ensemble du continent africain ont frappé entre octobre 1997 et janvier 1998 une vaste zone englobant la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. De gigantesques inondations, suite à des pluies torrentielles causées par El Niño, une anomalie océanique et atmosphérique qui s'empare du Pacifique tropical, qui perturbe tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations, avaient alors affecté ces cinq pays pendant trois mois, faisant plus de 6.000 morts.

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