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Climat: de Sydney à Nairobi, des jeunes dans la rue pour interpeller leurs gouvernants

Des élèves tiennent des pancartes lors d'un rassemblement pour une grève mondiale pour le climat à Séoul, Corée du Sud, le 15 mars 2019.

"Vous détruisez notre avenir": de l'Australie à l'Europe en passant par le Kenya ou l'île Maurice, des foules de jeunes ont délaissé l'école vendredi pour demander à leurs dirigeants d'agir vraiment contre le dérèglement du climat.

"Agir maintenant ou nager", lisait-on sur une pancarte, à Wellington, la capitale néo-zélandaise, où des centaines de lycéens et étudiants ont lancé la journée. A Christchurch aussi, des jeunes gens défilaient quand la ville a été frappée par des fusillades dans deux mosquées.

"123 pays!" a tweeté la jeune Suédoise Greta Thunberg, icône du mouvement avec sa grève hebdomadaire de l'école.

"Nous faisons grève pour dire à nos gouvernements de faire leurs devoirs et de nous montrer des preuves!" explique l'appel publié sur Facebook. Des preuves que le monde prend les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, comme prévu par l'Accord de Paris.

Rendez-vous était donné dans plus de 2.000 lieux, selon le site du mouvement, FridaysforFuture, avec l'Italie, la France et l'Allemagne en tête de peloton.

A Sydney, Bangkok, Hong Kong, des milliers de jeunes ont défilé, à Maurice 500, à Delhi 200. "Si vous n'agissez pas comme des adultes, nous le ferons", scandaient-ils.

"Mes yeux souffrent de la pollution", a expliqué Shagun Kumari, 13 ans, dans la capitale indienne. "Je veux un air qui n'affecte pas mes poumons".

Vendredi, Greta Thunberg relayait sur Twitter des images de cortèges au Japon, à Helsinki, Venise, Luxembourg, ou au Vanuatu.

- "Un monde en ruines" -

A Varsovie, c'est au ministère de l'Energie qu'a fini la marche d'environ 2.000 jeunes. A Bratislava, ils étaient un millier.

Il y avait 10.000 personnes à Berlin, 8.000 à Munich, 5.000 à Brême ou Francfort. Le mouvement citoyen Campact avance le chiffre de "300.000 jeunes" en 200 lieux, pour "la plus grande manifestation pour le climat de l'histoire de l'Allemagne", bilan difficile à vérifier.

A Londres, ils étaient plusieurs milliers massés devant le palais de Buckingham après un passage par Downing street.

A Paris 29.000 à 40.000 manifestants (selon les sources), étudiants, collégiens, voire des bien plus jeunes venus avec leurs parents, ont aussi marché dans le calme. Les organisateurs ont revendiqué 168.000 manifestants en France.

La police belge a recensé 30.000 marcheurs à Bruxelles, et d'autres rassemblements se tenaient à Gand, Liège, Mons ou Namur, avec parfois un millier de personnes.

En Suisse, ils étaient près de 30.000 dans cinq villes, selon l'agence ATS.

En Italie, ils étaient aussi des milliers un peu partout dans le pays, soutenus par des messages de plusieurs responsables politiques.

"Nous ne cherchons pas des coupables, nous cherchons des responsables", disaient les jeunes Madrilènes (4.500 selon la police).

"Les températures ont grimpé, impossible de se concentrer en classe", dit Warlda Mirembe, 16 ans, venue avec son père, fermier et commerçant pour manifester à Kampala en Ouganda. "Ma prise de conscience date de l'inondation de l'école après des pluies diluviennes. J'aime mon pays, on l'appelle la perle de l'Afrique, mais on est en train de le détruire".

"Les leaders d'aujourd'hui vont vieillir et mourir, et laisser derrière eux un monde en ruines", dénonce Sadrach Mirere, qui coordonne les Fridays For Future Uganda.

Greta Thunberg s'est fait connaître en brandissant seule tous les vendredis une pancarte "grève de l'école pour le climat" devant le Parlement de Stockholm. Peu à peu, cette initiative a gagné plusieurs pays, des milliers de jeunes descendant dans la rue chaque semaine, en Belgique ou en Allemagne.

- "Vivre avec" -

Vendredi matin, Greta, qui a été proposée pour le Nobel de la paix 2019, était de retour devant le Parlement suédois, avec plusieurs centaines de jeunes grévistes. "Nous venons de naître au monde, cette crise nous allons devoir vivre avec, et nos enfants et nos petits-enfants et les générations futures. Nous ne l'accepterons pas", a-t-elle prévenu.

L'initiative n'est pas du goût de certains politiques, tel le ministre allemand de l'Economie Peter Altmaier, pour qui "les manifestations hors des horaires de cours ont aussi du sens".

