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Climat: le monde tergiverse, malgré rapports alarmants et mobilisation citoyenne

Des milliers de personnes manifestent pour exiger des actes contre le changement climatique, à San Francisco, 9 septembre 2018.

L'Humanité, qui subit les assauts du dérèglement climatique, a presque atteint le "point de non-retour", mais la 25e conférence climat de l'ONU (COP25), à partir de ce lundi à Madrid, risque de ne pas répondre aux appels pressants à des actions immédiates et radicales.

Rapports alarmants des scientifiques, désobéissance civile de citoyens, défilés de jeunes par millions... Depuis un an, les pays signataires de l'accord de Paris sont la cible d'une pression sans précédent que résume le mot d'ordre de ces deux semaines de réunion: #TimeforAction.

"Nous ne pouvons plus remettre à plus tard l'action climatique", a confirmé la ministre espagnole de l'Environnement Teresa Ribera, dont le pays accueille au pied levé la COP25 après le désistement du Chili, qui assure toutefois sa présidence.

Ce même message a été martelé sans relâche par l'ONU à l'approche du rendez-vous.

"Le point de non-retour n'est plus loin à l'horizon, il est en vue et se rapproche de nous à toute vitesse", a déclaré dimanche son secrétaire général Antonio Guterres, dénonçant des engagements "totalement insuffisants" contre le réchauffement.

"Depuis des décennies, l'espèce humaine est en guerre contre la planète et la planète rend coup pour coup. Nous devons mettre fin à notre guerre contre la nature", a-t-il lancé.

- Chaque degré compte -

Quelques jours plus tôt, le Programme de l'ONU pour l'environnement portait un coup aux espoirs d'atteindre l'objectif idéal de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Il faudrait pour cela réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an, chaque année dès l'an prochain et jusqu'à 2030. Alors qu'il n'y a aucun signe qu'elles commencent à baisser.

Le monde a déjà gagné environ 1°C, entraînant une multiplication des catastrophes climatiques. Et chaque degré supplémentaire va augmenter l'ampleur des dérèglements.

Or au rythme actuel, la température pourrait grimper jusqu'à 4 ou 5°C d'ici à la fin du siècle. Et même si les Etats respectent leurs engagements actuels, la hausse du mercure pourrait dépasser 3°C.

"Ce qui manque toujours, c'est la volonté politique", a déploré Antonio Guterres, pointant en particulier du doigt, sans les nommer, les pays les plus émetteurs de CO2, "qui ne font pas leur part".

"Certains pays comme la Chine et le Japon donnent des signes de leur réticence à augmenter leur ambition", a estimé Laurence Tubiana, architecte de l'accord de Paris.

Quant aux Etats-Unis, ils viennent de confirmer leur retrait de cet accord l'an prochain, même si le "peuple américain" est engagé contre le changement climatique, a assuré l'influente présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, qui devrait être lundi à Madrid.

- Les yeux vers l'UE -

Dans ce contexte, les yeux se tournent vers l'Union européenne et son tout nouvel exécutif qui sera présent lundi, aux côtés d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernements, dont une quinzaine de l'UE.

La Commission européenne, dont la nouvelle présidente Ursula Von der Leyen s'est engagée pour un "green deal" européen, "est le nouvel élément politique de la COP25", note ainsi Mme Tubiana. Elle espère que, lors du sommet européen des 12 et 13 décembre, les 28 pourront s'entendre sur l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050.

Mais même dans ce cas, il faudra encore attendre 2020 pour que l'UE présente une révision de ses ambitions à plus court terme.

Aujourd'hui, seuls 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements de réduction d'émissions de CO2 en 2020, avant la COP26 à Glasgow. Mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts.

"Les décideurs doivent montrer qu'ils se préoccupent des communautés vulnérables les plus à risque, et pas des industries puissantes et motivées par le profit", a plaidé Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace International.

Outre les actions, les pays du Sud attendent de leur côté plus d'aide et de soutien des pays du Nord pour faire face aux impacts du changement climatique.

"Nous appelons ceux qui sont le plus responsables de cette crise à honorer leur responsabilité envers les plus vulnérables, en ne sacrifiant pas les Etats insulaires en voie de développement", a ainsi plaidé le groupe Aosis, représentant ces petites îles particulièrement menacées par la montée des océans.

Avec AFP

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Proche-Orient: Trump assure qu'il dévoilera son plan de paix d'ici mardi

Le président américain Donald Trump, au Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 22 janvier 2020.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il dévoilerait son plan pour mettre fin au conflit israélo-palestinien avant la visite la semaine prochaine à Washington du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il dévoilerait probablement son plan de paix pour le Proche-Orient avant la visite mardi à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous le rendrons probablement public un peu avant", a déclaré M. Trump à bord de l'avion présidentiel Air Force One. "C'est un excellent plan", a-t-il ajouté. "J'aimerais vraiment parvenir à un accord".

