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Conflit forestier en RDC : procès en appel des policiers et soldats pour violences

Un camion transporte des grumes du bassin du Congo à Abidjan, Gabon, 15 juillet 2010.

Le procès en appel des militaires et policiers congolais accusés de violences en 2011 contre des communautés autochtones en Équateur, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, s'est ouvert lundi.

"Le procès en appel a été ouvert hier (lundi) devant la cour militaire" de Mbandaka (700 km au nord-est de Kinshasa), a déclaré à l'AFP Me Théodore Amisi, avocat de la Société industrielle et forestière du Congo (Siforco), une des parties au procès.

"Cinq accusés ont comparu, trois militaires et deux policiers", a ajouté de son côté Dominique Kamuandu, coordinateur programme de l'ONG Avocats sans frontières (ASF), qui soutient les parties civiles ayant fait appel ainsi que le procureur.

Lors de cette première audience consacrée à l'identification des prévenus, ces derniers "ont soulevé des exceptions" et demandé l'annulation des actes d'appel, ont indiqué les deux sources.

La prochaine audience a été fixée à jeudi.

Les cinq soldats et policiers sont poursuivis pour torture et viols perpétrés le 2 mai 2011 au cours d'une opération des forces de l'ordre à Yalisika dans le nord de la province de l'Équateur.

Ce jour-là, la force publique était intervenue à Yalisika pour ramener l'ordre après un différend entre la population locale et la société Siforco. Celle-ci était accusée par les habitants de n'avoir pas respecté ses obligations sociales à leur égard.

Greenpeace, et les ONG Global Witness et Avocats sans frontières, avaient alors accusé la Siforco, à l'époque filiale du groupe forestier allemand Danzer, d'avoir fourni un camion et un chauffeur aux agents responsables des violences commises ce jour-là.

Le 14 décembre 2015, la justice militaire a condamné à des peines de 2 à 3 ans de prison les prévenus pour "tortures" commis contre des populations de Yalisika.

Siforco, aujourd'hui filiale du Groupe Blatner Elwyn et qui se présente comme le premier producteur de grumes en RDC, a été mise hors de cause en première instance.

Grande comme cinq fois la France, la RDC abrite plus de 60% des forêts denses du Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète après l'Amazonie.

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Des coups de feu et des morts à Lubumbashi, capitale minière du Congo

Des officiers de la police anti-émeute déployés avant une manifestation prévue à Lubumbashi, le 26 mai 2016. (Photo: JUNIOR KANNAH / AFP)

Un policier et sept miliciens ont été tués samedi dans la région de Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo, où les forces de sécurité ont repoussé des "incursions" d'assaillants d'un ex-chef de guerre, a indiqué un porte-parole de la police.

Des coups de feu ont été entendus dans la capitale minière de la RDC, où les forces de sécurité ont installé des barricades levées à la mi-journée, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des miliciens de l'ex-seigneur de guerre Gédéon Mutanga Kyungu "ont fait des incursions" à Lubumbashi et Likasi dans la région minière du Katanga, première réserve mondiale de cobalt, a indiqué la police nationale congolaise (PNC).

"Ils ont été repoussés par la police et les forces armées", a poursuivi le porte-parole de la PNC, Pierrot Mwanamputu, dans un compte-rendu écrit transmis à l'AFP.

Un policier commis à la sécurité des camions d'une société minière a été tué par les assaillants, selon la même source.

A Lubumbashi, des assaillants sont entrés dans la résidence de l'ex-chef de guerre Gédéon qui s'est "volatilisé dans la nature", selon le compte-rendu, qui ne précise pas s'il était en résidence surveillée ou non.

Gédéon Kyungu Mutanga était à la tête d'un groupe de miliciens pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

Accusé d'être le chef du groupe rebelle sécessionniste ("Bakata Katanga"), il avait été condamné à mort en mars 2009 pour "crimes de guerre, crimes contre l'humanité, mouvement insurrectionnel et terrorisme". Il s'était évadé en septembre 2011 lors d'une attaque menée avec des moyens militaires très importants.

Il était ré-apparu en public à Lubumbashi en octobre 2016, lors d'une cérémonie officielle en son honneur devant quelques centaines de policiers et militaires. Arrivé à bord d'une jeep de l'armée, M. Kyungu Mutanga était reparti à bord de la voiture du gouverneur du Katanga de l'époque, Jean-Claude Kazembe.

"L'ex-seigneur de guerre Gédéon a déposé les armes. C'est une victoire pour le peuple congolais", avait alors déclaré un responsable militaire.

La France avait annoncé le gel de ses avoirs début 2018.

Lundi et mardi, Lubumbashi a été soumise a deux jours de confinement, après la découverte de deux cas suspects de coronavirus, finalement testés négatifs.

Le gouvernement congolais fait marche arrière, le confinement de Kinshasa est "reporté"

Activité sur le boulevard Triomphal de Kinshasa au croisement des rues Asosa, Huileries et Patrice Lubumba, le 22 janvier 2014. (Photo: JUNIOR D. KANNAH)

Le "confinement total" de Kinshasa, qui devait commencer samedi pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, a été "reporté", ont indiqué vendredi l'autorité provinciale de la capitale de la République démocratique du Congo après l'avoir annoncé la veille.