Mais selon le sondage Politbarometer, 67% des Allemands approuvent la démarche.

Les grévistes ont aussi reçu des soutiens appuyés, comme celui de la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern. "Ne sous-estimez pas le pouvoir de votre voix", a-t-elle dit à des étudiants cette semaine au Parlement. Et les maires de l'alliance C40 des grandes villes pour le climat, comme Paris et Milan, ont exprimé leurs encouragements.

Les émissions de gaz à effet de serre, issues d'abord des énergies fossiles, continuent à grimper, plaçant la planète sur une trajectoire de plus de 3°C, porteuse d'impacts majeurs.

La mobilisation de la jeunesse s'inscrit dans un mouvement citoyen plus large, incluant des actions de désobéissance civile, un boom des recours en justice et des manifestations, comme celles prévues partout en France samedi.

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L'ONU prolonge de six mois sa mission d'observation au Yémen

Des policiers entrent dans l'enceinte de l'ambassade américaine, à Sanaa, Yémen, le 11 février 2015.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé à l'unanimité lundi de prolonger de six mois, jusqu'au 15 janvier, sa mission d'observation du cessez-le-feu à Hodeida, dans l'ouest du Yémen, en réclamant au secrétaire général "de déployer rapidement" l'ensemble de ses effectifs.

En vertu d'une résolution adoptée en fin d'année dernière, la mission peut comprendre jusqu'à 75 observateurs mais à peine une vingtaine d'entre eux seraient jusqu'à présent à pied d'oeuvre, selon l'ONU.

Le nouveau texte adopté lundi souligne que la mission de l'ONU doit notamment "surveiller le respect, par les parties, du cessez-le-feu dans la province de Hodeida et le redéploiement mutuel des forces à l'extérieur de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa".

Il précise que les observateurs doivent "collaborer avec les parties pour que la sécurité de la ville de Hodeida et des ports de Hodeida, de Salif et de Ras Issa soit assurée par les forces de sécurité locales, dans le respect de la loi yéménite".

En demandant au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "de déployer rapidement l'ensemble de la Mission", le Conseil de sécurité réclame "aux parties à l'Accord sur Hodeida de fournir un appui à l'Organisation des Nations unies".

Pour ce faire, elles doivent notamment assurer "la sûreté et la sécurité du personnel de la Mission et l'entrée et la circulation dans le pays, sans entrave ni retard, du personnel et du matériel de la Mission, des vivres et des articles de première nécessité".

Prévu par des accords conclus à Stockholm fin 2018, un retrait des combattants de la ville portuaire de Hodeida a été longtemps retardé, pour cause de méfiance persistante entre les belligérants, gouvernement et rebelles. Ces derniers mois, les rebelles Houthis ont par ailleurs renâclé à fournir des visas aux observateurs de l'ONU stationnés au large sur un navire de l'ONU.

Lundi, à l'issue de deux jours de discussions entre les belligérants à bord d'un navire de l'ONU au large de Hodeida, les premières depuis février, un comité mis en place en vertu des accords de Suède a annoncé avoir convenu "d'un mécanisme et de nouvelles mesures pour renforcer le cessez-le-feu" à Hodeida.

Ce mécanisme sera mis en oeuvre au plus tôt avec le soutien de l'ONU, qui fait partie de ce Comité de coordination du redéploiement (des troupes) réunissant également des représentants du gouvernement yéménite et des rebelles, selon un communiqué.

L'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a lui appelé à maintenir le pays à l'abri des tensions au Moyen-Orient lors d'une rencontre "productive" lundi avec le vice-ministre de la Défense saoudien Khaled ben Salmane à Jeddah, dans l'ouest saoudien.

"Nous avons discuté de comment maintenir le Yémen en-dehors des tensions régionales, des progrès dans la mise en oeuvre des accords de Stockholm et du soutien (de l'Arabie saoudite) au processus de paix", a tweeté M. Griffiths.

L'émissaire a également rencontré le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi à Ryad.

"Je viens tout juste de sortir d'une réunion avec le président Hadi. Je suis reconnaissant de son engagement et de celui de son gouvernement envers l'accord de Stockholm et de son soutien personnel pour trouver une solution politique au conflit au Yémen", a tweeté M. Griffiths.

Il s'agit de la première rencontre entre l'émissaire et M. Hadi, depuis que ce dernier l'a accusé en mai de prendre le parti des Houthis et de leur permettre de rester à Hodeida.

M. Hadi avait alors dit dans une lettre adressée à M. Guterres donner "une dernière chance" à M. Griffiths pour mettre en oeuvre la trêve conclue en décembre.