La Maison Blanche a annoncé que Benjamin Netanyahu et son rival politique Benny Gantz se rendraient la semaine prochaine à Washington.

Interrogé sur d'éventuels contacts entre son administration et les Palestiniens, qui ont déjà jugé le texte mort-né, M. Trump est resté évasif.

"Nous leur avons parlé brièvement", a-t-il répondu, sans autres précisions. "Je suis certain qu'ils réagiront peut-être de manière négative au début, mais c'est en réalité très positif pour eux", a-t-il ajouté.

L'Autorité palestinienne a réitéré jeudi son rejet du projet de paix de la Maison Blanche, mettant en avant le fait que Donald Trump avait reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël.

Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent, mais Israël considère Jérusalem comme sa capitale "unifiée et indivisible".

Les députés russes commencent à examiner les amendements de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 03 mars 2018.

Pas de temps à perdre: les députés russes examinent jeudi en première lecture les amendements constitutionnels annoncés la semaine dernière par Vladimir Poutine et soumis lundi au Parlement, une réforme qui ne devrait rencontrer aucune opposition sérieuse.

Le président russe a pris tout le monde de court le 15 janvier avec cette refonte de la Constitution qui promet entre autre de donner de nouvelles prérogatives au Parlement, limiter à deux le nombre de mandats que peut exercer le chef de l'Etat et créer un Conseil d'Etat aux pouvoirs accrus.

Depuis, les séquences s'enchaînent à une vitesse inhabituelle dans le train-train politique russe: l'ex-Premier ministre Dmitri Medvedev a démissionné, immédiatement remplacé par un haut-fonctionnaire inconnu du grand public, Mikhaïl Michoustine, qui a nommé mardi son nouveau cabinet où les postes clés n'ont pas changé de main.

Dans une Douma - la chambre basse du Parlement russe - entièrement contrôlée par les forces pro-Kremlin, l'adoption des amendements voulus par Vladimir Poutine ne fait guère de doute.

Ceux-ci ont été proposés lundi, à peine cinq jours après la formation d'un "groupe de travail" censé plancher sur cette réforme mais qui ne s'est réuni que deux fois. Une de ses membres, Elena Alchanskaïa, a clairement laissé entendre que la loi avait été écrite à l'avance.

"Je n'ai pas travaillé" sur les amendements, a écrit sur Facebook cette présidente d'un fonds d'aide aux orphelins: "Très clairement, notre rôle est seulement représentatif".

La Douma doit adopter ce projet de loi en trois lectures. Selon le chef de la commission des lois, Pavel Kracheninnikov, la deuxième lecture aura lieu dès mi-février.

Le texte sera ensuite approuvé par le Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, puis signé par le président Poutine. Le Kremlin a aussi promis qu'un vaste débat public serait organisé et que les Russes auront à se prononcer sur le texte par un vote.

- "Régime présidentiel fort" -

Dans son adresse à la Nation, Vladimir Poutine avait exposé ses réformes en les jugeant "importantes pour le développement futur de la Russie" et le texte soumis au Parlement reprend les grandes lignes de son discours.

Il propose ainsi de transférer certaines prérogatives au Parlement, comme celle de choisir le Premier ministre. Il muscle aussi le rôle d'un organe jusqu'alors consultatif, le Conseil d'Etat, laissant place à des spéculations selon lesquelles celui-ci pourrait devenir le coeur du régime.

Autre innovation, les juges, les élus et responsables politiques au niveau fédéral auront l'interdiction de posséder une nationalité étrangère ou un permis de séjour permanent dans un autre pays. Le texte renforce aussi certains pouvoirs du président, qui pourra par exemple refuser de signer une loi adoptée par deux tiers des députés.

Pour beaucoup d'analystes, Vladimir Poutine organise avec cette réforme l'après 2024, en se laissant le maximum de portes ouvertes pour préserver son influence dans le pays qu'il pilote depuis 20 ans.

En visite mercredi dans la région de Lipetsk, au sud de Moscou, le président a répété que la Russie "a besoin d'un régime présidentiel fort". Si certains experts estiment que la réforme renforcera en effet le caractère présidentiel du système politique, d'autres assurent que celui-ci ne sera modifié qu'à la marge.

Et pour le politologue Gleb Pavlovsky, Vladimir Poutine n'a aucune intention de quitter son poste avant 2024, comme certaines rumeurs l'affirment: "Ce qu'il fait là, c'est un acte de pouvoir et pas de sortie. Il crée un système de pouvoir encore plus compliqué où seul lui pourra être le guide".

