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RDC

22 civils tués dans une nouvelle attaque d'un groupe armé


Depuis le 28 novembre, le chef d'état-major des Forces armées de la RDC (FARDC), le général d'armée Célestin Mbala s'est installé avec son équipe à Beni.

Vingt-deux civils ont été tués au cours d'une nouvelle attaque des Forces démocratiques alliées (ADF) dans la nuit de samedi à dimanche dans la région de Beni dans l'est de la République démocratique du Congo, où les habitants critiquent l'inefficacité de l'armée régulière.

"Cette nuit (samedi à dimanche), des ADF ont tué des civils à la machette à Ntombi, à l'ouest de Mayimoya (territoire de Beni). Présentement, on vient de retrouver 22 corps", a déclaré à l'AFP Donat Kibwana, administrateur du Territoire de Beni (Nord-Kivu).

"La fouille continue. Les équipes se mobilisent pour récupérer les corps afin de les ramener à la cité pour des enterrements dignes", a-t-il ajouté.

"Nous avons identifié 13 femmes parmi les 22 victimes tuées atrocement par ces hors-la loi. Les victimes étaient des agriculteurs. Ce bilan est encore provisoire", a déclaré à l'AFP Noella Katsongerwaki, présidente du réseau des organisations de la société civile de Beni-territoire.

La veille, six civils avaient été tués dans une attaque contre la ville de Beni, agglomération de plus de 200.000 habitants.

Depuis le 28 novembre, le chef d'état-major des Forces armées de la RDC (FARDC), le général d'armée Célestin Mbala s'est installé avec son équipe à Beni. Un autre général d'armée, John Numbi, inspecteur général des FARDC et proche de l'ex-président Joseph Kabila a été envoyé en renfort quelques jours après.

"Nous ne comprenons pas, les opérations militaires se déroulent à l'est mais les ADF nous tuent à l'ouest. Les ADF ont déjà quitté là où se déroulent les offensives de l'armée", s'indigne Anselme Katshuva, un habitant de la cité de Mayimoya située à 6km de la route nationale N°4 où sont installées plusieurs positions de l'armée congolaise.

-'Évaluation des opérations'-

Dans son premier discours sur l'état de la nation vendredi devant le congrès, le président congolais Félix Tshisekedi qui, dès son élection, s'était engagé à pacifier l'est où sévissent les rebelles, a indiqué avoir changé le commandement de l'armée dans la région de Beni et avoir relevé 11.000 soldats positionnés dans cette zone par 22.000 militaires fraichement formés.

Mais, en raison de l'intensité des attaques contre la population, des voix au sein de la société civile du territoire de Beni exigent une évaluation des opérations engagées depuis le 30 octobre par l'armée congolaise.

Dimanche, un porte-parole de l'armée, le major Mak Hazukay a annoncé que "le camp des ADF de Kazaroho est passé sous contrôle des FARDC", un camp situé au nord-est de la RN4.

Des responsables de la société civile reprochent à l'armée d'avoir ainsi sacrifié la sécurité des populations des cités et villages du secteur Beni-Mbau, en ne se positionnant pas à l'ouest de la RN4.

Cependant, des Casques bleus brésiliens de la mission de l'ONU en RDC (Monusco) procèdent à la formation de militaires congolais aux techniques de la guérilla, selon les porte-parole des Casques bleus et celui de l'armée.

A l'origine, les ADF étaient identifiés comme des rebelles musulmans ougandais installés en 1995 dans l'est du Congo pour mener des attaques contre Kampala.

Actuellement, ils ne mènent plus d'attaques contre l'Ouganda voisin et sont implantés parmi la population congolaise. Ils sont accusés d'avoir massacré plusieurs centaines de civils depuis octobre 2014 dans la région de Beni.

Depuis le lancement le 30 octobre des opérations militaires contre leurs fiefs, ils ont tué plus d'une centaine de civils, selon les autorités locales.

Avec AFP

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