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Sénégal

Controverse après la mise en cause du frère du président Macky Sall et de BP dans une affaire d’hydrocarbures

Aliou Sall, frère du président sénégalais Macky Sall, prend la parole lors d'une conférence de presse à Dakar, au Sénégal, le 3 juin 2019.

L'opposition et la société civile sénégalaises ont réclamé mardi la mise à plat des contrats liés à l'exploitation future du gaz et du pétrole au Sénégal, après la mise en cause par la BBC d'un frère du président Macky Sall et du géant pétrolier BP dans la signature de contrats controversés.

La découverte d'importantes réserves gazières et pétrolières au large du Sénégal, dont l'exploitation devrait commencer d'ici à 2021-2022, suscite espoirs et convoitises dans ce pays d'Afrique de l'Ouest classé parmi les 25 plus pauvres au monde.

En juin 2012, le président sénégalais nouvellement élu, Macky Sall, avait confirmé la décision de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, d'attribuer à la société Timis Corporation de l'homme d'affaires australo-roumain Frank Timis, sans expérience dans le secteur, l'exploitation de deux champs pétroliers et gaziers au large du Sénégal.

Dans un reportage diffusé dimanche, la BBC affirme que Timis Corporation a secrètement versé deux ans plus tard une "prime" de 250.000 dollars à Agritrans, une société contrôlée par Aliou Sall, frère cadet de Macky Sall.

Engagé par le groupe Timis après l'arrivée au pouvoir de son frère, Aliou Sall a bénéficié d'un salaire de 25.000 dollars par mois, selon la BBC, jusqu'à sa démission en octobre 2016, après des critiques de l'opposition sur un possible conflit d'intérêts.

"Agritrans n’a jamais reçu 250.000 dollars de la part de Timis. Les affirmations de la BBC sont totalement fausses", s'est défendu lundi Aliou Sall, nommé en 2017 directeur de la Caisse de dépôts et de consignation (CDC) du Sénégal, en annonçant son intention de porter plainte contre la BBC pour "diffamation" à Dakar et à Londres.

"Frank Timis a obtenu sa licence le 17 janvier 2012 alors que Macky Sall n'était pas président de la république. On ne me reproche que d'être le frère du président" réélu en février, a martelé Aliou Sall.

L'enquête de la BBC "vient encore une fois mettre à nu l'opacité et l'absence de transparence qui ont entouré les négociations et transactions dans cette affaire", a dénoncé mardi le mouvement citoyen Y'en a marre, en exigeant qu'"Aliou Sall démissionne de ses responsabilités" pour se "mettre à la disposition de la justice".

La BBC affirme également que le montant du rachat des parts de Timis Corporation par le géant BP en 2017 s'est élevé à 250 millions de dollars, assorti de redevances de quelque 10 milliards de dollars sur 40 ans.

"C'est proprement scandaleux", a réagi dans le quotidien VoxPop le député d'opposition Mamadou Lamine Diallo. "Nous allons mener cette bataille pour récupérer nos ressources naturelles, notre gaz, notre pétrole".

BP a effectué des "vérifications raisonnables et appropriées lors de l'acquisition des participations, y compris sur les questions anticorruption et éthiques et nous avons eu la conclusion que rien ne s'opposait à cette transaction", a affirmé dans le quotidien gouvernemental Le Soleil la responsable pour l'Afrique de BP, Emma Delaney.

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Les Sénégalais redoutent une seconde vague du coronavirus

Le port systématique du masque n’est plus respecté à Dakar, le 1er décembre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Insupportable pour le pays et pour l’économie, c’est en ces termes que le président Macky Sall a décrit l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19. Avec la hausse des contaminations, le pays se rapproche de ce scénario.

Le retour en force des cas communautaires inquiète les autorités et le président Macky Sall est monté au créneau pour insister sur le respect strict des mesures barrières que sont la distanciation physique, le port correct du masque et le lavage régulier des mains.

Un message entendu par les Sénégalais qui se défendent d’être à l’origine de ces manquements. Pour Samba Ndiaye, le relâchement vient des autorités puisqu’elles ont levé le pied dans le cadre de la prévention.