Coronavirus en Chine : l'OMS se réunit en urgence

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Climat: à Davos, Trump fustige les "prophètes de malheur" devant Greta Thunberg

Le président Donald Trump, à l'ouverture du Forum économique mondial, le 21 janvier 2020, à Davos, en Suisse.

Le président américain Donald Trump a fustigé les "prophètes de malheur" et les "prédictions d'apocalypse" lors d'un discours mardi à Davos, auquel assistait la militante du climat Greta Thunberg.

"Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l'apocalypse", a-t-il dit lors du Forum économique mondial, peu après que la jeune Suédoise eut regretté que "rien n'ait été fait" pour enrayer le changement climatique.

Après avoir débité sur un ton plutôt monocorde une longue liste de réussites économiques et sociales, ayant valu aux Etats-Unis "un boom comme on n'en a jamais vu auparavant", le président américain a vanté l'abondante production d'hydrocarbures des Etats-Unis, "numéro un mondial du gaz et du pétrole", et leur indépendance énergétique. Sans jamais mentionner les énergies renouvelables.

A terme de ce véritable discours de campagne, le milliardaire, qui brigue sa réélection et qui fait face à un procès pour destitution, a estimé que "la peur et le doute (n'étaient pas) de bons modes de pensée", louant l'innovation technologique plutôt que la régulation.

Difficile de ne pas voir dans son allocution un message aux activistes de l'environnement et en particulier à Greta Thunberg, qui, selon le New York Times, devrait elle répéter dans l'après-midi dans une allocution qu'il est temps de "paniquer" parce que la "maison brûle".

Ces expressions avaient déjà impressionné l'élite économique et politique de Davos lors de la première participation l'an dernier de la jeune Suédoise.

Virus chinois: la Corée du Nord va se fermer aux touristes

La très grande majorité des touristes étrangers en Corée du Nord arrivent de Chine.

La Corée du Nord va fermer ses frontières aux touristes pour se protéger du coronavirus apparu dans la Chine voisine, a annoncé mercredi une agence de voyage.

Plusieurs pays ont renforcé les contrôles aux aéroports en raison de cette épidémie repérée en décembre dans la ville chinoise de Wuhan et qui s'est propagé ailleurs en Asie et jusqu'aux Etats-Unis.

Le bilan du nouveau coronavirus, qui est de la même famille que le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) qui avait fait 774 morts en 2002-2003, s'est encore alourdi mercredi en Chine, où les autorités ont fait état de neuf morts et averti que le virus pourrait "muter" et se propager plus facilement.

La très grande majorité des touristes étrangers en Corée du Nord arrivent de Chine, et leur nombre a augmenté l'année passée en raison d'un réchauffement des relations entre les deux voisins. Un afflux de visiteurs qui est pour le Nord une précieuse source de devises étrangères.

Mais à compter de mercredi, la Corée du Nord "va temporairement fermer sa frontière à tous les touristes étrangers par mesure de précaution face au coronavirus", a annoncé dans un communiqué l'agence de voyage basée en Chine, Young Pioneer Tours, qui est spécialisée dans les séjours en Corée du Nord.

Elle a ajouté qu'elle ignorait les détails de cette mesure.

Koryo Tours, numéro un des voyages au Nord pour les touristes occidentaux, a dit être "informé de ce que des mesures étaient envisagées", en précisant attendre de plus amples informations mercredi.

Ce ne serait pas la première fois que Pyongyang ferme sa frontière aux touristes du fait d'une épidémie.

En octobre 2014, elle avait fait de même pour se protéger du virus Ebola, alors même qu'aucun cas n'avait été détecté en Asie. Elle avait aussi décidé d'une période de quarantaine de 21 jours pour tous les étrangers entrant sur son sol, y compris les diplomates et les hommes d'affaires.

Le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun ne fait cependant mercredi état d'aucune mesure particulière des autorités face au virus chinois. Mais il mentionne bien l'épidémie en Chine, en indiquant qu'elle s'est "rapidement propagée" et que les autorités chinoises ont pris des "mesures correspondantes".

Le système de santé nord-coréen est peu développé, et le pays souffre de pénuries chroniques de médicaments.

Quand l'épidémie de coronavirus Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) s'était déclarée en 2015 en Corée du Sud, le Nord avait annoncé des mesures "draconiennes" pour tenir l'épidémie à distance. Des médias avaient rapporté que Pyongyang avait pendant des mois interdit à ses diplomates et travailleurs expatriés de rentrer au pays.

Pyongyang avait également suspendu les voyages organisés étrangers lors de l'épidémie de Sras.

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