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Compaoré acclamé et fait président d'honneur de son parti

L'ancien président burkinabè Blaise Compaoré, exilé en Côte d'Ivoire depuis le soulèvement populaire ivoirien qui l'a renversé en octobre 2014, à Abidjan le 10 octobre 2016.

L'ex-président burkinabè Blaise Compaoré, renversé par la rue en 2014 après 27 ans au pouvoir et qui vit aujourd'hui en exil en Côte d'Ivoire, a été fait dimanche président d'honneur de son parti le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP).

Lors du congrès, l'ancien président fondateur du parti s'est même vu attribué des pouvoirs par une motion faisant de lui le "garant de l'unité et des orientations politiques du CDP".

A ce titre, Compaoré "arbitre en dernier ressort les décisions du parti, valide le choix du candidat à l'élection présidentielle et valide les propositions d'union ou de fusion avec d'autres partis", indique la motion adoptée par acclamation.

Compaoré a été acclamé par les congressistes qui ont notamment brandi des posters géants à son effigie de l'ancien président.

>> Lire aussi : Congrès de l'ex-parti au pouvoir pour élire un nouveau chef au Burkina

Par ailleurs, Eddie Constance Hyacinthe Komboïgo a été reconduit à la tête de l'ex-parti au pouvoir.

M. Komboïgo, un expert-comptable de 51 ans et proche de Compaoré, dirige le parti depuis mai 2015. Poursuivi pour son implication présumée dans le putsch manqué en septembre 2015, il avait brièvement quitté la tête du parti, avant d'en reprendre les rênes, après avoir été "totalement blanchi", par la justice.

Il a été réélu par 39 voix contre 33 pour son challenger, Boureima Badini, un ancien ministre de la justice de Compaoré, dont il a également été le représentant spécial dans la médiation de la crise ivoirienne.

Cette élection pourrait faire de M. Komboïgo le candidat du CDP à la présidentielle de 2020.

En 2015, les cadres du CDP et ainsi que d'autres leaders de partis alliés n'avaient pas eu le droit de participer au scrutin qui avait vu la victoire de Roch Marc Christian Kaboré.

"Qui aurait cru que le CDP se reconstruirait après les événements de 2014? Mais le CDP est de retour et prêt pour la reconquête du pouvoir", a lancé M. Komboïgo aux milliers de militants euphoriques, rassemblés au palais des sports de Ouagadougou, assurant que " le CDP vient de loin et ambitionne aller très loin".

"Nous avons une lourde mission qui nous commande un grand challenge, celui d'œuvrer à restaurer la paix, la stabilité politique et le progrès économique et social que nous avons connu avec le président Blaise Compaoré", a-t-il lancé se positionnant en héritier de l'ancien régime.

Avec AFP

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Soudan: "accord" entre militaires et civils, aux contours encore vagues

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, déclaré que les deux parties ont convenu de former un conseil conjoint.

Le Conseil militaire au pouvoir au Soudan a annoncé sans le préciser "un accord sur la plupart des exigences" présentées par les leaders de la contestation lors d'une réunion mercredi, qui s'est achevée avec la démission de trois membres de ce Conseil.

"Nous avons un accord avec la plupart des exigences présentées dans un document de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC)", a indiqué à la presse le général Shamseddine Kabbashi, porte-parole du Conseil militaire de transition, à l'issue d'une réunion entre les militaires et l'opposition, qui réclame un transfert du pouvoir à une autorité civile.

Un des leaders de la contestation présents à la réunion, Ahmed al-Rabia, a ajouté que les deux parties avaient également convenu de former un conseil conjoint, sans développer.

Quelques minutes après, dans un communiqué, le Conseil militaire a annoncé la démission de trois de ses membres, les lieutenants-généraux Omar Zain al-Abdin, Jalaluddin Al-Sheikh et Al-Tayieb Babikir.

A cette réunion participaient les militaires et les leaders de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui regroupe les principales formations de la contestation. Elle s'est tenue en soirée au palais présidentiel, selon un vidéaste de l'AFP.

Ce Conseil militaire de transition est au pouvoir au Soudan depuis le renversement par l'armée du président Omar el-Béchir le 11 avril sous la pression de la rue.

Depuis, les relations entre militaires et manifestants ont connu des soubresauts. Les responsables du mouvement de contestation avaient annoncé dimanche la suspension des discussions avec le Conseil militaire, en raison de son refus de transférer le pouvoir immédiatement à une autorité civile.

Dans la journée de mercredi, lors d'une conférence de presse, un haut responsable de l'opposition, Omar el-Digeir, avait déclaré que les leaders de la contestation étaient prêts à parler directement avec le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane. La réunion s'est déroulée ensuite.

Depuis le 6 avril, des manifestants sont rassemblés jour et nuit devant le quartier général de l'armée à Khartoum. Après avoir demandé dans un premier temps le départ du président, ils réclament désormais que les militaires abandonnent le pouvoir.

Mercredi, des centaines de personnes venues de la ville de Madani (centre) ont rejoint les manifestants dans la capitale en scandant "nous sommes venus de Madani et nous réclamons le pouvoir civil", selon des témoins.

Interrogé avant la réunion lors d'une conférence de presse sur les actions prévues en cas de refus du Conseil militaire d'accéder aux revendications des manifestants, l'un des leaders de la contestation, Siddiq Farouk, a menacé d'une "escalade". "Nous nous préparons à une grève générale" à travers le pays, a-t-il affirmé.

Ahmed al-Rabia, figure de l'Association des professionnels soudanais (SPA), fer de lance de la contestation, a lui appelé à une "marche d'un million de personnes pour jeudi".

Ayman Ali Mohamed, un manifestant, a indiqué mercredi qu'il prendrait part à cette marche. "Nous avons peur que le Conseil militaire nous vole la révolution, donc nous devons participer (aux manifestations) jusqu'à ce que que le transfert à un pouvoir civil soit achevé", a-t-il dit.

Pour la première fois, des juges devraient rejoindre les manifestants. Ils se mobiliseront "pour soutenir le changement et pour (réclamer) un système judiciaire indépendant", selon un communiqué diffusé mercredi par une association professionnelle de juges.

Dimanche, le général Burhane avait promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite du président aujourd'hui déchu et emprisonné, et plus largement du système en place.

- "Demande légitime" -

Le mouvement a reçu le soutien de Washington qui a dit appuyer "la demande légitime" des Soudanais d'un gouvernement dirigé par des civils.

"Nous sommes ici pour encourager les parties à oeuvrer ensemble afin de faire avancer ce projet au plus tôt", a déclaré mardi à l'AFP Makila James, responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est en visite à Khartoum.

"Le peuple du Soudan a formulé clairement sa demande", a-t-elle souligné. "Nous voulons le soutenir dans cela, c'est la meilleure voie pour aller vers une société respectueuse des droits humains".

Un responsable américain avait indiqué plus tôt en avril que les Etats-Unis étaient prêts à retirer le Soudan de leur liste des pays accusés de soutenir le terrorisme si le Conseil militaire engageait un "changement fondamental" de gouvernance.

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1989, M. Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par une situation économique désastreuse et par des rébellions dans plusieurs régions. La Cour pénale internationale (CPI) a lancé des mandats d'arrêt contre lui pour "crimes de guerre" et "génocide" dans la région du Darfour (ouest).

Plusieurs pays africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, un délai plus long que les 15 jours accordés récemment par l'Union africaine (UA) aux militaires pour céder le pouvoir.

Avec AFP

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