"Depuis l'annonce par le gouverneur de ce confinement, il y a une folle flambée des prix sur le marché des biens de première nécessité" et maintenir le confinement "risquait de causer" de "l'insécurité" parmi la population, a déclaré à l'AFP une porte-parole du gouverneur de Kinshasa, Belise Okonda. Un premier confinement devait durer quatre jours de samedi à mardi.

Ituri: au moins 10 membres d'un groupe armé tués

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Coronavirus en RDC: premier cas hors de Kinshasa

Un homme se lave les mains avec de l'eau provenant d'un distributeur contenant de l'eau mélangée à du désinfectant au Congo Air Market sur la route de l'aéroport à l'est de Mbandaka, le 23 mai 2018. (Photo: Junior D. KANNAH/AFP)

Les autorités sanitaires en République démocratique du Congo ont annoncé vendredi un cas de coronavirus dans l'est du pays, le premier signalé en dehors de Kinshasa, à la veille d'un "confinement total" de la capitale pendant quatre jours.

Mais ce premier cas hors de Kinshasa se situe dans la province de l'Ituri et non du Nord-Kivu voisin, comme l'avaient annoncé dans un premier temps les autorités sanitaires congolaises, a précisé vendredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

"Après investigation des échantillons, le premier cas de province vient de Nyakunde (Ituri) et non du Nord-Kivu", indique dans un tweet la représentation de l'OMS en RDC.

Des acteurs de la société civile redoutent des tensions à la veille du premier "confinement total" de quatre jours à Kinshasa, où la majorité des quelque dix millions d'habitants vit au jour le jour, souvent sans eau courante ni électricité.

La RDC comptait 54 cas pour quatre décès jeudi à 17h00 GMT, a indiqué le responsable de l'équipe de riposte au coronavirus, le professeur Jean-Jacques Muyembe.

Le président Félix Tshisekedi a décrété mercredi soir l'isolement de Kinshasa des autres provinces pour éviter la propagation du Covid-19 dans le plus vaste pays d'Afrique subsaharienne (2,3 millions de km2, au moins 80 millions d'habitants).

Le gouverneur de Kinshasa a annoncé jeudi soir un premier "confinement total" de la capitale, de samedi jusqu'à mardi inclus.

Le confinement total de Kinshasa est "insensé" s'inquiète sur Twitter le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha): "Le seul résultat auquel cela peut aboutir est une catastrophe humanitaire ou des émeutes".

"Le confinement de Kinshasa n'apportera que de la misère au peuple qui n'a pas profité de l'argent public comme les politiciens", estime l'avocat et activiste des droits humains Jean-Claude Katende.

Coronavirus: Kinshasa en "confinement total" à partir de samedi

Des passagers d'un mini bus à Kinshasa, le 21 décembre 2018 (Photo MARCO LONGARI / AFP)

Les quelque dix millions d'habitants de la capitale de la RDC, Kinshasa, seront placés en "confinement total" à partir de samedi pour une première période de quatre jours face aux risques de propagation du coronavirus, a indiqué jeudi soir le gouverneur de la plus grande ville d'Afrique francophone.

Gentiny Ngobila a indiqué avoir décrété "un confinement total intermittent de trois semaines qui prendra effet à dater du samedi 28 mars", dans un discours parvenu à l'AFP.

Le premier confinement total va intervenir du samedi 28 au mardi 31 mars inclus, pendant quatre jours. "Le mercredi 1er avril et jeudi 2 avril, les Kinois seront autorisés à circuler pour s'approvisionner. S'en suivra encore quatre jours de confinement total. Cette rotation se poursuivra pendant trois semaines", détaille le gouverneur.

"La ville de Kinshasa compte à ce jour 54 cas positifs, dont cinq décès, et plus de 2.000 cas contacts", poursuit-il en citant "les derniers rapports de l'Institut national de recherche bio-médicale".

Cela représente trois cas et deux décès supplémentaires par rapport au dernier bilan mercredi soir.

"Au cours des périodes de confinement total, seuls les agents de l'administration publique désignés pour assurer le service minimum ainsi que le personnel soignant de service sont autorités à se rendre au lieu de travail", a-t-il indiqué.

"La police veillera rigoureusement au respect de toutes ces mesures et à la sécurité de chaque citoyen de la ville", ajoute le gouverneur dans sa circulaire.

Mardi soir, le chef de l'Etat Félix Tshisekedi avait annoncé des mesures d'isolement de Kinshasa, pour éviter la propagation du Covid-19 dans l'intérieur du pays (suspension des liaisons aériennes, fluviales et terrestres dans les deux sens, sauf pour le cargo et le fret).

Tous les cas enregistrés se concentrent en effet dans la capitale, troisième plus grande ville d'Afrique après Lagos et Le Caire, d'après les autorités sanitaires.

Le 17 mars, le chef de l'Etat avait annoncé un premier train de mesures pour tout le pays, dont la fermeture des lieux publics (écoles, restaurants, lieux de culte et de deuil), et la suspension des vols en provenance des pays à risque.

Première conséquence des quatre premiers jours de confinement total: la compagnie aérienne Air France va reporter un vol spécial prévu ce week-end "à une date ultérieure", a indiqué l'ambassade de France à Kinshasa jeudi soir. Ce vol spécial devait permettre aux Français en déplacement temporaire en RDC de pouvoir rentrer en France.

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