"L’État avait défini des mesures de prévention et il y avait une énorme pression avec des contrôles systématiques sur les citoyens pour le respect des mesures barrières. Mais au fur et à mesure que les cas positifs baissaient, la rigueur également était en baisse et finalement les Sénégalais ont suivi cette lancée", explique-t-il.

Une deuxième vague n’est pas souhaitable mais cela semble se préciser vu la remontée rapide des cas communautaires mais aussi la dynamique dans les pays occidentaux.

Seydina Aliou Boly, spécialiste en préparation et réponse aux catastrophes, estime que le Sénégal est encore susceptible de connaître une deuxième vague et pour y échapper, il en appelle à plus de vigilance et de rigueur.

"En matière de pandémie, tant qu’il y a un seul cas qui reste dans un pays, dans une communauté, dans une société il faut rester extrêmement prudent et considérer que ce n’est pas fini", analyse-t-il.

"Nous devons rester extrêmement vigilants parce que nul ne sait quelle sera la dynamique mais surtout la virulence, parce que le virus peut muter donc il faut faire très attention", ajoute-t-il.

En attendant une éventuelle deuxième vague, des spécialistes comme Seydina Aliou Boly estiment que le Sénégal et l’Afrique devraient aussi se donner les moyens d’être des acteurs clés dans la conception de solutions médicales durables contre la maladie Covid-19.

De son côté, le président Macky Sall dit travailler en parfaite harmonie avec les partenaires, notamment ceux du G20, pour un accès universel au vaccin.

Macky Sall craint l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19
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A Dakar, un étudiant pas comme les autres

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"Trafic d’êtres humains": Serigne Modou Kara Mbacke dément les accusations

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Décès du footballeur sénégalais Papa Bouba Diop à l'âge de 42 ans

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Arrestations de 43 fidèles d'un chef religieux sénégalais pour "trafic d'êtres humains"

La police a déployé un dispositif sécuritaire impressionnant au centre-ville de Dakar, empêchant ainsi une marche appelée par l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, à Dakar, Sénégal, 25 juillet 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La gendarmerie sénégalaise a annoncé l'arrestation de 43 personnes pour notamment "traite d'êtres humains" dans des centres d'éducation créés par un influent chef religieux dans la région de Dakar où des individus étaient "victimes de séquestration et de maltraitances", des affirmations démenties lundi par l'entourage du chef religieux.

Ces arrestations ont eu lieu lors d'opérations menées du 26 au 28 novembre par la gendarmerie dans ces centres tenus par des disciples de Serigne Modou Kara Mbacké, selon la gendarmerie qui les a rendues publiques dans un communiqué dimanche soir.

Serigne Modou Kara Mbacké est un chef religieux membre de l'influente confrérie musulmane des mourides et dirigeant d'un parti politique. Il a mis en place à travers le pays des "centres de redressement" ciblant notamment des jeunes en perdition.

Les enquêtes de la gendarmerie ont permis de démanteler "un réseau de vol de scooters, de trafic de chanvre indien et de traite d'êtres humains" dans ces centres.

Plus de 370 pensionnaires de ces centres de rééducation, dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue, ont été libérés.

Ils vivaient "dans des conditions sanitaires déplorables. Souffrant visiblement de maladies et de malnutrition sévère, les stigmates des sévices corporels sont visibles sur les corps des victimes, dont certains semblent avoir perdu la raison", a poursuivi la gendarmerie.

"Les témoignages des victimes font état de plusieurs décès durant ces deux dernières années, dont le dernier remonte à trois jours. L'enquête se poursuit sous la direction du Procureur de la République, précisément pour les faits d'association de malfaiteurs, vol en réunion en temps de nuit, trafic de drogue, traite de personnes et complicité", selon le communiqué.

Le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké a démenti ces accusations.

"La gendarmerie n'a trouvé de la drogue dans aucun des centres de redressement" qui accueillent plutôt "des victimes de la drogue, des jeunes repris de justice et des déficients mentaux", dans un communiqué lundi.

En raison des "résultats satisfaisants" dans ces centres, le nombre de pensionnaires a augmenté et causé une "promiscuité du cadre de vie" due au "manque de moyens", s'est justifié le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké.

Il appelle l'Etat, au lieu de les "sanctionner", à accompagner ces structures qui "ont réussi là où des structures officielles n'ont pas de solutions malgré leur budget à coup de milliards".

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