Opposant les Houthis, soutenus par Téhéran, aux forces gouvernementales, appuyées par une coalition militaire emmenée par Ryad, le conflit au Yémen a fait en quatre ans des dizaines de milliers de morts, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont déplacées.

Les accords de Suède sont fragilisés depuis que les rebelles yéménites ont intensifié ces dernières semaines les attaques de drones et les tirs de missiles contre le royaume saoudien.

Lundi soir, la coalition a indiqué dans un communiqué avoir intercepté et abattu des drones lancés pas les rebelles Houthis sur la ville de garnison Khamis Mushait, dans le sud-ouest saoudien frontalier du Yémen.

Seuls des "dégâts mineurs" sur un immeuble résidentiel et sur des véhicules ont été rapportés par la coalition.

Ryad accuse régulièrement l'Iran de soutenir militairement les rebelles houthis, ce que Téhéran dément.

Le chef de la diplomatie iranienne cette semaine à l'ONU

Le secrétaire d'État John Kerry a rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à New York le 22 avril 2016.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu cette semaine à l'ONU pour une réunion mercredi sur le développement durable, après avoir obtenu un visa conditionnel des Etats-Unis sur fond de tensions bilatérales.

Washington, qui a menacé récemment de prendre des sanctions contre le ministre iranien, lui a accordé un visa d'entrée aux Etats-Unis mais assorti de limites sur sa capacité à se déplacer, selon le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Déjà présent à New York lundi, M. Zarif donnait des entretiens à des médias américains, selon des tweets du porte-parole de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Mohammad Javad Zarif peut se rendre au siège des Nations unies, situé dans l'est de Manhattan, mais il doit rester dans un périmètre restreint autour de ce lieu, incluant l'immeuble abritant la mission iranienne auprès de l'ONU.

"Les diplomates américains ne se promènent pas autour de Téhéran, nous ne voyons donc aucune raison à ce que les diplomates iraniens puissent se déplacer librement à New York", a déclaré Mike Pompeo au quotidien Washington Post.

Selon lui, le chef de la diplomatie iranienne utilise les libertés d'accueil octroyées par les Etats-Unis afin "de diffuser une propagande malveillante".

Etat hôte du siège des Nations unies, les Etats-Unis ont l'obligation d'accorder rapidement des visas aux Etats qui en font la demande pour des réunions à l'ONU.

Visiteur régulier de New York où il participe à des tables-rondes et rencontre des médias américains, Mohammad Javad Zarif doit intervenir mercredi à une réunion sur les objectifs de développement durable 2030 organisée par le Conseil économique et social de l'ONU.

Le fait que les Etats-Unis n'aient pas imposé de sanctions à son encontre, comme annoncé récemment, est interprété comme le signe d'une volonté de l'administration de Donald Trump de garder un canal de communication ouvert avec l'Iran.

Mohammad Javad Zarif a indiqué récemment au quotidien New York Times que d'éventuelles sanctions ne l'affecteraient pas, ne possédant pas de biens aux Etats-Unis.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis la révolution islamique iranienne de 1979.

Trois signataires européens de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 préocupés

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La Turquie reçoit des missiles russes au risque de représailles américaines

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L'Iran a tenté de saisir un pétrolier britannique dans le Golfe, selon CNN

Des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, le 21 décembre 2018.

Des bateaux armés iraniens ont essayé de saisir un pétrolier britannique dans les eaux stratégiques du Golfe mercredi, mais ont été repoussé par une frégate de la Royal Navy britannique, a rapporté CNN.

Les Iraniens ont ordonné au pétrolier British Heritage, qui naviguait dans la zone du détroit d'Ormuz, de changer sa trajectoire pour s'arrêter dans les eaux territoriales iraniennes proches, selon la chaîne qui cite deux responsables américains sous couvert d'anonymat.

Un avion américain a filmé l'incident, qui s'est terminé lorsque la frégate britannique HMS Montrose --qui escortait le pétrolier -- a pointé ses armes sur les bateaux iraniens en leur intimant de s'éloigner, avec succès, détaille CNN.

Le président iranien Hassan Rohani avait averti mercredi la Grande-Bretagne de "conséquences" après sa décision d'arraisonner un pétrolier iranien au large de Gibraltar la semaine dernière.

Le Grace 1 avait été arraisonné jeudi au large du territoire britannique, à l'extrême sud de l'Espagne, à la suite d'une opération que l'Iran qualifie d'acte de "piraterie" en haute mer.

"Je le rappelle aux Britanniques: c'est vous qui êtes à l'initiative de l'insécurité et vous en mesurerez les conséquences plus tard", a déclaré mercredi M. Rohani lors d'un conseil des ministres.

Avec AFP

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